Edward Snowden (en cours)

Discussion dans 'Bibliothèque Wladbladi' créé par titegazelle, 11 Janvier 2014.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Edward Snowden


    Edward Joseph Snowden, né le 21 juin 1983, est un informaticien américain, ancien employé de la CIA et de la NSA, qui a révélé les détails de plusieurs programmes de surveillance de masse américains et britanniques.

    En juin et juillet 2013, Snowden rend publiques par l'intermédiaire des médias, notamment du Guardian et du Washington Post, des informations classées top-secrètes de la NSA concernant la captation des métadonnées des appels téléphoniques aux États-Unis, ainsi que les systèmes d'écoute sur internet des programmes de surveillance PRISM et XKeyscore du gouvernement américain, ainsi que le programme de surveillance Tempora du gouvernement britannique. Pour justifier ses révélations, il a indiqué que son «seul objectif est de dire au public ce qui est fait en son nom et ce qui est fait contre lui»

    À la suite de ses révélations, Edward Snowden est inculpé le 22 juin 2013 par le gouvernement américain sous les chefs d’accusation d'espionnage, vol et utilisation illégale de biens gouvernementaux.

    Exilé à Hong Kong en juin 2013, puis à Moscou, Edward Snowden a obtenu le 31 juillet 2013 l'asile temporaire en Russie.

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    [​IMG]
    Edward Snowden lors de son interview par Glenn Greenwald et Laura Poitras,

    le 6 juin 2013 à Hong Kong.
    Données clés Nom de naissance : Edward Joseph Snowden
    Description : The NSA whistleblower.
    Former employee of CIA & NSA. Mirror in background.
    Date : 2013
    Source : Screenshot of the film Prism by Praxis Films
    Auteur : Laura Poitras / Praxis Films
    Ce fichier est disponible selon les termes de la
    licence Creative Commons Paternité 3.0 (non transposée)
    Attribution: Laura Poitras / Praxis Films
    _______________________________

    Naissance : 21 juin 1983 (30 ans)
    Elizabeth City, Caroline du Nord, États-Unis
    Nationalité : États-Unis Américaine
    Profession : Informaticien
    Activité principale : Administrateur systèmes chez Booz Allen Hamilton (jusqu'au 10 juin 2013)
    Autres activités : Révélateur des programmes de surveillance électronique (PRISM, XKeyscore)
    de citoyens, d'entreprises et d'États par les agences de renseignements américaines (NSA, FBI), britanniques (GCHQ), canadiennes (CSEC), australiennes (DSD) et néo-zélandaises (GCSB)

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    Biographie

    Famille et éducation

    Edward Snowden naît le 21 juin 1983 à Elizabeth City en Caroline du Nord, mais passe toute son enfance dans la ville de Wilmington. Son père, Lonnie Snowden, originaire de Pennsylvanie, est un ancien officier de la garde côtière des États-Unis. Sa mère, Wendy, originaire de Baltimore, Maryland, travaille à la cour fédérale du district du Maryland. Il a une sœur plus âgée que lui, qui est avocate.

    En 1999, Edward déménage avec sa famille à Ellicott City dans le Maryland, où il étudie l'informatique à l'université Anne Arundel Community College, pour obtenir les crédits nécessaires à l'obtention d'un diplôme d'études secondaires. À Crofton, Maryland (en), où il habite, presque tout le monde travaille pour l'armée ou la NSA, dont le quartier général est non loin à Fort Meade.

    Snowden est visiblement très intelligent mais ne se montre pas bon élève : il ne finit pas sa licence à Arundel, échec dont il sort mortifié et peut-être méfiant vis-à-vis des institutions incarnant l'autorité. Son père explique qu'Edward a raté plusieurs mois d'école pour cause de maladie, et, plutôt que de retourner passer son GED dans un lycée local — qu'il a par la suite obtenu — il préfère suivre des cours en ligne afin d'obtenir une maîtrise à l'université de Liverpool, en 2011.

