EL KHTTABI ou le modernisme créateur

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par anaayoub, 9 Mai 2009.

  1. anaayoub

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    Tandis que le Maroc était surplombé par les décisions amers du congrès de Madrid en 1880, les discussions vaines de l’abrogation de la protection diplomatique et les premiers balbutiements du protectorat de 1912, un symbole de la révolution est naît au Rif.

    A Ajdir, dans le clan Aït Youssouf de la tribu Aït Ouriaghel, d’un père cadi, Mohamed ben Abdelkrim El Khattabi voit le jour en 1882.

    Démarrant son parcours scolaire dans les Zaouïas, les écoles espagnoles, Al Quaraouiyine à Fès et enfin trois ans en Espagne où il étudia la mine et la technologie militaire, il collabora de 1907 à 1915, au journal " El Telegrama del Rif ", par la rédaction d'une page en arabe où il défendait les avantages d'une coopération avec l'Espagne pour sortir le Maroc de son retard économique et culturel; de 1907 à 1913, il enseigna dans une école créée par les espagnols pour les fils de notables marocains ; il fut nommé secrétaire-interprète et en 1910 cadi auprès du service des affaires indigènes de Melilla. Ses états de service lui valurent décorations et promotions : Chevalier de l'Ordre d'Isabel la Catolica, Médaillé du Mérite Militaire, Médaillé d'Afrique, premier juge musulman de Melilla.

    Le jeune rifain prônait déjà les principes de la modernité et la coopération avec les occidentaux ; une volonté de libérer la Oumma de ses drames.

    Allié de l’Espagne jusqu’ici, quelles sont les éléments qui ont poussé Abdelkrim à se révolter contre ses anciens amis ?
    Comment se fût la naissance de L’Emir Mohamed Ben Abdelkrim El Khattabi et sa République ?


    Malgré son grand contact avec l’administration colonialiste de l’Espagne, Abdelkrim n’a surement pas oublié sa culture salafistes acquise lors de son parcours initial à Al Quaraouiyine. Ceci l’a poussé, en 1917 à défendre l’idée que l’Espagne ne devrait pas s’étendre au-delà des territoires déjà occupés et exprimer sa sympathie pour la question allemande de la première guerre mondiale, deux facteurs qui lui ont coûté l’emprisonnement, qui était pour certains, une demande de Lyautey.

    Une distique, à l’époque, avait même était le tue-tête de la majorité : « Abdelkrim, rossignol à pattes de flamant ; Hier soir espagnole et aujourd’hui allemand. » (Réf. Les origines de la guerre du Rif, Introduction, Germain Ayache )

    Après sa libération en 1919, il refuse de collaborer avec l’Espagne et il quitte l'administration espagnole et se fixe à Ajdir, sa ville natale, où il commence, à partir de 1920, à soulever les Béni Ouriaghel contre l'Espagne. Aidé de son frère M'hamed, son conseiller politique, Abdelkrim réussi à soulever les Béni Ouriaghel contre les espagnoles.
    En avril 1921, la réunion du Jbel El Qama scella l’accord d’union des différentes tribus rifaines dans leur lutte contre les conquérants ibériques. Par « le serment d’el Qama », l’Emir Abd el-Krim parvint à s’imposer aux délégués des tribus et à les engager à respecter les décisions prises en commun. L’investiture d’Abd el-Krim se déroula selon un rite qui rappelait la naissance du première Etat Islamique à l’époque du Prophète Mohammed telle qu’elle fut décrite dans le Coran : « Allah aime les croyants qui te prête serment sous l’arbre. Il connaît leur cœur et leur donne la paix et il les récompense par ses conquêtes ».

    Tentant de détruire les troupes de Raisuni, un ex-allié révolté contre l’Espagne, cette dernière s’avance petit à petit vers les parties inoccupées du Rif. Se sentant fortement offensé, Abdelkrim envoi un avertissement où il alerte le général Manuel Fernández Silvestre : si vous franchissez le fleuve Amekran, cela est considéré comme un acte de guerre.

    Prenant à la légère ce message, Sylvestre en est même allé à rire de ce message selon Germain Ayache (réf. .Les origines de la guerre du Rif).
    Le général Sylvestre installe un poste militaire près du fleuve Abarrán. Le même jour au milieu de l'après-midi mille Rifains l'avaient encerclé ; 179 militaires espagnols furent tués, forçant le reste à se retirer. Le général Sylvestre, touché dans son orgueil, décida de défier Abdelkrim. L’hécatombe qu’Abdelkrim engendra au sein de l’armé Espagnole était l’élément déclencheur de la bataille d’Anoual (1921) ou le désastre d’Anoual pour les Espagnoles.

