Enquête: L'année 2007 sera exceptionnelle pour le secteur des télécommunications

Discussion dans 'Info du bled' créé par Le_Dictateur, 27 Mars 2007.

  1. Le_Dictateur

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    Mohamed Benchaaboun, directeur général de l'ANRT - «L'année 2007 sera exceptionnelle pour le secteur des télécommunications»

    Lors de la première convention de l'ANRT, Mr Rahhou, qui était votre invité et qui a beaucoup réfléchi à l'évolution du secteur a rappelé ce qu'était le secteur dans les années 1980. Nous revenons de très loin ?

    Oui, effectivement, on se souvient des années 80 quant il fallait attendre prés d'une année pour avoir sa ligne téléphonique !La création de l'ONPT a permis de faire un rattrapage important en accédant notamment aux financements concessionnels en devises à partir de 1987.


    Ces investissements ont contribué à la modernisation et au développement de l'infrastructure des télécommunications notamment le développement des liaisons par fibres optiques, le renforcement de l'infrastructure du réseau national par la mise en place des liaisons en faisceaux hertziens de grande capacité sur une longueur totale de 1329 km, le développement des télécommunications en zones rurales en s'appuyant sur des technologies AMRT, et une amélioration de la capacité du réseau international. Ces investissements ont eu des effets positifs sur le secteur des télécommunications avec la mise en place d'un réseau cellulaire analogique de type NMT-450 en 1990, puis numérique de type GSM 900 en 1994, la numérisation du réseau, l'augmentation de la pénétration qui est passée de 240 000 lignes en 1985 à 1 150 000 en 1995 parallèlement à l'amélioration de la qualité. Le chiffre d'affaires de l'ONPT est passé de 1 320 millions de dirhams en 1984 à 6 380 millions de dirhams représentant ainsi près de 2 % du PIB en 1995.

    La promulgation de la loi n° 24-96 s'inscrit dans le cadre de la libéralisation du secteur des télécommunications qui avait besoin d'une réforme du cadre institutionnel, pour faire face au développement très rapide des technologies et pour assurer une insertion du Maroc dans la société de l'information et du savoir.

    Cette réforme qui a consacré la création de l'ANRT, a marqué le début d'une nouvelle ère des télécommunications au Maroc.

    L'année 2007 avez-vous déclaré lors de votre première convention qui coïncide avec le 9iéme anniversaire de l'ANRT sera exceptionnelle. Qu'entendez-y vous par là ?

    L'année sera exceptionnelle par le nombre d'innovations technologiques que connaîtra et que connaît déjà le secteur, par la dynamique des marchés. L'ANRT a contribué à la mise en place d'une concurrence sur tous les segments, aujourd'hui, il nous faut accompagner les opérateurs pour qu'ils s'intègrent durablement dans le marché pour en faire bénéficier les consommateurs et contribuer au développement économique et social de notre pays.

    Pouvez-vous être plus explicite sur cette contribution ?

    La loi relative au secteur a été promulgué en 1997, et l'agence a été créée en Février 1998. Le chiffre d'affaires du secteur représente aujourd'hui près de 7% du PIB national, il emploie directement 37 000 personnes et indirectement 120 000 personnes et représente la moitié des investissements directs étrangers, ces cinq dernières années. C'est également le premier contributeur fiscal du pays. A cet égard, les cinq dernières années ont été des plus intéressantes, les cinq prochaines seront encore plus prometteuses si les acteurs économiques, continuent à jouer le jeu et à respecter les règles de ce jeu.

    Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à demander la modification du cadre législatif et réglementaire ?

    Après quelques années d'exercice, il fallait modifier ce cadre pour mieux répondre à l'avenir du secteur. En 2004, une nouvelle loi est venue modifier et compléter à la fois celle de 1997. Cette loi a élargi les prérogatives de l'agence, d'autres articles relatifs notamment à la liberté de la concurrence ont vu jour. Les décrets d'application ont été également revisités et promulgués en Juillet 2005. Les nouvelles missions, les nouvelles attributions de l'agence allaient ouvrir d'autres espaces d'intervention. C'était également nécessaire pour rassurer les investisseurs et préparer de manière solide la stratégie de libéralisation du secteur.


    Nous avons tiré les leçons de l'échec de la licence fixe en 2002, et de ce fait, il fallait remonter le processus et modifier le cadre législatif et réglementaire. Cela a été fait et une vision claire qui a fait l'objet d'une note du Premier Ministre sur la libéralisation du secteur pour la période 2004-2008 qui a donné la visibilité nécessaire aux investisseurs et à tous les acteurs du marché et qui a aidé à mettre en place la stratégie de l'agence.

