Hicham Alaoui ou la stratégie du chaos

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 18 Juin 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

    J'aime reçus:
    145
    Points:
    0
    Le Prince Moulay Hicham a exprimé son soutien aux propos anti-monarchiques de la fille de Abdessalam Yassine. Le «Mollah Hicham» s’est découvert ainsi une fibre islamiste après avoir fréquenté les nihilistes.


    Le prince Moulay Hicham semble avoir trouvé, enfin, ce qu’il cherchait depuis plus de dix ans. Le célèbre "prince rouge", comme il aime à se faire appeler, qui était à la recherche de sa voie, est désormais fixé sur son choix. Il a opté, après quatre longues années de réflexion, pour la république islamique.
    Depuis son départ pour les Etats-Unis, le 24 janvier 2001, une sorte d’auto-exil, on savait qu’il était allé méditer à sa manière. Il l’avait d’ailleurs lui-même annoncé. "Je pars dans un esprit de responsabilité pour me ressourcer et m’orienter vers de nouveaux horizons", avait-il déclaré dans un entretien accordé à l’agence américaine Associated Press. Durant ces quatre dernières années, il n’aurait pas cessé de réfléchir, de méditer et de se ressourcer. C’est, au moins, ce que sa garde rapprochée n’a cessé de transmettre comme message. Toutefois, tout en se ressourçant, il n’a pas gelé sa campagne contre les principes fondamentaux de la nation marocaine tels que définis par la Constitution. Drôle de méditation. Car, généralement, quand on s’engage dans une période de réflexion pour se "ressourcer" et "s’orienter vers de nouveaux horizons", on s’abstient de nuire. Et tel n’a pas été le cas pour le prince Moulay Hicham.
    Mais, au-delà de cette remarque sur la forme, il faut dire que la méditation du "prince rouge" ne lui a, apparemment, pas été d’une grande utilité. Car, au bout de quatre ans de réflexion, pendant lesquels, il était censé faire le tour de la question en prospectant de nouveaux horizons – idéologiques – il a fini par retourner à la case départ. Manque d’inspiration ou mauvaise approche ? En tout cas, il a raté sa remise en cause. Ce sont donc quatre années de perdues.
    Car, au bout du voyage "spirituel", Moulay Hicham s’est découvert un penchant pour le régime républicain à la sauce islamiste. Rien que ça!
    Dans sa dernière sortie médiatique, il dit approuver les idées développées par la porte-parole du dirigeant du mouvement islamiste non reconnu, Al Adl Wal Ihssane, Nadia Yassine. Pour rappel, cette dernière avait déclaré dans un entretien accordé à un hebdomadaire arabophone que son mouvement était pour l’instauration d’un régime républicain au Maroc.
    Pour la fille de Abdessalam Yassine, la "république islamique" serait le régime idéal pour le pays. Allant plus loin dans son insolence, elle a ajouté que "la Monarchie au Maroc s’approchait de sa fin".