    Ayant travaillé dans une base militaire américaine au Japon, Edward Snowden aurait eu à cette occasion un intérêt profond pour la culture japonaise et en aurait étudié la langue. Snowden a également affirmé qu'il avait une compréhension de base du mandarin, qu'il était profondément intéressé par les arts martiaux et a revendiqué le bouddhisme comme étant sa religion. Avant de fuir pour Hong Kong, Snowden résidait à Honolulu, Oahu, sur l'archipel d'Hawaï. Il avait visité Hong Kong auparavant avec Lindsay Mills, sa petite amie.

    Le 17 juin 2013, Lonnie Snowden accorde une interview à Fox TV, étant préoccupé par la désinformation dans les médias concernant son fils. Il décrit Edward comme étant «un jeune homme attentionné et sensible, doté d'une profonde réflexion». Alors qu'il est en accord avec son fils dans son opposition aux programmes de surveillance qu'il a révélés, Lonnie Snowden demande à son fils de cesser sa fuite et de rentrer à la maison.

    Le 31 juillet 2013, lors d'un interview organisé et diffusé par la télévision russe Rossiya, Lonnie Snowden change d'avis et conseille à son fils de rester en Russie pendant son asile temporaire : «Je pense que la Russie a la ferme intention et la possibilité de protéger mon fils. Si j'étais à sa place, je resterais en Russie».

    Convictions politiques

    En juin 2013, Edward Snowden est photographié à côté d'un ordinateur portable orné d'autocollants à l'effigie d'associations promouvant un internet libre, comme l'Electronic Frontier Foundation ou le réseau Tor.

    À l'élection présidentielle américaine de 2008, Snowden dit avoir voté pour un Tiers parti, sans préciser lequel. En 2008, il est prêt à faire ses révélations, mais il décide d'attendre à cause de l'élection de Barack Obama. Snowden dit qu'à cette période il «croyait aux promesses d'Obama», mais que celui-ci «a continué les pratiques de son prédécesseur».

    Concernant l'élection présidentielle américaine de 2012, les listes de donateurs aux politiques indiquent qu'il a contribué à la primaire de Ron Paul, candidat à l'investiture du parti républicain.

    Carrière

    Le 7 mai 2004, Edward Snowden s'engage dans l'armée en tant que recrue des forces spéciales. Il dit vouloir combattre pendant la guerre d'Irak, parce que, disait-il, il «se sentait obligé en tant qu'être humain d'aider les peuples libres contre l'oppression». Cependant, quatre mois plus tard, un accident pendant un entraînement lui brise les deux jambes et l'oblige à abandonner sa formation. Il est par la suite embauché par la NSA comme agent de sécurité à l'Université du Maryland, avant de rejoindre la CIA pour travailler dans la sécurité informatique.

    De mars 2007 à février 2009, Snowden est envoyé par la CIA à la mission américaine des Nations unies à Genève en Suisse. Il décrit cette expérience à Genève comme étant «formatrice». Par exemple, il raconte que la CIA a délibérément rendu ivre un banquier suisse, puis l'a encouragé à rentrer chez lui en voiture. Quand ce dernier a été arrêté, un agent de la CIA lui aurait alors offert son aide, puis l'aurait recruté. Le président de la Confédération suisse, Ueli Maurer, a commenté ce témoignage : «Il ne me semble pas que cet incident se soit déroulé de la façon dont Snowden et les médias la décrivent ». Ces révélations sont arrivées à un moment particulier dans les relations États-Unis–Suisse, puisque le Conseil fédéral suisse tentait d'adopter une loi pour plus de transparence dans le secteur bancaire. Snowden a justifié cette révélation en disant «je ne veux pas vivre dans une société qui pratique ce genre de choses».

    En 2009, Snowden quitte la CIA pour travailler chez un prestataire privé de la NSA sur une base militaire américaine au Japon. Le directeur de la NSA, Keith B. Alexander a confirmé que Snowden a eu un poste à la NSA pendant un an, avant de devenir consultant. Snowden travaille ensuite pour Booz Allen Hamilton pendant trois mois, en tant qu'administrateur systèmes pour la NSA, au Centre de renseignement régional SIGINT de Kunia Camp, Hawaii (en) à Oahu, une des îles de l'archipel d'Hawaï.

