France :Des étudiants sanctionnés pour avoir bûché sur Facebook

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par @@@, 4 Février 2010.

  1. @@@

    @@@ Accro

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    Un professeur de la faculté de l'université d'Avignon a décidé de ne pas noter un dossier de fin de semestre sous prétexte que ses étudiants se sont entraidés via un groupe Facebook. Sur les réseaux sociaux, la (belle) tradition de solidarité entre étudiants devient, aux yeux des enseignants, une vulgaire tricherie (pas
    belle du tout).

    Echanger ses notes dans les couloirs de la fac, ok. Faire la même chose sur Facebook, pas ok. Courant octobre, les 90 étudiants de la licence information et communication, dispensée au sein de l'UFR sciences et langages appliqués (SLA) de l'université d'Avignon, reçoivent la même commande. Pour leur cours sur la communication par l'image, ils doivent résumer les exposés des camarades de leurs groupes, dans un dossier d'une trentaine de pages, pour la fin du semestre.

    Comme lorsqu'ils étaient en deuxième année, les « L3 » s'organisent pour palier les défauts de la prise de note en classe en échangeant les éléments essentiels de leurs exposés via un groupe Facebook intitulé : « L3 - Information et communication UAPV : résumé des exposés ».
    Situation « consternante »

    La semaine dernière, Pierre-Louis Suet, directeur de l'UFR et responsable de la licence information et communication, informe les L3, dans un mail commun intitulé « Juste pour information », de la découverte du pot-aux-roses :

    « Bonjour, peut être que le groupe “L3 - Information et communication UAPV : résumé des exposés” vous parle (en particulier aux L3… ex-L2 non démasqués), pour les autres il s'agit d'un groupe sur Facebook… dont le titre est suffisamment explicite ! […]

    Nous sommes en train de réfléchir aux modalités de remplacement et/ou complément des dossiers qui sont de plus en plus “impersonnels” (pour ne pas utiliser le terme “plagiat”).

    Cette situation est consternante. »

    Le directeur de l'UFR explique aux étudiants que le dossier ne sera pas noté, mais que le coefficient d'un QCM réalisé à la rentrée sera « gonflé ». Une très mauvaise nouvelle pour les étudiants qui confient ne pas avoir eu de bonnes notes à ce devoir.
    Le problème, c'est Facebook

    Sophie [son nom a été changé], déçue après avoir produit « un travail de rédaction énorme », explique ne pas avoir eu l'impression de tricher en utilisant Facebook :

    « On devait résumer les exposés de nos camarades, c'est normal qu'on communique entre nous ! Pour nous, c'était simplement une entraide. C'était surtout pour ceux qui étaient en galère, qui avaient manqué une information essentielle de l'exposé… »

    Ludivine confie, sur le mur du groupe Facebook qu'elle a créé, que le soi-disant « plagiat » n'est qu'un prétexte.


    Le problème, c'est Facebook :


    « Le support les dérange plus qu'autre chose et ils se doutent bien que chaque année les étudiants doivent partager leur travail pour s'entraider et compléter leur dossier, sachant qu'en cours, on zappe toujours quelques trucs.

    Personne (du moins je pense, sinon c'est cette ou ces personnes qui ne sont pas malignes) n'a copié/collé ce que les gens ont posté ici. Chacun s'est servi des résumés des autres pour compléter ses infos. »

    Pour les étudiants, la décision du doyen est injuste. L'an dernier, le groupe Facebook était actif sans que la combine ne soit décelée. Facebook, désormais une fausse bonne idée pour Martine [son nom a aussi été modifié] :

    « S'il n'y avait pas Facebook, on aurait fait tourner nos cours en mains propres ou par mail. Et on n'aurait pas eu de problèmes. »

    Au contraire, le doyen Pierre-Louis Suet dit avoir agi dans un souci de justice entre étudiants. Il nous l'a expliqué par email :

    « […] C'est simplement pour qu'il n'y ait pas de risque de discrimination que j'ai pris la décision du transfert d'épreuve. En effet, les étudiants qui ne sont pas sur Facebook (5 au moins à ma connaissance) étaient automatiquement défavorisés.

    Nos étudiants deviennent très malins et les enseignants (malins), eux aussi sont sur Facebook (et d'autres réseaux sociaux). Ce qui conduit à des situations cocasses. »





    http://www.rue89.com/2010/02/03/des-etudiants-sanctionnes-pour-avoir-buche-sur-facebook-136603
     

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