Dossier du Sahara: Abdelaziz Marrakchi sur un volcan

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 15 Mars 2006.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    Depuis sa naissance en 1973, Le Polisario semble avoir échappé des divisions internes que d’habitude caractérisent les mouvements armés ou les guérillas, mais il paraît que l´heure des troubles internes au sein des séparatistes est arrivé avec l´apparition d´un nouveau courant sous le nom de « Front Populaire-Ligne de martyr ». Contrairement a la thèse maintenue par les medias officielles au Maroc, qui parlent d´une excision, les indices montrent qu´on est devant un courant alternatif à l’actuelle classe dirigeante commandée par Mohamed Abdel Aziz.

    Cette nouvelle donnée qui surgit à deux mois avant que le Conseil de Sécurité de l'ONU aborde le dossier du Sahara aura sans doute des répercussions à moyen et long terme sur ce conflit. Au fait, les trente années que compte le Polisario, ont été émaillées de profonds désaccords entre ses dirigeants, provoquant le retour au Maroc de nombre de leur chefs de file, dont Omar el Hadrami, l’un des membres fondateurs du Polisario, et de Brahim Hakim, ministre des Affaires étrangères des séparatistes pendant plus de dix ans. L’Algérie a toujours réussi à contenir les conflits internes qui risquaient de compromettre l’existence même du Polisario. Mais, cette fois, il s’agit, semble-t-il, de plus grave qu’un désaccord provoquant le retour au Maroc de quelques dirigeants du Polisario. A l’occasion du 30ème anniversaire de l’avènement de la soi disant «République arabe sahraoui démocratique », le Polisario a essayé de donner de lui-même l’image d’un mouvement solidement uni. La surprise est venue le jour même de la commémoration, le 27 février dernier, quand le Front populaire -Ligne du Martyr a fait parler de lui, en publiant un communiqué présentant les revendications de ce nouveau courant, à Tafariti, lieu des festivités, avant de l'envoyer aux différents médias internationaux, et de le distribuer dans diverses régions, dont le Sahara marocain. « Nous avons sciemment distribué notre communiqué dans les camps, et non pas à l'étranger, de crainte que Mohammed ben Abdelaziz et les siens, ne prétendent que c’est le Maroc qui nous pousse à agir », a déclaré à l’hebdomadaire La Vérité Salek Mahjoub, l’un des chefs de file de ce mouvement.

    Ce mouvement n'est pas récent mais il remonte à 1996, date de l´apparition de la première cellule des militants qui revendiquaient le changement. Pendant environ huit années de débats surtout dans les camps de Tindouf , à la fin le résultat a été la naissance officielle de ce mouvement. Dans le premier communiqué officiel émis en mai le 2004, la revendication principale de ce groupe était "la démission de l'actuelle classe dirigeante du Polisario et l´arrivé d´une nouvelle génération de dirigeants capable de s'adapter aux changements enregistrés dans le conflit du Sahara". Il faut dire que nous assistons à un tournant décisif dans le dossier du Sahara marocain. Tout reste cependant tributaire de la vision et de la popularité du Front populaire. Ainsi donc, l’avenir de la classe dirigeante du Polisario, notamment celui de Mohammed ben Abdelaziz, semble des plus incertains. Il est fort probable que le prochain congrès des séparatistes prévu en octobre 2006, n'apporte de nouveaux dirigeants, ou du moins la cohabitation au sein de la même classe dirigeante de diverses conceptions du conflit.