    Snowden décrit sa vie comme très confortable, gagnant un salaire annuel d'environ 200 000 dollars avant son emploi chez Booz Allen Hamilton. Dans un entretien avec le quotidien de Hong Kong South China Morning Post, réalisé le 12 juin 2013, mais publié seulement le 25 juin 2013, Snowden affirme avoir cherché un emploi chez Booz Allen Hamilton afin de recueillir des preuves des activités de la NSA : «Mes fonctions au sein de Booz Allen Hamilton me donnaient accès aux listes des appareils [ordinateurs, téléphones portables] espionnées à travers le monde par la NSA». «C’est pour ça que j’ai accepté le poste il y a trois mois», a-t-il expliqué.

    Snowden travaille à Hawaï depuis un mois lorsqu'il dérobe des informations ultraconfidentielles à l'aide d'une clé USB. Il les transporte ensuite à l'aide de quatre ordinateurs portables jusqu'à Hong Kong, où il se réfugie du 20 mai 2013 au 23 juin 2013, date de son départ en direction de Moscou. Son travail d'administrateur systèmes lui donnait un accès facile au réseau des ordinateurs de la NSA. D'après le Los Angeles Times, le technicien savait parfaitement comment échapper au contrôle destiné à empêcher tout téléchargement illégal de documents officiels. Snowden est licencié de chez Booz Allen Hamilton le 10 juin 2013, à la suite, selon ses employeurs, d'une «violation du code d'éthique et de la politique de l'entreprise».

    Quand Snowden quitte les États-Unis en mai 2013, après la perte d'un emploi qui lui assurait un mode de vie privilégié, il explique : «Je suis prêt à sacrifier tout cela parce que je ne peux, en mon âme et conscience, laisser le gouvernement américain détruire la vie privée, la liberté d'Internet et les libertés essentielles des gens du monde entier avec ce système énorme de surveillance qu'il est en train de bâtir secrètement».

    La fuite d'information

    Contacts avec les journalistes

    En décembre 2012, Snowden prend contact anonymement avec Glenn Greenwald, journaliste au Guardian et avocat américain. Il lui demande de s'équiper d'outils de chiffrement avant de commencer à communiquer. Glenn Greenwald, peu familier avec les outils de chiffrement, ne donne pas suite dans l'immédiat à ce message.

    En janvier 2013, Snowden se met en rapport, toujours de manière anonyme, avec la documentariste Laura Poitras. Il commence par établir une méthode de communication sécurisée, lui demandant sa clé de chiffrement. Il prétend avoir des informations intéressantes à partager dans le domaine du renseignement. Snowden ne fournissant pas de documents à cette étape, Laura Poitras, qui a besoin d'évaluer la fiabilité de cette source inconnue, en parle à quelques personnes, dont le journaliste Barton Gellman et Jacob Appelbaum, qui l'aident à s'assurer de la crédibilité de ce contact anonyme. Selon elle, Snowden a choisi de s'adresser à elle après avoir lu l'un de ses articles du New York Times consacré à William Binney, un autre lanceur d'alerte des programmes d'espionnage de la NSA, en 2002.

    En avril 2013, Glenn Greenwald et Laura Poitras, qui se connaissent depuis 2010 – ils sont membres fondateurs de la Freedom of the Press Foundation, créée avec le célèbre lanceur d'alerte Daniel Ellsberg en décembre 2012 – se rencontrent à New York pour faire le point sur cette source anonyme qui souhaite divulguer de nombreuses informations confidentielles relatives aux programmes de surveillance américains.

    Le 16 mai 2013, Barton Gellman, un journaliste du Washington Post, indique qu'il a établi un premier contact avec Snowden. Gellman affirme que Greenwald a été impliqué seulement après que le Washington Post a renoncé à garantir la publication complète des documents dans les soixante-douze heures, mais Greenwald dément cette chronologie des faits.

    Selon Gellman, avant de le rencontrer en personne, Snowden lui a écrit : «Je comprends que je vais avoir à répondre de mes actions, et que ces révélations publiques marquent la fin de ma vie telle qu'elle a été». Il a aussi dit à Gellman que tant que les articles ne sont pas publiés, les journalistes travaillant avec lui sont en danger vis-à-vis des agences d'espionnage américaines. Selon Snowden, ces agences de renseignement seraient même prêtes à tuer une personne si elles pensaient que cela pouvait empêcher des révélations embarrassantes.

