Elections 2007 : La bourse de la transhumance est réouverte

Discussion dans 'Scooooop' créé par oisis73, 23 Avril 2007.

  1. oisis73

    oisis73 llit3ejjib yettibla

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    Plusieurs députés ont changé de couleurs au début de la session du printemps
    Le bal de la transhumance au Parlement est ouvert. A quelques mois des législatives du 7 septembre, certains députés ont préféré changer de couleurs. Ils sont deux à claquer la porte du RNI, à savoir Rachid Chelh, député de la région de Meknès et Mohamed Daour de Tata qui a rejoint les rangs du groupe socialiste.

    Idem pour Mohamed Aberkane de l'Alliance socialiste qui a intégré le même groupe socialiste, et Saïd Raïs des Harakis qui a rallié le RNI.

    La première séance de la session parlementaire du printemps a donc été rythmée par ces démissions, pourtant bannies par la nouvelle loi sur les partis.
    Alors qu'on croyait la pratique stoppée depuis les élections du tiers de la Chambre des conseillers, la revoilà qui pointe à l'horizon des prochaines échéances. Elle hypothèque même la cohésion de la majorité en cette période des bilans et risque même de faire boule de neige après les résultats de septembre prochain. En effet, la transhumance parlementaire peut tout fausser.

    Tactique électoraliste ou signe de malaise au sein des partis? L'observateur reste indécis devant un phénomène dont les pendants et motivations peuvent être les deux à la fois. Surtout que comme dit l'adage marocain «aucun chat ne déserte le festin».
    L'exemple du RNI est assez éloquent à ce sujet. Les deux importantes pointures du parti de la colombe l'auraient quitté, découragés par la dépravation de la situation politique qui y prévaut depuis un certain temps. Contacté par Le Matin, le rniste Mohamed Aujjar, ancien ministre des Droits de l'Homme, épouse justement cette thèse.

    Pour lui, «ces deux brillants députés ont participé au mouvement de réforme pour un parti moderniste et progressiste» dont il porte la bannière. «J'aurais souhaité qu'ils résistent dans le combat pour renforcer l'option du changement», ajoute-t-il. Certains vont même jusqu'à dire que si M. Aujjar est porté à la présidence du parti au prochain congrès, les démissionnaires seraient tentés de revenir.
    Les plus pessimistes pensent que si le parti d'Ahmed Osman ne réussit pas cette étape cruciale de sa mise à niveau politique, il y a risque de départ massif de ses meilleurs cadres.

    En tout cas, le malaise du RNI est un peu symptomatique de cette course haletante à la présidence de trois gros calibres, à savoir Mustapha Oukacha, président de la Chambre des conseillers, Mustapha Mansouri, ministre de l'Emploi et le trublion Mohamed Aujjar.

    Ce dernier pousse le bouchon encore loin : «Nous ne voulons pas être des figurants constituant une partie de la majorité arithmétique en attendant des ordres d'en haut». Quant à M.Oukacha, il nous a été impossible de le joindre pour avoir sa version de l'histoire.
    A l'approche donc du congrès national du RNI, reporté à la dernière semaine de mai, les signaux politiques de son évolution inquiètent. Les «réformateurs» pensent que le retour au-devant de la scène des caciques attachés à de vieilles pratiques politiques est contraire à la marche de la société marocaine.
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    Sanction financière
    En respect de la nouvelle loi sur les partis, la formation lésée par le changement de couleur d'un député peut l'attaquer en justice, ainsi que la formation qui l'a accueilli. Le premier doit payer une amende de 50.000 DH et la deuxième de 100.000 DH. Pour les spécialistes, il faut plus de garanties qu'une simple sanction financière.

    Généralement, les députés transhumants autant que les partis d'accueil n'ont aucun mal à payer l'amende. Toutefois, la vraie problématique est que l'opinion générale estime que les partis restés en dehors du circuit de la transhumance sont les plus marginalisés. N'empêche que la pratique reste embarrassante pour une bonne perception de la politique de la part des citoyens, dans la mesure où elle brouille le choix électoral.


    | LE MATIN

     

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