Fabius noie le poisson de la crise maroco-française

Discussion dans 'Info du monde' créé par titegazelle, 3 Mars 2014.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113
    [​IMG]

    Invité du Club ITELE, Laurent Fabius a choisi de noyer le poisson de la crise latente provoquée par les récents couacs qui ont secoué la stabilité des relations entre Rabat et Paris.

    Le Club de la presse organisé par le consortium ITELE, le Monde et Europe 1, animé par le journaliste Jean-Pierre EL Kabach, a reçu le ministre français des Affaires Étrangères et des Affaires européennes, Laurent Fabius, dimanche matin. Au menu, plusieurs sujets d’actualité, notamment la situation en Ukraine avec la menace Russe, les retombées de l’attaque « terroriste » en Chine qui a fait une trentaine de victime, l’Afrique et la situation économique en France, etc.

    Sur une question incidente, le chroniqueur de la chaîne ITELE, Michael Darmon, soulève la situation de crispation dans laquelle se trouvent les relations entre le Maroc et la France. Le chef de la diplomatie française s’est empressé de signifier, sans trop de conviction, que les relations entre les deux pays sont au beau fixe.

    La question du journaliste comportait au moins deux volets : le premier concerne la fameuse convocation de justice à l’adresse du directeur de la DGST à propos de supposés cas de torture et la seconde a trait aux propos calomnieux tenus par un ancien ambassadeur français à l’ONU.

    Quid de l’amitié maroco-française

    Réponse de Fabius : «La justice en France est indépendante, mais vous savez que dans ce cas de figure, la remise de la convocation aurait dû se passer autrement», s’agissant de cette personnalité.


    Est-ce à dire que le patron de la DGST marocaine, Abdellatif Hammouchi, se serait déplacé en France sans que ses vis à vis français ne soient tenus au courant de cette visite de travaille en compagnie de son ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad ?
    Ou pire encore, que M. Hammouchi se serait rendu en France de manière clandestine ? Ce qui aurait rendu difficile une quelconque coordination à ce sujet.

    Cela dit, faut-il le rappeler, la question de la sacro-sainte indépendance de la justice, invoquée par Fabius, n’étant à aucun moment remise en question par la partie marocaine comme c’est le cas dans des pays qui respectent l’État de droit.

    Une explication qui ne résiste pas à l’analyse

    L’explication livrée par Laurent Fabius ne résiste point à l’analyse aussi sommaire soit-elle. Un patron de renseignement ne peut se déplacer dans un autre pays, ami, et avec lequel le Maroc entretien des relations de collaboration étroite en ces temps de prolifération de terrorisme transfrontalier, sans que la France ne soit au courant de son déplacement. Difficile en effet de comprendre une telle assertion aussi diplomatique soit-elle.

    Dans le cas où les deux pays entretiendraient des relations aussi exemplaires à plusieurs niveaux, alors comment expliquer qu’ils soient incapables de s’éviter des désagréments sur une affaire aussi obscure que celle d’exactions hypothétiques qui se seraient déroulées dans les geôles marocaines.

    L’ambassadeur de France à l’ONU dément

    Concernant la réponse à la seconde question, Laurent Fabius rappelle qu’il s’agit d’un fait qui s’est déroulé en 2011 (sous l’autorité d’un autre gouvernement tient-il à souligner) et que l’ambassadeur en question dément totalement ces déclarations calomnieuses à l’égard du Maroc. Ledit diplomate français aurait même des témoins qui attestent de sa bonne foi.

    Pour évacuer le sujet de la discussion, le chef de la diplomatie française a expliqué que «les choses sont en train d’être réglées» et qu’il travaille avec son homologue marocain pour trouver une issue apaisée à cet incident.

    Et l’animateur de l’émission d’intervenir pour botter en touche en invoquant le fait qu’il y a d’autres sujets aussi brûlants que celui du Liban, la Syrie, etc. et que le temps de l’émission ne permet pas de tout traiter. Ainsi, la transition est toute trouvée pour regarder ailleurs et se délester des sujets qui fâchent.

    Cet exercice habile de Laurent Fabius n’enlève rien au fait que ce qui s’est passé est en total opposition avec cette amitié légendaire qui unit les deux pays et que l’on arbore à chaque occasion afin d’entretenir les discussions de salons lambrissés.

    Les questions qui dérangent

    La réalité est celle là : comment expliquer qu’un documentaire sur les camps de Tindouf réalisé par un comédien espagnol, qui ne cache pas sa sympathie au Polisario et ses thèse séparatistes, soit reçu sur le plateau du «Grand Journal» diffusé par Canal+ heure de grande écoute. Et comment expliquer que le quotidien parisien Le Monde se fasse le relais des propos calomnieux, durant le weekend dernier, du promoteur de ce documentaire qui date... ?
    Quelle est l’actualité brulante qui a fait que ce sujet plein d’approximations soit programmé de telle sorte à ce qu’il soit concomitant avec une cabale anti-marocaine qui coïncide avec la tournée du Roi Mohammed VI en Afrique ? Une visite qui apparemment dérange plus d’un par son contenu et par le positionnement du Maroc sur cette partie convoitée du continent Africain.

    Nous devons noter cependant que la réaction de la partie marocaine à ce sujet est opportune. Le Maroc a ainsi usé des voies diplomatiques d’usage et surtout décidé de geler tous les accords de coopération judiciaires et le rappel du magistrat marocain résident. Ces actions relèvent d’une approche préventive qui permettent de s’assurer de la bonne foi (supposée) du partenaire français.

    Indépendance de la justice : le cas Dieudonné !

    S’agissant de la fameuse indépendance de la justice et des médias en France ; qu’il nous soit permis de revenir sur la levée de bouclier provoquée par les sorties de l’humoriste Dieudonné accusé d’apologie d’antisémitisme. Nous avons vu comment Manuel Valls, ministre français de l’intérieur, a su trouver les voies et les moyens adéquats de mettre un terme à un sujet qui fâche. A l’occasion de cet épisode, des voix se sont élevées en France pour dénoncer cette gestion indicative et administrative qui relève prioritairement du domaine souverain de la justice.

    En dernière analyse force est de constater que le gouvernement socialiste, auquel appartient Laurent Fabius, devra trouver des arguments plus solides pour convaincre la partie marocaine sur une affaire qui porte atteinte l’honneur des marocains et à la qualité des relations bilatérales, de telle sorte que l’on insulte pas l’avenir.




    Crédit image : Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius au Quai d'Orsay le 19 février 2014 | afp

    Menara.ma / Driss AISSAOUI / 03.03.2014 :08h56

    http://www.menara.ma/fr/actualit%C3...poisson-de-la-crise-maroco-fran%C3A7aise.html
     
  2. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

    J'aime reçus:
    4181
    Points:
    113
    A chaque fois que les socialistes gagnent aux élections, par miracle, surgissent des quiproquos qui renaissent de leurs cendres. !
     

Partager cette page