Des salafistes chez El Khalidi

Discussion dans 'Info du bled' créé par RedEye, 12 Juin 2013.

  1. RedEye

    RedEye - أبو عبدالرحمن - Membre du personnel

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    Il veut rééditer l’opération de Abdelkrim El Khatib qui a permis la création du PJD. Mohamed El Khalidi a intégré au sein de son parti cinq leaders salafistes. Kettani et Fizazi restent à l’écart.

    Le Parti de la renaissance et de la vertu (PRV) dirigé par Mohamed Khalidi, un ancien cadre du PJD, se refait une santé. Du moins, il fait parler de lui. Et de quelle manière ! Samedi 8 juin 2013, le conseil national du Parti de la renaissance et de la vertu, réuni à Salé, a avalisé, de manière solennelle l’adhésion de cinq salafistes des plus en vue en son sein en les intégrant directement au secrétariat national. Il s’agit en l’occurrence de Mohamed Abdelwahab Rafiki alias Abou Hafs, Hicham Tamsamani, Jalal El Moudden, et Omar Hadouchi, Si l’autre figure du salafisme marocain, Hassan Kettani prend ses distances avec l’action politique proprement parler, Mohamed Fizazi lui compte bien fonder sa propre formation politique. Autant dire que ceux qui avaient été accusés d’être les instigateurs des attentats du 16 mai 2003 et qui avaient été condamnés à de lourdes peines de prison avant de bénéficier de la grâce royale comptent bien apporter leur contribution au champ politique.

    Contacté par menara.ma, Mohamed Rafiki nous déclare que « ce choix nous été dicté par l’évolution de la situation politique et sociale. Nous voulons contribuer au développement de notre pays, à préserver son identité et à défendre dans le cadre de la loi des valeurs et ses fondamentaux. Nous ne sommes dirigés contre personne et personne ne peut nous dicter ce que l’on doit faire. » Cette déclaration ayant valeur de précision si l’on ose dire se veut un signe en direction notamment du PJD.

    Quant au leader du PRV, M. Khalidi, il se veut un homme de rassemblement de salafistes. « Personne ne misait sur l’initiative de feu Abdelkrim Al Khatib qui a intégré au sein de son parti créé en 1967, Mouvement populaire démocratique et constitutionnel, les membres de plusieurs organisations islamistes pour fonder dans les années 90 le PJD, aujourd’hui au pouvoir. Maintenant, il y a des compétences salafistesd’un très haut niveau, mais qui restent en marge de la marche réelle du pays. J’essaie de les ramener à l’action politique organisée pour le bien de tout le monde », dit-il.

    Ce n’est tout à fait l’avis du chercheur et spécialiste des mouvements islamistes, Mohamed Dharif qui dans une déclaration à menara.ma il nous fait le commentaire suivant : « Certes, le parti de M. Khalidi se retrouve renforcé avec l’arrivée des cinq salafistes qui ont un poids certain sur la scène politique et religieuse, notamment Rafiki et Hadouchi, mais il faut relever que leur adhésion au PRV s’est faite à titre individuel et non en tant que groupe. Le parallèle que certains font avec l’opération initiée par Dr El Khatib n’est donc qu’en partie vrai puisque les le Mouvement constitutionnel avait intégré des organisations structurées, comme le mouvement unicité et réforme… Mais on attend de voir quel véritable apport peut être celui cinq salafistes… ».

    Le doute émis par M. Dharif est d’autant plus justifié quand on sait qu’au sein des leaders salafistes, il n’y a pas de véritables cohésion et des divergences avaient apparu entre Abdou Hafs et Hadouchi, notamment et entre Kettani et les autres, alors que Fizazi a depuis un certain fait cavalier seul. Et comme le disait un connaisseur du mouvement salafiste, probablement la force du salafisme réside dans ses divergences et dans la liberté de ses membres à agir et à se prononcer librement.

    Côté parti PRV, certes l’adhésion des salafistes a été avalisée, mais cela ne veut pas dire que tout baigne. Ainsi, Abdellah El Omari, dirigeant du parti a émis des réserves sur la manière par laquelle les cinq ont intégré le parti. « J’ai émis des réserves de procédures, certes, mais sur le fond je dois vous dire que les cinq frères qui ont rejoint notre parti l’ont fait à titre individuel, il n’y a donc pas d’extrapolation à faire », nous déclare-t-il.

    Une chose est sûre maintenant, Abou Hafs, Hadouchi et les autres sont maintenant domiciliés au PRV. Pour faire quoi ? là est toute la question.





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