Espagne: 29 inculpés pour les attentats du 11 mars à Madrid

Discussion dans 'Scooooop' créé par Le_Dictateur, 11 Avril 2006.

  1. Le_Dictateur

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    Deux ans d' enquête sur les attentats islamistes du 11 mars 2004 à Madrid (191 morts) ont débouché mardi sur 29 inculpations et conclu à la responsabilité d'une cellule terroriste locale inspirée du réseau Al-Qaïda.

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    Six hommes sont tenus pour responsables directs des attentats, les pires survenus en Europe depuis l'explosion d'un Boeing de la PanAm au-dessus du village écossais de Lockerbie en 1988, qui avait fait 270 morts.

    Les accusés encourent chacun plus de 30.000 ans de prison au terme de leur procès qui pourrait s'ouvrir fin 2006 et qui, avec 29 prévenus, sera l'un des plus importants jamais intentés au terrorisme islamiste.


    Les plus lourdes charges ont été retenues contre l'Espagnol José Emilio Suarez Trashorras. Il est inculpé pour 192 assassinats, soit ceux du 11 mars plus celui d'un policier d'élite, Francisco Javier Torronteras, tué lors du suicide à l'explosif de sept présumés auteurs des attentats, le 3 avril 2004 à Leganès (banlieue de Madrid).

    Le juge Juan del Olmo, magistrat de l'Audience nationale (principale instance pénale espagnole), l'accuse en outre d'être le fournisseur des explosifs et de collaboration avec une organisation terroriste.

    Selon l'acte d'inculpation de 1.471 pages rendu public mardi, les cinq autres présumés responsables directs du pire attentat qu'ait connu l'Espagne sont quatre Marocains, Jamal Zougam, Abdelmajid Bouchar, Hassan El Haski et Youssef Belhadj, et l'Egyptien Rabei Ousmane Sayed Ahmed.
    Ils seront jugés pour 191 assassinats terroristes, 1.755 tentatives d'assassinat terroriste et appartenance à une organisation terroriste.

    Le juge del Olmo attribue la responsabilité des attentats de Madrid au Groupe islamique combattant marocain (GICM), qu'il qualifie de "principal représentant du mouvement salafiste jihadiste dans notre pays", et chiffre à 22 millions d'euros les dégâts matériels causés par les attentats et l'explosion de Leganès.

    Il considère que les attentats ont été inspirés par Al-Qaïda mais sont l'oeuvre d'un commando local qui a agi de sa propre initiative pour forcer l'Espagne à retirer ses troupes d'Irak, avant de revendiquer ces attaques au nom du réseau terroriste islamiste.

    Le 11 mars 2004, trois jours avant les élections générales, dix bombes ont explosé à partir de 07h37 dans quatre trains de banlieue du réseau madrilène.

    Le scrutin du 14 mars a été remporté par les socialistes dont le leader et actuel chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero a, conformément à son programme électoral, retiré les troupes espagnoles d'Irak.

    Les conservateurs menés par José Maria Aznar, battus le 14 mars, ont soutenu dès le jour des attentats la thèse que les séparatistes basques armés de l'ETA y étaient impliqués, une position que le Parti populaire (PP) défend toujours.

    Cependant, l'acte d'inculpation ne fait aucune référence à ETA, hormis dans le commentaire d'un témoignage dont le juge del Olmo estime qu'il a une "consistance nulle".

    Un haut responsable du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), José Blanco, a appelé mardi le PP à mettre fin "aux spéculations" sur les auteurs des attentats et affirmé considérer l'enquête "close".

    Les inculpés Trashorras, Zougam, Bouchar, El Haski et Youssef Belhadj sont détenus en Espagne. Rabei Ousmane Sayed Ahmed, alias "Mohamed l'Egyptien", est incarcéré en Italie où un procès est en cours contre lui pour terrorisme.

    Quinze des 29 prévenus sont Marocains, les autres espagnols (9), syriens (2), libanais (1), égyptien (1) et algérien (1).

    Selon l'acte d'inculpation, les familles des victimes seront indemnisées à hauteur de 76,4 millions d'euros.

    AFP
     

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