    En mai 2013, Snowden invite Greenwald et Laura Poitras à le rejoindre à Hong Kong. Ces derniers quittent New York pour Hong Kong avec un autre journaliste du Guardian, Ewen MacAskill. Ils avaient rendez-vous dans un centre commercial jouxtant l'hôtel Mira, dans le quartier de Kwoloon, avec un homme ayant un Rubik's Cube dans la main : il s'agissait de Snowden.

    Le 5 juin 2013 Greenwald publie un premier article concernant les activités d'espionnage de la NSA : l'espionnage massif des appels téléphoniques de l'opérateur Verizon.

    Le 6 juin 2013, Gellman publie avec Laura Poitras le premier article du Washington Post révélant le programme de surveillance PRISM.

    Avant de révéler son identité, Snowden demande à ne pas être cité par de trop longues phrases de peur d'être identifié par analyse sémantique. Son identité est révélée publiquement, à sa demande, par le Guardian et le Washington Post le 9 juin 2013. Il explique sa décision de renoncer à l'anonymat en ces termes : «Je n'ai pas l'intention de me cacher, parce que je sais que je n'ai rien fait de mal».

    Au début, Snowden utilise le pseudonyme de Verax (qui signifie «celui qui dit la vérité» en latin). Il communique par email de façon chiffrée et héberge ses messages chez le service de courriel Lavabit, un service email qui a la particularité de stocker les messages des utilisateurs de façon chiffrée sur ses serveurs. Le propriétaire de Lavabit avait reçu une ordonnance du tribunal lui demandant de coopérer avec le gouvernement américain pour espionner les utilisateurs du service. Percevant cette coopération comme une «complicité de crime contre le peuple américain», il la refuse et décide de fermer Lavabit le 8 août 2013. De plus, le gouvernement lui interdit de donner des détails sur cette fermeture.

    Quelques semaines après le début des révélations, David Cameron, premier ministre du Gouvernement du Royaume-Uni demande au Guardian de restituer les documents en sa possession relatifs à la NSA et au GCHQ, qu'Edward Snowden leur a fourni. Le rédacteur en chef du journal, Alan Rusbridger, raconte que dans un premier temps ils refusent. Le gouvernement menace alors le journal d'une action judiciaire afin de se faire remettre ces documents. Le 20 juillet 2013, le Guardian se résigne alors à détruire les disques durs contenant les documents, en présence d'agents du GCHQ qui vérifient le bon déroulement de cette destruction. Le Guardian a fait savoir qu'ayant préalablement fait plusieurs copies des documents de Snowden sur des serveurs hors du Royaume-Uni, il continuera à publier des articles sur les révélation de Snowden.

    Le 18 août 2013, le compagnon de Glenn Greenwald, en transit à l'aéroport d'Heathrow et qui revenait d'un séjour à Berlin où il avait travaillé avec Laura Poitras, a été arrêté par des officiers britanniques, interrogé en vertu de la loi antiterroriste et détenu pendant 9 heures afin d'être interrogé sur Edward Snowden et les activités des journalistes.


    Le 23 août 2013, le Guardian annonce un partenariat avec le New York Times, afin de poursuivre la publication des révélations sur le GCHQ, en étant «hors de portée du gouvernement britannique».

    Le 2 septembre 2013, la commission parlementaire d’enquête du Sénat brésilien, mis en place pour enquêter sur des faits présumés d’espionnage des États-Unis au Brésil, a demandé à la police fédérale qu'elle assure la protection de Glenn Greenwald, le journaliste à l’origine de leur révélation.

    Le 21 octobre 2013, le journal Le Monde indique collaborer avec le journaliste Glenn Greenwald et son équipe depuis le mois d'août, afin de publier une série d'articles, en se concentrant sur la façon dont la NSA a travaillé sur des cibles françaises.

    Les documents

    Le 22 juin 2013, des officiels de la NSA indiquent qu'Edward Snowden n'a pas réussi à accéder aux "bijoux de la couronne", c'est-à-dire les documents les plus secrets de la NSA.

