Face à une population a moitié illettrée, la solution à l'horizon 2015

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 18 Mai 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    A 7 ans, Fatema Zohra doit faire 5 km à pied chaque jour pour aller à l'école. Une contrainte qu'elle doit gérer en plus de toutes les difficultés matérielles qui se dressent devant son éducation. C'est ce qui fait que souvent des petites filles et des petits garçons de son âge s'arrêtent en cours de route et grossissent les rangs des enfants déscolarisés. Dans la bataille contre l'analphabétisme, il est impératif d'appréhender le problème dans toutes ses dimensions. M. Anis Birou dira à juste titre que l'éducation non formelle est foncièrement tributaire de l'éducation formelle. Le projet d'alphabétisation ne peut réussir, en effet, que si le système d'éducation formelle est en marche.

    Or ce n'est pas encore le cas si l'on considère les sureffectifs dans les classes, les difficultés rencontrées dans le rural, l'insuffisance des crédits nécessaires à la réhabilitation des infrastructures scolaires et d'autres contraintes longues à énumérer.

    Sachant que le gouvernement ne peut pas assumer à lui seul cette responsabilité, il est nécessaire que les opérateurs publics, les associations et les organismes internationaux s'impliquent plus profondément non seulement dans les opérations d'alphabétisation qui, d'après les chiffres (700 000 en 2003 et 1 million en 2004), se déroulent plutôt bien et se rapprochent de l'objectif principal qui est d'éradiquer le fléau à l'horizon 2015, mais aussi dans la réforme du système éducatif.

    Les associations de parents d'élèves sont appelées à jouer leur rôle dans la réhabilitation de l'école et donc de l'amélioration de la qualité de l'éducation. La marche du Maroc vers l'alphabétisation a commencé par une campagne lancée en 1956 par Feu Sa Majesté le Roi Mohammed V. Le 27 mai 2003 un vaste programme intitulé Massirat Annour s'est proposé de toucher 1 million de personnes. C'est l'expression même d'une volonté forte de promouvoir l'alphabétisation comme un droit et de renouveler la volonté politique de mettre fin à l'ignorance et à l'exclusion.

    Mais il en faut un peu plus. Il faut notamment que des initiatives originales et ingénieuses pour retenir des enfants à l'école. Nous avons retenu le projet Jasmine, un projet qui consiste en la création d'un jardin biologique au cœur d'une école dans l'ancienne médina de Marrakech.


    L'initiative qui mériterait de se développer et de s'élargir à d'autres écoles et d'autres villes, est l'exemple parfait d'un travail de coordination entre le gouvernement, les autorités concernées, la société civile, l'association des parents d'élèves et les élèves eux-mêmes. L'implication des différents partenaires permettra à des enfants qui ont placé tous leurs espoirs dans l'école et l'éducation de voir le bout du tunnel.

    Fatema Zohra à laquelle nous a conduit notre reportage dans la région de Marrakech aspire à un avenir meilleur. Elle a besoin d'être aidée dans sa lutte et celle de sa famille. Pas d'eau, ni d'électricité dans son douar qui se trouve juste en face d'un centre de vacances. Alors, la petite fait du mieux qu'elle peut pour réviser à la lumière de la bougie.

    Un des sacrifices qu'elle consent. Sans être sûre qu'elle va y arriver. «Pour aller au collège, ma fille devra se rendre en ville. Si on ne déménage pas, elle sera obligée de rester à la maison, comme des dizaines de nos petites voisines. Aucune famille ne peut envoyer ses enfants, filles ou garçons, à l'aventure». La bataille n'est pas encore gagnée.

    Source: LeMatin.ma
     

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