Histoire des États-Unis

Discussion dans 'Bibliothèque Wladbladi' créé par titegazelle, 8 Mars 2013.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Histoire des États-Unis


    Lorsque les premiers colons anglais
    sont arrivés à Jamestown (Virginie) en 1607, le continent américain connaissait une faible densité de population depuis plusieurs millénaires. Désireux de s'affranchir de la métropole et de gouverner par eux-mêmes, ces colons ont proclamé leur indépendance en 1776 et créé une nouvelle nation qu'ils baptisèrent États-Unis d'Amérique. Bien qu'ayant traversé une grave guerre civile au début des années 1860, la jeune république s'est développée rapidement grâce à l'afflux d'immigrés européens au XIX[SUP]e[/SUP] siècle. À l'issue de la Première Guerre mondiale, les États-Unis sont devenus la plus grande puissance mondiale, devançant les grands pays d'Europe. Ils n'ont plus quitté ce rang par la suite, prenant la tête du «monde libre» après la Seconde Guerre mondiale. Cependant, la défaite subie à la fin de la longue guerre du Viêt Nam en 1975 a remis en cause les certitudes américaines même si la désagrégation du bloc soviétique au début des années 1990 a favorisé le maintien de leur leadership international.

    Des origines à la fin de la guerre de Sept Ans

    La période précolombienne

    Le débat sur l'origine et la date de l'arrivée des
    Amérindiens en Amérique du Nord n'est pas clos. Les découvertes archéologiques indiquent que l'est des États-Unis est habité depuis plus de 12 000 ans, alors que l'arrivée des premiers habitants du continent remonterait à plus de 30 000 ans. La découverte en 1996 de l'Homme de Kennewick (dans l'État de Washington) d'origine «caucasienne» et daté de 9 700 ans, ainsi que les restes d'un homme, en partie momifié, également de type caucasien retrouvé sur le site de la grotte des Esprits, au Nevada, daté entre -11 000 et -8000, donnent une nouvelle orientation dans le processus de colonisation préhistorique et de peuplement d'origine multiple, de l'Amérique du Nord. Parmi les hypothèses expliquant l'arrivée des Amérindiens, la plus connue laisserait entendre que des tribus de Mongolie et de Sibérie auraient, par petites bandes de chasseurs, émigrés d'Asie par le détroit de Béring, profitant d'une baisse du niveau de la mer. Certains scientifiques pensent que d'autres peuples auraient pu arriver sur les côtes nord, il y a 17 000 ans avant notre ère, lors de la déglaciation des régions du nord. D'autres spécialistes croient que les premiers habitants auraient traversé l'océan Pacifique par bateau pour arriver d'abord en Amérique du Sud.

    Avant l'arrivée des Européens, plusieurs civilisations se sont développées sur le territoire actuel des États-Unis : les
    Mound Builders ont aménagés les premiers tertres vers 3400 avant J.-C.. La cité de Cahokia, près de Saint-Louis comptait au XII[SUP]e[/SUP] siècle quelque 15 000 à 30 000 habitants et 120 tumulus.

    Malgré les difficultés à établir des statistiques, la plupart des historiens s'accordent pour estimer la population autochtone des actuels États-Unis entre 1,5 million et 8 millions de personnes en 1492. Au XVI[SUP]e[/SUP] siècle, les terres situées à l'est des
    montagnes Rocheuses sont peuplées par des tribus amérindiennes : Cheyennes, Crows, Sioux, Hurons, Iroquois, Cherokees et Creeks qui chassent du bison mais aussi pratiquent la culture, la cueillette, l'élevage et la pêche. Les Iroquois vivent dans la vallée du Saint-Laurent, dans le secteur des lacs Érié et Ontario, dans la vallée du fleuve Hudson et dans la partie ouest des Appalaches. Ils comptent six grandes tribus.
    Des tribus d'éleveurs et d'agriculteurs,
    Apaches, Comanches ou Pueblos
    , habitent les Rocheuses.

    Découvertes et exploration
    L'exploration du territoire des futurs États-Unis commence peu de temps après la
    découverte et exploration de l'Amérique par Christophe Colomb. Elle est d'abord le fait des Espagnols : Ponce de León qui découvre les côtes de Floride en 1513, Pánfilo de Narváez pour la partie septentrionale du golfe du Mexique (de la Floride jusqu'au Texas) en 1528. Cependant, le territoire exploré intéresse peu les Espagnols car on n'y trouve pas d'or. Le premier poste permanent est fondé en Floride en 1565. À l'Ouest, les missions de jésuites qui tentent d'évangéliser les Indienset les encomiendas colonisent le Nouveau-Mexique, l'Arizona et la Californie à partir de la fin du XVI[SUP]e[/SUP] siècle.