    Fin mai 2013, lors de sa rencontre à Hong Kong avec Glenn Greenwald, Snowden aurait communiqué entre 9 000 et 10 000 documents de la NSA. Début août 2013, le journaliste Gleen Greenwald précise que Snowden lui a confié entre 15 000 et 20 000 documents secrets américains.

    Fin août 2013, la police britannique indique que le compagnon de Glenn Greenwald, interrogé par des officiers de police britanniques lorsqu'il était en transit à l'aéroport d'Heathrow le 18 août 2013, était en possession de 58 000 documents sensibles du renseignement britannique.

    Le 1er novembre 2013, le général Keith B. Alexander, Directeur de la NSA, déclare que la fuite concernerait entre 50 000 et 200 000 documents.

    Le 14 décembre 2013, des officiers de la NSA indiquent, que 6 mois après le début de l'investigation, les enquêteurs ne sont pas toujours en mesure de quantifier avec exactitude l'ampleur de la fuite de données.

    Le 15 décembre 2013, dans un reportage du magazine 60 Minutes sur la chaîne américaine CBS, un officier de la NSA confirme que le nombre actuel de documents concernés par la fuite s'élève à 1,7 million, ce qui en fait la plus importante fuite de données connue de l'histoire de la Communauté du renseignement américain. Lors de l'interview, l'officer précise qu'Edward Snowden a eu accès aux "clés du royaume" : 31 000 documents ultra-confidentiels de la NSA qui détaillent la connaissance de l'agence et ses lacunes, et donc les moyens que pourraient utiliser d'autres pays pour se protéger.

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    LES RÉVÉLATIONS - Étant extrêmement long, l'article sera posté à part.
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    SUITE... Exil et asile
     
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    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Exil et asile


    Réfugié à Hong Kong

    Ayant fui son pays, Edward Snowden était, depuis le 20 mai 2013, réfugié au sein de la région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong en Chine. Parmi les cibles de la NSA, des centaines sont visées depuis 2009 à Hong Kong ou en Chine, a affirmé Snowden, qui dit agir notamment pour dénoncer «l'hypocrisie du gouvernement américain quand il assure qu'il n'espionne pas d'infrastructures civiles, au contraire de ses adversaires».

    À Hong Kong, Edward Snowden a demandé aux avocats qui le secondaient de mettre leur téléphone portable dans le réfrigérateur de sa planque, rapporte The New York Times. Objectif : «Bloquer toute écoute», non grâce au froid mais grâce à l’effet cage de Faraday : les épaisses parois de métal du réfrigérateur créent une sorte de barrière électromagnétique empêchant le passage des ondes radio et la transmission de données, explique un expert, Adam Harvey, dans le quotidien américain. Toutefois, l'utilisation d'un simple shaker semble plus efficace pour bloquer les ondes électromagnétiques, selon Michael Colombo du site internet Make (magazine), qui a fait l'expérience comparative.

    Alors qu'il est probable que la Chine refuse d'extrader Edward Snowden (malgré le fait que Hong Kong a un accord d'extradition avec les États-Unis), l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur reprend la question d'une éventuelle manipulation chinoise ; ce que dément Snowden le 17 juin 2013, lors d'une discussion en direct avec les lecteurs du Guardian. Il ajoute : «Le gouvernement américain ne pourra pas étouffer [cette affaire] en m’emprisonnant ou en me tuant. La vérité est en marche et ne pourra pas être arrêtée», explique-t-il.

    Réfugié à Moscou

    Le 23 juin 2013, Edward Snowden embarque à bord d'un vol de la compagnie Aeroflot à destination de Moscou en Russie accompagné par Sarah Harrison une conseillère de WikiLeaks, bien que cela ne soit probablement pas sa destination finale. Le gouvernement de Hong Kong confirme l'information : «Aujourd'hui, Snowden a quitté Hong Kong volontairement pour un pays tiers de façon légale et normale», affirme un porte-parole. Les autorités hongkongaises n'ont, selon elles, «pas obtenu d'informations pertinentes» justifiant l'arrestation de l'américain comme le demandaient les États-Unis. Ce même jour, afin de l'empêcher de voyager, le gouvernement américain révoque son passeport.