    A 120 kilomètres de Melilla, une poussière aveuglante estompait derrière elle une victoire sans précédent : Les combattants rifains s’acharnent sans merci sur une armée de fond et de forme espagnole, relativement, bien organisé. 8000 soldats ont trouvé la mort selon Pierre Vermeren (Réf. Histoire du Maroc depuis l’indépendance ; page 7, paragraphe premier).

    C’est la première défaite d'une puissance coloniale européenne, disposant d'une armée moderne et bien équipée, devant des résistants sans ressources, sans organisation, ni logistique. Le général lui-même se suicide à la suite de cette honte inéluctable.


    En 1922, confiant par son succès, « Abdelkrim ne pouvait pas parler ni prendre de décision au non sultan ; il a préféré vu les circonstances, constituer une république, prendre sur lui la responsabilité de ses actes jusqu’au jour où le Maroc serait libéré, où, il aurait rendu le pouvoir à son propriétaire légitime. » (Réf. Esquisses Historiques, Abdallah Laroui, Page 110, Edition centre culturel Arabe.)

    La République du Rif a donc vu le jour sous forme de confédération de tribus rifaines sous la commande de l’Emir Mohamed Ben Abdelkrim.

    Ainsi ; avec un gouvernement et une administration centralisée la République du Rif fut dotée d’une Délégation générale attribuée au frère d’Abd el-Krim, M’hamed el-Khattabi, d’un Ministère de la Guerre dirigé par Ahmed Boudra, de l’Intérieur conduit par le caïd Lyazid, des Affaires Etrangères octroyé à Azerkane, des Finances donné à Abd es-Salam el Khattabi, de la Justice et de l’Instruction confié au faqih Zerhouni. (L’Emir Abd el-Krim el-Khattabi : figure musulmane de la résistance à la colonisation, Youssef Girarard)
    Selon Benyoucef Ben Khedda, « les espoirs de libération des musulmans s’étaient portés sur le héros rifain avec d’autant plus d’empressement que son prestige était rehaussé à leurs yeux par le fait qu’il se réclamait de l’ascendance de l’illustre Omar Ibn-el-Khattab, le second calife de l’Islam. Chacune de ses victoires était accueillie par les algériens comme étant la leur, et chacune de ses défaites aussi. La guerre du Rif avait par ailleurs beaucoup sensibilisé la communauté algérienne en France. Elle joua un rôle appréciable dans la stimulation de sa conscience militante, au moment de la création de l’Etoile Nord Africaine » (Les origines du premier Novembre 1954, Ed. CNER, Alger, 2004, page 34).
    L’impact de cette république fût crucial sur l’opinion internationale la chose qui a mis la France en état d’alerte. Laisser une puissance coloniale se faire vaincre par des indigènes dans le nord Afrique pourra entrainer la France vers une descente aux enfers.
    1924 a connu le recul des troupes espagnoles tout au long des cotes marocaines tandis que Abdelkrim invita le sultan Moulay Youssef à rejoindre sa cause pour la défendre ensemble. Ce dernier avait refusé cette proposition sous la pression de la résidence générale française.

    L'entrée de la France en guerre ne se fait pas attendre mais la pression de l’opinion publique la pousse à renvoyer le maréchal Lyautey Hubert et à faire appel aux compétences du maréchal Philippe Pétain tout en lui accordant tous les moyens refusés à Lyautey.

    Philippe Pétain avait établi une alliance avec Miguel Primo de Rivera, maréchal et chef de l’armé espagnole pour être à même d’anéantir la République du Rif.
    Une guerre tenace durera une année de 1925 à 1926 avec une défaite des rifains justifié par l’utilisation des gaz à moutarde, arme chimique qui provoque des cloques sur la peau. Il attaque également les yeux et les poumons.

    Abdelkrim se rend comme prisonnier de guerre espérant que ces civils soient épargnés. Loin de là, les forces coloniales qui se sentaient offensé par les origines de cette révolte ne pouvaient laisser passer cette occasion, sans punir les rifains.

