Espoir-désespoir

Discussion dans 'toutes les poésies...' créé par nsser, 17 Octobre 2005.

  1. nsser

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    Nous étions tous ensevelis
    certains jusqu’au cou
    d’autres jusqu’aux narines
    suffoquant au coeur des sables mouvants.


    Parce qu’un jour le désespoir
    s’est ancré jusqu’ au fond de nos os.
    Il y coule depuis comme un mauvais sort visqueux
    entraînant nos pauvres corps
    inexorablement
    dans l’abîme.


    Pour l’un, c’était la mort aux portes
    pour l’autre, un rêve fracassé

    un cerveau percuté
    un avenir annihilé
    un enfant disparu...


    Pour lui: ses os qui éclateraient un à un...

    Nous promenions des yeux atterrés
    (tout ce qu’il nous restait de mobile après le choc)
    sur un horizon noir et poisseux.

    Comme nous
    il s’agrippait au sable
    et lorsque celui-ci lâchait sous un vent opaque
    il espérait


    l’arrêt du temps
    le retour au passé
    le miracle.


    Puis un vent noir
    lui crachait de nouveau au visage
    collant derechef ses épaules à sa perte.


    C’est alors que, sans bruit,
    quelqu’un
    détacha sa paupière de cet horizon pourri.

    Il prit sa main
    et la posa sur son coeur
    il prit l’autre
    et lui fit l’ouvrir sur sa vie

    pour y faire ses propres traces
    empreintes de ses efforts
    et des échos de tout son être.


    Maintenant, parfois, sous ses foulées allégées
    les sables raidissent
    et d’un coup de rein il remonte de cent centimètres

    ...l’horizon s’élargit alors de cent kilomètres.


    Lorsqu’un vent noir
    frappe à nouveau
    à lui craquer les os


    il dépose la main sur son coeur
    ouvrant l’autre sur l’écho de ses pas
    vers cette aube fraîche et douce...


    Les sables alors durcissent
    et d’un coup de rein...
     

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