    Au Nord-Est,
    Jean Cabot, un Italien, atteint le Labrador en 1497 pour le compte du roi d'AngleterreHenri VIII, mais cette expédition reste sans lendemain. Verrazano explore pour François I[SUP]er[/SUP] les côtes du Nouveau Monde de la Caroline du Nord jusqu'à la Nouvelle-Écosse (1524). Au XVII[SUP]e[/SUP] siècle, la présence d'abondants bancs de poissons attire les Européens dans ces régions orientales : les Français au nord, les Hollandais et les Suédois autour de l'embouchure de l'Hudson. Ils nouent des contacts avec les Hurons et les Penobscots au nord, les Algonquins au centre, Delawares au sud. En 1609, Henry Hudson fonde à l'extrémité de la presqu'île de Manhattan, la Nouvelle-Amsterdam, pour le compte des Hollandais. Peter Minuit achète l'île pour 24 dollars aux Algonquins en 1624. Une colonie hollandaise s'y implante. Les premiers établissements suédois dans le Delaware datent de 1638. Dans tous ces établissements, le commerce de la fourrure avec les Indiens est très florissant. Au Nord du Saint-Laurent, les Français s'installent au Québec.

    Au XVII[SUP]e[/SUP] siècle, des explorateurs étendent les possessions françaises vers la région des
    Grands Lacs et vers le Mississippi. Louis Jolliet et Jacques Marquette explorent le fleuve jusqu'à son confluent avec l'Arkansas en 1673. Cavelier de La Salle atteint le golfe du Mexique en 1682. La domination française s'étend alors sur toute la région du Mississippi, baptisée «Louisiane» en l'honneur de Louis XIV. En 1717, la France accorde le monopole du commerce local à la Compagnie d'Occident du financier Law.

    Naissance et développement des colonies anglaises
    Le littoral américain qui va de la baie de Fundy au Nord à l'embouchure de la Savannah au Sud, littoral le long duquel se sont installés les treize colonies anglaises d'Amérique, est plutôt inhospitalier et ne comporte aucune richesse naturelle. Ceci explique pourquoi les Espagnols et les Français, partis avant les Anglais dans la course à la colonisation du continent américain, ont négligé cette partie du Nouveau Monde.
    C'est sous le règne d'Élisabeth I[SUP]re[/SUP] que commence l'aventure coloniale anglaise en Amérique du Nord. Dans la lutte contre l'Espagne, l'Amérique du Nord, reconnue par
    Humphrey Gilbert, représente une position stratégique. Les missions de colonisation sont confiées à Walter Raleigh en 1585 et en 1587. Des colons anglais débarquent dans l'île de Roanoke. Ils disparaissent mystérieusement, sans doute sous les coups des Indiens. Jamestown est fondé en Virginie en 1607 par un groupe de marchands, muni d'une charte au profit de la Virginia Company of London. En 1620, les 102 «pèlerins», des protestants dissidents, arrivés à bord du Mayflower, s'installent près du cap Cod dans le Massachusetts. Entre ces deux sites d'implantation anglaise, des colonies hollandaises (dans la baie d'Hudson) et suédoises (dans le Delaware) sont déjà en place. Les Anglais les éliminent progressivement et sont maîtres de toute la côte à la fin du XVII[SUP]e[/SUP] siècle. Les remous de l'histoire de l'Angleterre au XVII[SUP]e[/SUP] siècle ont une grande influence sur le peuplement des colonies.
    Dans un premier temps, les dissidents y trouvent refuge ; après la proclamation de la République en 1648, ils sont suivis par des aristocrates et des catholiques ; enfin, ce sont de nouveau les
    puritains, puis les jacobins qui débarquent. Des Suédois, des Allemands, des Hollandais et des protestants français chassés par la révocation de l'édit de Nantes viennent commencer une autre existence.

