Enquête sur les malades psychiques : sommes-nous un peuple de "dingues" ?

Discussion dans 'Info du bled' créé par Le_Dictateur, 12 Mars 2007.

  1. Le_Dictateur

    Le_Dictateur Visiteur

    J'aime reçus:
    85
    Points:
    0
    Près de la moitié des Marocains ont eu affaire à un trouble psychique. Plus du quart d’entre eux souffrent d’ennuis de type dépressif. Par ailleurs, 5,12 % de nos concitoyens souffrent d’un handicap.

    Seule 1 personne handicapée sur 100 bénéficie d’une assurance couvrant l’ensemble des frais médicaux. Situation désolante et, à maints égards, révoltante.

    Le tableau brossé par deux enquêtes ministérielles ayant trait à la santé mentale des Marocains interpelle chacun de nous. Sommes-nous un peuple « dingue » ? Devons-nous recourir aux thérapies modernes, délaissant le système thérapeutique ancestral ? Risquons-nous une désintégration psychosociale ? Enquête autour de deux enquêtes.



    Le tableau brossé par deux enquêtes ministérielles ayant trait à la santé mentale des Marocains interpelle chacun de nous.
    Le handicap mental est plus fréquent dans la population masculine, avec une prévalence de 5,49%, contre 4,75% chez les femmes.

    Deux enquêtes nationales menées par deux départements ministériels interpellent frontalement les citoyens que nous sommes. La première d’entre elles a trait au handicap dans notre pays. Elle a été réalisée en 2004 par le Secrétariat d’Etat chargé de la Famille, de l’Enfance et des Personnes Handicapées avec l’assistance technique du consortium français CREDES / Handicap International dans le cadre d’un financement de l’Union Européenne. Son protocole méthodologique a été validé par le Comité de Coordination des Enquêtes Statistiques (COCOES).

    Nous l’évoquons aujourd’hui parce qu’un plan d’action a été promis par Yasmina Baddou à l’horizon 2006. Nous y sommes largement. La deuxième enquête a trait, entre autres, à la santé psycho-mentale des Marocains. Elle vient d’être portée à la connaissance du public à la faveur de la Conférence nationale de la santé mentale et des toxicomanies organisée le 22 février dernier à Rabat.

    « Cette situation (révélée par l’enquête) se traduit par des conséquences néfastes sur les plans psychique, physique, sociologique et judiciaire », déclare M.Asouab, chef du service de la santé mentale au ministère de la santé. « Pour la réalisation de cette enquête, nous avions utilisé le Mini International Neuropsychiatri Interview (MINI), instrument diagnostique standardisé, traduit en arabe dialectal », explique-t-il.
    Les résultats de cette enquête devraient permettre d’élaborer une stratégie nationale en matière de santé mentale et de toxicomanie.

    Conséquences néfastes

    Dans ce cadre, « des ateliers de validation des études ont été organisés en 2006 », précise Nour Eddine Chaouki, directeur de l’Epidémiologie et de la Lutte contre les maladies au sein du ministère de la Santé publique. Une lecture rapide des résultats de ces deux enquêtes renseigne sur une fragilité endémique avérée. La société marocaine semble « infectée » par une somme de pathologies dont on ne peut ignorer les conséquences sur la cohabitation de nos concitoyens.

    En effet, l’étude du ministère de la santé fait ressortir des éléments franchement inquiétants : Près de la moitié des Marocains (48,9% !) ont eu au moins un trouble plus ou moins important et récurrent (insomnie, angoisse, tic nerveux, dépression…) ; 26,5% de la population a connu des troubles dépressifs ; L’anxiété et les troubles psychotiques ont touché respectivement 9% et 5,6% des enquêtés.

    Ceux qui traqueraient quelque anomalie dans le protocole méthodologique de cette étude resteront sur leur faim.
    Ce protocole respecte les agrégats en la matière. L’enquête est basée sur un échantillon représentatif général marocain. Elle a été menée auprès de 6.000 personnes âgées de 15 ans ou plus des deux sexes, tirées au sort dans l’ensemble des provinces et préfectures du pays.

    L’étude sur le handicap révèle des éléments tout aussi inquiétants : Le Maroc compte 5,12% de personnes déclarant être en situation de handicap, soit l’équivalent de 1 530 000 personnes sur l’ensemble de la population. 25,8% souffrent de déficiences du langage tandis que 23% sont frappées de déficiences psychiques et mentales.

