Grève générale dans le secteur de la Santé les 12 et 13 octobre

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 10 Octobre 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

    J'aime reçus:
    145
    Points:
    0
    Port du brassard noir jusqu’à “gain de cause”
    A l’unanimité, les 5 principaux syndicats opérant dans le secteur de la Santé publique, à savoir l’UGTM, la FDT, la CDT, l’UMT et l’UNMT, ont décidé une grève générale les 12 et 13 octobre, avec port du brassard noir jusqu’à obtenir gain de cause.


    Pourtant, avant la rentrée sociale et politique, tout laissait croire que le secteur de la Santé publique allait connaître une paix sociale inaltérable. Notamment après la rencontre du Premier ministre avec les secrétaires généraux de ces mêmes centrales syndicales.

    Durant cette rencontre qui a eu lieu début septembre, M. Driss Jettou s’est engagé personnellement à faire tout son possible pour répondre favorablement à un grand nombre de revendications syndicales.

    Or, l’annonce commune de la grève par les 5 syndicats laisse supposer que les promesses de la Primature n’étaient qu’un recul stratégique pour absorber l’effervescence qui bouillonne au sein d’un secteur touchant directement des intérêts publics qui ne peuvent souffrir indéfiniment les répercussions du blocage.

    Sur le terrain, et à croire les témoignages des cadres syndicaux et de tous les fonctionnaires de la Santé publique, rien n’a été fait, et aucun signe ou signal politique ou professionnel ne laisse entrevoir une issue favorable ou que les choses pourront bouger.

    « Bien au contraire, la situation s’est empirée », déclare à « L’Opinion » Dr Mohamed Terfaye, secrétaire général de la Fédération Nationale de la Santé (UNMT). Pour ce dernier, « avec le départ de 1183 infirmiers et 471 médecins, les tâches s’en trouvent triplées, le salaire demeurant toujours le même. Si auparavant on se plaignait de la carence du personnel, présentement, on dénonce à haute voix la surcharge des fonctions. Il y a même une bonne centaine d’infirmiers qui sont responsables de trois centres de santé à la fois, ce qui est contraire aux normes de santé qui exigent de l’infirmier responsable une présence continue dans le centre relevant de sa responsabilité ».

    Pour Dr Khalid Lahlou, responsable de la Fédération Automne de la Santé (UGTM), « le gouvernement est en contradiction. D’une part, il s’est engagé dans un grand processus qui est l’initiative nationale du développement humain, d’autre part, il ne bouge même pas le petit doigt pour améliorer les prestations sanitaires offertes aux citoyens, sachant que chaque développement humain passe impérativement par le domaine de la santé publique, car notre système de santé, et selon les indicateurs de santé, est très médiocre par rapport aux pays voisins et aux autres pays arabes ».

    Pour sa part, Dr Boubakri, Secrétaire général du Syndical national de la Santé (FDT), estime que « le non sérieux du gouvernement vis-à-vis du dossier de la santé, nous pousse à envisager et agir par toutes les formes de lutte, et à plusieurs reprises, le gouvernement attend l’appel à la grève pour bouger. S’agissant de la santé du citoyen et de l’économie du pays, nous refusons ce genre de réaction de la part du gouvernement qui doit assumer la responsabilité de la grève.


    Ces déclarations faites par les responsables syndicaux laissent entendre que la paix sociale dans le secteur de la Santé n’est pas pour demain. D’ailleurs, selon les rumeurs qui circulent dans tous les sièges syndicaux, ces 48 heures de grève ne sont qu’un avant-goût d’une lutte qui s’annonce acharnée. D’aucuns avancent ques les centrales auraient recommandé aux fédérations de se préparer à l’escalade.

    Ahmed BENKHOUYA
    L'Opinion
     

Partager cette page