    Un détail qui ne pouvait que ravir le prince Moulay Hicham. Et ce fut le cas. Au lendemain de la publication de l’interview de la porte-parole du cheikh, il s’est empressé d’afficher son soutien aux propos de la fille de Yassine. Certes ses positions vis-à-vis de l’Institution Royale sont connues de tous et l’on savait qu’elles sont dictées par une frustration causée par un réveil subit d’un rêve chimérique et un projet utopique qui s’est écroulé soudain devant la réalité. Mais, l’on ne savait pas que cette frustration pouvait mener aussi loin. Ainsi, celui qui avait tenté toutes les combines et les manigances possibles pour porter atteinte à l’image de SM le Roi, passe, aujourd’hui, à la vitesse supérieure en s’attaquant directement à la Monarchie constitutionnelle. Tout avait commencé en 1995 lorsqu’il avait publié un article dans un quotidien international dans lequel il a tenté d’attirer l’attention sur lui en se faisant passer pour un "prince rebelle". Ensuite, ce furent les différentes conférences organisées notamment aux Etats-Unis dont le sujet était toujours le même : "la démocratie dans le monde arabe". Le sujet idéal pour vendre indirectement l’image qu’il voulait donner de soi, celle du "prince démocrate". Mais, les années passèrent et le message ne passa pas. En 1999, le changement à la tête de l’Etat marocain a lieu dans le cadre du respect des dispositions de la Constitution marocaine et du respect du principe de la Beiâ. Ce qui n’a fait qu’exacerber davantage celui qui était jusque-là "le prince rebelle". C’est alors qu’une nouvelle mutation a lieu dans la vie de Moulay Hicham. Il devient "le prince rouge". Et c’est dans le cadre de ce nouveau statut qu’il s’est attribué qu’il entamera une série de complots contre les hautes institutions de l’Etat. Campagnes de dénigrement par voie de presse, intrigues, réunions avec certains adversaires du Maroc et soutien financier et logistique à tous les nihilistes qui veulent nuire à leur pays.
    Dans la foulée, il ira jusqu’à faire des bourdes aussi graves que celle de provoquer une panique à l’anthrax au Maroc lorsqu’il envoya une lettre contenant une poudre blanche à l’un de ses amis. Ce fut la naissance du "prince intrigue". Durant ces différentes étapes, il tissa des amitiés avec tous ceux qui, par intérêt pour sa générosité, ou par convergence d’intérêts formaient le noyau dur de son entourage.
    De Ali Lmrabet à Hicham Mandari, tous les nihilistes et les maîtres chanteurs bénéficieront de ses largesses et de son soutien. Il les utilisa tous pour créer un climat délétère au sein de l’opinion publique marocaine. La finalité de toutes ces combines étant de provoquer un incendie pour s’ériger ensuite pompier sauveur. Aujourd’hui, après avoir brûlé toutes ses cartes, il adopte une nouvelle stratégie, celle de la terre brûlée. Convaincu que son rêve ne pouvait aboutir, il a choisi de tenter de tout démolir. C’est dans cette perspective qu’il s’est associé à Nadia Yassine. Plaider pour la république islamique est aujourd’hui la nouvelle stratégie de Moulay Hicham. Une nouvelle étape commence donc pour lui. Celle où il se verra attribuer un nouveau titre celui du "Mollah Hicham".


