et la derniere ....

Discussion dans 'toutes les poésies...' créé par kochlok03, 8 Juillet 2006.

  1. kochlok03

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    Extrait de « Murale » de Mahmoud Darwich


    ...
    Un jour je serai ce que je veux.

    Un jour je serai poète
    Et l'eau se soumettra à ma clairvoyance.
    Métaphore de la métaphore que ma langue
    Car je ne dis ni n'indique
    Un lieu. Et le lieu est mon péché et mon alibi.
    Je suis de là-bas.
    Mon ici bondit de mes pas vers mon imagination...
    Je suis qui je fus, qui je serai
    Et l'espace infini me façonne, puis me tue.
    ...








    ...
    Qui es-tu, mon moi ?
    Nous sommes deux sur le chemin
    Et un, dans la résurrection.
    Emporte-moi vers la lumière de l'anéantissement,
    Que je voie mon devenir dans mon autre image.
    Qui serai-je après toi, mon moi ?
    Mon corps est-il derrière moi ou devant toi ?
    Qui suis-je, ô toi ?
    Fais-moi comme je t'ai fait,
    Enduis-moi de l'huile d'amande,
    Ceins-moi de la couronne de cèdre
    Et porte-moi de la vallée vers une éternité
    Blanche.
    Enseigne-moi la vie à ta manière.
    Eprouve-moi, atome dans le monde céleste.
    Aide-moi contre l'ennui de l'éternité et sois clément,
    Lorsque me blessent et pointent de mes veines
    Les roses...












    ...
    Vaine, vanité des vanités... Vaine.
    Toute chose sur terre est éphémère.
    Mille quatre cents vaisseaux
    Et douze mille juments
    Portent d'un temps à un autre
    Mon nom enluminé d'or...
    J'ai vécu comme nul poète n'a vécu,
    Sage et roi...
    J'ai vieilli, je suis las des honneurs.
    Rien ne me manque.
    Est-ce pourquoi
    Mon souci grandit
    Chaque fois que croît ma sagesse ?
    Et qu'est Jérusalem, qu'est le trône ?
    Rien ne demeure pareil.
    Et il est un temps pour naître.
    Un temps pour mourir.
    Un temps pour le silence.
    Un temps pour la parole.
    Un temps pour la guerre.
    Un temps pour la paix.
    Et un temps pour le temps.
    Rien ne demeure pareil.
    Tout fleuve sera bu par la mer,
    Et la mer n'est pas pleine.
    Rien ne demeure pareil.
    Tout vivant marche vers la mort,
    Et la mort n'est pas pleine.
    Seul restera mon nom enluminé d'or
    "Salomon était..."
    Que feront alors les morts de leurs noms ?
    Qui de l'or
    Ou du Chant des chants
    Et de l'Ecclésiaste
    Illuminera ma vaste obscurité ?
    ...

     

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