Fraude à la société générale de 4,9 milliards d'€ par une seule personne

Discussion dans 'Scooooop' créé par aminechaoui, 26 Janvier 2008.

  1. aminechaoui

    aminechaoui Bannis

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    Le groupe dirigé par Daniel Bouton a également passé 2,1 milliards d'euros de dépréciations d'actifs au quatrième trimestre. Son résultat net 2007 se limitera entre 0,6 et 0,8 milliard d'euros, contre 5,2 milliards en 2006. Il va lancer une augmentation de capital de 5,5 milliards d'euros, à laquelle JPMorgan, Morgan Stanley et Groupama se sont engagés à souscrire. Le titre dévisse à Paris.

    Coup de tonnerre chez Société Générale. La banque dirigée par Daniel Bouton a annoncé ce matin, dans un communiqué, la mise à jour d'une "fraude exceptionnelle de par son ampleur et sa nature" sur ses activités de marché. "Un trader, en charge d'activités de couverture de futures 'plain vanilla' sur des indices boursiers européens, a pris des positions directement frauduleuses courant 2007 et début 2008 allant bien au-delà des limites faibles qui lui avaient été attribuées", a indiqué le groupe bancaire, expliquant que "sa connaissance approfondie des procédures de contrôle, acquise lors de ses précédentes fonctions au sein du middle-office du groupe, lui a permis de dissimuler ses positions grâce à un montage élaboré de transactions fictives".
    Le nom de ce trader, Jérôme Kerviel, 31 ans, a été révélé par le Financial Times sur son site Internet, sans être toutefois confirmé par la banque. Il travaillait dans la partie dite Delta One de la salle de marché.
    Société Générale affirme n'avoir "aujourd'hui plus d'exposition résiduelle liée à ces positions qui ont été identifiées et analysées les 19 et 20 janvier 2008". Mais l'impact de cette fraude sur ses comptes est lourd : 4,9 milliards d'euros, comptabilisés dans son résultat avant impôt.
    Plusieurs gérants et analystes estiment que le débouclage des positions dangereuses de la banque, au début de la semaine, explique l'extrême volatilité des marchés européens, qui ne pouvait selon eux complètement s'analyser comme les suites de la crise financière. "Après la baisse de 5% en une journée, on s'appelait tous pour comprendre ce qui se passait, témoigne un gérant londonien. Mais personne n'avait d'information. Maintenant nous savons que c'était la Société Générale qui vendait."
    2,1 milliards d'euros de dépréciations d'actifs au quatrième trimestre

    Par ailleurs, alors que les rumeurs allaient bon train depuis plusieurs jours, faisant plonger à deux reprises le titre - de 8,24% vendredi dernier et de 7,99% le lundi suivant -, le groupe communique enfin sur les effets de la crise du "subprime" sur ses comptes. Au total, ce sont quelque 2,1 milliards d'euros de dépréciations d'actifs supplémentaires qui auront été inscrits au titre du seul quatrième trimestre.
    Ce montant se décompose de la manière suivante : 1,1 milliard d'euros relatifs aux risques liés au secteur immobilier résidentiel américain ; 500 millions relatifs à l'exposition aux assureurs monolines d'outre-Atlantique ; 400 millions de provisions additionnelles non allouées relatives à ces deux risques.
    Un bénéfice net 2007 compris entre 0,6 et 0,8 milliard d'euros

    Première conséquence de ces annonces : le résultat net 2007 devrait se limiter "entre 0,6 et 0,8 milliard d'euros". En 2006, le bénéfice net avait atteint 5,2 milliards d'euros. Le seul pôle banque de financement et d'investissement (BFI) devrait afficher au titre de 2007 "une perte de l'ordre de 2,3 milliards d'euros après impôt et un résultat net estimé part du groupe positif compris entre 0,6 et 0,8 milliard d'euros".
    Société Générale se veut toutefois rassurante sur ses autres activités, qui "devraient extérioriser de bons résultats". Ainsi, les revenus des réseaux en France afficheraient une progression de 4,7% (hors PEL/CEL et plus-value Euronext). De même, les services financiers et la banque privée verraient leur résultat net respectif progresser d'environ 14% et 35%.
    De plus amples détails seront fournis le 21 février prochain, lors de la publication des résultats définitifs du groupe. Ils seront dévoilés au lendemain de ceux de BNP Paribas, qui a décidé de publier dès la semaine prochaine une estimation de ses résultats 2007.
    Une augmentation de capital de 5,5 milliards d'euros