    Effectivement, les rifains seront les premiers civils bombardés massivement par les armes chimiques et des villages en entier seront détruits. 150 000 civils sont estimés morts durant les années 1925-1926, mais aucun chiffre crédible ne peut être avancé.
    Apres sa défaite Abdelkrim dit : « Une cause de ma défaite à été le fanatisme religieux. Je reconnais que j’ai du utiliser moi aussi le sentiment religieux à certains moments mais le vrai Islam et loin du fanatisme et d’après ce que je sais je peux affirmer qu’il n’a rien avoir avec ce que pratique les Algériens et les Marocains (…). Ces gens n’ont pas participé à la lutte parce qu’ils disaient que le combat pour la patrie ne les intéressait pas. Leur rôle se limitait à la défense de la foi. J’ai tout fait pour débarrasser ma patrie de leur influence qui constitue un grand obstacle sur la voie de la liberté et de l’indépendance » (Réf. Abdallah Laroui, Esquisses Historiques, page 111, Edit. Idem).

    Abdelkrim fut exilé à la Réunion en 1926 et dans une escale au canal de Suez, il est invité par la roi Farouk à s’installer en Egypte ou il s’éteindra au Caire le 6 février 1963, refusant de retourner au Maroc même après son indépendance, la chose qui pousse quelques uns à noircir sans image et le qualifier de traitre.
    Sur le tard, avant son décès en 1963, il dira de cette période (1920-1925), avec quelque amertume : " Je suis venu trop tôt. "

    Il est attribué à Abdelkrim l’invention du système de la Guérilla qui inspirera Ho-Chi-Min au Vietnam, Che Guevara en Amérique Latine et Mao Tsé-toung en Chine.

    Il est attribué à Abdelkrim l’invention du système de la Guérilla qui inspirera Ho-Chi-Min au Vietnam, Che Guevara en Amérique Latine et Mao Tsé-toung en Chine.
    Les nationalistes des années trente tel que Allal El Fassi et Mohamed El Ghazi ont reproché à Abdelkrim l’absence de l’idée du système éducatif dans sa république. Allal El Fassi à dit :
    « Quand on pense que pendant cinq ans, Abdelkrim n’a pas fondé une seule école… » (Réf. Esquisses Historique, Abdallah Laroui, - Au cours d’une conversation avec Allal El Fassi en 1972- Page 113).
    Abdelkrim El Khattabi leur avait rétorqué : « Oui, mais vous nationaliste d’entre les deux guerres, vous n’avez fait que cela, vous n’avez était que des maitres d’écoles. » (Ibid.)

    On peut facilement deviner la relation frétillante entre Allal El Fassi et Abdelkrim, deux hommes à la fois semblables et différents. Ayant travaillé ensemble au sein du bureau du Maghreb arabe, les deux hommes, n’arriveraient jamais à s’entendre.
    Abdelkrim El Khattabi a toujours refusé de recevoir Allal EL Fassi chez lui au Caire, prétendant de faux alibis.


    Ayoub LAHRACHE et Alae BENNANI
     
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  2. ABOU IMANE

    ABOU IMANE SAHBANE

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    choukrane ayoub 3la 8ade lma9ala lmou8imma..lli katsalle6 addawe 3la 7i9ba mouchawwa8a men tarikh lmaghribe..8ade tarikhe lli khasse yet3awed yttektebe men jdide..ou yetna99a men chawa2ibe lli dassou8a fi8 ba3de as7abe lmassali7..
     
  3. anaayoub

    anaayoub Accro

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    chokrane bzaf khouya 3La ljawab dyalek o 3La l9ira2a dyalek lmawdo3
    tarikhna zwine o fih bzaf ma ytb7at o bzaf ma ytgal o had lfatra l2akhira rah bdaw nass kay t7Arko bach yssa7o lmafahim o y3Awdo l7a9i9a kif ma kant machi kif ma rassmouha ba3d nass o satrouha 3La 7ssab massli7hom o li salkathom
     
  4. fax02

    fax02 Stranger in the life Membre du personnel

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    tbarkelah 3lik ayoub vraiment t'as bien cherché dans l'histoire un style zwine chapeau
     
  5. anaayoub

    anaayoub Accro

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    merci fax 3La la lecture ça fait plaisir
     
  6. miss_clementine

    miss_clementine Visiteur

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    bravo bou9al,c tres interessant hadchi w hta la façon bach ktabtou le sujet zwina .
    3andek ma tgol al3firit wakha mabaynach fik:eek:
     

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