    Bloqué à l'aéroport Cheremetievo

    À son arrivée à l'aéroport international Cheremetievo de Moscou, Snowden rencontre brièvement un diplomate de l'ambassade de l'Équateur à Moscou, le ministre des Affaires étrangères équatorien annonçant pour sa part que Snowden a demandé l'asile politique dans son pays.

    Edward Snowden a officiellement demandé l'asile au gouvernement équatorien, dans une lettre rendue publique par la presse locale le 25 juin 2013 : «Moi, Edward Snowden, citoyen des États-Unis d'Amérique, je vous écris pour solliciter l'asile à la république de l’Équateur, face au risque de persécution de la part du gouvernement des États-Unis et de ses agents en relation avec ma décision de rendre publiques de graves violations de la part du gouvernement des États-Unis d'Amérique de leur Constitution – concrètement du quatrième et du cinquième amendement – ainsi que de plusieurs traités des Nations unies souscrits par mon pays». « (...) Je crois qu'il est improbable que je reçoive un traitement humain avant le procès et je cours en plus le risque d'une condamnation à perpétuité ou la mort».

    Selon un cadre de la compagnie Aeroflot cité par l'agence Reuters, Snowden a réservé un siège sur un vol à destination de La Havane. D'après une journaliste de Reuters, qui se trouve sur ce vol, l'ex-agent ne se trouve toutefois pas à bord. Le site WikiLeaks fondé par Julian Assange a annoncé que Snowden était «en route pour la République d'Équateur par un chemin sûr afin d'obtenir l'asile».

    Le 25 juin 2013, le président russe Vladimir Poutine déclare qu'Edward Snowden est toujours dans la zone de transit de l'aéroport Cheremetievo ; son arrivée à Moscou étant, a-t'il affirmé, «totalement inattendue». La présence de Snowden dans la zone de transit cause un début de crise diplomatique entre les États-Unis et la Russie, les Américains souhaitant que les Russes extradent de force Snowden vers les États-Unis, les Russes faisant état que : «Les Américains ont mis en connaissance de cause Moscou dans l'embarras en n'avertissant pas à temps de l'annulation du passeport» d'Edward Snowden, a affirmé le 28 juin 2013 une source proche du dossier à l'agence russe Interfax. «Si cela avait été su plus tôt, il est possible que Snowden n'aurait jamais décollé pour Moscou, et il n'y aurait pas eu toute cette histoire», a ajouté la source.

    Dans une interview donnée à la chaîne NBC le 28 juin 2013, le père d'Edward Snowden a déclaré que son fils était prêt à envisager un retour sur le sol américain s'il obtient certaines garanties. Par l'intermédiaire de son avocat, Lonnie Snowden a adressé une lettre à Eric Holder, le ministre américain de la Justice. Il y explique que son fils est prêt à rentrer aux États-Unis à condition qu'il ne soit pas arrêté avant son procès. Il demande également qu'il puisse choisir le lieu où il sera jugé et qu'il ne soit pas tenu au silence. Selon NBC, les deux hommes ne se seraient pas parlé depuis avril dernier.

    Le 30 juin 2013, selon un responsable des services consulaires russes et l'agence Reuters, Edward Snowden aurait demandé l'asile politique à la Russie. Le lendemain, ce responsable russe précise : «La veille à 22 h 30, la citoyenne britannique Sarah Harrison (membre de WikiLeaks voyageant avec M. Snowden) s'est présentée au service consulaire de l'aéroport de Cheremetievo et a transmis une demande d'asile politique de Snowden en Russie».

    Le 2 juillet 2013, le président russe, Vladimir Poutine déclare que Snowden pourrait rester en Russie uniquement s’il cessait «ses activités visant à faire du tort» aux Américains. «Comme il se considère comme un défenseur des droits de l'homme, il n’a manifestement pas l’intention de cesser ces activités, c’est pourquoi il doit choisir un pays où aller, et s’y rendre», a-t-il ajouté. Le porte-parole de la présidence de la Fédération de Russie Dmitri Peskov a ajouté que Snowden ne pouvait être remis aux États-Unis, où la peine de mort est en vigueur : «Aucun pays ne peut livrer Snowden à un autre pays comme les États-Unis où est appliquée la peine de mort».