    Autre conséquence de cette fraude qui a entamé les fonds propres : Société Générale va lancer une augmentation de capital de 5,5 milliards d'euros avec droits préférentiels de souscription. Le groupe indique que, d'ores et déjà, l'opération "bénéficie d'une prise ferme de JPMorgan et Morgan Stanley". En milieu de matinée, Groupama a fait savoir qu'elle allait également participer à l'opération, "en souscrivant à hauteur de sa participation actuelle, soit 3,5% du capital". "Il y aura peut-être d'autres actionnaires" qui répondront présents à l'augmentation de capital, une opération "de type complètement classique", a affirmé Daniel Bouton lors d'une conférence de presse qui s'est tenue en toute fin de matinée.
    L'augmentation de capital devrait permettre de porter le ratio Tier 1 (Bâle I) à 8,0% - en prenant en compte l'acquisition de Rosbank. Par ailleurs, Société Générale ne devrait pas modifier sa politique de dividende. "Le conseil d'administration a l'intention de proposer le paiement d'un dividende (...) en ligne avec l'objectif (...) d'un taux de distribution de 45%", précise le communiqué.
    La démission de Daniel Bouton refusée par le conseil d'administration

    Face à ces événements graves, Daniel Bouton a remis sa démission. Mais le conseil d'administration, qui s'est réuni le 23 janvier, a rejeté cette proposition et a renouvelé au PDG "toute sa confiance ainsi qu'à l'équipe de direction".
    Lors de la conférence de presse, Daniel Bouton a indiqué que quatre ou cinq personnes avaient été démises de leurs fonctions. Il a, par ailleurs, annoncé qu'il avait rejeté la démission que lui avait présentée Jean-Pierre Mustier, le patron de BFI. Celui-ci a d'ailleurs refusé de percevoir toute rémunération variable au titre de 2007, mais aussi de 2008 et ce "quels que soient les résultats de BFI que j'espère excellents" pour cette année, a encore déclaré Daniel Bouton. Celui-ci ne percevra pas non plus de rémunération variable, ni de stock-options au titre de l'an dernier. De même, il ne recevra aucun salaire fixe jusqu'en juin prochain. Les mêmes mesures s'appliqueront à Philippe Citerne, directeur général délégué.
    L'objectif de Daniel Bouton est désormais de "remettre le groupe sur la voie de la croissance durable", selon les termes du conseil. Dans une lettre aux clients mise en ligne sur le site Internet (lire plus bas), il affirme que "avec la confirmation de sa solidité financière, la capacité du groupe (...) à rebondir et à reprendre la croissance rentable qui la caractérise depuis de longues années est intacte".
    Fitch et Moody's dégradent leurs notes

    Les agences de notation ne font pas preuve d'un tel optimisme après la révélation de cette affaire. Fitch a en effet abaissé d'un cran la note de crédit à long terme de Société Générale, de "AA" à "AA-". "Fitch s'attend à une année difficile" pour le groupe, indique-t-elle dans un communiqué diffusé en milieu de matinée. L'année qui vient de s'ouvrir sera "difficile" pour la banque de financement et d'investissement, dans des marchés agités.
    Moody's a également abaissé d'un cran les notes de Société Générale. La note de dette à long terme est désormais "Aa2" - assortie d'une perspective négative -, de même que celle des dépôts. La solidité financière, pour sa part, a été réduite de "B" à "B-".
    Pour sa part, Standard & Poor's a mis sous surveillance négative le "AA" de crédit à long terme de Société Générale. Elle explique que "la fraude (...) semble être un événement isolé mais l'ampleur de la perte générée excède le degré d'exposition à un 'événement extrême' acceptable pour le niveau de la note actuel de la banque". En outre, "la bonne liquidité structurelle de Société Générale et sa gestion prudente de ce risque devraient lui permettre de bien faire face à d'éventuelles pressions sur son refinancement". "En tout état de cause, conclut l'agence, un abaissement de la note à long terme (...) devrait être limité à un plot".
    La Banque de France, elle, "prend acte du renforcement des fonds propres de Société Générale", indiquant que "la situation financière n'appelle pas de commentaire particulier". Elle a en outre diligenté une enquête afin d'examiner les conditions dans lesquelles s'est produite la fraude. L'affaire a également un volet judiciaire. En milieu d'après-midi, la Société Générale a annoncé qu'elle avait déposé, auprès du parquet du tribunal de Nanterre, une plainte pour "faux en écritures de banque, usage de faux (...) et intrusions informatiques". Plus tôt dans la journée, l'avocat d'une centaine d'actionnaires individuels avait annoncé avoir fait de même pour "escroquerie, abus de confiance, faux et usage de faux, complicité et recel".


    Source : http://www.lesechos.fr/info/finance/300236395.htm
     

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