Déclaration du gouvernement

Discussion dans 'Info du bled' créé par HANDALA, 27 Octobre 2007.

  1. HANDALA

    HANDALA Bannis

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    Déclaration du gouvernement
    Entre "poursuite" et "achèvement", rien de fracassant ​



    Le Premier ministre, Abbas El Fassi, veut doubler le volume d'investissement prévisionnel. "Son" gouvernement donnera un bon coup de fouet aux grands chantiers afin d'atteindre un véritable décollage économique. Le mot véritable veut-il dire que le "décollage" économique dont on parlait avant ne l'était pas?

    Présentant mercredi 24 octobre, le programme gouvernemental devant la Chambre des représentants, A. El Fassi a passé en revue les chantiers d'envergure placés parmi les priorités de l'action gouvernementale pour la période à venir, à savoir le renforcement des infrastructures, l'eau, l'énergie, l'accès au logement, la promotion de l'investissement et des exportations, les mines, la pêche maritime, le tourisme, l'artisanat, l'agriculture et le soutien à l'entreprise. Bref, rien de nouveau, tous ces projets étaient déjà présents dans le gouvernement Jettou.

    Par ailleurs, le gouvernement veillera à parachever le premier plan structurel autoroutier avec la réalisation des tronçons Marrakech-Agadir et Fès-Oujda, ce qui permettra à porter à 1.500 km d'autoroutes à l'horizon 2010.

    De même, il sera procédé à la mise en œuvre du deuxième plan structurel autoroutier avec le lancement des travaux de réalisation de 380 km d'autoroutes. La ville de Beni Mellal sera reliée au réseau autoroutier et la capacité de l'axe Casablanca-Rabat sera renforcée tandis que les travaux de réalisation du tronçon El Jadida-Safi seront lancés.

    Pour ce qui est de la rocade méditerranéenne Tanger-Essaidia, le Premier ministre a relevé que le dernier tronçon de cet important projet sera fin prêt à l'horizon 2011.

    Abbas El Fassi a, d'autre part, souligné la détermination du gouvernement à accélérer la réalisation des routes rurales afin de passer de 1.500 km à 2000 km par année, ce qui permettra l'achèvement du second Programme national des routes rurales (PNRR) et le désenclavement de 80% de la population rurale à l'horizon 2012.

    Dans le secteur du transport ferroviaire, le gouvernement prévoit le parachèvement des travaux de réalisation de la ligne Taourirt-Nador et la liaison du port Tanger-Med au réseau ferroviaire en 2008, ajoutant qu'il sera procédé également au lancement en 2009 des travaux de construction du premier tronçon de la ligne TGV (Train à grande vitesse) Tanger-Casablanca. a part ce projet, on constate que tout le reste constitue des achèvements ou parfois des accélérations ou des extensions. Le gouvernement n'a rien apporté de nouveau donc de ce point de vue là.


    Et cela vaut aussi pour le portuaire. Le gouvernement prévoit l'achèvement du premier terminal à conteneurs et du port passager et roulier de Tanger-Med, ainsi que du deuxième terminal à conteneurs à l'horizon 2012, ce qui, a dit le Premier ministre, permettra au Royaume de se doter de l'un des plus importants complexes portuaires au monde.

    Dans le secteur hydrique, le gouvernement poursuivra (encore!?) la mobilisation des eaux superficielles à travers la réalisation de 10 grands barrages et de 60 autres d'ampleur moyenne et petite d'ici à 2012.

    Côté énergie, le gouvernement poursuivra (décidément!) la stratégie visant à garantir l'approvisionnement en énergie, la diversification de ses ressources, la généralisation de l'accès à l'énergie au moindre coût, l'amélioration de l'efficacité de la gestion du secteur, l'utilisation des énergies renouvelables, ainsi que la poursuite de la mise en œuvre du programme national d'efficacité énergétique, afin de réaliser des économies de 15% de la consommation nationale d'énergie.

    Dans le souci d'assurer un approvisionnement régulier du marché national en produits pétroliers, le gouvernement poursuivra (!) ses efforts pour le développement des infrastructures pétrolières, la modernisation et la mise à niveau des installations de raffinage et le renforcement des capacités d'accueil et de stockage.

    Dans le domaine de l'environnement, le gouvernement procèdera à la dynamisation du Plan d'action national pour l'environnement et accordera une attention particulière à la mise en œuvre du plan relatif à l'assainissement liquide et solide, à la lutte contre la pollution de l'air, à la désertification et au programme de protection des forêts et du littoral. Bien qu'il ne parle pas de poursuivre ces chantiers, le Premier ministre sait que tout cela existait déjà.

