Etats-Unis: l'anniversaire replonge New York dans le traumatisme du 11-Septembre

Discussion dans 'Scooooop' créé par rime, 10 Septembre 2006.

  1. rime

    rime ربي توفني و أنت راض عني

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    Etats-Unis: l'anniversaire replonge New York dans le traumatisme du 11-Septembre

    Les fictions hollywoodiennes sur le sujet leur sont souvent insupportables et la perspective des commémorations leur pèse: nombre de New-Yorkais revivent le traumatisme des attentats du 11-Septembre à l'approche du 5e anniversaire.

    Cinq ans après, New York a repris le dessus et la vie et les affaires ont repris leurs droits. Mais à Ground Zero comme dans les esprits, les attentats ont laissé une cicatrice durable.

    "Ca reste difficile", dit Tovah Klein, professeur de psychologie au Barnard College et auteur d'une étude sur l'impact subi par les familles. "Pour la plupart, le souvenir s'est estompé, mais le 5e anniversaire réveille tout, même chez ceux qui n'ont pas perdu de proches".

    Les signes de retour à la normale sont chaque année plus nombreux. Le 11 septembre 2006 au soir, les shows auront lieu à Broadway, Madison Square Garden accueillera un championnat de lutte, l'équipe de base-ball des Yankees affrontera les Baltimore Orioles. La semaine des défilés de mode, annulée il y a cinq ans, battra son plein.

    Mais la liste ne fait pas illusion: ce jour reste à part.

    "Les gens en reparlent beaucoup en ce moment", relève Mme Klein. "Une dame m'a dit 'J'ai l'impression que ça se reproduit. Je viens de voir le film ("World Trade Center"). Impossible de penser à autre chose".

    "Je suis sûre que beaucoup se posent la question: 'que vais-je faire ce 11 septembre?'", dit-elle, soulignant qu'une de ses amies a choisi de retarder la fête d'anniversaire de son fils. "C'est un jour difficile pour faire la fête".

    Dès 2005, le New York Times notait que plus de New-Yorkais osent désormais sortir ce soir-là, mais qu'il reste une "étiquette 11-Septembre", avec des limites: pas de mariages, peu de fêtes.

    Amy Hui, 34 ans, a vu la catastrophe de près. Cadre d'une compagnie d'assurances, elle a travaillé pendant des années dans les tours jumelles. Le 11 septembre 2001, le 2e avion s'est encastré dans la tour sud sous ses yeux.

    "J'oublie de plus en plus ce qui s'est passé", avoue-t-elle. Pourtant elle lève toujours la tête dès qu'un avion vole bas sur la ville.

    Le jour anniversaire, elle suivra sur internet la cérémonie à Ground Zero. Et pas question de fixer de rendez-vous à cette heure: "par respect".

    Depuis début août, la tragédie se rappelle plus encore à New York, du film "World Trade Center" à l'attentat déjoué à Londres jusqu'aux Unes commémoratives. "Les longues funérailles", titrait récemment le magazine "New York".

    Le fardeau est d'autant plus lourd pour les témoins, familles, secouristes, et certaines communautés voisines comme Chinatown.

    Le 11 septembre, la New-Yorkaise Christine Huhn sera en Utah, dans un des parcs qu'aimait son mari David, tué dans les attentats. "C'est serein, j'ai l'impression d'être plus proche de lui là-bas", dit la jeune femme, qui ne supporte plus les images des tours et encore moins les extraits télévisés du film d'Oliver Stone.

    "C'est bien qu'ils aient attrapé ces gens", ajoute-t-elle à propos de l'attentat manqué de Londres. "Mais je me demande pourquoi on n'a pas fait de même le 11 septembre" 2001.

    Il est difficile de se remettre d'un tel événement, dit Marianne Yoshioka, professeur à l'université de Columbia, qui a formé nombre de thérapeutes aux effets du 11-Septembre. "Il y a toujours des rappels, et des questions non résolues: débats sur le mémorial, procès, assurances... Ca ne s'arrête jamais".

    Parmi les secouristes suivis par l'hôpital de Mount Sinai, 47% souffrent encore de détresse psychologique.

    Aujourd'hui une association, "One Day's Pay", milite pour que le 11 septembre soit jour férié.

    Mme Yoshioka souligne l'importance des anniversaires. "Ils rassemblent et reconnaissent la gravité de l'événement. Certains choisiront de ne pas commémorer, mais il est important d'avoir le choix".

    source: menara


     

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