Elections des conseillers : Seuls 5 candidats sur 350 ont justifié leurs dépenses

Discussion dans 'Info du bled' créé par michele2010, 4 Octobre 2006.

  1. michele2010

    michele2010 Visiteur

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    Les conseillers ne se bousculent pas devant la porte de la Cour des comptes. Il ne reste que quatre jours avant que le délai, fixé au 8 octobre par le ministre de l'Intérieur, n'expire. Résultat : seuls 5 candidats sur 350 ont déposé des dossiers justifiant leurs frais. Certes, après une élection, les perdants sont toujours psychologiquement démobilisés et ne se considèrent pas autant comptables que les gagnants.  

     
    S'y ajoute le fait qu'une dizaine de conseillers ont été interpellés par la justice. Ce qui ajoute du lest à l'abattement général.

    Toutefois, l'enjeu est énorme. Si l'on ne comptabilise que le financement étatique de la campagne, on arrive à 87,5 millions de DH : 250.000 DH par candidat multipliés par les 350 ayant pris part à la campagne électorale.

    Mais si l'on se réfère aux échos relatés par la presse et certains députés, l'on peut arriver à des sommes astronomiques dépensées pour décrocher un siège qui dure neuf ans à la Chambre des conseillers.

    Contacté, Mustapha Hanine, président de la commission des Finances à la Chambre des représentants, pense que la pratique de contrôle ne s'est pas encore ancrée dans l'esprit de nos conseillers. Par ailleurs, "la Cour des comptes et le gouvernement n'ont jamais sanctionné sur la base des dépenses des candidats. Du coup, l'opération est surtout assimilée à une simple formalité administrative", explique-t-il. D'autant plus, d'ailleurs, que les mécanismes de contrôle au Maroc font défaut.

    En France, par exemple, le fisc peut agir sur les signes de richesse : domicile, voiture, restaurant… Au Maroc cette notion de contrôle extra-déclaration nécessite une loi qui fixe clairement les règles du jeu.
    Pour Mohamed Moubdiî, président de la commission de l'Intérieur à la Chambre des représentants, la chose n'est pas aussi facile qu'il ne paraît. "Dans une économie où il y a beaucoup d'informel, imposer une loi dans la précipitation risque d'étouffer l'initiative privée. La loi doit être en harmonie avec le contexte socio-économique du pays", souligne-t-il.

    Moubdiî pense, par contre, que les réticents doivent être convoqués par le Parquet, étant donné que l'engagement de l'Etat était clair contre les candidats malhonnêtes. Rappelons que la réunion de Chakib Benmoussa, ministre de l'Intérieur, et Fouad Ali El Himma avec les membres de la commission de l'Intérieur en août dernier, avait notamment pour objectif d'assainir les processus électoraux.

    Notons également que, dans un récent communiqué, Benmoussa a précisé que les candidats aux élections du 8 septembre doivent accompagner leurs listes de documents justifiant les montants des dépenses engagées durant la campagne électorale.

    La sommation fut d'autant plus sérieuse que les conseillers en question pouvaient déposer leurs documents tout au long de la semaine, y compris le samedi et le dimanche. Une permanence a été mise en place à cette fin au siège de la Cour des comptes. Par ailleurs, l'article 293 du code électoral menace de soumettre les dossiers en question à la Justice si les documents ne sont pas présentés en bonne et due forme et dans les délais.

    Toutefois, aussi musclée que l'intervention de l'Intérieur puisse être, elle n'a pas manqué de susciter des interrogations quant à sa faisabilité. Contactés, des membres de la deuxième Chambre soulignent que les dépenses justifiables sont insignifiantes. "Nous n'avons même pas utilisé les affiches. Quant aux déplacements dans les régions, ils n'ont pas coûté des millions. Quant à la Cour des comptes, elle n'a jamais procédé auparavant à des vérifications ", confie un conseiller.
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    La révolte des cadres
    Au-delà de l'aspect pécuniaire, certains responsables politiques estiment que le débat sur le financement de la campagne concerne avant tout les partis.

    En effet, certaines formations politiques n'ont pas hésité à débaucher des candidats "friqués", ayant les moyens de garantir leur élection à la deuxième Chambre.

    Ce scénario porte atteinte à la qualité et au niveau des membres de la Chambre des conseillers en marginalisant les cadres des partis politiques.
    Aujourd'hui, des observateurs et acteurs politiques appellent à une révolte des cadres comme moyen de sortie de crise permettant aussi d'assainir le fonctionnement des partis.




    Mostafa Bentak | LE MATIN  ​
     

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