Extrait de La Confession d’un voyou (Essenine)

Discussion dans 'toutes les poésies...' créé par raja_casa, 15 Octobre 2006.

  1. raja_casa

    raja_casa دمعة و ابتسامة

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    J’aime immensément ma Russie.
    Bien qu’en elle la rouille de la tristesse se penche en saule
    Elles me sont douceur, la gueule sale des cochons
    Et dans la paix des nuits la voix sonore des crapauds.
    Je suis tendrement malade de souvenirs d’enfance.
    La torpeur, la moiteur des soirs d’avril hantent mes songes.


    On dirait que notre érable pour se chauffer
    S’accroupit devant le brasier de l’aube.
    O quantes fois aux branches grimpé j’ai
    Pour dénicher ou la pie ou le geai !
    Est-il toujours le même, le chef tout en verdure ?
    Et son écorce comme jadis est-elle dure ?

    Et toi, mon ami,
    Mon fidèle chien tacheté ?
    La vieillesse t’a fait glapissant, aveugle,
    Et tu traînes par la cour, tirant ta queue pendante
    Et le flair oublieux des portes et de l’étable.
    Oh ! qu’ils me sont chers tous nos jeux de gamins :
    À ma mère je volais un quignon de pain
    Et nous y mordions tous les deux tour à tour
    Sans jamais nous dégoûter l’un de l’autre !

    Je n’ai pas changé.
    Comme c½ur je n’ai pas changé.
    En bleuets dans les blés mes yeux fleurissent dans mon visage
    Étalant, paille dorée, la natte de mes poèmes...


    Sergueï Aleksandrovitch Essenine (1895-1925)
     

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