    Au XVIII[SUP]e[/SUP] siècle, on peut distinguer trois types de colonies :

    • La Nouvelle-Angleterre regroupe quatre colonies : le New Hampshire, le Massachusetts, le Connecticut et le Rhode Island. Elles sont peuplées de petits propriétaires et entrepreneurs. Les ports sont voués à la pêche à la morue vers Terre-Neuve, au commerce de produits coloniaux vers les Antilles, en violation du pacte colonial. La Nouvelle-Angleterre est peuplée de puritains. La religion y marque profondément la vie politique. En effet chaque communauté religieuse a l'habitude de s'administrer de manière autonome. Le même modèle est reproduit pour l'administration publique. Dans chaque bourgade, la communauté se réunit et délibère pour prendre les décisions concernant l'intérêt commun. La Nouvelle-Angleterre devient donc une démocratie de fait. Sur le plan social, celui qui s'écarte de la religion est aussitôt mis à l'écart de la vie du groupe. La vie communautaire, très développée, aboutit à un strict contrôle de mœurs de chacun. Les Puritains ont fondé les premiers collèges, futures universités comme Harvard dès 1636. La ville principale, Boston, compte environ 20 000 habitants au milieu du XVIII[SUP]e[/SUP] siècle.
    • Les colonies du Sud sont au nombre de cinq : le Maryland, la Virginie, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud et la Géorgie. Plus vastes que les colonies du Nord, elles sont essentiellement agricoles. La forme principale d'exploitation du sol est la plantation cultivée grâce à une main-d'œuvre d'esclaves importés d'Afrique. On y cultive l'indigo, le tabac, le riz et à partir de la fin du XVIII[SUP]e[/SUP] siècle, le coton. L'organisation n'est guère démocratique. On trouve d'un côté les esclaves noirs plus nombreux que les Blancs et de l'autre l'aristocratie politique qui gouverne les colonies. Cette dernière a transporté en Amérique les usages des élites européennes.
    • Le groupe intermédiaire de quatre colonies, New York, le New Jersey, le Delaware, la Pennsylvanie, est située au centre et regroupe des colonies sans liens entre elles et sans identité commune. Le peuplement y est le plus diversifié. On note la présence de Hollandais et de Suédois aux côtés des Britanniques. La ville principale est à l'époque Philadelphie, capitale de la Pennsylvanie peuplée par des quakers. Son urbanisme en avance sur celui de l'Europe fait de cette cité de 30 000 habitants la ville la plus admirée d'Amérique du Nord.
    Les protestants encouragent la scolarité et les études. Aussi, la vie intellectuelle est intense. On trouve dans les colonies bon nombre des sociétés philosophiques et des loges maçonniques. Dès le XVII[SUP]e[/SUP] siècle les premières universités sont fondées : Harvard en 1636, Yale en 1716, Princeton en 1746. Avec Benjamin Franklin, l'Amérique peut même s'honorer de fournir son premier grand savant au monde.

    Les colonies sont toutes dotées de
    constitutions. Elles sont dirigées par un gouverneur qui représente la Couronne anglaise et qui est issu des vieilles familles de la colonie. Une assemblée élue représente les colons. La répartition des pouvoirs est calquée sur la monarchie parlementaire britannique. L'assemblée vote les impôts. Le gouverneur exerce le pouvoir exécutif. Mais ce qui fédère les colonies, c'est essentiellement la lutte contre un ennemi commun. Le premier ennemi est l'Indien. La cohabitation entre les premiers occupants, des semi-nomades ayant besoin de grands espaces, et les colons sédentaires cherchant des terres nouvelles à exploiter au fur et à mesure que leur nombre augmentait, est impossible.
    Les
    guerres indiennes, faites essentiellement d'embuscades et de petits coups de main, marquent non seulement cette période mais aussi toute l'histoire des États-Unis jusqu'à la fin du XIX[SUP]e[/SUP] siècle. Les Français représentent une autre menace. Les colons britanniques aimeraient s'étendre vers l'Ouest mais les immenses territoires qui vont de l'embouchure du Saint-Laurent à celle du Mississippi appartiennent aux Français et encerclent entièrement les treize colonies. Cependant les colons anglais ont l'avantage du nombre ; ils sont environ 1,5 million sur un territoire relativement limité alors que les Français ne sont guère plus de 60 000 sur un territoire immense.
    À l'issue de la
    guerre de Sept Ans
    , les Français perdent la plupart de leurs possessions sur le continent nord-américain.


    ……. La naissance des États-Unis



     
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    La naissance des États-Unis

    La révolution américaine

    L'élimination de la France fait disparaître tout danger immédiat et rend quasi inutile et donc difficilement supportable la présence des troupes anglaises. Au même moment, le gouvernement britannique veut répartir entre tous ses sujets les charges financières nées de la guerre et cherche à faire payer aux colons des taxes nouvelles. Toutes ces mesures sont jugées illégales par les colons qui n'ont pas été consultés : «Pas de taxation sans représentation» martèlent-ils. Pour les Britanniques, le Parlement représente tous les sujets de Sa Majesté et peut donc les taxer. Le Parlement de Londres finit par supprimer la taxe la plus contestée, le Stamp Act, le 18 mars 1766.