    Source - Allafrica.Com
     
  2. Le_Dictateur

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    Re : Enquête: L'année 2007 sera exceptionnelle pour le secteur des télécommunications

    Nous sommes en 2007, trois années après la mise en place de cette stratégie, quel bilan si l'on puis dire faites-vous en terme d'objectifs notamment ?

    L'ensemble des actions et des objectifs que nous avions définis en matière de mode de fonctionnement de notre marché et avec l'intervention de trois opérateurs, est atteint. Nous avions prévu un certain nombre de leviers de régulation du secteur avec un calendrier précis de mise en oeuvre, je pense à la présélection, à la portabilité et au dégroupage. Nous nous sommes rendu compte également que nous avions un certain nombre de lacunes au niveau du service universel par exemple.

    A partir du moment où l'Etat n'est plus seul sur le marché des télécommunications, il lui fallait veiller à ce que le Service Universel soit assuré. Il y a un pourcentage du chiffre d'affaires des opérateurs qui a donc été prévu pour être consacré au service universel et à l'aménagement du territoire. Il faut reconnaître que la réglementation de l'époque ne nous a pas permis d'encadrer valablement le service universel et des divergences d'interprétation devaient être levées. Les modifications apportées à la loi de 2004 et la nouvelle réglementation ont été plus précises, les procédures ont été clarifiées et le Service Universel s'est développé. Aujourd'hui, le secteur des télécommunications contribue fortement à son propre développement et à un développement solidaire. Dans l'année de promulgation du décret sur les conditions générales d'exploitation des réseaux publics des télécommunications puis de la promulgation de la loi de finances 2005 qui a consacré la création du fonds d'affectation spéciale pour le service universel des télécommunications, 640 millions de Dh ont été collectés. Cette année, il dépassera les 800 millions de Dh.

    L'aménagement numérique de 1200 localités rurales a été finalisé et on a assisté au lancement du programme de généralisation de l'informatique et de l'Internet au sein de l'ensemble des établissements publics primaires et secondaires. 2000 établissements seront concernés cette année et le rythme devrait s'accélérer au cours des prochaines années. Après un travail de cartographie exhaustif du secteur, nous avons validé un programme avec le Comité de Gestion du Service Universel qui intéressera 9200 localités rurales qui ne disposaient jusqu'alors d'aucun moyen de télécommunication. Sur la même démarche que celle du Pager et qui permettra d'ici 2011 à tous les Marocains de communiquer et ce, grâce aux ressources du fonds du Service Universel.

    Vous avez déclaré que l'année 2007 sera une année exceptionnelle pour l'évolution du secteur. Pouvez-vous décliner cette affirmation ?

    L'année 2007 est celle du début de la concurrence dans le segment fixe. Elle sera également celle de l'innovation avec l'arrivée sur le marché marocain de nouvelles offres aussi bien pour l'Internet en ce qui concerne les services mobiles dits de troisième génération.

    C'est une année d'inflexion où l'équilibre du marché qui a prévalu jusqu'alors va céder la place à une autre configuration où les acteurs chercheront de nouveaux positionnements arbitrant, en continu, entre part de marché et rentabilité.

    Si le rôle du régulateur a consisté durant les deux dernières années à créer les conditions favorables à l'émergence de la concurrence dans tous les compartiments du marché, l'agence est aujourd'hui appelée à veiller au maintien de cette concurrence grâce notamment, à l'observation d'une concurrence saine et loyale par les différents opérateurs. L'agence devra être vigilante à l'abus de position dominante et à tout ce qui a pour effet de réduire l'ouverture du marché moyennant le recours à des pratiques anti-concurrentielles à l'instar des offres prédatrices. C'est ainsi que certaines fonctions comme la veille concurrentielle ou l'arbitrage seront davantage sollicitées durant l'année en cours.

    Quels sont les autres grands chantiers que l'ANRT doit mener pour une plus grande visibilité et transparence ? Quels sont les arbitrages qu'il vous faut faire ?

    Le Parlement vient d'approuver une extension des missions de l'ANRT. Désormais l'agence est l'autorité nationale chargée de la certification électronique, de la cryptographie et de la gestion des noms de domaine Internet « .ma ».

    Des textes réglementaires sont en cours de préparation avec le département gouvernemental concerné pour compléter le dispositif législatif. D'autre part, les structures de l'agence vont être ajustées afin de tenir compte des nouvelles attributions précitées.