    À l’instar de l’étude menée par le ministère de la santé sur les maladies psycho-mentales, celle qui a été initiée par le département de Yasmina Baddou a bénéficié d’un protocole méthodologique des plus crédibles : Elle a été réalisée avec l’assistance technique du consortium français CREDES / Handicap International dans le cadre d’un financement de l’Union Européenne.

    Cette enquête Nationale sur le Handicap a été réalisée sur un échantillon représentatif de la population, de plus de 54.000 personnes, construit à partir de la base de sondage des districts du Recensement Général de la Population et de l’Habitat 2004 (RGPH) élaborée par le Haut Commissariat au Plan. Son protocole méthodologique a été validé par le Comité de Coordination des Enquêtes Statistiques (COCOES). En tous cas, les chiffres avancés par les deux enquêtes interpellent notre rapport à la citoyenneté.

    Un Marocain diminué par une pathologie psychique ou physique est-il apte à relever les défis qui se présentent au Royaume en cet aube du XXIème siècle ? Chaque jour, les gazettes rendent compte de crimes et de délits les uns plus inédits que les autres. Souvent, les conséquences psychopathologiques de l’exclusion et du désarroi se trouvent derrière les actes les plus immondes.
    L’abjection se déploie sous des formes inédites dans notre pays : viols incestueux, meurtres intrafamiliaux, crimes salafo-takfiristes…etc.

    L’abjection s’amplifie

    Certes, dans la plupart des crimes crapuleux, les psychotropes ne sont pas loin. Mais, la rencontre avec les dures réalités générées par l’urbanisation vertigineuse et la transformation des réflexes de vie en commun jettent de plus en plus de Marocains sur le bord de la route.

    Les valeurs communautaristes sont mises à rude épreuve face à la flopée de valeurs juvéniles conquérantes. Le « je » se révèle dans la confrontation tonitruante, parfois sanglante, avec le « nous ». des frustrations s’accumulent et les règles assises sur la « Pudeur », la « Pureté », l’obéissance et le « sens commun » se détériorent au rythme de l’amplification des besoins.

    La citoyenneté se construit dans la douleur. L’islam est-il compatible avec cette modernité qui nous submerge sans nous laisser le temps de lui aménager les espaces adéquats dans notre être civilisationnel autant qu’au sein de notre « étant » quotidien ?

    Les approches thérapeutiques initiées par le vis-à-vis occidental sont-elles efficaces quant à la reconstruction de l’individu ? Si la psychiatrie n’intervient généralement, dans notre espace civilisationnel, qu’à un stade souvent dramatique, la psychanalyse peut-elle prendre en charge le « mal-vivre » de l’individu, dans un esprit d’intégration du patrimoine thérapeutique ancestral ? Des questions que nous avons posées à des thérapeutes marocains et étrangers.

    Ils ont été unanimes à attester de l’efficacité de la psychanalyse aux côté des thérapies traditionnelles. « Le recours aux sites de Bouya Omar, Sidi Kanoun…etc. où l’on transporte les « fous » - ceux qui souffrent parfois atrocement au point de porter la mort en eux – ne me dérange pas du tout, dès lors que les règles d’approche et la validité éthique des procédés soient respectés », nous dit le Dr Zitouni (voir encadré).

    Les « règles d’approche » et la « validité éthique des procédés » sont-ils toujours au rendez-vous des thérapies traditionnelles ? Force est de constater que l’escroquerie aux potions magiques et autres pratiques talismaniques guettent nos fragilités. Le cas du « guérisseur » de Skhirate, le fameux El Mekki qui a défié tout le monde en alignant quelques milliers d’adeptes face à sa « zaouia », est parlant à cet égard.

    En tous cas, les deux enquêtes précitées attestent de l’urgence d’une refonte radicale de la médecine psychiatrique et de la généralisation de l’approche analytique fondée sur l’écoute.

    Abdessamad Mouhieddine
    La Gazette Du Maroc
     
  2. raja_casa

    raja_casa دمعة و ابتسامة

    J'aime reçus:
    184
    Points:
    0
    Re : Enquête sur les malades psychiques : sommes-nous un peuple de "dingues" ?

    si ce n'est que ça ? oui nous le sommes
     
  3. omarigno

    omarigno Visiteur

    J'aime reçus:
    23
    Points:
    0
    Re : Enquête sur les malades psychiques : sommes-nous un peuple de "dingues" ?

    Bla ma ddekhlini m3ak 3afak a khti [22h]
     

Partager cette page