Des prisons se crètes de la CIA au Maroc ?

Discussion dans 'Scooooop' créé par topsecretmaroc, 21 Novembre 2005.

  1. topsecretmaroc

    topsecretmaroc Visiteur

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    Le Maroc, qui a activement participé au programme de sous-traitance de la torture de terroristes présumés initié par la CIA après le 11 septembre, est soupçonné d'abriter des centres de détention secrète de l'agence américaine.
    Le Maroc abrite-t-il une prison secrète dépendant de l'agence de renseignement américaine (CIA) ? La coopération sécuritaire entre Rabat et Washington, notamment après le 11 septembre, a connu un grand boom. Les services marocains collaborent intensément avec leurs homologues américains de la CIA et du FBI qui, dans leur lutte contre le terrorisme, ont spécialement utilisé le siège de la DST à Temara comme lieu de détention temporaire où ils ont, selon de nombreux témoignages recueillis, notamment par des organisations internationales telles que Human Rights Watch ou Amenesty, délocalisé la torture de certains « terroristes présumés » d'Al Qaïda. Il s'agit d'un programme intitulé « extraordinary renditions » dévoilé par la presse américaine en 2002, dont le but est de sous-traiter les interrogatoires musclés d'activistes islamistes par des services de renseignement de pays alliés peu regardants sur les principes des droits de l'Homme.
    Le quotidien américain « The Washington Post » a révélé, la semaine dernière, que la CIA détenait, depuis quatre ans, des terroristes présumés dans des prisons secrètes dans huit pays, notamment l'Afghanistan et plusieurs pays d'Europe de l'Est, de la même façon que dans la base navale américaine de la Baie de Guantanamo à Cuba. Bien plus que le programme de délocalisation des interrogatoires, l'enquête très fouillée du « Post » a établi que la CIA a créé ce qu'elle a appelé de façon sibylline, des « Black sites » (sites noirs), véritables centres de détention pour terroristes présumés, situés en territoires étrangers mais qu'elle gère en directe. Le Maroc, qui a activement coopéré au programme de sous-traitance des interrogatoires, a-t-il aussi accepté d'accueillir sur son sol un ou plusieurs « sites noirs » de la CIA ? L'enquête du « Post » ne le confirme pas, désignant plutôt certaines républiques d'Europe de l'Est, libérées du joug de l'ex-Union Soviétique et formant dorénavant « la Nouvelle Europe », chère aux néo-conservateurs au pouvoir à la Maison-Blanche . Cependant, un ex- agent de la DST, qui vient récemment de quitter ce service dans le cadre de l'opération de départ volontaire des fonctionnaires de l'Etat, assure, sous couvert d'anonymat, avoir assisté à une opération de transfert de détenus à la base aérienne de Salé. « Un Boeing 737, de couleur blanche et immatriculé N313P, a atterri, si ma mémoire est bonne, en janvier 2004, à la base aérienne de Salé. On en a débarqué 4 hommes menottés, les yeux bandés, et escortés par 8 hommes civils, vraisemblablement des agents de la CIA. Ils ont rapidement emprunté des Renault Express blanches qui les attendaient pour une direction qui m'est inconnue », soutient-il. Une autre source, qui a aussi requis l'anonymat, nous confirme, elle aussi, avoir vu, durant l'été 2002, ce même avion stationné à la base aérienne de Salé. « Il faisait nuit et je ne pouvais pas lire son immatriculation, mais je peux vous confirmer que c'est un Boeing 737 blanc. J'ai vu une dizaine d'hommes vêtus de costards sombres et qui parlaient en anglais, en train d'y embarquer 6 personnes cagoulées et menottées. Au bout de vingt minutes, l'avion a décollé », nous a-t-il confié.
    Ces témoignages sont corroborés par le plan de vol de cet avion, publié récemment par le magazine américain « Newsweek . En effet, l'appareil a décollé de l'aéroport Dulles de Washington le 16 janvier 2004 à destination de Shannon en Irlande. Le 17, il est reparti pour Larnaca à Chypre. Le 21, il a quitté Larnaca pour Salé au Maroc. Le 22, il a enchaîné trois vols de Salé à Kaboul, puis à Alger, puis à Palma de Majorque, et s'est retrouvé, le 23 janvier, à Skopje. Le 24, il a atterri à Kaboul, après une escale à Téhéran. Reparti le 25, il s'arrête à Timisoara et à Bucarest en Roumanie, puis à Palma, pour, finalement, rejoindre Washington le 28 janvier. Un plan de vol qui rappelle beaucoup un autre, celui d'un Gulfstream V qui a fait, selon nos informations, au moins 10 déplacements au Maroc. Pendant plus de deux ans, de décembre 2002 à février 2005, la CIA a utilisé cet appareil, loué auprès d'une compagnie du Massachusetts, Premier Executive Transport Services, pour transporter clandestinement des prisonniers d'un continent à l'autre.