    Le conflit s'envenime quand le gouvernement britannique décide, pour sauver la Compagnie des Indes orientales en grandes difficultés financières, de détaxer le thé qu'elle vend. Cette décision provoque la partie de thé de Boston (Boston Tea Party) du 16 décembre 1773 au cours de laquelle un groupe de colons déguisés en Indiens jette à la mer une cargaison de thé de la Compagnie des Indes. Le gouvernement britannique ferme le port de Boston et abolit les franchises du Massachusetts. Les colons résistent et s'organisent.
    La bataille de Lexington (19 avril 1775) est le signal de la rupture et du début de la guerre d'indépendance américaine.

    En 1775, les révoltés, appelés aussi insurgents, choisissent comme commandant en chef George Washington, originaire de Virginie, qui a combattu contre les Français lors de la guerre de sept ans. Il cherche rapidement un allié et se tourne vers la France, désireuse de prendre sa revanche sur les Britanniques. Dans la même période, le congrès continental composé de représentants des colonies révoltées tient une session permanente à Philadelphie. Elle décide de rompre définitivement les ponts avec la métropole.
    La déclaration d'indépendance, rédigée par Thomas Jefferson est adoptée par le Congrès le 4 juillet 1776 énonce des principes issus de la philosophie des Lumières comme les droits naturels et politiques des hommes, rappelle les griefs des colons envers le Royaume-Uni. Il s'agit d'un véritable acte révolutionnaire qui a posé les principes qui guidèrent ultérieurement tous les mouvements d'émancipation.


    La guerre mobilise peu d'effectifs. La Grande-Bretagne n'aligne pas plus de 40 000 hommes dans un territoire éloigné de la métropole. Les soldats de Washington sont tout au plus 20 000. De plus, cette armée composée de volontaires peu disciplinés se réduit lors de grands travaux agricoles à 3 000 hommes en état de combattre. Ils ont cependant pour eux l'enthousiasme et la connaissance du terrain. La victoire de Saratoga en 1777, et le travail de Benjamin Franklin, ambassadeur des insurgents à Paris, entraînent l'intervention française. La France apporte son appui militaire, avec une armée dirigée par Rochambeau ainsi qu'une flotte commandée par d'Estaing et De Grasse, seule capable de briser le blocus des Britanniques. La victoire de Yorktown, le 19 octobre 1781, met fin à la résistance de l'armée et de la flotte britanniques.
    L’indépendance américaine est reconnue par le Royaume-Uni en 1783.


    L'organisation du nouvel État
    Le Traité de Paris (1783) reconnaît chacune des anciennes colonies comme un État souverain et indépendant. La Constitution de 1787 instaure pour la première fois un gouvernement fédéral fondé sur un partage des compétences entre État fédéral et États fédérés. L'État fédéral est souverain pour la politique extérieure, la défense, le commerce extérieur ou entre les États. Tout ce qui n'est pas expressément délégué à l'État fédéral, comme la justice, la protection des droits individuels, l'instruction, est du ressort des États fédérés. Les Américains sont à la fois citoyens de leur État et de l'État fédéral ; ils participent donc à la vie politique des deux instances. Les Pères fondateurs ont délibérément laissé aux États une place de prédilection pour ménager les défenseurs de la souveraineté étatique.

    La répartition des pouvoirs est conçue selon une séparation stricte. L'exécutif est confié à un président, élu pour quatre ans, rééligible, et d'un vice-président, élu sur le même ticket. Les secrétaires (ministres) doivent être choisis hors du législatif. Le président est à la fois chef de l'État et du gouvernement, commandant en chef de l'armée et des milices des États ; il nomme les ambassadeurs, conclut les traités et promulgue les lois.
    Le pouvoir législatif appartient au Congrès, composé du Sénat et de la Chambre des représentants. Le Sénat représente les États. Chaque État, quelle que soit sa taille ou sa population, élit deux sénateurs, élus pour six ans et rééligibles par tiers tous les deux ans. La Chambre des représentants représente les citoyens. On compte à l'origine un représentant, pour deux ans, pour 30 000 citoyens. Ce système est issu d'un compromis entre grands et petits États, ces derniers craignant d'être écrasés par les États les plus peuplés.
    Le Congrès vote les impôts, établit le budget, propose les lois au président qui les signe, approuve les traités, à condition qu'une majorité des deux tiers se soit prononcée au Sénat.
    Le pouvoir judiciaire est confié à une Cour suprême qui doit garantir les droits des individus et interpréter la Constitution américaine. Le pouvoir judiciaire est supérieur aux deux autres dans la mesure où les actes de l'exécutif ou du législatif peuvent lui être soumis.