    Par : Omar DAHBI
    Source: Aujourd'hui Le Maroc


    [Fichier joint supprimé par admin]
     
  2. freil

    freil Libre Penseur

    J'aime reçus:
    52
    Points:
    48
    je ne sais pas ce qui cherche celui la?!! [33h]
     
  3. Stutu

    Stutu Citoyen

    J'aime reçus:
    2
    Points:
    38
    [07h] chi 3tatou ou chi zwatou ou chi dessratouuu
     
  4. ali-didi

    ali-didi الله مولانا ولا مولى لهم Membre du personnel

    J'aime reçus:
    105
    Points:
    63
    il cherche le bruit [38h]
     
  5. titan

    titan Visiteur

    J'aime reçus:
    0
    Points:
    0
    way nod lmadrogui li waldou yraja3 laflouss li sra9 bah men cha3b [27h]
     
  6. pouet

    pouet Visiteur

    J'aime reçus:
    1
    Points:
    0
    Un autre article sur Hicham Alaoui.
    _____________________________________________________________

    Le prince rouge vire au vert

    Entre prendre ses distances et prendre le chemin de l’exil volontaire, il y aurait plus d’une nuance, nous apprend, de retour d’Amérique via Paris, le Prince Moulay Hicham. Mais c’est sans importance. Qu’il s’agisse de l’un ou de l’autre, la réclusion délibérée est toujours sélective, le Prince, tel un oiseau migrateur, se faisant fort de revenir chaque fois à date fixe, quelques semaines avant la fête du Trône. Et si l’hirondelle annonce le printemps, lui, il informe, une saison à l’avance, de l’arrivée de l’automne. Son impatience à ne pas attendre la chute des premières feuilles jaunies pour proclamer la fin des vacances révèle l’impossibilité à tenir en place dès que la célébration de l’intronisation pointe à l’horizon, ce qui en dit long sur les rêves pas si cachés d’un Prince qui porte dans son c½ur l’amertume d’un amour déçu, celui du pouvoir, comme une blessure béante.
    C’est peut-être un hasard, mais c’est constamment dans le tumulte qu’il débarque. L’année dernière, il a subrepticement accompagné la tempête dans un verre d’eau que l’on essayait d’alimenter avec l’assassinat crapuleux de Hicham Mandari.Une année auparavant, ce fut par l’instrumentalisation de Ali Lmrabet et Abdelhak Sarhane. Cette fois-ci, c’est pour faire écho aux fantasmes républicains de Nadia Yassine, digne héritière de son père, de retour elle aussi des Etats-Unis, caressant l’illusion d’une nouvelle dynastie qui n’a de républicain que le nom mais où, à l’instar de ce qui se fait dans l’Occident si honni, les filles peuvent hériter du pouvoir, visiblement seule dérogation au rejet systématique des valeurs occidentales.
    Le Prince est si en phase avec Nadia Yassine qu’il ne sait que répondre aux prétentions de l’égérie des islamistes lorsque le journaliste d’Al Jarida al Oukhra lui demande ce qu’il pensait de ses récentes déclarations. La réponse est un chef d’½uvre de circonlocution: l’instauration du khilafat à la mort du Prophète, dit-il, a résulté de l’allergie aux monarchies théocratiques de l’Inde et de la Perse. Celui-ci, le khilafat, n’est pas le produit d’un texte divin mais le fruit d’al ijtihad (interprétation). Dès lors, pourquoi ne pas s’en inspirer en mettant à profit le modèle de monarchie parlementaire, sous entendu qu’il est le mieux placé pour en prendre les rênes?
    Maintenant, si cela ne sied pas aux Islamistes, il n’est pas interdit non plus de réfléchir à autre chose. L’inexistence d’un texte coranique ou d’une règle de la sounna préférant un régime à un autre, fait que le plus important est de poursuivre une quête permanente et continue et de chercher le modèle exemplaire. Fût-il une république islamique ? Le journaliste n’a pas osé la question, mais son journal a fait la bonne déduction en titrant à la une : le Prince ne craint pas l’arrivée des Islamistes. Pourquoi les craindrait-il d’ailleurs, alors que sa barbe est là pour attester, sans jeu de mot, de sa bonne foi. Le pouvoir vaut bien une messe.
    Le quotidien français Libération n’est pas loin de la même conclusion lorsqu’il établit une relation entre le prince charmant et la «sans culotte» islamiste. Les plaçant côte à côte dans une même brève, il écrit : «la polémique enfle autour de Nadia Yassine, fille du leader islamiste de Al Adl wal Ihssane (interdit, mais toléré), qui affirme préférer la république à la monarchie. La presse la fustige, mais le Prince Moulay Hicham, cousin du Roi, appelle à intégrer dans le jeu politique tous les Islamistes marocains.» C’est toutefois dans l’analyse même du Prince que l’on retrouve les fondements théoriques de sa démarche. C’est un véritable puzzle qu’il faut reconstituer morceau par morceau à travers son interview savamment éclatée en encadrés. Voici ce qui en reste une fois qu’on dépouille le texte de ses artifices.
