Enfin, l’IER vérifie l’existence de fosses communes au Rif

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 15 Novembre 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    Du nouveau chez l’Instance Equité et Réconciliation. De sources bien informées, l’IER aurait mis la main sur des fosses communes dans la région du Rif. L’une à El Hoceima et l’autre à Nador. Les membres de l’IER qui avaient reçu beaucoup d’indications sur l’existence effective de fosses communes dans la région, n’avaient pu fuir cette question en raison de l’insistance des actifs des droits humains de la région.

    La visite éclair vendredi et samedi derniers d’un membre de l’IER à Nador rentre dans ce cadre. « Qu’est-ce qu’on va nous dire dans ce rapport si la question des fosses communes n’est pas mentionnée, les détentions et les tortures, ça tout le monde connaît», souligne un membre de l’association Anwal à Nador, ajoutant que l’IER devrait plutôt écouter toutes les personnes qui pourraient aider dans la collecte d’informations à ce sujet.
    Dans ce genre de travail, les témoignages des personnes restent un passage clé à élucider la vérité. Or, selon cette même personne, le dirigeant de l’Instance même en visitant l’hôpital Hassani à Nador n’avait pas écouté un témoin d’une grande importance à savoir le chauffeur de l’ambulance de l’époque et qui est toujours en fonction. Pourtant, il a été avisé de sa présence et de son existence. Pourquoi s’interroge, la même source, et dans quel but ? Si l’IER cherche la vérité, elle devrait prêter attention aux témoignages des petites gens, au lieu de la chercher dans des archives creux d’un hôpital dirigé à l’époque par les militaires !
    Ainsi, le membre de l’IER avait visité la caserne de Tawima à quelques kilomètres de Nador où il aurait pu s’arrêter de visu sur le lieu où gisent plusieurs corps de victimes de l’Intifada de 1984. Le même membre avait des mois auparavant écouté un témoignage de l’un des survivants des événements qui aurait vu de ses propres yeux les victimes entassées à Tawima.
    La question du nombre de morts est sujette, elle, à polémique entre les responsables et les actifs des droits humains à Nador. Là où les autorités ne reconnaissent que quatre personnes mortes seulement durant les événements de 1984, les actifs des droits humains, à la faveur des chiffres des médias internationaux et espagnols en particulier, avancent le chiffre d’une vingtaine, étant donné le dispositif militaire déployé. « Supposons que ce ne sont que quatre comme l’a souligné à l’époque Driss Basri, où sont-ils enterrés ? Pourquoi leurs corps n’ont-ils pas été remis à leurs familles ?», fait noter un militant des droits humains de Nador.
    Par ailleurs, une guerre de déclarations et de communiqués s’était déclenchée récemment entre différentes parties concernées de ce dossier, relatifs surtout à la responsabilité des événements de Nador en 1984.
    La Déclaration du Rif et le Forum Vérité et Justice -section Nador- persistent et signent que la violence disproportionnée des forces de l’ordre avait engendré une situation catastrophique et que même le nombre de morts déclarés par le gouvernement de l’époque ne pourrait être le vrai, étant donné la crédibilité des gouvernements de l'époque.
    « Le but est de savoir les endroits où sont enterrés communément les personnes tuées lors des événements de 1958 et 1984, et nous n’acceptons aucun rapport qui n’aurait pas mis l’accent sur les fosses communes, car l’IER avait la mission de faire la lumière sur toute la vérité et les fosses communes en fassent entièrement partie», a tenu à préciser l’un des membres de la Déclaration du Rif. Et d’ajouter qu’il est possible actuellement de dire que l’IER dispose d’informations concernant l’existence d’«une fosse commune à El Hoceima comprenant onze (11) corps, quatre d’entre eux corps appartenant à des habitants d’El Hoceima et sept autres sont encore inconnus».
    En fait, ce n’est absolument pas en omettant les vraies questions qu’on va dresser les axes d’avenir, surtout que l’une des recommandations principales du colloque national sur la Réparation était de procéder à une réparation collective des régions victimes de blocages politiques et économiques. Le Rif en fait certainement partie.



    LIBERATION
     

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