Drogue et politique, les liaisons dangereuses

Discussion dans 'Info du bled' créé par Info du bled, 1 Septembre 2009.

  1. Info du bled

    Info du bled Writer

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    Chaque jour qui passe apporte son lot de démantèlements de réseaux de drogue, d'arrestations de barons de l'herbe interdite et de saisies aux frontières de plusieurs dizaines de kilos de chira et autre cannabis. Les journaux télévisés relaient l'information avec force images. Le moindre gramme de ces substances illicites est élevé au statut de prise héroïque. Et il faut ici en rendre hommage aux services de sécurité et à leurs investigations pour que le Maroc ne soit plus une plaque tournante de la drogue.
    Mais, car il y a un énorme “mais”, dans l'histoire. La communication sur la dernière arrestation en date laisse perplexe. Samedi 29 août, radios et télévisions reprenaient en chœur l'arrestation d'un prévenu, présenté comme un gros bonnet et l'un des plus importants trafiquants de drogue dure. Un communiqué de la Direction générale de Sûreté nationale révèle l'identité de ce baron de la drogue. Plus encore, la police nous apprend que l'homme en question est un ancien député du Rassemblement national des indépendants. Poussant loin la précision, le communiqué va au-devant des interrogations citoyennes et étanche notre soif de voyeur. On a même droit à sa circonscription: l'ancien député du RNI représentait donc la région « Zerhoun-Arab-Saïss ».
    Le mieux étant l'ennemi du bien, toutes ces précisions communiquées à l'opinion publique suscitent, il faut le dire, bien des questionnements. Il y a quelques jours, l'arrestation de 16 trafiquants de drogue a été annoncée sans que l'identité de ces derniers ne soit toutefois révélée. Avec l'ex-parlementaire, actuellement sous enquête sous la supervision directe du procureur général du Roi près la cour d'appel de Casablanca, ce n'est plus le cas. Non seulement ses nom et prénom ont été déclinés mais sa fonction passée de député -il ne l'est plus depuis 2002- a été mise en avant autant que la famille politique à laquelle il appartenait et, qui s'est immédiatement fendue, elle aussi, d'un communiqué pour signifier que le mis en cause « n'a plus de relation ni de contact avec le parti depuis plus de 7 ans ».
    Ces révélations sur «l'engagement politique» d'une personne soupçonnée de trafic de drogue dure contribuent à discréditer l'action politique déjà en bien mauvais état. L'institution parlementaire n'est pas non plus épargnée. Combien de trafiquants de drogue siègent sous la coupole ? risquent de se demander ceux très nombreux qui désertent le chemin des urnes et choisissent l'abstention comme l'expression d'un ras-le-bol politique. Que l'on voudrait décrédibiliser les politiques, que l'on ne s'y prendrait pas autrement tant il est vrai que l'association insidieuse drogue et parlement est fondamentalement dangereuse. Il est tout aussi dangereux de suggérer, même de manière involontaire, que les barons de la drogue font de l'entrisme et investissent l'hémicycle. Pas la peine d'évoquer la présomption d'innocence, il y a bien longtemps que ce principe est jeté en pâture aux opinions publiques .








    Source : libe.ma
     

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