    Pour entrer en application, le texte doit être ratifié par neuf États, ce qui est, une reconnaissance du rôle politique des États fédérés et même une acceptation de la pluralité de la nation américaine perçue comme une composition d’entités différentes. À l’issue de la ratification, trois États (le Rhode Island, la Virginie et New York) ont introduit des clauses leur réservant le droit de reprendre, le cas échéant, les pouvoirs qu’ils venaient de déléguer. La stabilité constitutionnelle est due au fait que toute modification de la Constitution doit avoir l’approbation des 3/4 des États.

    En accordant aux Américains leur indépendance, les Britanniques leur concèdent les territoires de l'Ouest, soit un vaste espace allant des Grands Lacs à la Floride et bordé à l'Ouest par le Mississippi. Les États choisissent de les abandonner à l'État fédéral.

    L'Ordonnance du Nord-Ouest (1787) fixe un cadre pour l'évolution de ces terres et pour le territoire américain. Ces régions obtiennent le statut de Territoire dès qu'il s'y trouve 5 000 hommes libres et adultes. Dès qu'un quorum de 60 000 citoyens est atteint, elles acquièrent le statut d'État, avec les mêmes droits que les treize États fondateurs. Cette charte de l'Ouest produira rapidement ses premiers effets. Le Kentucky entre dans l'Union en 1792, le Tennessee en 1796.


    De l'élection du premier président à la fin de la guerre de Sécession

    Les bases de la politique américaine
    Le 4 mars 1789, George Washington est élu président, inaugurant une nouvelle période dans l'histoire des États-Unis. L'interprétation de la constitution américaine donne naissance à deux écoles de pensée qui s'opposent sur le partage des compétences entre les États et l'État fédéral. Il en découle la formation des premiers partis politiques. La première école pense qu'il faut renforcer le pouvoir fédéral d'où son nom de «fédéraliste». Elle suggère que l'État ne peut se passer d'un exécutif efficace. Les fédéralistes, pour la plupart d'origine aristocratique, se méfient du peuple. Leur chef de file est Alexander Hamilton, secrétaire au Trésor du cabinet formé par George Washington. Le second courant de pensée regroupe les républicains qui défendent l'idéal d'une république de petits propriétaires, libres et égaux, ne devant rien à personne. Attachés à la liberté individuelle, ils se méfient du pouvoir central. Ils sont les défenseurs farouches du droit des États fédérés. Ils ont comme porte-parole Thomas Jefferson, le premier Secrétaire d’État de l'Union.
    Pendant la Révolution française, la sympathie des fédéralistes et de George Washington va au Royaume-Uni alors que celle des républicains va aux révolutionnaires français. La dernière recommandation du premier président des États-Unis est de tenir la jeune nation à l'écart des querelles européennes, conseil suivi pendant plus d'un siècle.


    Sous la présidence de John Adams (1797-1801), un fédéraliste, a lieu la Quasi guerre avec la France (1798-1800). Le républicain-démocrate Thomas Jefferson devient ensuite président des États-Unis de 1801 à 1809. Sous ses deux mandats, le gouvernement est transféré dans la nouvelle capitale fédérale, Washington, construite à cet effet.
    En 1803, la France vend la Louisiane aux États-Unis pour 15 millions de dollars, ce qui permet le doublement du territoire de l'Union. La Nouvelle-Orléans permet aux nouveaux États situés le long du Mississippi d'avoir un débouché maritime.
    Les explorateurs Lewis et Clark découvrent les affluents de la rive droite du Mississippi avec l'aide de l'armée fédérale. L'Ohio entre dans l'Union. Les institutions sont acceptées par tous et les luttes de partis s'apaisent. James Madison (1809-1817) et James Monroe (1817-1823) sont tour à tour élus à la présidence. Cependant, des conflits passionnés opposent les factions et les régions sur le plan du développement économique et de l'esclavage.