    Pour A. El Fassi, le Maroc est appelé à mettre à profit sa position géostratégique pour s'ériger en plate-forme d'investissement et d'exportation à même de drainer les capitaux étrangers. Le processus est déjà en branle. Après Renault, Nissan veut aussi s'installer à Tanger pour la construction d'un de ses véhicules utilitaires.

    Sur les plans régional et des espaces territoriaux, le Premier ministre a noté que la réflexion sera articulée autour de la mise en place d'une nouvelle génération de contrats-programmes sectoriels intégrés, dans le respect des spécificités économiques de chaque région. Il n'a toutefois pas indiqué combien dureront ces réflexions, ce qui lui évidemment du temps.

    Quant à la pêche maritime, le gouvernement entend adopter une politique intégrée pour le développement de ce secteur, tenant compte des spécificités nationales et de la concurrence sur le marché international.

    S'agissant du tourisme, il sera procédé à la dynamisation (c'est un peu plus que la poursuite bien sûr!) du plan national destiné à promouvoir le secteur conformément à la vision 2020 et à l'accompagnement des contrats-programmes visant à porter de 150.000 à 265.000 lits la capacité d'accueil à l'horizon 2012. Cette action permettra de générer plus de 80.000 emplois directs et d'augmenter les recettes touristiques de 60 milliards de DH actuellement à 90 milliards de DH à l'horizon 2012.

    L'action du gouvernement en matière d'artisanat sera axée sur la mise en œuvre de la stratégie 2015 et la dynamisation de l'Observatoire national de l'artisanat pour assurer le suivi du secteur. Toujours rien de nouveau.

    Par ailleurs, "le Premier ministre du gouvernement de Sa majesté le Roi", a insisté sur l'attention particulière accordée par le gouvernement au développement du monde rural et à la diversification des sources de revenus de la population rurale. A cet égard, A. El Fassi a mis l'accent sur l'impératif de reconsidérer et de réformer la politique adoptée dans le secteur agricole et d'élaborer une nouvelle stratégie nationale qui tienne compte des contraintes liées aux aléas climatiques et à la sécheresse structurelle, à travers la promotion des cultures maraîchères, de l'élevage et des activités non agricoles. Là, puisque le secrétaire général du Mouvement populaire n'est plus titulaire du département, le Premier ministre veut balayer derrière son ancien camarade de coalition. Y réussira-t-il? Le ministre de l'Agriculture est certes un grand manager doublé d'un politicien serein et avisé, mais le gouvernement lui accordera-t-il les fonds nécessaires à ces ambitieux projets? Toute la question est là.

    Au volet de l'appui aux entreprises, le gouvernement s'emploiera à alléger le fardeau fiscal qui pèse sur les entreprises en vue d'en améliorer la compétitivité et la capacité d'investissement, relevant que cette réforme implique la mobilisation des opérateurs du secteur privé, des associations professionnelles pour lutter contre la fraude et l'évasion fiscales. dans la mesure où plusieurs ministres du "gouvernement Abbas El fassi" sont des hommes d'affaires, cela ne devrait pas poser de problèmes.

    Afin d'accompagner les programmes des secteurs gouvernementaux dans le cadre de l'économie sociale et ceux de l'Initiative nationale pour le Développement humain (INDH), A. El Fassi a affirmé que le gouvernement est déterminé à assurer le développement du secteur à travers la promotion des activités génératrices de revenus aux plans régional et local et la mise à profit des potentialités humaines et naturelles de chaque région.

    Ce chapitre permet beaucoup de doutes puisque comme on le sait, le gouvernement a effacé le département de l'économie sociale. Après tout pourquoi le maintenir. Adil Douiri l'ancien ministre du tourisme de l'artisanat qui avait également en charge l'économie n'a accordé aucune importance à ce secteur. Seul, avant lui Ahmed Lahlimi avait fait revivre l'économie sociale avec de grands chantiers et de grands débats. Il est clair que le gouvernement actuel ne sait pas à quel point l'économie sociale est importante dans des pays comme la France, le canada ou la Belgique par exemple. Près de 6 millions de postes en Europe.

    Hakim Arif
    A partir de dépêche MAP

    http://www.lobservateur.ma/detail_article.asp?ref=5391
     

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