    Atroces tortures

    Le Gulfstream V et le Boeing 737 ont procédé à plusieurs « livraisons » au royaume. Autrement dit, ils faisaient passer secrètement des suspects du terrorisme. Soit pour s'en débarrasser après interrogatoire, soit pour les confier à la DST dont les agents sont réputés pratiquer des interrogatoires très musclés. Benyam Mohammed Al Habashi en sait quelque chose. Ce britannique d'origine éthiopienne affirme, dans un témoignage recueilli par Amnesty en septembre dernier, avoir été détenu et torturé au Maroc pendant 18 mois. Soupçonné d'appartenir à Al Qaïda, Benyam est arrêté, le 10 avril 2002, par la police pakistanaise à Karachi où il a été incarcéré et interrogé par des agents américains et britanniques. Au terme de plus de 3 mois de détention, un des agents américains lui confie : « on ne peut pas faire tout ce qu'on veut ici. Les Pakistanais ne peuvent pas faire exactement ce qu'on leur demande. Les Arabes vont s'occuper de toi ».
    Le 21 juillet 2002, Benyam est transféré d'Islamabad à Rabat. « Je n'aurais jamais pu imaginer que les Américains allaient m'envoyer à l'autre bout du monde, au Maroc, un pays que je ne connaissais pas du tout, pour me faire torturer », dira-t-il. En effet, ce présumé disciple de Ben Laden gardera un souvenir sinistre de son séjour au Maroc. Il en porte des séquelles profondes. Relatant ses mésaventures avec ses gardiens marocains, Benyam décrit minutieusement comment un de ses geôliers serait entré dans sa cellule accompagné de trois autres : « L'un d'eux a saisi mon pénis et a commencé à y faire des coupures. Il l'a fait une fois et pendant environ une minute, ils ont observé ma réaction. C'était atroce, je pleurais. Ils ont recommencé, 20 ou 30 fois. Il y avait du sang partout ».
    Pendant 18 mois, Benyam a subi cet exercice abominable à un rythme mensuel. Isolé, battu, humilié, soumis à des privations sensorielles et violé, ses tortionnaires versaient également des produits chimiques sur ses blessures pour aggraver ses souffrances. Enchaîné et régulièrement brutalisé, il fut longuement interrogé sur les islamistes qu'il avait eu l'occasion de rencontrer, ou simplement de croiser, aussi bien au Pakistan qu'en Angleterre. Voulant un jour comprendre les raisons de ces supplices, Benyam aura cette réponse de l'un de ses geôliers : « C'est simplement pour te rabaisser ; quand tu quitteras cet endroit, tu garderas les cicatrices et tu ne pourras jamais oublier. Tu n'oseras jamais agir contre la volonté des ةtats-Unis ».
    En fait, la cruauté avec laquelle les services marocains ont traité Benyam est à la fois démesurée et inimaginable. « Ils me posaient des questions. Je répondais telle chose ; ils disaient que je mentais. Je répondais autre chose ; ils disaient que je mentais. Je n'ai jamais réussi à savoir ce qu'ils attendaient de moi », se demande-t-il. Les interrogatoires de Benyam ont été souvent menés par un commissaire de la DST, un quadragénaire qu'on dit capable de réciter par c½ur le Coran et les hadiths, et qui s'est spécialisé dans le traitement des détenus islamistes. Mais les méthodes sadiques et intimidantes de ce commissaire n'ont pas été « concluantes » avec Mohammed Al Habashi dont le calvaire marocain s'achève en janvier 2004 par un dernier traitement des plus humiliants. Alors que ses gardiens lui annoncent qu'il « rentre à la maison », des militaires américains déchirent ses habits et photographient toutes les cicatrices de ses blessures, avant de l'emmener en Afghanistan, par ce fameux Boeing 737. Le Boeing 737 et le Gulfstream V, ont pris 49 destinations différentes en dehors des Etats-Unis, y inclus le camp de détention de Guantanamo Bay à Cuba et d'autres bases militaires américaines. L'Egypte, la Jordanie, le Maroc, l'Afghanistan et l'Ouzbékistan figurent comme des destinations étrangères de ces deux avions de la torture.
     

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