FC Barcelone 4-1 Arsenal : Direction Madrid avec Air Messi

Discussion dans 'Uefa competitions' créé par simo160, 11 Avril 2010.

  1. simo160

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    Moins brillants collectivement qu’à l’aller et menés 1-0, les Barcelonais s’en sont remis au génie de Messi auteur d’un époustouflant quadruplé.

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    Les faits et le jeu

    Le retour de blessure d’Abidal samedi dernier contre Bilbao constituait la seule véritable bonne nouvelle pour Pep Guardiola au moment de composer son onze. Piqué et Puyol suspendus, c’est l’intégralité de la défense centrale qu’il fallait remanier en faisant confiance au duo Milito-Marquez. Epaulés par Alves et Abidal, cette charnière était protégée par le duo Busquets-Xavi avec Pedro et Keita dans les deux couloirs, et Messi juste derrière le jeune Bojan préféré à Thierry Henry comme contre Bilbao pour pallier l’absence d’Ibrahimovic blessé. Pas de Piqué, pas de Puyol, pas d’Ibrahimovic, et pas d’Iniesta, de retour de blessure et laissé sur le banc.

    Cela consolait sans doute un peu Arsène Wenger, privé lui aussi de plusieurs pointures pour blessure et suspension : Fabregas, Archavine, Van Persie, Gallas…

    Le début de match était assez différent du match aller où les Catalans avaient mis le turbo d’entrée avec un pressing monstrueux et une grande virtuosité technique alliée à une incroyable vitesse de projection. Maitres du ballon les joueurs de Guardiola jouaient globalement dans leur camp avec un rythme assez faible. Arsenal relativement bien en place gênait considérablement les transmissions entre la défense et le milieu avec beaucoup de ballons perdus dans les transitions côté catalan malgré la perfection technique de Xavi. Moins fluide et plus brouillon le jeu catalan était également davantage haché par l’engagement physique anglais avec beaucoup de fautes. La possession était ainsi blaugrana (73 % après un quart d’heure) mais cantonnée à 40 ou 50 mètres des cages d’Almunia avec un Milito et un Marquez fébriles dans la relance. Offensivement le Barça se montrait dès lors relativement timoré avec néanmoins deux belles tentatives de Messi non cadrées (4’ et 12’).


    Souvent à la limite dans le jeu de passes, le Barça s’exposait aux contres d’Arsenal. Suite à un ballon perdu aux abords de la surface de réparation des Gunners, Diabi déclenchait une grande offensive mais perdait le ballon lequel échouait sur Milito qui se manquait complètement et subissait le pressing violent (et qui aurait pu être sanctionné) de Diaby, encore lui. S’ouvrait alors un boulevard pour le TGV Walcott qui servait sur un plateau le Danois Bendtner, lequel gêné par le retour d’Alves se heurtait à Valdes avant de finalement conclure d’un but ce contre rondement mené (0-1, 19’).

    Premier contre, premier but. Dur pour le Barça, mais pas si illogique que ça eu égard à ses difficultés dans la circulation de balle, d’autant plus qu’Arsenal avec Diaby était proche de remettre ça dans la foulée… Heureusement le Barça n’avait pas le temps de douter puisque Messi grâce à la remise involontaire de Sylvestre expédiait un boulet de canon dans la lucarne d’Almunia pour égaliser (1-1, 21’) !

    On ne le savait pas alors mais ce n’était que le début du show Messi. Pedro maladroit, Bojan inconsistant (malgré un possible pénalty sur sa personne à la 23’), l’Argentin prenait à son compte l’intégralité du secteur offensif en impulsant par ses dribles, ses accélérations et ses passes les attaques catalanes. Taclé durement à la 31’ (carton jaune pour Denilson), il laissait le coup franc à Alves qui cadrait une jolie frappe qu’Almunia captait cependant sans soucis. Puis une minute plus tard, l’Argentin, embarqué dans un grand numéro de soliste, donnait le tournis à Sylvestre avant de manquer le cadre, sa frappe puissante léchant l’extérieur du poteau gauche d’Almunia. Ce n’était cependant que partie remise puisqu’à la 37ème minute le natif de Rosario était à l’origine et à la conclusion d’un centre d’Abidal mal repoussé par la défense ; d’une pichenette astucieuse, Messi bonifiait en but la remise de Pedro (2-1).

