Hépatite B : Un nouveau médicament bientôt sur le marché

Discussion dans 'Info du bled' créé par @@@, 11 Novembre 2009.

  1. @@@

    @@@ Accro

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    · 5% de la population atteinte

    · Le dépistage et le vaccin restent les meilleurs outils de prévention


    Mal connue, moins populaire que l’hépatite C, l’hépatite B n’en constitue pas moins un problème de santé publique à l’échelle nationale. Cette maladie insidieuse, qui se développe lentement, est à l’origine d’une morbidité grave et chronique. Selon l’OMS, «c’est la forme la plus grave des hépatites virales».

    Au Maroc, le taux d’endémie est d’environ 5%. «On ne dispose malheureusement pas de chiffres exacts. Les seuls chiffres qu’on a sont ceux des centres de transfusions, mais qui ne sont pas réellement fiables», déplore le Dr Mustapha El Younsi, gastro-entérologue.
    Une enquête a cependant montré que 50% de la population adulte a déjà été en contact avec le virus, même si celui-ci ne s’est pas nécessairement développé.


    Le traitement contre l’hépatite B ne cesse d’évoluer depuis une dizaine d’années. Aujourd’hui, différents médicaments existent pour la soigner: 4 à 5 molécules sont présentes sur le marché. De plus, un nouveau médicament va bientôt apparaître: «Actuellement, même s’il existe plusieurs traitements, aucun ne tue le virus. Ce nouveau médicament est très puissant. Il a déjà donné de bons résultats. Le Maroc en a besoin», poursuit le Dr El Younsi.

    Au-delà des traitements disponibles, le réel défi se situe au niveau de la prévention. «Bien souvent, les gens ignorent qu’ils sont porteurs de la maladie. Les patients consultent donc à un stade où on ne peut plus traiter que la complication liée à l’hépatite.
    Il faudrait mener une politique de dépistage pour avoir l’opportunité de soigner les patients à temps», explique le Dr M. Kamal Benhayoun, spécialiste des maladies du foie et de l’appareil digestif.
    Même son de cloche chez le Dr El Younsi qui estime qu’on peut faire mieux en matière de dépistage: «Il faut aller chercher du côté des populations à risque. Chez les nouveau-nés, tout d’abord, car il y a de fortes chances qu’une mère infectée transmette la maladie à son enfant. Dans les souks ensuite, là où les barbiers et les esthéticiennes utilisent les mêmes outils avec tous leurs clients, sans même les désinfecter! On parle d’un taux de 60% de contaminés. Sans oublier que le facteur n°1 de transmission est celui des relations sexuelles.»

    Un vaccin existe pour lutter efficacement contre l’hépatite B. Actuellement, ce vaccin est intégré dans le programme national d’immunisation: «Les enfants reçoivent une première dose dès leur naissance. En principe, tous les nouveau-nés doivent être vaccinés.
    Ensuite, ils reçoivent une deuxième dose à un mois et demi, une troisième dose à 10 mois et un dernier rappel à 5 ans», explique le Dr Abdelghani Drhimeur, chargé de communication pour le secrétariat général à la Santé.
    Ce programme est une première étape dans la lutte contre la contamination: «Il devrait réduire efficacement le nombre de malades dans l’avenir. Mais, il y a déjà beaucoup de personnes actuellement contaminées. De plus, toute la population n’a pas nécessairement accès à ce programme qui concerne principalement les populations urbaines.
    En milieu rural, on sait qu’il y a beaucoup d’accouchements à domicile. Une bonne chose serait de reprendre la médecine scolaire. Il faudrait aussi encourager les pédiatres et engager les assurances, car les vaccins ne sont pas encore entièrement remboursés», explique le Dr El Younsi.

    S’il est incontestablement l’arme la plus efficace contre le virus hépatique, ce vaccin a suscité une grande polémique, il y a quelques années. Il aurait causé le développement de la sclérose en plaque chez plusieurs patients et aurait été à l’origine d’un cas de paralysie.
    Selon le Dr El Younsi, il n’y a pas de réelle preuve: «Aucune enquête n’a établi la relation de cause à effet entre le vaccin et la sclérose en plaque. Il n’y a pas plus de cas chez les populations vaccinées que chez les non vaccinées. Les pays qui ont arrêté les programmes de vaccination ont perdu beaucoup de temps, car il y a eu beaucoup de cas déclarés entre-temps. Pour moi, sans aucun doute, il faut vacciner».

    Mais là où le bât blesse, c’est que la vaccination ne suffit pas. En effet, lorsqu’on administre le vaccin à un nouveau-né, il n’est efficace qu’après trois semaines. Durant ce laps de temps, il faut donner au bébé des hémoglobulines qui le protègent immédiatement. C’est la sérovaccination. Le problème: ce sérum immunisant n’est actuellement pas disponible au Maroc.

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    Ce qu’il faut savoir


    - L’hépatite B se transmet soit par le sang, soit par la voie sexuelle
    - Au départ, elle est une infection virale bénigne qui se traduit en symptômes grippaux
    - Elle peut ensuite se transformer en une hépatite chronique, en cirrhose ou en cancer du foie
    - Chez les adultes, le risque de développer une infection virale active est de 10%
    - Chez les nouveau-nés, ce risque monte jusqu’à 90%.



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