Formule 1 - Saison 2009 : Bilan Pilotes (1/3)

Discussion dans 'Motosport' créé par simo160, 4 Novembre 2009.

  1. simo160

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    Retour sur la saison 2009. Notre 1er volet est consacré à Button (Brawn), Vettel (Red Bull), Barrichello (Brawn), Webber (Red Bull), Hamilton (McLaren) et Räikkönen (Ferrari). Pourquoi ont-ils été les six meilleurs ? Eléments de réponses...

    1-Jenson Button (Brawn) 95 points

    Avoir du talent c'est bien, l'utiliser en toute circonstance c'est mieux. Avec son double-diffuseur et sa pole position d'avance, le Britannique a fait cavalier seul en début de saison, puis il a géré. Jusqu'à en être tétanisé à Suzuka. Le problème est que sa Brawn était de toute évidence une Ferrari des plus belles années : peinte en blanc avec tous les marques de design qui ont fait la patte de Ross Brawn (museau, cockpit, pontons…). Avec de l'or dans ses mains, Michael Schumacher n'a jamais musardé dix GP. A Abou Dhabi, Rubens Barrichello a donné le coup de grâce en parlant de "paresse" de toute l'équipe... Toute… La chevauchée monégasque et la remarquable demi-victoire (qui aurait pu lui porter préjudice) à Sepang n'empêchent pas le goût d'inachevé. Chaque saison ne livre pas un grand champion. Une ligne à son nom au palmarès des couronnés, sûrement pas un chapitre dans le livre des grands champions du monde.

    2-Sebastian Vettel (Red Bull) 84 points

    Il avait tourné Red Bull en ridicule l'an dernier, il vient d'en faire la meilleure écurie du plateau après Brawn. Ce n'était pas gagné, car la RB5 a été la dernière à recevoir un double diffuseur et n'avait pas de KERS. Le garçon a d'ailleurs lourdement insisté là-dessus. Non pas qu'il était désavantagé de ce point de vue par rapport à Button et Barrichello, mais que l'option manquante l'a indéniablement privé de quelques points pris par Hamilton. Il finit à 11 points du champion et sans son absence de discernement à Melbourne dans les roues de Kubica il aurait échoué à 5 longueurs. Mais il n'était pas mûr pour le titre, comme l'a montré son erreur à Istanbul, où il a ouvert un boulevard à Button, et a surtout passé sa colère sur son moteur en fin de parcours.

    3-Rubens Barrichello (Brawn) 77 points

    Un éligible à la consécration suprême doit toujours très vite comprendre ce dont il a besoin techniquement et ce qui peut le freiner dans sa progression. C'est en cela que "Rubinho" n'appartiendra jamais à cette caste dorée. Le temps de réaliser qu'il se fourvoyait depuis un an et demi avec un système de freinage personnalisé, courant juin, et Button était déjà trop loin. Aussi, l'inoxydable a obtenu trop tard la parité de traitement stratégique, moyennant un coup de gueule à Montmelo. La rançon d'années de beautiful loser chez Ferrari qui avaient fait resurgir inconsciemment dans l'esprit de Ross Brawn une condition de numéro 2 consentant. Poussé au final par Vettel de la 2e place du podium malgré une voiture très fiable qui lui a redonné pole et victoires après cinq ans de privation.

    4-Mark We b ber (Red Bull) 69,5 points

    Il était temps que l'Australien agrandisse la confrérie des polemen et vainqueurs en GP, ce qui fut fait à Nürburg. Ça n'avait rien d'évident après une fracture de la jambe droite hivernale. Plus surprenant, il n'a pas explosé face à Vettel, qui devait le faire passer pour un pilote de seconde zone. Du moins en course car le comparatif en qualif a été humiliant : 2-15. L'Aussie reste indispensable à l'univers de la Formule 1 par son côté anti-conformiste. En effet, il fut l'un des seuls à faire l'éloge de son manager personnel, le "sensationnel" mais sulfureux Briatore. Red Bull a répondu à cette audace en tentant de casser son contrat 2010 pour mettre Räikkönen à sa place. Toujours "trash" en piste car il vit mal d'être sur la défensive. Räikkönen, sournoisement coincé dans le 1er tour à Sao Paulo, peut témoigner.

