Confrontation entre syndicats marocains et «polisario» à Rome

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 4 Novembre 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    Que s'est-il passé vendredi dernier à Rome ? Et comment les syndicats italiens en sont-ils venus à envisager une action de solidarité avec des «syndicalistes» fantomatiques ? L'histoire a commencé lorsque des syndicats italiens, en l'occurrence, la CGIL (Confédération générale italienne du travail), de tendance communiste, la CISL (Confédération italienne des syndicats des travailleurs) et l'UIT (Union italienne des travailleurs) ont convoqué leurs pairs dans des pays européens et arabes à une rencontre dont l'intitulé initial était pour le moins révélateur : «La solidarité avec les travailleurs et le peuple sahraouis».

    Devant ce parti pris clair, les syndicalistes marocains ont été prompts à réagir. Leur décision : abandonner la politique de la chaise et s'imposer par leur présence pour rétablir les faits et déjouer la man½uvre visant, ni plus ni moins, à accabler le Maroc.

    Des représentants de l'UMT (Union marocaine du travail), de l'UGTM (Union générale des travailleurs du Maroc), de la FDT (Fédération démocratique du travail) et de l'UNMT (Union nationale marocaine du travail) ont été du voyage.
    Ils ont pu joindre leurs voix et leur action à celles de membres d'associations marocaines en Italie pour ramener la manifestation à des proportions réalistes et surtout faire éclater la réalité méconnue du terrain.

    Ils devaient ainsi expliquer qu'organiser une manifestation sous un intitulé aussi injuste qu'impartial relevait du quiproquo simple ou de la méconnaissance totale. Mohamed Saâdy, coprésident national de l'Association nationale d'outre frontière (ANOLF), basé à Napoli, parle d'une " grande confusion autour de la question du Sahara imposée par des positions intéressées".

    D'entrée de jeu, les organisateurs ont été avertis de leur méprise lors d'une réunion avec les membres de la délégation marocaine la veille de la tenue de la manifestation. Les syndicats italiens avaient alors les pieds dans l'engrenage.

    Il s'agissait au préalable de les mettre en garde de "faire le jeu de ceux qui exploitent la situation pour la commercialisation politique et idéologique", nous a déclaré M. Saâdy. D'autres syndicats invités l'ont compris et se sont abstenus de cautionner une telle action où les faits sont tronqués et la manipulation évidente.

    C'est le cas des Forces ouvrières et de la CFDT, deux centrales syndicales françaises parmi les plus puissantes. C'est le cas également de l'UGTP de Tunisie. Ne restait parmi les plus actifs à cette rencontre que des syndicats espagnols et algériens évidemment intéressés.

    La rencontre des syndicalistes marocains avec les organisateurs de la rencontre s'est attelée à rétablir des faits. Mohamed Saâdy, originaire des provinces du Sud, le coprésident de l'ANOLF parle en connaissance de cause lorsqu'il avertit, avec ses collègues marocains, que de syndicats il n'en existe point dans les camps du " polisario ". Dans ces lieux où des populations entières sont retenues otages, il n'y a pas d'activité industrielle ni de liberté syndicale ou de liberté tout court.

    La première victoire de la délégation marocaine a été de faire revenir les organisateurs sur leur plan initial et la conférence se tient finalement sur un thème plus général et plus neutre qui est celui de "la question du Sahara". Mais le plus important, souligne M. Saâdy, est que " nous avons revendiqué de voir le rapport préparé à l'avance et d'y apporter des modifications ".


    En fait, le rapport concocté avec soin appelait non moins à une condamnation européenne du Maroc, à une révision du système d'aide au pays et à un appui au " syndicat " du " polisario " et, en sus, une plainte contre le Maroc auprès du BIT (Bureau international du travail)". L'action a été avortée par des membres de la délégation marocaine bien au fait du dossier du Sahara qui ont apporté l'autre point de vue et évité toute présentation tronquée des faits et de la réalité. " Nous avons appelé à clarifier les termes du problème de manière claire et impartiale ", a déclaré M. Saâdy.

    Les interventions marocaines multiples lors de cette rencontre ont d'abord ciblé la nature et l'histoire du conflit du Sahara, rappelé des vérités méconnues en Europe et informé de la situation actuelle dans les provinces du sud du Royaume, invitant les syndicalistes italiens à se rendre sur place pour mieux apprécier la réalité des choses et de prendre des positions en connaissance de cause.

    M. Saâdy, dont la tante est séquestrée depuis 30 ans dans les camps, s'est appliqué à montrer le visage réel du " polisario " qui multiplie les astuces pour s'attirer l'appui de l'opinion internationale. Comme lui, nombre de Sahraouis qui ont souffert dans leur chair, font entendre aujourd'hui leurs voix. Le " polisatrio " est ainsi cerné. A Rome, il a battu en brèche devant la détermination d'une délégation aux arguments solides et à la cause juste.



    Khadija Ridouane
    Le Matin
     

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