Drame de Ras El Ma: Ibtissam Allami a succombé à ses brûlures

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 28 Juillet 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    Il était environ 15 heures quand Hafid Yassine, le président de l’Association « Hassaniat Yacoub El Mansour », directeur de la colonie de vacances qui avait tourné au drame, a quitté le bureau du juge d’instruction après plus de deux heures d’interrogatoire pour laisser la place à Hassana Najji, la monitrice des victimes carbonisées la dernière nuit avant leur départ.

    Fatigué, visiblement encore sous le choc et boitant un peu d’une brûlure à l’orteil gauche, Hafid nous a annoncé la mort d’une 7ème fillette à l’hôpital militaire de Rabat la veille, Ibtissam Allami, qui habite à deux pas de chez lui à Yacoub El Mansour.

    Le bilan s’alourdit donc au moment où l’autre jeune fille brûlée a subi une opération dans le même établissement hospitalier.

    Les larmes aux yeux, très choqué par les déclarations de certains responsables, Hafid nous a énuméré, preuve à l’appui, dit-il, le manque flagrant d’infrastructures de base et d’équipement dans la colonie.

    D’abord, la tente qui avais pris feu n’était pas dressée sur une plate-forme mais directement sur le sol, ce qui a nécessité l’utilisation d’un type de tapis en plastique pour éviter la poussière, ce qui allait s’avérer un élément aggravant lors de l’incendie. Ensuite, il fallait 18 tentes pour les 150 personnes de la colonie, or les responsables ne leur ont réservé que 8 tentes et 6 chalets dont l’état de délabrement avancé ne pouvait permettre d’y installer des enfants. On les a donc exploités pour l’administration, la cuisine.

    Les tables en bois étaient dans un état lamentable et l’équipement manquait atrocement. Répondant à notre question sur les bougies, Hafid nous a confirmé que c’est lui-même qui a acheté les bougies, sachant que le groupe électrogène s’arrête aux alentours de minuit et pour cette dernière nuit de festivités, on risque de veiller...d’ailleurs les enfants ont terminé ce soir-là leur dîner à la bougie, faute d’électricité.

    Mais ce qui a le plus révolté les encadreurs de la colonie, selon le président de l’association, c’est de trouver après le drame un extincteur jeté par un inconnu dans la cuisine. D’ailleurs, il était dans un état lamentable et inopérant qui le rendait inutile.

    Pire, le responsable de l’équipement du centre a fait signé à Nabil H. , chargé de l’équipement au sein de l’association, un document au lendemain du drame, mentionnant la présence d’extincteur dans une liste que Nabil, encore sous le choc, n’a même pas lue.


    De toute façon, selon les membres de l’association, cette procédure de signature concernant l’équipement devait passer le premier jour et non pas après un drame pareil qui survint au dernier jour de l’estivage. Moralité : selon le président de l’association, les responsables du centre ont usé de moyens peu orthodoxes pour décliner toute responsabilité dans ce drame.

    Apparemment, la mort d’Ibtissam a encore une fois retardé la comparution des familles des victimes devant le juge d’instruction. Seuls les 05 membres de l’association, dont le président, ont fait le déplacement à Meknès. Hafid Yassine, Hasna Najji, Khalid B., Khalid M., et Nabil H., entourés de leurs familles, se posent encore des questions sur ce drame qui, disent-ils, a complètement bousculé leur vie.

    Notons que l’économe de l’Association Hassaniat Yacoub El Mansour, Karima El Karnaoui, poursuivie pour provocation involontaire d’un incendie ayant entraîné la mort de six personnes, d’homicide et blessures involontaires, est toujours maintenue en détention depuis sa comparution devant le parquet de la Cour d’Appel de Meknès.

    La mort d’Ibtissam alourdit le bilan macabre de Ras El Ma et complique davantage une affaire déjà très complexe sur la responsabilité de toutes les parties concernées.


    Par: Hassan BENMAHMOUD
    Source: L'opinion.
     

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