    5-Lewis Hamilton (McLaren) 49 points

    Le Britannique avait la vie facile : Woking lui garantissait de la mécanique gagnante depuis son arrivée en F1, en 2007. Cette insouciance a connu une rupture brutale cette année, sous la forme d'une MP4 en grave déficit d'appuis. Ce défaut congénital fut l'occasion de vérifier sa patience, sa capacité à galvaniser une équipe par des chaudes félicitations à l'occasion de progrès même infimes, et à fructifier chaque avantage. Le KERS pour la première victoire de l'année en Hongrie, son talent naturel pour un sans faute à Singapour. De la rage en permanence, trop à Monza à la poursuite de Button. Seul pilote à bord tant Kovalainen fut transparent, il a su guider l'usine dans une saison compliquée par l'interdiction des tests. C'est la dimension supplémentaire qu'il a prise et que beaucoup n'auront jamais.

    6-Kimi Räikkönen (Ferrari) 48 points

    Le Finlandais qui se veut impassable a été ébranlé par son éviction de la Scuderia avant terme, ce qui l'a laissé "très triste". Un terrible désaveu qui l'a renvoyé à son peu d'intérêt pour la technique et à un manque de motivation de début de saison qui a fini par lasser à Maranello. Il sera impossible de lire plus tard son parcours en F1 sans évoquer ce couac, sauf si Alonso hérite l'an prochain d'une rossa digne de la F60, c'est-à-dire lamentablement ratée... "Iceman" était déjà sorti passablement affaibli de sa cohabitation avec Massa en 2008 et se pensait immunisé avec un contrat 2010. Ce fut son erreur. Néanmoins, il faut souligner qu'après dix misérables points grappillés en neuf grands prix, il en a rentré 38 en seconde partie de saison, dont 10 à Spa grâce à un précieux système de récupération d'énergie cinétique. Et à son talent pur sur ce circuit d'homme. Même cet exploit ne suffit pas à sauver sa peau, pas plus que les incertitudes quant à la capacité de Massa à se remettre de son accident. Domenicali n'a jamais raté une occasion de louer son génie dès lors que lui fut montrée la sortie, ce qui sous-entend que c'est plutôt auprès de Montezemolo qu'il avait épuisé son crédit.



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    Bilan Pilotes (2/3)

    Retour sur la saison 2009. Notre 2e volet relate la saison de Rosberg (Williams), Trulli (Toyota), Alonso (Renault), Glock (Toyota), Massa (Ferrari) et Kovalainen (McLaren).

    7-Nico Rosberg 34,5 points

    L'Allemand a densifié ses prestations techniques en se plaçant 14 fois dans le top 10 sur la grille pour 13 arrivées dans le top 9 dont 6 dans le top 5. Au volant d'une FW31 hyper fiable (un bris de boîte de vitesses à Sao Paulo), il a conduit seul les travaux. Mais on attend encore de le juger dans une grande écurie, au contact d'autres calibres que Nakajima. Malheureusement, il a souvent servi les plans d'un team en mal de publicité en tournant à vide en essais libres, jusqu'à tomber en panne d'essence. Rayon com, "Britney" manque toujours de spontanéité dans son discours faussement libéré.

    8-Jarno Trulli 32,5 points

    L'échec du GP de Belgique, qu'il aurait du remporter, a affecté son image dans l'équipe et a attesté qu'il ne serait jamais un opportuniste. En pole à Sakhir, il a surfé sur les indéniables qualités de la TF109, marqué le pas en cours de saison avant de se reprendre. Après plus de cinq ans de collaboration, il laisse l'étrange image d'un pilote en bout de course, furieux d'avoir été mis dehors par Sutil au Brésil, et dominé par son équipier débutant Kobayashi à Abou Dhabi. Il était temps que ça se termine. Lotus, de retour il faut l'espérer en 2010, aimerait l'avoir en complice de Gascoyne.

    9-Fernando Alonso 26 points

    Il ne s'est jamais répandu en critiques et c'était là la preuve d'un renoncement à voir son équipe lui offrir une voiture gagnante. Il a eu le tact d'attendre le dernier meeting pour taxer la R29 de "plus mauvaise Renault" qu'il n'ait pilotée. Une pole position avec un réservoir en mode "light" en Hongrie et 12 top 10 sur la grille sont toujours un exploit avec une poubelle. On ne s'est même pas étranglé chez Renault lorsqu'il a rendu hommage à Flavio Briatore après son podium à Singapour. Sûr de son rêve rouge et plus philosophe que jamais après une troisième année d'échec pour le titre. Mais une désillusion l'attend peut-être en 2010…

    10-Timo Glock 24 points

    Pris en défaut plus souvent qu'à son tour lorsqu'il fallait faire monter ses pneus à température en qualif, il n'a pas toujours excellé le samedi après-midi mais s'est bien rattrapé le dimanche, ce que le paddock a retenu. Remarquable 3e en "intermédiaire" usés sous un déluge à Sepang, il a encore relevé sa cote à Singapour 2e au point que Renault et McLaren lui ouvrent leurs portes pour discuter de 2010. Néanmoins, son forfait a montré qu'un pigiste débutant pouvait bien faire aux commandes d'une TF109 bien née.

