François Bourguignon au Maroc. Le diagnostic de la Banque mondiale

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 13 Décembre 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    François Bourguignon, économiste en chef et vice-président de la Banque mondiale a achevé une visite de travail qu'il vient d'effectuer au Maroc. Au cours de son séjour, M.Bourguignon a eu une série d'entretiens avec des responsables marocains,en l’occurence le Premier ministre Driss Jettou, le ministre des Finances, les membres des commissions des finances au sein des deux Chambres ainsi que les banquiers et un certain nombre d'économistes.


    A l'issue de ces discussions, il est normal pour le second de la Banque mondiale d'émettre son diagnostic. Et c'est devant un parterre de journalistes qu'il a choisi de le présenter. Pas de grande surprise, M. Bourguignon évoque le récurrent problème de la croissance qui n'est pas assez forte pour engendrer la création de nouveaux emplois. Certes, plusieurs réformes ont été lancées d'une façon courageuse, selon M. Bourguignon, mais elles ne semblent pas donner les fruits escomptés, du moins pour l'instant.
    Question : comment dynamiser l'investissement, comment rendre les entrepreneurs plus entreprenants et comment diversifier la production des entreprises? La solution, pour M. Bourguignon, c'est avant tout d'avoir un système des prix qui reflète les opportunités, une économie moins protégée qu'elle ne l'est actuellement, puisque selon lui, l'économie marocaine reste parmi les mieux protégées. Certes, il y a une réforme en cours à ce niveau-là, considérée d'une façon sérieuse, mais dont les retombées ne se sont pas encore fait sentir, explique le responsable. D'un autre côté, une réforme du code du travail va permettre d’atténuer la rigidité de l'emploi et d’offrir la possibilité aux entreprises de se redéployer dans d'autres activités, sans oublier qu’un redéploiement de la fiscalité va rendre le système de prix transparent et le taux de change plus flexible.
    Autre recommandation et non des moindres, évoquée par M.Bourguignon, elle concerne la gouvernance."Il nous semble que dans la structure de décision, on a besoin d'un leaderschip plus fort pour que les politiques administratives", puissent aboutir, a-t-il dit.
    Selon M.Mustapha Kamel Nabli, économiste en chef et directeur du groupe du développement économique et social à la région MENA, "le Maroc est aujourd'hui dans une excellente position pour prendre des décisions courageuses", ajoutant, que sa situation macro-économique relativement saine, sa balance de paiement actuelle, son niveau de la dette acceptable et sa stabilité politique sont des conditions exceptionnelles pour que le décollage économique que l’on attend depuis longtemps ait lieu actuellement. Dans ce cadre, M.Nabli a souligné que le prochain rapport stratégique sur le Maroc, qui sera présenté en janvier prochain mettra l'accent sur cette question de croissance. "Il n'y a pas de prise de conscience suffisante sur la question de croissance. Il est temps que le Maroc ait un pacte de la croissance et qu'il y ait un vrai leadership", a-t-il indiqué. Bien entendu, arallèlement à la mise en place de conditions nécessaires de doper la croissance, le Maroc doit continuer à investir dans les domaines de l'infrastructure, l'éducation et la santé.
    Dans ce cadre, M.Bourguignon a mis en exergue les avantages de l'INDH, qui reste un excellent moyen pour lutter contre la pauvreté mais qu'il faudrait renforcer par d'autres actions allant dans le même sens. Concernant des points ponctuels comme les accords de libre-échange signés par le Maroc, M.Bourguignon souligne que c'est bien d'avoir des accords de libre-échange, mais il faut être conscient du fait que ses avantages risquent d'être temporaires. "C'est une bonne chose, mais il faut les considérer comme un avantage acquis et non définitif. Il faut donc profiter pour faire la transition dans des conditions satisfaisantes".
    Enfin, concernant la dévaluation du dirham, le vice-président de la Banque mondiale affirme que cette institution ne recommande pas aujourd'hui de dépréciation du dirham.


    LIBERATION
     

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