    Arsenal, KO, perdait alors un peu de son organisation défensive, et payait cash ses errements lorsque l’intervention kamikaze et manquée de Vermaelen ainsi que l’alignement déficient de Clichy offrait à Messi bien servi par Keita un face à face avec le gardien. Plein de sang-froid, le numéro 10 blaugrana ne manquait pas son coup et lobait Almunia. 3-1 (43’) et un triplé pour l’Argentin ! Et pourquoi pas un quadruplé ? Hélas Messi manquait de lucidité dans sa conduite de balle et gâchait une bonne opportunité juste avant le repos.

    La seconde mi-temps était marquée par la volonté du Barça de gérer son avantage. Mais comme au match aller, la maitrise catalane dans la conservation du résultat était médiocre. Positionnée assez bas, manquant de précision et d’impact physique, la Pep Team abandonnait un peu trop le cuir à Arsenal qui sans être incisif recommençait à y croire un peu. Après tout les Gunners n’avaient-ils pas renversé un déficit de 2 buts au match aller ?

    Moins souverain au milieu, le Barça n’en demeurait pas moins dangereux sur les quelques actions qu’il jouait vraiment à fond avec notamment un Messi tout proche de reprendre en taclant un centre appuyé de Pedro (49’).

    Déstabilisé par les entrées de Maxwell et Touré en lieu et place d’Abidal, à nouveau blessé, et de Bojan, épuisé, le Barça connaissait un sérieux coup de mou à l’heure de jeu avec des espaces entre les lignes et des opportunités de contres pour Arsenal suite à des erreurs techniques catalanes (Milito, Touré…).

    Mais le scénario du match aller ne se renouvelait pas. Et le Barça résistait à ce temps faible sans encaisser de but, Bendtner, signalé de toute façon en position de hors-jeu, ne trouvant que le poteau de la tête suite à un centre de Clichy (73’).


    Sans doute fatigué et avec la tête déjà au match de samedi à Madrid, le Barça finissait son match en roue libre, avec des intentions offensives réduites au strict minimum. Mais quand ce minimum est porté par Leo Messi, tout peut arriver. A la 72ème minute, Messi avait déjà choisi de jouer très vite un coup franc ce qui avait offert une belle opportunité à Pedro. Les dix dernières minutes étaient ainsi placées sous le sceau du génie de l’Argentin avec un premier raid solitaire à la 83’, puis un second à la 88’ cette fois ci conclu d’un but malgré un premier arrêt d’Almunia (4-1).

    Quadruplé pour Messi ! Gigantesque ! Monumental ! Discret au match aller avec néanmoins quelques occasions à son actif, l’Argentin a été le grand bonhomme de ce match. Ses statistiques cette saison et plus particulièrement en 2010 avec son replacement dans l’axe en 9 et demi défient l’entendement… et permettent au Barça d’aborder le printemps dans une situation extraordinaire de coleader en Liga (avec le record de points engrangés à ce niveau de la saison) et de demi-finaliste en Ligue des Champions. Quant le collectif tourne parfaitement, sa présence n’est au fond pas indispensable, la démonstration face à l’Inter au Camp Nou étant là pour le prouver. Cependant quand l’équipe retombe dans un certain ordinaire, Messi parvient à transcender tout cela et à tirer tout le monde vers le haut grâce à sa percussion et ses buts.