    Le 2 juillet 2013, Wikileaks annonce qu'Edward Snowden a fait une demande d'asile à vingt et un pays dont l'Islande, l'Allemagne, la France, l'Inde, la Chine, Cuba, l'Équateur ou encore le Brésil. Ces nouvelles demandes font suite à la réticence de l'Équateur quant à l’accueil de l'ancien agent de la NSA, réticences engendrées par la forte pression exercée par les États-Unis pour empêcher Snowden, comme il le dit lui-même : «Jeudi, le président Obama a déclaré à la face du monde qu’il ne permettrait aucune "manigance ou marchandage" diplomatique à mon propos», a déclaré Edward Snowden dans un communiqué. «Cependant, on apprend maintenant qu’après avoir promis de ne pas agir de cette manière, le président a donné l’ordre à son vice-président de faire pression sur les dirigeants des pays auprès de qui j’ai demandé une protection pour rejeter mes demandes d’asile politique», a-t-il ajouté, de trouver une terre d'asile. «Ce type de méthode de la part d'un leader mondial n'est pas la justice… Il s'agit des vieux instruments d'agression politique», ajoute-t-il.

    À cette période, Snowden renonce à demander l’asile politique en Russie et dénonce l’attitude de l’administration Obama à son égard : «Bien que je ne sois déclaré coupable de rien, [l'administration Obama] a unilatéralement annulé mon passeport, faisant de moi un apatride». «Sans aucune décision de justice, cette administration tente à présent de m'empêcher d'exercer un droit fondamental, un droit qui appartient à tout le monde, le droit de demander asile». À ce sujet, Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, déclare à des journalistes : «En apprenant hier la position de Poutine sur les conditions nécessaires pour rester en Russie, il a renoncé à sa demande».

    L'incident de l'avion présidentiel bolivien

    Le 3 juillet 2013, comme l'Italie, le Portugal et l'Espagne, La France ferme brutalement son espace aérien, en raison de rumeurs selon lesquelles Edward Snowden se trouverait à bord de l'avion du président de Bolivie Evo Morales, qui revenait d'une conférence à Moscou. Ce refus de survol de son espace aérien provoque un scandale en Bolivie, où des manifestants boliviens en colère s'attaquent à l'ambassade de France en Bolivie de La Paz.

    La Bolivie et les pays d'Amérique latine sont furieux et déposent plainte à l'ONU. La France refuse d'expliquer pourquoi elle a interdit pendant plusieurs heures le survol de son pays. Le soir du 3 juillet 2013, Paris fait part à la Bolivie de ses «regrets», évoquant un «contretemps», le porte-parole du ministère de Laurent Fabius indiquant que «Le ministre des Affaires étrangères a téléphoné à son homologue bolivien pour lui faire part des regrets de la France à la suite du contretemps occasionné pour le président Morales par les retards dans la confirmation de l'autorisation de survol du territoire par l'avion du président».

    Le 5 juillet 2013, le président du Venezuela, Nicolás Maduro, et le président du Nicaragua, Daniel Ortega, affirment tous les deux qu'ils sont disposés à accorder l'asile à l'ex-consultant Edward Snowden. Nicolás Maduro, au cours d'une célébration de l'indépendance du Venezuela, annonce qu'il entend «le protéger de la persécution de l'empire le plus puissant du monde, qui s'est déchaînée sur lui». Daniel Ortega confirme pour sa part avoir reçu une demande de Snowden à l'ambassade du Nicaragua à Moscou : «Nous, nous sommes ouverts et respectueux du droit d'asile, et il est clair que si les circonstances le permettent, nous recevrons Snowden avec grand plaisir et lui donnerons l'asile ici au Nicaragua». Le 6 juillet 2013, à la suite de ses ennuis avec certains pays européens qui lui ont refusé le survol de leur espace aérien, le président Bolivien, Evo Morales, offre lui-aussi l'asile politique à Snowden.

    Le 7 juillet 2013, le président cubain Raúl Castro soutient le droit de ces pays à offrir l’asile politique à ceux qui sont «persécutés pour leur idéal ou en raison de leur lutte pour les droits démocratiques». Ce soutien est important, notamment en l’absence de vol commercial direct à partir de Moscou vers l’un des trois pays latino-américains susceptibles d’offrir l’asile à Edward Snowden, ce qui l’obligerait théoriquement à faire escale à La Havane.

