El Jadida : La tomate ravagée par le «Tuta Absoluta»

Discussion dans 'Info du bled' créé par @@@, 5 Septembre 2009.

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    · L’insecticide, pour le combattre, en rupture de stock

    · Revendeurs et intermédiaires en triplent le prix


    Quelque 150 petits agriculteurs très en colère ont pris d’assaut les locaux de la société «Agrimatco» à El Jadida, vendredi dernier. Ils voulaient s’approprier l’insecticide «Avaunt 150 SC» qui serait efficace contre le parasite baptisé «Tuta Absoluta». Ce dernier fait des ravages particulièrement très alarmants sur les cultures des tomates. Agrimatco, dont le siège est à Casablanca, est une filiale d’une compagnie internationale opérant dans 35 pays. Elle est spécialisée dans la revente de matériel agricole et de produits phytosanitaires.
    Le produit Avaunt 150 SC en rupture de stock est devenu rare sur le marché. Comme première incidence, son prix a plus que triplé. Au départ, le litre de cet insecticide se vendait 850 DH pour rapidement atteindre 1.200 DH. Et avec l’intervention des intermédiaires, ce prix atteint jusqu’à 3.500 DH, atteste un agriculteur. En effet, la société ne vend pas directement le produit aux agriculteurs. Il est cédé à des revendeurs de la place avec des marges de bénéfices additionnelles le long des circuits de commercialisation. Les agriculteurs avaient eu connaissance d’un nouvel arrivage. Et ils s’étaient déplacés en masse, notamment des régions rurales de Haouzia et de Ouled Ghanem. Ils voulaient se procurer directement le produit tout en évitant le recours aux revendeurs.
    La situation aurait pu dégénérer si des représentants des autorités locales et des forces de l’ordre n’étaient pas intervenus. Ce qui n’a nullement intimidé les agriculteurs qui ont maintenu leur pression. «Nous voulons nous assurer que la marchandise ne sera pas évacuée en dehors des locaux de la société», dit haut et fort un fellah. La société disposait de 66 litres de Avaunt 150 SC ce jour-là. Et un compromis avait été trouvé pour céder directement cette quantité aux agriculteurs au prix de 1.200 DH le litre. Ces derniers se sont concertés pour désigner leurs représentants et choisir 66 bénéficiaires selon des critères définis.
    Mais la situation est encore loin de se débloquer définitivement. Un litre permet de traiter 10 ha. Mais pour une période bien limitée dans le temps. Il faut donc multiplier le traitement des cultures. Les quantités cédées se révèlent insuffisantes pour protéger dans de bonnes conditions la maturation de la tomate.
    Le parasite Tuta Absoluta a fait son apparition dans la région de Berkane en 2008. Il serait venu d’Amérique latine pour contaminer les cultures en Espagne et arriver ensuite en Algérie. Actuellement, il a envahi toutes les cultures maraîchères du Maroc. La région d’Agadir, qui est la plus éloignée, est également très touchée.
    Tuta Absoluta est un microlépidoptère dangereux qui s’attaque aux feuilles, tiges et fruits. Il peut anéantir la totalité de la production en quelques jours.
    Les premiers foyers ont été constatés au mois de novembre 2008 sur des tomates de plein champ à la suite des prospections effectuées par la Direction de la protection des végétaux, contrôle technique et répression des fraudes d’El Jadida. Le parasite présente une grande capacité de dispersion et de pullulation. Après son signalement, il a été détecté dans plusieurs parcelles de la zone durant le mois de janvier.
    En février, Tuta Absoluta a été observé sur des tomates sous serre. De fortes attaques ont été enregistrées en juin dernier. Par la suite, l’intensité des ravages a sensiblement diminué durant les mois de juillet et août. Ce qui a permis aux maraîchers de procéder à de nouvelles cultures de la tomate de plein champ.
    Cette régression de la sévérité des attaques serait attribuée aux conditions climatiques ambiantes d’une part et à l’intensité des utilisations des pesticides dans la culture. Mais la situation pourrait bien empirer durant les mois à venir.
    Les prospections et les études sont en cours pour définir des luttes efficaces contre ce fléau, est-il indiqué auprès de l’Ormvad.


    http://www.leconomiste.com/

     

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