    En 1812, éclate une guerre contre le Royaume-Uni qui dure jusqu'en 1815. Appelé aussi la seconde guerre d'indépendance, elle est causée par la volonté britannique d'interdire le commerce entre les États-Unis et la France, et par le blocus britannique le long des côtes américaines. Les États-Unis décident donc de déclarer la guerre en envahissant le Canada britannique, pensant profiter de l'importante mobilisation britannique sur le front européen (Campagne de Russie de Napoleon).
    Madison veut faire respecter le droit de neutralité. Les Américains dirigés par le général Andrew Jackson, battent un corps expéditionnaire britannique à La Nouvelle-Orléans, le 8 janvier 1815.
    En 1819, l'Espagne cède la Floride aux États-Unis.
    En 1823, Monroe édicte les principes de son administration dans un message au Congrès, auxquels on donnera plus tard le nom de «doctrine Monroe». Les États-Unis s'interdisent de se mêler des affaires européennes mais, en retour, demandent aux puissances européennes de s'abstenir de toute intervention dans les affaires du continent américain. De plus, ils considéreraient comme inamicale toute action européenne contre un gouvernement américain ayant proclamé son indépendance. Cette déclaration porte en elle le panaméricanisme et la légitimisation de l'hégémonie américaine sur le reste du continent.

    Andrew Jackson devient président en 1828. Cet homme du peuple incarne la poussée des nouveaux États. Il met en place le spoils system. Sous sa présidence les constitutions des États achèvent de se démocratiser, l'école et la presse connaissent un véritable développement.


    La marche vers l'Ouest
    Le territoire américain s'est considérablement agrandi depuis la présidence de Washington. Le pays compte déjà 5 millions d'habitants en 1810. La colonisation vers l’ouest franchit le Missouri après 1840. C'est à ce moment que l'idée du «destin manifeste» voit le jour ; les États-Unis sont destinés à s'étendre de l'Atlantique à l'océan Pacifique..

    En 1846, le Royaume-Uni cède l'Oregon aux États-Unis. C'est la première fenêtre américaine sur l'océan Pacifique. Depuis le Mississippi et le Missouri, les pionniers suivent la piste de l'Oregon dans leurs chariots, une route de plus de 3 000 kilomètres. En 1846, les Mormons s'installent près du Grand Lac Salé et bâtissent Salt Lake City, dans l'Utah.
    La Guerre américano-mexicaine se termine en 1848 par l'annexion du Texas, de l'Utah, du Colorado, d'une partie de l'Arizona et de la Californie quelques semaines avant la découverte de fabuleux gisement d'or dans cette région.
    En quelques mois, près de 80 000 migrants y affluent attirés par la fièvre de l'or, vite déçus car les principaux gisements sont déjà exploités.
    En 1853, l'annexion de nouveaux territoires permet d'améliorer les communications entre le Texas et la Californie. De 1803 à 1853, les États-Unis ont triplé leur superficie qui atteint désormais 7 millions de km² d'un océan à l'autre. Ces nouveaux territoires, au climat semi-aride attirent principalement les chercheurs d'or, 100 000 candidats pour le Colorado en 1859.

    Les pionniers évincent les Indiens au fur et à mesure de leur marche vers l'ouest.
    À partir de 1820, le secrétaire à la Guerre, John Caldwell Calhoun, applique une politique de déplacement des tribus. Jackson, devenu président, poursuit cette politique. Les Indiens, peu nombreux et peu organisés, sont incapables de contenir le flot des immigrants. Ils sont transférés dès 1826 à l'ouest du Mississippi
    .
    En 1834, une réserve indienne est créée dans la région aride de l’Oklahoma. Parmi les Indiens déportés en Oklahoma, on peut citer les Cherokees déplacés en 1835 et dont nombre d’entre eux moururent de maladie et de privations sur la «Piste des Larmes».

    Les terres vierges ainsi conquises deviennent la propriété du gouvernement fédéral. Elles sont mises en vente à un très bas prix, un dollar l'acre. L'administration autorise même ceux qui n'ont pas les moyens d'acheter des terres à occuper des parcelles à titre gracieux. Quand celles-ci sont mises en vente, ils peuvent se porter acquéreur s'ils le peuvent, ou bien demander des indemnités au nouveau propriétaire en échange des travaux de défrichement qu'ils ont effectués. Ceux qui s'installent dans les terres de l'Ouest sont majoritairement des Américains de souche venus des terres pauvres de Nouvelle-Angleterre, des Carolines et de Virginie. Ils sont en quelque sorte, les rudes héritiers des pèlerins du Mayflower.

    Les nouveaux États n'ont pas à tenir compte d'une organisation sociale ou de privilèges anciens. Ils se dotent pour la plupart d'institutions démocratiques où le suffrage universel est la règle. Pour relier entre eux les États, le gouvernement fédéral développe les moyens de communication par la construction de canaux, de lignes de chemin de fer.
    Dès 1860, le "Pony Express" transporte en 10 jours le courrier du Missouri à la Californie.