    11-Felipe Massa 22 points

    Le miraculé de l'année. Le ressort échappé de la Brawn de Barrichello en Hongrie en qualif aurait pu lui coûter la vie. Rétrospectivement, ses tours à Magny-Cours en 2008, juste derrière la Ferrari de Räikkönen dont une tubulure d'échappement menaçait de se détacher, font froid dans le dos. Il n'aura disputé que neuf Grands Prix, démontrant une implication technique sans faille, ce qui lui a valu de conserver une confiance aveugle de la part de Montezemolo. Sa défection pour 2010 n'aurait de toute façon pas laissé la Scuderia sans solution, Schumi ayant déjà tout fait pour le suppléer. Au passage, la parfaite entente Massa-Schumi-Montezemolo aura condamné l'indépendantiste Räikkönen.

    12-Heikki Kovalainen 22 points

    De loin le pilote qui a perdu le plus de crédit dans le paddock en 2009, excepté l'e dévoyé petit Piquet. Un seul Finlandais avait échoué chez McLaren, Keke Rosberg, atomisé par Alain Prost en 1986. Après deux ans en Gris, le Nordique n'est même plus considéré comme un N.2 crédible, ce qui sous-entendrait qu'il puisse soutenir ce grand carnassier qu'est Hamilton en partageant les tâches. Trop souvent largué sans comprendre. Et, malheureusement, lorsqu'il fut en mesure de battre le Britannique, ce fut pour offrir l'image d'une dérive fatale à un virage de la pole, à Valence. Mercedes-Benz a fini par le réduire à un VRP de son KERS miracle en lui faisant répéter des louanges toutes préparées. Il ne voulait pas entendre parler d'un poste de N.2 au service d'Alonso chez Renault. McLaren ne l'a jamais bridé. Au moins est-il fixé sur ses capacités.


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    Bilan Pilotes (3/3)

    Retour sur la saison 2009. Notre ultime volet passe en revue les prestations des pilotes classés de la 13e à la 25e et dernière place. Avec pêle-mêle au programme Heidfeld, Kubica, Buemi, Bourdais, Grosjean et la guest star Badoer…

    13-Nick Heidfeld 19 points


    Quarante trois arrivées consécutives puis l’abandon à Singapour, fauché par sutil. L’Allemand n’est plus de ceux dont on attend une manifestation de génie mais année après année, il justifie sa présence par sa régularité et son aptitude à saisir une occasion dès qu’elle se présence. Ce fut le cas sous la pluie, en Malaisie (2e). Le reste a été un calvaire jusqu’au dernier tiers du championnat, où il est rentré quatre fois dans le top 7 au volant d’une F1.09 aussi laide qu’inconduisible. Cependant, il a semblé avoir baissé d’un ton en qualif. Le retrait de BMW l’a mis sur le marché mais il reste mieux coté qu’un Kovalainen ou un Trulli.


    14-Robert Kubica 17 points


    Pauvre Robbie ! Sa descente aux enfers a été quasi ininterrompue depuis la fin 2008, lorsque BMW avait annihilé ses dernières chances mondiales sur l’autel de la compétitivité de la F1.09. Un vrai gâchis aggravé par le nouveau régime hivernal qu’il s’infligea pour rouler avec le KERS. La double peine encore : son gabarit était trop important et le fiasco technique fut porté à son comble avec l’abandon du KERS. A la radio, « Kub » n’a eu cesse de dénoncer le manque de grip de sa machine mais il est resté pugnace dans le peloton. Son incroyable 2e place au Brésil fut une étrangeté, signée sur le sec au volant d’une monoplace en version pluie… Sur les conseils de son ami Alonso, il s’est jeté à l’aveugle dans le challenge Renault 2010… Si ça ne s’appelle pas de la foi… Sa laborieuse campagne 2009 n’a pas affecté son image : Bell a bien synthétisé le sentiment général en estimant qu’il représentait « un échange standard avec Alonso ». L’Alonso de 2003-2004.