    Choix de l'asile en Russie

    Le 12 juillet 2013, lors d'une rencontre avec des avocats et des défenseurs des droits de l’homme à l’aéroport de Moscou, Edward Snowden déclare qu'il va redemander l'asile politique en Russie, ce qui est confirmé par son avocat Anatoli Koutcherena. Trois pays d'Amérique latine ainsi que Cuba sont prêts à l’accueillir, mais Snowden invoque l'impossibilité de rejoindre ces pays pour expliquer sa demande, n'ayant pas de passeport pour pouvoir se déplacer hors de Russie : «Je ne peux qu'accepter l'offre de la Russie car je suis dans l'impossibilité de me déplacer», explique-t-il.

    Ce même jour, le président de la Douma, Sergueï Narychkine, s'exprime en faveur de l'accueil de Snowden : «La Russie doit accorder à Snowden l'asile politique ou un asile politique temporaire», déclare-t-il, le considérant «comme un défenseur des droits de l'homme». Le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov réitère via l'agence Interfax les conditions déjà fixées la semaine dernière par Vladimir Poutine lui-même : s'il formule réellement une demande d'asile à la Fédération de Russie, «Snowden pourrait théoriquement rester si, premièrement, il renonce totalement à ses activités qui font du tort à nos partenaires américains, et, deuxièmement, si lui-même le souhaite».

    Le 15 juillet 2013, le président russe Vladimir Poutine accuse les États-Unis d'avoir «coincé» Edward Snowden en Russie : «Il est arrivé sur notre territoire sans invitation, en transit vers d'autres pays. Nos collègues américains l'ont de facto coincé [en Russie] après avoir intimidé tous les pays prêts à l'accueillir».

    Le 16 juillet 2013, Edward Snowden, dépose officiellement sa demande d'asile en Russie afin d'obtenir le statut de réfugié politique, qui lui permettrait ensuite de quitter Moscou à destination d'un autre pays, la réponse des autorités russes étant attendue dans les trois mois.

    Le 24 juillet 2013, la presse annonce qu'Edward Snowden devrait être autorisé à quitter l'aéroport de Cheremietevo où il est confiné depuis un mois, mais que cette décision ne sera effective que lorsque les papiers d'immigration seront remplis; de son côté, Michael McFaul, United States Ambassador to Russia (en) confirme que les États-Unis ne demandent pas l'extradition de Snowden, mais son retour volontaire dans sa patrie.

    Asile en Russie

    Le 31 juillet 2013, la Russie, qui ne dispose pas d'accord d'extradition avec les États-Unis134, accorde un asile temporaire d'un an à Edward Snowden. Ce statut de réfugié, qui lui permet de travailler, peut être renouvelé chaque année indéfiniment, tant qu'il ne quitte pas la Russie.

    Le 1er août 2013, Snowden «remercie la Russie de [lui] accorder l'asile en accord avec ses lois et ses obligations internationales» et indique que «lors des huit dernières semaines, on a vu l'administration Obama ne montrer aucun respect pour les lois internationales et nationales, mais en fin de compte la justice a gagné». En outre, son avocat russe, Anatoli Koutcherena, indique que «Edward Snowden ne diffusera plus de documents sur les programmes de surveillance américains à travers le monde mais veut refaire sa vie en Russie».

    Libre de se déplacer en Russie après un mois de confinement, Snowden quitte l'aéroport Cheremetievo le 1er août 2013. Son avocat russe a précisé qu'il avait trouvé refuge chez des expatriés américains, mais n'a pas révélé sa localisation.

    Le 7 octobre 2013, le site russe Life News indique avoir "obtenu une preuve que Snowden se trouve à Moscou" et publie une photo d'un homme ressemblant à l'informaticien américain. Son avocat a confirmé qu'il s'agit bien de lui.

    Le 17 décembre 2013, le journal brésilien Folha de S. Paulo publie une lettre ouverte d'Edward Snowden dans laquelle il déclare être «prêt à aider des sénateurs brésiliens» qui lui ont demandé assistance dans «leurs enquêtes sur les soupçons de crimes contre des citoyens brésiliens».






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