    L'opposition entre le Sud et le Nord

    Les oppositions économiques
    À partir de 1830, l'entente entre le Nord et le Sud est remise en cause. Plusieurs facteurs contribuent à l'éloignement des deux régions. Le Nord-Est de l'Union s'industrialise rapidement, protégé par des tarifs douaniers élevés. Les États du Sud sont pour leur part restés essentiellement agricoles. Ils ne disposent en 1860 que de 10 % du potentiel industriel du pays. Le coton est progressivement devenu une monoculture à partir du début du XIX[SUP]e[/SUP] siècle. Il est pour l'essentiel vendu aux manufactures britanniques. Alors que 75 % des habitants libres du Sud et du Sud-Ouest n'ont pas d'esclaves, les petits propriétaires s'identifient et soutiennent les riches planteurs. Les aristocrates du Sud préfèrent acheter les produits raffinés venus d'Europe plutôt que ceux produits sur le sol américain. Ils tiennent au libre-échange et sont hostiles aux tarifs douaniers concédés par le Congrès aux manufacturiers du Nord.
    L'antagonisme sur les tarifs douaniers fait ressurgir le débat entre les partisans du droit des États et ceux de l'État fédéral. John Caldwell Calhoun, alors vice-président, se fait le porte parole des Sudistes et théorise la nullification, soutenant qu’une minorité (un État par exemple) est en droit de se protéger contre la décision d’une majorité (le pays) en annulant (nullify) les lois qu’il juge contraire à sa propre législation.
    En 1832, la théorie de Calhoun est mise en pratique par l’État de Caroline du Sud qui déclare anticonstitutionnels les tarifs douaniers prohibitifs votés par le Congrès. En riposte, Jackson envoie des navires de guerre à Charleston, en novembre 1832. Il met en place une nouvelle législation accordant à l’État fédéral des pouvoirs accrus en cas refus de la part d'État de payer des impôts au Trésor.
    En février 1833, Calhoun dénonce alors la «tyrannie jacksonienne» mais réussit à convaincre l’assemblée de Caroline du Sud de renoncer à la nullification et de ne pas s’engager dans la voie de la sécession. Le sénateur Henry Clay propose sa médiation et fait voter un nouveau tarif douanier présenté en 1833 prévoyant de réduire progressivement tous les droits de douane afin qu’en 1842 les taxes sur toutes les marchandises soient ramenées au niveau de 1816.


    La question de l'esclavage
    Dès 1787, les Pères fondateurs s'étaient posé la question de l'abolition de l'esclavage, mais jugeant l'esclavage comme une forme de propriété, ils n'avaient rien statué.
    En 1807, l'abolition de la Traite, décidée dès 1787, entre en vigueur. Mais l'esclavage ne disparait pas. Au contraire, il se développe. «L'élevage d'esclaves» remplace alors la traite car la culture de coton exige une main d'œuvre nombreuse. L'esclavage devient la clé de voûte de l'économie sudiste et du maintien de son art de vivre.


    Dans le Nord, le public commence à s'émouvoir d'un état de fait qui contredisait les grands principes de la constitution. Les abolitionnistes, qui passaient au départ pour des exaltés, gagnent peu à peu des pans entiers de l'opinion, notamment dans les Églises. Les esclavagistes sont sur la défensive, le Royaume-Uni en 1833, la France en 1848, abolissent l'esclavage.
    Après l'immense succès de la Case de l'oncle Tom d'Harriet Beecher Stowe, publiée en 1852, le débat entre abolitionnistes et esclavagistes fait rage. Les esclavagistes défendent le droit des États à se prononcer sur un problème qui les concernent et qui touchent leurs intérêts supérieurs.

    La question de l'esclavage donne naissance à une compétition entre le Sud et le Nord au sujet des territoires de l'Ouest. Les planteurs du Sud ont faim de terres pour cultiver le «roi coton» (king cotton) toujours plus demandé mais qui épuise les terres. Ils s'installent dans l'Arkansas et dans le Missouri. Ils cherchent à faire adopter par ces nouveaux États des constitutions légalisant l'esclavage. Mais pour les habitants du Nord, l'esclavage aurait comme conséquence la disparition des fermiers libres. Le problème devient important au niveau fédéral, car chaque nouvel État envoie deux sénateurs à Washington D.C.. Des compromis successifs sont trouvés.

    En 1820, l'admission du Missouri comme État esclavagiste et compensée par celle du Maine, État libre. La limite entre les États libres et les États esclavagistes est ensuite fixée à 36°30' de latitude nord. Les États entrent par couple dans l'Union, maintenant ainsi le statu quo. Mais la Californie, pourtant située au Sud du parallèle fatidique, entre dans l'Union en tant qu'État libre. L'équilibre est remis en cause.