    15-Giancarlo Fisichella 8 points


    On savait depuis longtemps que « Fisico » n’était pas un magicien. Néanmoins, ce fut une surprise de le voir en lice pour la gagne en Belgique, où Räikkönen a finalement eu raison de lui grâce au KERS. Il aurait pu poursuivre sur cette lancée en Italie, comme l’a montré Sutil, mais Force India avait des ardoises du côté de chez Ferrari et le transfert s’est inscrit dans une logique. Un rêve aussi pour le Romain qui préférait ouvertement risquer de figurer en rouge plutôt que vaincre pour l’Inde. Sa grande satisfaction est d’appartenir à la famille Ferrari, et c’est un peu triste d’en arriver là. Il se fiche d’autant plus de son zéro avec la F60 que la Scuderia va faire de lui son réserviste 2010 et le parrain de son vivier de jeunes pilotes, d’où sortira peut-être le premier champion du monde italien depuis 1953. Dans tout ça, Ferrari réclame qu’il garde le contact avec la F1, donc qu’il retourne courir pour Force India.


    16-Sebastien Buemi 6 points


    Des débuts prometteurs (7e en Australie, 8e en Chine) puis une condamnation à lutter avec les sans-grades au fur et à mesure que la définition technique de sa Toro Rosso s’éloignait de la Red Bull. Le sympathique helvétique toujours intéressant à écouter a trouvé un second souffle à partir du GP de Hongrie, lorsque Faenza a pu récupérer progressivement son retard sur Milton Keynes. Ses perf furent alors quasiment indexées à celles de Vettel : lorsque l’Allemand jouait la pole, il entrait facilement en Q3. Red Bull a conclu par trois victoires et Buemi a achevé sa première saison par une 7e place au Brésil et une 8e au Brésil. CQFD. Le francophone, qui n’avait pas loisir de s’exercer en test cette année, a véritablement fait bonne impression.


    17-Adrian Sutil 5 points


    Son coup d’éclat à Monza (2e aux essais, 4e au damier) ne dissimule pas une année globalement décevante. Le meilleur pote de Hamilton a encore parfois un comportement sujet à caution. A Singapour, son égoïsme l’a remis négligemment dans la BMW de Heidfeld et au Brésil la colère à 10.000 dollars de Trulli a accentué l’ambiguïté d’un accrochage dont Alonso peut parler. McLaren et Toyota avaient étudié de près sa candidature pour 2008. Son incapacité à « tuer » à Fisichella l’a catalogué second couteau.


    18-Kamui Kobayashi 3 points


    Brouillon en Formule 3, irrégulier en GP2 (champion Asie quand même), le Japonais a incroyablement fructifié ses deux bons de sorties, au Brésil et à Abou Dhabi, et prouvé qu’il avait mûri. Et il aurait même débuté au Japon si les officiels de la FIA n’avaient commis l’impair de lui refuser de suppléer Glock. A Sao Paulo, il a crânement tenu tête à Button en faisant du « blocking ». Sur l’île de Yas, il s’est payé le luxe de parader sur le podium avant de rentrer ravitailler. Sixième, il a quand même devancé Trulli. Avant ses deux piges à sensations, il s’était fait à l’idée se retourner cuisiner des sushi au restaurant paternel.


    19-Sébastien Bourdais 2 points


    Le plateau est divisé en trois tiers à peu près égaux, avec les stars (Alonso, Hamilton, Räikkönen, Button, Massa et Vettel), les impeccables pros dont l’heure n’est pas encore venue ou ne viendra jamais (Rosberg et Kubica d’une part, Barrichello, Webber, Heidfeld et Glock, Trulli) et les précaires. Bourdais appartenait à cette classe de sursitaires remplaçables dans instant par l’un des huit ou dix prétendants, par la force du talent (Senna…) ou de l’argent (Alguersuari…). Le Français avait donc besoin de résultats pour s’ancrer chez Toro Rosso. Ses quatre titres en ChampCar (improprement appelée « F1 à l’Américaine » et en réalité plus proche du GP2…) avaient explosé en 2008 face au génie de Vettel. Mais on tombe rarement deux années de suite sur deux équipiers géniaux, à part si l’on s’appelle Prémat (Rosberg en 2005, Hamilton en 2006). En 2009, le natif du Mans n’a malheureusement pu transformer le second essai malgré la réintroduction des slick et un rôle de leader tout désigné. Plus que Buemi auquel il s’est heurté, c’est le côté « pilote caméléon » qui lui a manqué pour survivre dans des conditions impitoyables au volant d’une voiture qui ne convenait pas à son style. Mais c’est encore cruel, le pilote doit composer. Toro Rosso, qui l’a poussé à prendre les réglages du Suisse, a fini de le gâcher.