    Ceci dit, la Ligne du Martyr vient à point nommé, à une période où la population Sahraouie des camps paraît désorientée, livrée à elle même, face à un avenir des plus obscurs. Elle est donc prête à tabler sur n'importe quel nouveau mouvement présentant quelque projet prometteur, plus réaliste que les chimères que Mohammed ben Abdelaziz ne cesse de brandir devant leurs yeux accablés par tant de promesses déchues. En effet, les préconisateurs de cette nouvelle tendance sont porteurs d’un projet réaliste, qu’ils résument ainsi : « La solution doit être politique et négociée, sans qu’il y’ait ni vainqueur ni vaincu, solution préservant leur dignité aux Sahraouis et également au Maroc. qui a effectivement dépensé des fortunes au Sahara. Cela passe impérativement par des négociations courageuses susceptibles d’ouvrir grandes les portes du Palais, comme ce fut le cas entre feu Hassan II et les dirigeants du Polisario aux années quatre vingt et au début des années quatre vingt dix. » On le voit, nous sommes loin de grands slogans appelant au feu et au sang, tant brandis par les dirigeants du Polisario, qui n’ont d’ailleurs mené à rien. Il s’agit au contraire de propos réalistes qui, en tablant sur le rôle primordial du Palais, pensent trouver la solution à ce conflit. « Nous savons très bien, a déclaré l’un des meneurs de ce mouvement à La Vérité, que les gouvernements marocains n’ont pas droit de cité en la matière, et que les partis politiques, dont ceux de la gauche, n’ont rien entrepris pour rapprocher les positions des différentes parties concernées, d’autant plus que leur présence au Sahara est dérisoire. Le seul interlocuteur de taille est donc le Palais. Lui seul peut mener vers quelque solution viable à l’avenir. » Et d’ajouter : « Si les négociations qui ont été engagées dans les années quatre vingt entre le Palais et le Polisario s’étaient poursuivies, nous aurions sûrement réussi, depuis longtemps, à résoudre, du moins en partie, ce conflit. » Parallèlement, l’Algérie consciente de la gravité de la situation, surtout avec l’avènement éventuel d’une nouvelle classe dirigeante au sein du Polisario, cherche déjà à aller de l’avant, évitant de se prononcer sur La Ligne du Martyr, et essayant d'engager en catimini des pourparlers avec ses membres dans une tentative de les coopter. D’autant que la plupart des chefs de file de ce mouvement vivent en dehors des camps de Tindouf, loin de l’emprise des services de renseignement algérien, une partie des dirigeants vit en Europe et l´autre partie vit dans des campements proches aux frontières avec le Sahara marocain. Fait étonnant, le Polisario ne s’est pas encore prononcé officiellement sur ce mouvement. C'est le signe qu'il est conscient de son importance, et qu’il sait très bien qu’il ne s’agit pas de quelque courant fomenté par le Maroc. Seul l’ambassadeur du Polisario à Alger a pu dire que : « Le Martyr n’a pas le droit d’usurper le patrimoine et le nom du Front populaire. » La position de cet ambassadeur vient de confirmer le poids de ce courant pour ne pas dire aussi de reconnaître d´une façon ou d´une autre l´existence officielle de la Ligne de Maryr. Un expert espagnol a déclaré à La Vérité que « face à l’avenir incertain, les dirigeants du Polisario, pour couper l’herbe sous les pieds de La Ligne du Martyr, soit ils reprendraient les armes s’engageant dans quelque acte suicidaire contre le Maroc, se présentant ainsi en défenseur incontournable de la population sahraouie des camps, il ne faut pas oublier que le Polisario depuis plusieurs mois menacent de reprendre les armes si le Maroc n´accepte pas l’organisation de Referendum, soit il ferait sien la position prônée par La Ligne du Martyr, en acceptant des négociations politiques avec le Maroc, selon le principe de ni vainqueur, ni vaincu. »

    Pendant ce temps, les observateurs croient que aussi au Maroc il existe de nouveaux concepts envers le dossier du Sahara, parallèlement à cette nouvelle réalité au sein du Polisario. Nous nous référons principalement à la position politique mûre de quelques partis politiques comme le Parti du Progrès et Socialisme (PPS ) et le Parti Justice et Développement (PJD )qu'ils défendent le droit du Polisario de soutenir le principe de la séparation dans le cadre de la large Autonomie que le régime marocain veut accorder aux saharauis au style espagnol. Alors, le conflit du Sahara bouge politiquement au sein du Polisario et aussi dans le royaume, on attend les répercussions de ces séismes politiques.

    Paru surlobservateur.ma
    Article proposer par AGHILASSE
     

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