    Suite de l'enquête...
     
  3. Le_Dictateur

    Le_Dictateur Visiteur

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    Re : Enquête: L'année 2007 sera exceptionnelle pour le secteur des télécommunications

    Le rôle du régulateur étant de donner une visibilité suffisante aux différents acteurs du marché, l'agence travaille actuellement sur la préparation d'un projet de plan de développement du secteur pour la période 2008-2011 sachant que la dernière note d'orientations générales validée en 2004 arrive à échéance à la fin de l'année.

    Vous êtes en charge du dossier de formation des 10000 ingénieurs. Comment s'annonce ce dossier ?

    Le développement économique du Maroc qui a connu une certaine accélération ces dernières années, les grands chantiers lancés dans les différentes régions du Royaume et les initiatives gouvernementales à l'instar du plan Emergence ont besoin de profils bien formés et adaptés aux besoins du marché.

    Le nombre d'ingénieurs et assimilés formés annuellement à fin 2005 s'élevait à 4300. Ce chiffre est largement inférieur aux besoins futurs de notre pays. L'initiative 10 000 ingénieurs vise à multiplier par 2,5 le nombre d'ingénieurs formés annuellement à l'horizon 2010 et ce, afin d'accompagner la dynamique de développement du Maroc. Elle constitue un argument de taille pour améliorer l'attractivité du pays. En effet, la compétitivité des nations se jouera de plus en plus à l'avenir sur la qualité des ressources humaines disponibles.

    Cette initiative a reçu une large adhésion de la part des principaux acteurs de la formation notamment, les universités et les grandes écoles d'ingénieurs.

    Les objectifs quantifiés assignés à chaque établissement de formation ont été déclinés par année et par filière. Ces objectifs ont été assortis de moyens financiers et humains additionnels nécessaires à leur réalisation. Ces éléments ont été repris dans une trentaine de conventions signées entre les établissements de formation et le gouvernement. Un budget total de 1 milliard de dirhams sur la période concernée a été réservé à cette initiative.

    Un comité de suivi chargé d'évaluer périodiquement le niveau de réalisation de cette initiative a été institué. Lors de la dernière réunion de ce comité, il a été constaté que l'année universitaire 2006-2007 est en ligne avec les objectifs escomptés et les prévisions émanant des différents acteurs de la formation des ingénieurs pour la prochaine rentrée universitaire sont également conformes aux attentes.

    Dans le cadre de l'initiative 10 000 ingénieurs, l'INPT qui formait une centaine d'ingénieurs par an , en a inscrit 180 cette année.

    Nombre d'ingénieurs sortis de cette école ont émigré au Canada ou en Europe. Quelle politique d'insertion peut-on offrir à ces jeunes diplômés pour leur permettre de rester chez eux ?

    Le passage à l'an 2000 puis l'adoption de l'euro par un certain nombre de pays européens ont créé une tension sur l'emploi au niveau des ingénieurs spécialisés dans les technologies de l'information. Durant cette période, les lauréats sortis d'écoles comme l'INPT étaient très prisés. Depuis lors, la baisse de la demande de ces marchés conjuguée à l'offre, par les entreprises marocaines, d'opportunités intéressantes pour ces ingénieurs a réduit considérablement cette émigration qui pourrait être considérée désormais comme marginale.

    L'utilisation de plus en plus forte de ces technologies par les entreprises marocaines et les investisseurs de plus en plus nombreux qui souhaitent développer une partie de leur activité dans notre pays contribuent à la diversité des offres d'emploi et partant, les lauréats de l'INPT sont de moins en moins tentés de considérer les offres des entreprises étrangères.

    Quelles sont aujourd'hui et pour l'avenir les grandes lignes de la politique de Recherche et développement du secteur ?

    La loi 55/01 promulguée en novembre 2004 a prévu que 0,25% du chiffre d'affaires des exploitants des réseaux publics des télécommunications soit consacré à la recherche et développement dans le secteur, ce qui représente près de 50 millions de dirhams par an.

    A cet effet, les opérateurs des télécommunications peuvent établir des conventions avec les universités ou les écoles d'ingénieurs et les acteurs du secteur privé peuvent également soumettre leur projet à une commission ad hoc dans le cadre d'appel à projets comme celui qui a été lancé récemment. D'ores et déjà plusieurs dizaines de projets ont été validés par cette commission et les établissements de formation scientifique s'échinent sur différents sujets de recherche ce qui ne manquera pas d'avoir un impact positif sur l'innovation dans notre pays

    Suite de l'article....
     

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