    Avec lui le Barça peut viser toujours plus haut et continuer à rêver de la finale à Santiago Bernabeu. Avant cela et une double confrontation avec l’Inter, l’avion catalan devra cependant poser ses ailes une première fois dans la capitale Ibérique. Mais nul doute qu’en continuant de voler sur la compagnie Air Messi, le Barça peut traverser tous les ouragans. Attention toutefois à mieux gérer collectivement les choses que ce soir, car même le Messi(e) peut connaitre des trous d’air.

    Les joueurs :

    Valdes : 6,5
    Peu de chose finalement à se mettre sous la dent ; il a failli être décisif sur le but de Bendtner avec une première parade. Solide dans l’ensemble, à l’image de sa saison, sans doute la meilleure de sa carrière.

    Alves : 5
    Très brouillon techniquement il a perdu beaucoup de ballons faciles, et ses montées ont été globalement bien arrêtées par un Clichy très rapide et incisif. Agaçant.

    Marquez : 6
    Un match de guerrier notamment dans les duels mais un vrai manque de sureté dans la relance face au pressing d’Arsenal. Plusieurs fois ce fut très limite. Il couvre Walcott sur le but des Gunners.

    Milito : 5,5
    Presque le même constat que pour Marquez : de l’engagement, de bons retours défensifs, mais que de fébrilité dans le jeu de passe ! Directement responsable sur le but d’Arsenal, même si l’arbitre aurait pu siffler faute de Diaby.

    Abidal : 5
    Très moyen dans l’utilisation du ballon, il a été relativement tranquille dans son couloir, Walcott n’étant que l’ombre du joueur qu’il avait été à l’aller. Offensivement il amène le second but bien que ce soit de façon très involontaire puisque son centre est totalement manqué ! A nouveau blessé il manquera le Clasico. Remplacé par Maxwell qui a assuré.

    Busquets : 6,5
    Un match sans accro cette fois-ci. Solide à défaut d’avoir été autoritaire.

    Xavi : 8
    Resplendissant. Il n’a quasiment pas perdu un ballon alors que tous ses coéquipiers ont multiplié les approximations face à l’engagement d’Arsenal. Il a joué avec une incroyable justesse en donnant le tempo et en distillant les bons ballons.

    Pedro : 5,5
    Il a beaucoup couru et fait d’énormes efforts de replacement. Cela compense en partie son faible rendement en phase offensive, bien qu’il soit tout de même auteur d’une passe décisive. Remplacé par Iniesta en toute fin de match, lequel a fait son retour.

    Keita : 5,5
    Moins convaincant qu’à l’aller dans le registre du pressing, de l’agressivité et de l’utilisation du ballon. Joue très bien le coup sur le troisième but en lançant Messi rapidement de la tête.

    Messi : 9,5
    No comment ! (Applause)

    Bojan : 5
    Il a essayé d’apporter sa mobilité. Physiquement il a du mal à peser et à être trouvé dos au but. On a vu cependant largement pire de la part du Canterano.
    Remplacé par Touré à la 56’. L’Ivoirien a été l’auteur d’une entrée assez cataclysmique avec de nombreuses pertes de balle qui ont amené des contres dangereux. Il est difficile de se résigner à accepter le fait que l’immense Yaya Touré appartienne au passé, mais chacune ou presque des prestations de l’Ivoirien depuis plusieurs semaines sont malheureusement là pour l’attester.

    Fiche technique :

    FC Barcelone : Valdés; Alves, Milito, Márquez, Abidal (Maxwell, 52'); Xavi, Busquets, Keita, Messi, Bojan (Touré, 54'), Pedro (Iniesta, 85').

    Arsenal : Almunia; Sagna, Vermaelen, Silvestre (Eboué (63'), Clichy; Denilson, Diaby, Walcott, Nasri, Rosicky (Eduardo, 71'), Bendtner.

    Arbitre : Wolfgang Stark (Allemagne).
    Avertissements : Denilson (30'); Rosicky (43'); Eboue (66')

    Buts :
    0-1, Bendtner (19')
    1-1, Messi (21')
    2-1, Messi (37')
    3-1, Messi (43')
    4-1, Messi (87')


    Source
     

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