Des milliers de travailleurs marocains se sont exilés en France

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 12 Septembre 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    Des milliers de travailleurs marocains se sont exilés en France


    L'heure n'est plus à la spéculation religieuse et morale mais à la dénonciation des équilibres du monde. En trois scènes enchâssées l'une dans l'autre comme des poupées russes, sans rejeter le symbolisme de la poésie chleuh ni son réalisme d'image, le procès est mené. Ou plutôt, un jugement est mis à portée de l'esprit de l'auditeur. La composition musicale, puisque cette dimension importe davantage que dans le travail des trouveurs, propose au demeurant son aide. Ainsi la scène “internationale” tend-elle à se séparer des tableaux suivants, qui sont liés du coup, par le fait qu'un récitatif presque traditionnel la propose, entrecoupé de la la la évoquant la diction d'une mélodie-mètre.

    Il y faudrait un disque, encarté dans cette revue, pour être mieux compris – parce qu'évidemment cette cassette est à peu près indisponible en France ; au Maroc même, quel sort un anarchique marché lui réserve-t-il… “ce temps-ci ” ?
    Un tout autre commentaire s'impose à présent. On a fermé, fin 1990, la dernière mine de charbon encore en activité dans le nord de la France. Cela n'est pas rien dans l'histoire de la migration marocaine de travail.



    Des gars du Sud en bonne santé, soixante-cinq kilos au moins et l'épaule dûment tamponnée “bon pour le service”, il en est passé 80.000 dans les mines françaises. Au meilleur du plein emploi, en 1964 et 1965, 11.000 d'entre eux s'y époumonaient ensemble, la moitié au fond, presque tous sur le front de taille. Cependant, où sont les sources pour une histoire de ce vécu ? Quelles traces littéraires a-t-il laissées ?
    On est obligé de constater qu'à l'exclusion d'une page – allez, deux – dans Les Boucs de Driss Chraïbi et de deux demi-pages dans Le Déterreur de Mohammed Khaïr-Eddine, rien n'est remonté en surface de toutes ces rives au fond. Rien n'a filtré, n'a percolé.


    Et voilà pourquoi le texte azemz ad ainsi que toute la poésie chantée des populations maghrébines, aussi bien la professionnelle que la villageoise, dès lors qu'elle a été transcrite, traduite, glosée par ses spécialistes, voilà pourquoi cette littérature devrait rejoindre au panthéon des ½uvres la littérature imprimée qui fascine tant d'universitaires des deux côtés de la Méditerranée. Ah ! de Khaïr-Eddine, il y a ce cri aussi, pour fuir Agadir après le séisme :
    Fais-moi un passeport je veux partir en France
    Etre un simple mineur
    Dans le rectum du sol noir.

    Le Matin
     

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