Domination romaine - Conditions et limites

Discussion dans 'Bibliothèque Wladbladi' créé par titegazelle, 27 Octobre 2008.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    LA PERIODE ROMAINE

    Au Maroc, comme partout, la civilisation romaine nous est mieux connue par l’archéologie que par les textes. Or, depuis une quinzaine d’années on a fait des découvertes nombreuses qui ont apporté beaucoup de neuf.
    Les méthodes de fouille et les préoccupations des archéologues ont évolué. On cherchait surtout des œuvres d’art et des inscriptions ou des monnaies. L’étude de la céramique, « fossile directeur » par excellence, a été très poussée et permet des datations sûres. L’on s’attache davantage à l’histoire des sites, par des méthodes stratigraphiques. L’on cherche à connaître la civilisation sous tous ses aspects, matériels et psychologiques ; la reconstitution se fait à partir des restes, aussi humbles soient-ils, que le sol a conservés.
    On voyait trop la Tingitane à travers Volubilis, par la force des choses, puisque ce site fut pendant longtemps le seul largement dégagé. D’autres villes antiques ont été fouillées, et les résultats amènent souvent à corriger les appréciations antérieures.


    LA DOMINATION ROMAINE – CONDITIONS ET LIMITES

    L’occupation militaire



    La Maurétanie Tingitane n’est pas une province romaine comme les autres. La domination de Rome y a des caractères particuliers : territorialement réduite, peu enracinée, elle semble avoir moins visé le pays en lui-même que la possibilité de fermer un espace vide entre l’Espagne et la Numidie qui étaient parmi les plus riches territoires soumis à Rome.
    L’assassinat à Rome du roi de Maurétanie, Ptolémée, en 40 après J.-C. par Caligula, l’empereur fou, ne suffit pas à mettre dans la main de Rome son royaume. Il faut quatre ans d’une guerre très dure pour mater la révolte conduite par un affranchi du souverain, Aedemon. Il faut deux légions et de forts contingents de troupes auxiliaires pour en venir à bout.
    Les villes ne soutiennent pas ce mouvement, au contraire, Volubilis par exemple envoie, sous le commandement d’un de ses magistrats, des troupes aider Rome. On comprend cette attitude si l’on remarque qu’Aedemon chercha appui auprès des tribus du Sud, éternellement prêtes aux razzias contre de riches cités. Les généraux romains doivent envoyer des colonnes à travers l’Atlas, jusqu’au Sahara, afin d’éliminer la menace qu’elles faisaient peser sur les communications romaines par leur incursion le long de la Moulouya jusqu’à la côte.
    Il semble que malgré ses victoires sur les derniers rebelles, Rome préfère diviser de vaste royaume de Ptolémée en deux provinces de part et d’autre de la Moulouya : à l’Est la Maurétanie Césarienne, du nom de sa capitale, Iol Césarea, à l’Ouest la Maurétanie Tingitane du nom de Tingis (Tanger). C’est l’empereur Claude qui fixe le statut et les limites de cette dernière.
    Par la suite, la Tingitane est relativement calme. Nos sources ne mentionnent que quelques mouvements peu importants jusqu’à la fin du IIIe siècle, moment où se produit, comme dans tout l’empire romain, une crise sur laquelle nous reviendrons.
    Les forces militaires chargées de la défense ont varié en importance du Ier au IIIe siècle. Les détachements sont d’importance numérique inférieure à celle des légions, et de recrutements différents : ils sont aux Ier et IIe siècles composés uniquement de provinciaux, illyriens, espagnols, gaulois, etc. On a compté de deux à cinq « ailes » de cavalerie et de six à neuf cohortes d’infanterie soit au total de 8 à 14 000 hommes. Le chiffre peut paraître faible, mais il est comparable aux effectifs de Numidie et d’Afrique proconsulaire, qui sont plus étendues.
    Ces soldats sont stationnés dans des camps. On a retrouvé et fouillé en partie ceux de Tocolosida et d’Aïn Chkour près de Volubilis, et celui de Tamuda ; il y en a un à Sala et plusieurs dans les environs de Tanger à Lixus.
    On connaît aussi au Sud de Rabat, à environ 12 kilomètres, une ligne fortifiée constituée par un fossé et un talus, renforcés de loin en loin par des tours de guet dont il ne subsiste que les emplacements. Cet ouvrage, appelé « seguiat el Faraoum », s’étend de la mer au confluent de l’oued Akreuch avec le Bou Regreg.

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    SUITE : Rapports avec les Berbères
     

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