Drame de Ras El Ma: Les Oubliés

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 27 Septembre 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    "A ceux qui n’ont jamais cru en la loi de la jungle, je vous dis : depuis ce jour amer du 17 Juillet de cet été 2005, je ne pense qu’à elle...qu’à ma petite soeur adorée, morte carbonisée dans le drame de Ras El Ma... Je ne pense qu’à elles, ces huit petits anges pour lesquelles nos larmes et nos cris ont transpercé les portes du Paradis"...

    Voiçi le cri de détresse, d’impuissance et de désolation lancé par la soeur aînée de Kenza Elakbari, disparue avec plusieurs de ses camarades de colonie dans les flammes qui ont ravagé leur tente, suite à une maladresse ahurissante et à une gestion on ne peut plus amateur d’un camp de vacances qui, pourtant, ne date pas d’hier !

    Ce cri peut, aujourd’hui et depuis ce jour funeste, être jeté par toutes les familles des victimes et par ceux qui s’attendaient à un minimum, non pas de compassion seulement, mais de responsabilité, au creux des tympans bien bouchés de responsables gouvernementaux soudain aux abonnés absents, sans doute trouvant plus "rentable" de couper des rubans devant les caméras.

    Il se trouve que, le jour de la tragédie, alors que tout le pays était en état de choc, on a bien vu dans les journaux télévisés des envoyés respectables s’enquérir et promettre des lendemains plus heureux. Depuis, les familles des victimes sont laissées livrées à alles-mêmes, souffrant de la perte de leurs filles et de cette sacro-sainte indifférence dont nous ont habitué non gouvernants, qui seraient plus enthousiasmés par un événement sportif local que par une tragédie nationale...


    On a certes mis un ou deux « coupables » en examen ou dans de sombres cellules, histoire d’apaiser le feu, si vous permettez l’expression. Mais les autres responsables directs (ceux qui démissionnent pas, monsieur !) ne daignent même plus renseigner les familles meurtries, les accompagner dans les séquelles de leur drame (comme on l’a vu à Paris par exemple, lors des incendies d’immeubles habités par des ressortissants africains)... et encore moins leur garantir les compensations promises.

    Ce traitement est d’autant plus désolant que toutes les petites filles disparues à Ras El Ma étaient issues du même quartier à Rabat et quasiment voisines. Ultime signe de négligence, on ne les a même pas ensevelies côte à côte à leur enterrement mais bien éparpillées, ce qui contribue une fois de plus et à juste titre à la détresse des familles et à les priver de cette solidarité bien indispensable en une telle circonstance, dispersion qui leur a semblé comme une "tactique" peu involontaire...

    La grande soeur de Kenza, dont le père est un ancien athléte, aujourd’hui militaire à la retraite, ajoute : "ce qui m’intrigue c’est ce silence inattendu, horrible et cruel de la part des responsables. Cela veut-il dire clairement que l’affaire est close et que le drame de Ras El Ma ne fut qu’un accident qui peut arriver à n’importe qui, à des êtres vivants aussi bien qu’à de banales poupées ? Nous avons tout gobé, avec amertume... Mais pas ce silence terrible. Nous ne demandons rien , car personne ni rien, ne pourra nous remplacer notre petite dulcinée, mais un mot de soulagement marquera cette grande indifférence. Vive l’humanité ! et un grand merci à notre auguste Roi, qu , sans son soutien et sa présence, jamais plus je n’aurais cru qu’il existe encore un tel pays où chacun ressente l’autre".

    Ce qui s’est passé en Juillet dernier dans cette colonie de vacances n’est pas une tragédie comme une autre. Ce sont les réactions des grands responsables directs qui assomment par leur banalité.

    C’est ce comportement j’m’en foutiste qui commence par lasser, même dans des échéances aussi horribles.

    Khalil RAÏS
    L'Opinion
     

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