    N’ignorant pas l’aversion de la rue arabe, et marocaine en particulier, pour la politique américaine au Moyen-Orient, Moulay Hicham adopte, c’est dans son immaturité habituelle une évolution, une attitude tactique. Il dit ainsi son scepticisme quant aux chances de succès du projet de démocratisation au forceps des pays arabes ; admet que ce projet n’est pas une finalité de la stratégie américaine, plus préoccupée qu’elle est par les ressources énergétiques de la région ; mais invite cependant au pragmatisme. Sans se démarquer nettement du courant des néo-conservateurs peu soucieux des aspirations démocratiques des peuples et qui nourrit son scepticisme, le Prince se fonde sur ceux qui, au sein de l’Administration américaine, considèrent que la démocratisation fait partie intégrante du projet ; pour conclure que les démocrates arabes pourraient trouver là les outils nécessaires pour arriver à leurs fins. Mais, très vite, la théorie montre ses limites et ses incohérences. Car il ne s’agit pas moins que de concilier cette aspiration avec les visées propres des Islamistes, sujet principal de ses billets doux. Déjà, il n’est pas acquis que les forces démocratiques des pays arabes trouvent la démarche de Washington à leur goût, mais, pour ne rien arranger, ni Abdeslam Yassine ni sa fille, et moins encore leur base, ne partagent la conception que les Occidentaux ont de la démocratie.
    Pour le cheikh, ex-reclus de Salé, l’objectif, concession orale somme toute, est d’islamiser la modernité. Tandis que l’on croit comprendre que pour le Prince, qui cherche à ne pas trop s’écarter des vues américaines et à rassurer les modernistes à travers l’évocation du sécularisme, le dessein est de moderniser l’Islam. C’est donc en toute logique qu’il appellera, sans son assentiment, une Américaine à son secours : la secrétaire d’Etat, Condoleza Rice, une pragmatique, comme lui. Reste à savoir si elle est pragmatique ou simplement si elle dit tout haut ce que l’Administration Bush pense tout bas : se faire à des régimes intégristes, pour peu qu’ils acceptent de collaborer avec Washington. La fin justifie les moyens et le c½ur de la pirouette est un deal avec les islamistes : donnez moi votre soutien, je vous apporterai l’aval de Washington. Est-il ainsi dans le même état d’esprit que Lénine lorsque, en 1917, profitant de l’occupation de l’armée russe contre les Allemands, il lance les ouvriers à l’assaut du pouvoir. Certainement il n’y a pas pensé de cette manière, mais qu’il fasse la cour aux islamistes d’une manière éhontée au moment où l’agressivité du Polisario s’aiguise n’est pas de nature à empêcher quiconque d’y voir un parallélisme des formes.
    Les yeux doux du Prince aux Islamistes ne datent pas d’aujourd’hui, mais des premières déceptions du gouvernement Youssoufi. Il a commencé par brocarder l’armée, puis voué les partis aux gémonies, ensuite disqualifié la société civile, avant de proclamer l’islamisme comme seule alternative. Sans doute, les militants islamistes n’ont pas les mêmes dispositions que leurs meneurs, mais Moulay Hicham sait qu’ils n’ont pas hésité à se rendre à l’ambassade américaine pour justifier leur absence à la messe organisée à l’église Saint-Pierre de Rabat, après les attentas du 11 septembre : « Ce sont les autorités marocaines qui ne nous y ont pas conviés » avaient-ils expliqué à un employé de l’ambassade. Les appâter par la perspective de la bénédiction de la Maison Blanche n’est pas de ce point de vue dénué d’habilité. Sauf qu’il semble ignorer que, sur la question des alliances, cheikh Yassine, son héritière et leurs hommes ont leur propre religion et qu’il s’engage par là dans un marché de dupes. Peut-être l’a-t-on oublié, mais l’ex-reclus de Salé aurait bien voulu dans un premier temps pactiser avec feu Hassan II, mais à la condition qu’il emprunte le chemin de Omar Ibn Abdelaziz, en acceptant de gouverner avec la chariâa vue à travers les dictats d’Al Adl Wal Ihssane.
    Dans sa lettre à l’élite francophone du Maroc, Abdessalam Yassine est plus précis : c’est aux conditions des Islamistes qu’il doivent rejoindre ses rangs. Il est en cela fidèle à l’islamisme de toujours, celui des talibans d’Afghanistan, comme celui des khomeynistes d’Iran. Ils ont en commun de liquider l’allié en le phagocytant. Beaucoup de militants des Moujahidines khalaq et du Toudeh, pour avoir cru au front commun avec
    les Islamistes, ne sont plus là pour en témoigner.

    _____________________________________________________________
    Maroc Hebdo n°656
     

Partager cette page