Description du Maroc par Pline l'Ancien

Discussion dans 'Bibliothèque Wladbladi' créé par titegazelle, 29 Octobre 2008.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    DESCRIPTION DU MAROC – par Pline l’Ancien (23-79 après J.-C.)

    En Afrique, on trouve d’abord les pays appelés Maurétanies ; jusqu’à C. César, fils de Germanicus (Caligula), ce furent des royaumes ; sa cruauté les divisa en deux provinces. Le cap extrême sur l’Océan se nomme en grec Ampelusia. Il y eut autrefois les villes de Lissa et de Cotta au-delà des Colonnes d’Hercule, de nos jours on trouve Tingi, fondée par Antée ; depuis que Claude en a fait une colonie elle porte le nom de Traducta Julia. Elle est à 30 000 pas (1000 pas = environ 800 mètres) par le trajet le plus court, de Baelo en Bétique. A 25 000 pas de Tingi, sur les bords de l’Océan, se trouve la colonie d’Auguste appelée Julia Constantia, exempte de l’autorité des rois et placée sous la juridiction de la Bétique ; à 35 000 pas de Zilis est Lixos dont Claude fit une colonie, elle fut pour les Anciens, sujet de légendes extraordinaires. Là ils situaient les palais d’Antée, son combat avec Hercule, les jardins des Hespérides. La mer y pénètre dans un estuaire, formant un méandre sinueux ; c’est par ce détail géographique que l’on explique aujourd’hui les dragons qui gardaient le jardin.
    … Il y reste un autel d’Hercule, mais le fameux bois aux pommes d’or, objet des légendes, n’y a laissé que des oliviers sauvages. On s’étonnera certains moins des inventions prodigieuses de la Grèce au sujet de ces jardins et du fleuve Lixus, si on pense que nos écrivains ont écrit récemment encore à leur sujet des récits aussi extravagants. A les en croire, cette ville de Lixos a été très puissante et plus grande que la grande Carthage, en outre elle est située à l’opposite de Carthage et à une distance quasi infinie de Tingi sans parler de tous ces racontars que Cornélius Népos a crus avec tant d’avidité.
    A 40 000 pas de Lixus, dans l’intérieur des terres est une autre colonie d’Auguste, Babba, appelée Julia Campestris ; et une troisième, Banasa, à 75 000 pas, surnommée Valentia. A 35 000 de Valentia, la ville forte de Volubilis, à égale distance des deux mers. D’autre part sur la côte, à 50 000 pas de Lixus, le fleuve Sububus (Sebou), qui coule à côté de Banasa, fleuve magnifique et navigable.

    A 50 000 pas du Sububus, la ville de Sala, sur le fleuve du même nom, déjà voisine des déserts et infestée par des troupeaux d’éléphants et beaucoup plus encore par le peuple des Autololes, qu’il faut traverser pour aller au mon Atlas, le plus fabuleux de l’Afrique… La distance qui nous sépare de l’Atlas est immense et inconnue.

    (Document de Pline l’Ancien).




    UN TRAITE AVEC LES BAQUATES(*)

    Inscription de Volubilis

    « A Jupiter très bon et très grand, aux dieux et déesses immortels et au génie de l’empereur César Marcus Aurélus PROBUS, à cause de la longue paix conservée avec Julius Nuffus et maintenant après la conférence tenue avec Julius Mirzil, frère de ce même Nuffus roi des Baquates, Clémentius Valerius Marcellinus, homme très parfait, gouverneur de la province de Maurétanie Tingitane, après avoir confirmé la paix a posé et dédié cet autel, aux ides d’Avril sous le consulat de Massala et de Gratus ». (13 avril, 280 après J.-C.).





    (*)LES BAQUATES
    Les Baquates sont un peuple libyque de Maurétanie occidentale (dans l'actuel Maroc), en contact avec l'empire romain, localisé par l'archéologie au nord du Moyen Atlas et mentionné par quelques sources littéraires. La première occurrence se trouve dans l'œuvre de Ptolémée qui les désigne sous le nom de Bakouate. L'Itinéraire d'Antonin les situe dans la région de Tingi (actuel Tanger) et aux confins méridionaux de la province. Le Liber generationis les associe aux Macenites et sous le nom de Baccuates, en fait une tribu de Mauri (Maures).

    Edmond Frézouls a recensé les documents archéologiques les concernant. En particulier la série d'inscriptions diplomatiques connues sous le nom d' « Autels de la Paix », qui célèbrent des colloquia (pourparlers) entre le gouverneur de Tingitane et le principes (prince) du peuple des Baquates, entre 140 et 280. Ces derniers ont été retrouvés dans la région de Volubilis ; ils sont dédiés à Jupiter Optimus Maximus et à tous les autres dieux et déesses ou au Génie de l’empereur. La formule récurrente est procurator imp. pro legato conlocutus cum principe gentis.

    Le ton pacifique du formulaire des autels entre le règne de Marc Aurèle et les Sévères révèle la conjonction d’une politique de défense, avec une politique de protectorat (certains des principes mentionnés portent des gentilices latins, un des fils de chef vit à Rome, à la fois otage et recevant une formation). Mais la situation est susceptible d’évoluer : lorsque le princeps est à la tête d’une fédération de tribus (Macenites et Baquates, Bavares et Baquates), il interprète cela comme un accroissement de la menace indigène.

    Cependant, les relations entre Rome et ce peuple ne furent pas toujours pacifiques. Les Baquates, probablement sous Hadrien, pillèrent la colonie de Cartennae. En 168, ils menacent Volubilis après avoir établis une fédération avec les Macénites. Entre 239 et 245, des assauts sont mentionnés en Tingitane. Entre 284-285, la région intérieure de Tingitane et Volubilis semblent passer sous le contrôle des Baquates.

    Sous Dioclétien, les Romains ont trouvé une forme de relations politiques, non de conquête, mais d’alliance, comme en témoignent les autels de la paix élevés avec les chefs Baquates. Ce peuple fédéré à Rome garantissait la sécurité des communications terrestres entre Maurétanie Tingitane et Maurétanie Césarienne.

    (source Wapedia).




    SUITE - LA CONQUÊT E MUSULMANE :

    - Les forces en présence
    - Oqba - Le soulèvement des Berbères - Koseïla
    - Hassan Ibn No’man - La kahina - Victoire des Arabes



    A partir de la victoire des Arabes, je m’arrête puisque c’est à partir d’ici que commence l’islamisation du Maroc. Tout le monde sait comment ça s’est passé.
     

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