Croissance économique au Maroc : Inquiétude de la Banque Mondiale

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 14 Août 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    Les défis majeurs d'une croissance économique lente, de faibles indicateurs sociaux, d'un chômage élevé et d'une pression accrue sur les ressources naturelles se posent avec acuité. Il est vrai que la démographie offre une certaine opportunité, toutefois, peut-on lire dans un document de la Banque mondiale (BM) consacré à «La stratégie de coopération 2005-2009 », au cours de la prochaine décennie, « la croissance et la création ne s'accélèrent pas de manière significative par rapport à la dernière, la pauvreté et l'exclusion pourraient atteindre des niveaux à l'origine de tensions sociales difficiles à gérer». Dès lors, la croissance économique doit s'accélérer au Maroc, estime la BM dans ce rapport, préparé en collaboration avec le gouvernement.

    L'institution financière internationale rappelle qu'en dépit des progrès enregistrés au cours des dernières années, le pays devrait s'atteler à l'amélioration des conditions de vie des pauvres et des marginalisés, tout en renforçant son système d'éducation.


    Confronté à une croissance économique atone, à une pluviométrie variable, le Maroc est acculé à générer une croissance créatrice d'emplois « grâce à une meilleure compétitivité et à un meilleur climat de l'investissement ».

    L'économie a enregistré une croissance de 3,5% au cours de la dernière décennie et "un taux prometteur" de 4,5% pour la période 2001-2004, relève la BM , qui prévoit une croissance en baisse à moins de 3% en 2005, une performance jugée « décevante » par l'organisme financier international.

    Ces mauvaises prévisions sont dues, selon la banque, à « la croissance faible des secteurs hors agriculture, à la lente transformation de l'épargne nationale en investissements à haut niveau de productivité (...) et à la faible compétitivité des entreprises marocaines ».

    La BM a toutefois souligné qu'au cours de la dernière décennie, le Maroc a consolidé la stabilité des prix, renforcé sa position extérieure et initié un ambitieux programme de réformes structurelles. L'inflation demeure peu importante et l'économie a été renforcée par des «envois de fonds» des MRE, des recettes touristiques et des investissements directs étrangers.

    En outre, rappelle-t-on, des changements structurels sont en cours dans plusieurs domaines notamment en matière de facilitation du commerce extérieur, de libéralisation du secteur financier, de privatisation et de modernisation du secteur public.

    La dette extérieure a régulièrement diminué passant de 34% du PIB en 2000 à environ 16% en 2004, note la Banque mondiale qui relève que la dette intérieure, pour la même période, a augmenté passant de 42 à 51% du PIB.

    Malgré ces avancées, il «reste beaucoup à faire » et d'autres initiatives s'imposent pour mettre en ½uvre les réformes structurelles visant à accélérer la croissance qui, pour l'heure, reste très volatile et inférieure aux potentialités qu'offre le pays. Pour autant, explique-t-on, le Maroc a l'opportunité d'accroître l'emploi et d'atténuer les disparités tant sociales que régionales.

    Pour peu que l'on renforce les «bases existantes de la stabilité macroéconomique» et en poursuivant un programme de réformes structurelles plurielles visant à redresser les déséquilibres budgétaires, renforcer la libéralisation du commerce extérieur.

    Le Maroc doit également consolider le rôle du secteur privé et atténuer les faiblesses du secteur financier et du régime de retraite. Au registre du régime du taux de change, la BM estime qu'il est possible « qu'il doit être adapté au contexte actuel », car la politique du taux de change peut être un instrument qui pourrait améliorer la compétitivité, qui constitue un levier pour l'accès à une croissance forte et durable.


    Par:Abdelali Boukhalef

    Source: LE MATIN
     

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