    20-Kazuki Nakajima 0 point


    Soutenu par Toyota chez Williams, il sort du système après deux années dans un environnement favorable. Le bilan est négatif et il a perdu son étiquette de « Japonais de service » au profit de Kobayashi, qui lui a fait littéralement péter les plombs sur une manœuvre délirante à Sao Paulo. C’est un paradoxe : « Kamikazuki » avait montré une plus grande rapidité l’an dernier avec une FW moins bien léchée. Cette année, il n’a quasiment pas commis de bourde mais il s’est fait laminer par Rosberg en qualif, et a souvent séché sur le set-up. Toujours prêt à rendre service, il a été le bon à tout faire pour Williams et ses sponsors lors de nombreuses opérations relationnelles dont Rosberg était déchargé.


    21-Nelson Piquet 0 point


    Son nom sera à jamais associé au crash téléguidé de GP de Singapour 2008, plus grand scandale révélé de l’histoire de la Formule 1. Pire, il a entaché la réputation de son père dont la biographie de triple champion du monde résonne désormais différemment. Il a voulu parler en repenti pour « briser l’omerta » a-t-il dit. La justice l’a absout mais le milieu l’a rejeté. Beaucoup plus tricard que le banni Briatore, qui n’a pas dit son dernier mot sur le plan juridique... Le petit Piquet repart avec un bilan record pour un pilote Renault : 11 GP de suite sans point. Il s’intéresse au manège de la Nascar.


    22-Vitantonio Liuzzi 0 point


    Presque impossible à juger. Des performances correctes mais il a été dominé par Sutil, ce qui n’a rien de bon aux yeux des observateurs. Et puis, Fisichella demande à retrouver son baquet en 2010.


    23-Roman Grosjean 0 point


    Le premier Français chez Renault depuis Tambay en 1984 a vécu un bizutage de sept Grands Prix. Sinon, comment appeler cet apprentissage contraint, forcé, sans la moindre préparation puisqu’il n’était jamais monté dans la R29, et qu’il n’avait pour expérience que 140 tours dans une R28 remontant à plus d’un an ? En F3 Euro Series et en GP2, il bouffait Kobayashi (à matériel égal chez ASM) et Buemi. Agacé, Alonso l’a défendu en jurant que le Genevois jouerait le podium pour peu d’avoir une Toyota dans les mains. Il est aujourd’hui un véritable produit maison que Renault ne sait pas assumer. Un comble. Obligé d’aller voir des vidéos sur Internet ou se repasser des DVD pour apprendre les circuits car c’est maintenant bien connu : Renault est la seule écurie dépourvue de simulateur. En piste, Grosjean est resté prudent, s’interdisant par exemple de jouer avec le diff en essais sous peine de fausser les résultats. A Monza, il a découvert le KERS, reconnu d’un usage pointu par les Alonso et autres Hamilton. Autant de systèmes qu’il aurait du découvrir sereinement en entraînement… Son ultime problème fut la gestion des pneus neufs, compliqués à monter en températures même pour Alonso, lui aussi pris en flagrant délit de zig-zag. Blindé d’essence, le Tricolore a offert l’image d’un pilote débordé sans pitié à Sao Paulo. Chargé comme une mule à Abou Dhabi (710,8 kg, c’était pour le Guiness book), il a exploré une stratégie trop extrême pour son vécu dans la discipline. Renault chercherait un 2e pilote pour marquer des points l’an prochain, comme si un décret suffisait. On se demande bien ce qu’aurait fait Räikkönen aux côtés d’Alonso à Abou Dhabi. Non, l’urgence est simplement de produire un modèle 2010 performant. Kubica capable de viser la victoire, Grosjean en profiterait automatiquement. Il faut se reporter à la seule course signifiante de Renault de la période 2008-2009 (on ne parle donc pas de Singapour) pour s’en convaincre. A Fuji, Alonso avait gagné et Piquet s’était aisément classé 4e.


    24-Jaime Alguersuari 0 point


    Un Espagnol lancé dans le grand bain sans autre justification que l’empressement d’un père argenté. Quelques moments honorables et une punition dans un mur à Suzuka.


    25-Luca Badoer 0 point


    Le vétéran italien a du avoir l’impression de gagner à la loterie quand Montezemolo lui a révélé sa lumineuse idée de le glisser dans le baquet de l’infortuné Massa en sympathique remerciement d’années d’essayeur dévoué. Sans compétition depuis dix ans, la mission était impossible. Cette piètre démonstration a eu le mérite d’établir qu’il ne suffit pas de mettre n’importe qui dans une Ferrari pour que ça marche.



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