Enquête de rémunération:Les bonus s’installent

Discussion dans 'Economie' créé par diinaa, 19 Janvier 2010.

  1. diinaa

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    En dehors des primes habituelles, un nouveau système de bonus sur le salaire de base annuel se fraye un chemin dans les systèmes de rémunération. Une démarche qui, ailleurs dans le monde, tend vers la disparition.

    La mode des «bonus», alors qu’elle est en passe d’être éradiquée en Europe et aux Etats-Unis, arrive à peine au Maroc. Et selon l’enquête sur la rémunération effectuée par Diorh-Mercer, le bonus sur le salaire de base annuel fait ses premiers pas dans les entreprises marocaines.


    Mais pas pour toutes les fonctions, indique l’étude. Sont particulièrement privilégiées les fonctions vente et marketing avec des attributions atteignant jusqu’à 18% du salaire de base annuel. Ce chiffre reste tout de même variable en fonction de la hiérarchie. Les Ressources humaines et les finances sont des métiers qui commencent à prendre position sur le marché.«Le Maroc est très limité au niveau de l’attribution de bonus. On est plus accoutumé à parler de primes courantes telles que celles de l’Aïd, de rendement, de responsabilité… Mais ce nouveau système commence à prendre place dans les grandes structures», précise Ghizlane Laabi, consultante chez Diorh.

    Concernant la rémunération, qui reste l’unique source de motivation du salarié marocain, elle ne cesse de connaître des chamboulements, notamment en cette période de crise économique. De nombreuses appréhensions et interrogations se posent à ce sujet. L’enquête vient en fait donner une vue globale et synthétique sur le changement du secteur ainsi que les éventuelles perspectives d’évolution. La révision à la baisse des prévisions salariales a été le premier élément qui ressort de l’enquête. De ce fait, le taux moyen d’augmentation a atteint 4% en 2009 contre une moyenne de 5,7% en 2008. Concernant les domaines d’activités les moins touchés, les produits de consommation et services se placent en première position avec une augmentation de 5,7% en moyenne. Le secteur bancaire n’a pas dépassé les 3,8%.La vente en détail et grande distribution a enregistré une hausse moyenne de 2,1%. Tandis que le segment high-tech a connu une stagnation. Le secteur non durable reste le plus touché. Il a enregistré 50% de réduction d’emploi. En termes d’intention d’embauche pour 2010, la donne a tendance à s’améliorer. En effet, l’étude prévoit une évolution et non une réduction d’effectif, notamment dans le secteur du high-tech avec une augmentation probable de 75%. Même déduction pour les finances/banques et les entreprises de services avec respectivement un accroissement de 60 et 43%.

    Performance individuelle

    Chez les cadres, l’évolution du marché est maintenue. Plus on avance dans la hiérarchie, moins on est touché. Les facteurs déterminants du salaire font également partie des aspects traités par l’enquête. En effet, 95% des entreprises sondées basent leur politique d’augmentation de salaire sur cette qualité. «La performance individuelle se pratique de plus en plus. Mais reste à savoir si les entreprises marocaines sont munies d’outils de mesure nécessaires pour déterminer ce critère d’évaluation», commente Essaid Bellal, directeur général du cabinet Diorh. La performance de l’entreprise et la position du salaire dans les grilles viennent en second lieu dans la détermination du salaire, contrairement aux tendances dans les années 1999, où ces critères étaient l’élément de base. L’inflation était seconde et la performance individuelle occupait le dernier rang.Les révisions se pratiquent généralement entre janvier à avril. Selon Bellal, cette période est adéquate, car les entreprises arrêtent leurs budgets. Ainsi, suivant ces éléments, la rémunération variable figure plus fréquemment dans les fiches de paie. «Malgré les changements qu’a connus le marché, il n’y a pas d’abus particuliers pour les salaires. Ceci est valable également pour les primes qui ne dépassent pas généralement les 100 à 150% de la rémunération mensuelle. On est encore loin de ce qui se passe en Europe ou aux Etats-Unis», précise Bellal.

    Moins de formation

    Un autre élément a été constaté lors du sondage. Il s’agit de la baisse du turnover. L’année 2009 n’a pas dépassé 3% contre 4% en 2008. Conjoncture oblige malheureusement. «Les gens sont frileux en des périodes de crise. A ce moment ce n’est plus le salaire qui les intéresse, ils recherchent plutôt une certaine stabilité. Ils ne sont pas prêts à changer de travail pour 10 ou 15% du salaire», ajoute le directeur général. Les paradoxes soulevés dans l’enquête concernent les budgets assignés à la formation. En effet, en comparaison avec l’année précédente (3%), ils ont connu une baisse pour n’atteindre que 2%. Afin d’optimiser les dépenses en cette période de crise, les entreprises grignotent sur les budgets de la formation. «Cette démarche n’est pas la solution, car la formation représente un critère de performance pour l’entreprise, par conséquent la rend plus compétitive», souligne-t-il.Ces résultats renseignent sur les tendances du marché, mais en cas de conjoncture difficile, les prévisions d’embauche ou de réduction d’effectifs restent assujetties à un redressement de la situation.

    Méthodologie

    L’objectif de l’enquête est de permettre aux professionnels de la fonction RH de connaître des tendances du marché et de vérifier la compétitivité de leurs entreprises sur la question des salaires. Sur 85 entreprises participantes à l’enquête, 39% sont marocaines. Les entreprises restantes sont des filiales de multinationales. Ainsi, le choix des sociétés à interroger ne s’effectue pas au hasard. Les meneurs de l’enquête ont mis en place des exigences auxquelles l’entreprise doit répondre. Elle doit réaliser en moyenne un chiffre d’affaires de 500 millions de DH et compte un effectif moyen de 119 employés. Les informations ont été sollicitées auprès des directeurs Ressources Humaines.

    source: http://www.leconomiste-magazine.com/actualites/91-actualites/328-enquete-de-remuneration-.html
     

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