Dans le rapport annuel de surveillance des eaux de baignade

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 27 Juillet 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    28 stations non-conformes pour la baignade
    Devenu une tradition, le rapport national de surveillance de la qualité des eaux de baignade reflète l’intérêt accordé à la qualité hygiénique des plages et la préservation de cet espace très convoité.

    Par Hafid FASSI FIHRI Cet intérêt est motivé par la fragilité des zones côtières et les diverses pressions et menaces exercées sur le littoral, vu leur impact néfaste sur la qualité des eaux de baignade, la santé des populations, le tourisme et l’économie nationale.

    Fruit d’un partenariat entre le département de l’Equipement et des Transports et celui de l’Aménagement du Territoire, de l’Eau et de l’Environnement, ce rapport, publié à l’occasion de chaque saison estivale, s’intègre parfaitement dans les programmes initiés par la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement sous la présidence de SAR la Princesse Lalla Hasna, en matière d’hygiène et de propreté des plages.

    Ce rapport est un outil de communication et de sensibilisation de tous les acteurs concernés, et un indicateur pour une protection et une gestion durable de cet espace de la part de tous les intervenants interpellés par la mise à niveau du patrimoine balnéaire national en vue de préparer certaines plages marocaines à se conformer aux standards internationaux.

    En effet, avec une frange de 3500 km de côtes méditerranéennes et atlantiques, notre pays a une vocation maritime certaine.

    Le littoral offre un potentiel économique important pour le pays avec ses richesses naturelles et ses paysages remarquables.

    Cet espace est cependant très fragile, car il subit diverses pressions qui nuisent à son équilibre naturel et compromettent la durabilité des richesses qu’il recèle pour les générations actuelles et futures.


    Absolument, en quelques décennies, le Maroc est passé d’une société rurale à une société à majorité urbaine avec un processus de littoralisation irréversible faisant de cet espace l’axe structurant de l’ensemble des activités humaines.

    Le taux d’urbanisation est ainsi passé de 29 % en 1960 à 60 % en 2004.

    Le poids de cette urbanisation est en général supporté par les zones côtières et en particulier l’axe Kénitra-El Jadida qui concentre à lui seul 60 % de la population du pays.

    Par ailleurs, le littoral est le lieu d’implantation par excellence de près de 90 % des unités industrielles, surtout le long de l’axe Kénitra-Safi, avec une forte concentration dans l’agglomération casablancaise.

    Ces unités sont souvent localisées soit dans les enceintes des ports, soit à proximité. C’est le cas notamment à Casablanca, Mohammédia, El Jadida, Safi et Kénitra.

    D’autre part, le transport maritime des hydrocarbures se trouve parmi les premières sources de pollution des côtes marocaines.

    De plus, des centaines de navires transportant des produits chimiques et autres substances nocives longent quotidiennement les côtes marocaines et constituent un risque permanent de pollution.

    En attendant, la priorité devrait être accordée aux sources de pollution permanente, à savoir les rejets domestiques et industriels déversés dans la mer sans traitement aucun.

    Cette année, la surveillance de la qualité microbiologique des eaux de baignade a compris davantage de plages que les années précédentes.

    Les résultats du programme de surveillance ont été présentés dans trois plaquettes concernant chacune la façade méditerranéenne (de Tanger à Saïdia), la façade atlantique Nord (de Tanger à Essaouira) et la façade Atlantique Sud (d’Agadir à Dakhla).

    Les campagnes de mesures et d’analyses ont été réalisées conjointement par le Laboratoire Public d’Essais et d’Etudes (LPEE) par l’intermédiaire du Centre d’Etudes et de Recherches de l’Environnement et de la Pollution (CEREP) pour le compte du ministère de l’Equipement et du Transport et par le Laboratoire National de l’Environnement relevant du ministère de l’Environnement.

    Ces laboratoires sont équipés d’unités mobiles qui permettent de couvrir toute la frange littorale marocaine et l’exécution d’analyses microbiologiques in situ et en laboratoire.

    Les campagnes de prélèvement et d’analyses pour la saison 2004-2005 ont été effectuées entre les mois de mai 2004 et janvier 2005 conformément à la norme marocaine de surveillance de la qualité des eaux de baignade NM 03.7.200 et aux normes internationales et directives de l’OMS-PNUE.

    Les eaux de baignade, après analyse, sont classées en quatre catégories. Les eaux de catégorie A (de bonne qualité pour la baignade) et B (de qualité moyenne pour la baignade) sont conformes à la norme.

    Par contre, les catégories C (momentanément polluées) et D (eaux de mauvaise qualité) ne sont pas conformes à la norme.

    Il est important de noter que si moins de 20 prélèvements sont effectués pendant toute la saison sur un point, un seul dépassement de la norme suffit pour e ntraîner le classement de la plage en catégorie C.

    En outre, toutes les zones classées en catégorie D deux années de suite doivent être interdites à la baignade, sauf si des améliorations significatives apparaissent.

    Une carte représentant la qualité microbiologique des eaux de baignade au niveau des stations de surveillance pour mai 2004 - janvier 2005 a été dressée.

    Parmi les 299 stations de prélèvement, 277 ont fait l’objet d’un nombre suffisant de prélèvements pour le classement et ont permis de déclarer 249 stations (soit 89,90 %) de qualité microbiologique conforme aux exigences réglementaires pour la baignade.

    La quasi-totalité des 28 stations déclarées non conformes pour la baignade lors de cette saison (10,1 %) subissent l’influence des rejets d’eaux usées ou connaissent une forte concentration de baigneurs et une insuffisance des conditions d’hygiène.


    Par: Hafid FASSI FIHRI
    Source: L'OPINION.
     

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