    En 1854, à l'instigation du Sénateur Douglas, il est décidé que chaque État choisirait lui-même son statut. Chacun des deux camps envoie des flots d'immigrants dans les deux prochains territoires devant entrer dans l'Union, le Kansas et le Nebraska. Les partis politiques se recomposent en fonction du problème. En 1854, un nouveau parti, le Parti républicain voit le jour. Son programme est de contenir l'esclavage à défaut de l'abolir et maintenir l'Union. Mais les passions sont telles que la Sécession du Sud s'annonce.

    Alors que les esprits sont échauffés de part et d'autre, la campagne pour élire le successeur de James Buchanan revêt une importance capitale. Quatre candidats s'affrontent au lieu des deux habituels. Le parti démocrate présente deux candidats. Ceci fait le jeu du jeune parti républicain qui parvient à placer en tête son candidat, l'avocat de l'Illinois, Abraham Lincoln. Il devient président des États-Unis avec 40 % des voix. Sans même attendre son entrée en fonction, la Caroline du Sud sort de l'Union le 20 décembre 1860, suivie de plusieurs États. Ces derniers constituent en février 1861, une nouvel État indépendant, les États confédérés avec Jefferson Davis comme président et Alex Stephens de Georgie comme vice-président. Le 12 avril 1861, l'artillerie sudiste tire sur Fort Sumter, une forteresse fédérale située près de Charleston.
    La guerre de Sécession commence.


    La guerre de Sécession 1861 - 1865


    La Guerre de Sécession tient une place fondamentale dans l'histoire des États-Unis. Elle divise encore les esprits. Jusqu'aux environs de 1910-1920, les historiens pensent que l'esclavage est la raison principale du départ de l'Union du Sud. Celui-ci pensait ne pouvoir survivre sans cette institution. L'historien Allan Nevins a montré que plusieurs facteurs ont joué simultanément : les progrès de l'abolitionnisme, le fanatisme et l'incompréhension. La guerre est ainsi le résultat d'un long divorce résultant à la fois de différences économiques, d'oppositions sociales, d'une incompréhension intellectuelle et de faux calculs sur les intentions de l'adversaire.


    Le conflit
    Dès le début, la lutte semble inégale. Face aux onze États du Sud peuplés par 9 millions d'habitants, se dressent 23 États (bientôt 25) peuplés de 25 millions d'hommes. Le Nord possède tous les grands centres industriels et les principaux ports. Ses ressources financières sont considérables. Le Sud a une économie surtout agricole. La présence de trois millions d'esclaves laisse surgir le spectre de la révolte servile pendant tout le conflit. Mais les Sudistes, excellents militaires ont l'impression de lutter pour leur survie et jettent toutes leurs forces dans la bataille. Ceci leur permet de résister et de retarder de plusieurs années l'échéance inéluctable, à savoir la victoire du nord.

    La guerre de Sécession est aussi considérée comme la première guerre moderne : recours massif aux transports ferroviaires, au télégraphe, adoption du fusil rayé qui décuple la puissance et la précision du tir, chargement des canons par la culasse, emploi d'armes à répétition, nouvelles formes de défense, tranchées, remblais de sacs de terre.

    Les opérations militaires se déroulent sur trois fronts : en premier lieu sur le front de l'est, en Virginie, dans le Maryland et en Pennsylvanie. Chacun des belligérants tente de s'emparer de la capitale adverse. Les batailles sont longues et sanglantes comme celles de Fredericksburg et surtout de Gettysburg en juillet 1863 sans qu'aucun des camps ne l'emporte définitivement.

    Sur le front du sud, La Nouvelle-Orléans tombe, le 1[SUP]er[/SUP] mai 1862. Le Sud est privé du Mississippi, voie essentielle pour son ravitaillement, alors que le réseau ferré est peu développé dans la Confédération. Dans la seconde partie du conflit le front de l'ouest devient le théâtre principal des opérations. Le général Sherman entreprend un mouvement pour prendre à revers les confédérés. Après la chute de Vicksburg sur le Mississippi, le 1[SUP]er[/SUP] juillet 1863, et du nœud ferroviaire de Chattanooga au Tennessee, Atlanta tombe le 2 septembre 1864. De Savannah, prise le 21 décembre 1864, Sherman se dirige vers le nord. Le général Grant reçoit la reddition de Lee à Appomattox le 9 avril 1865.
    En tout, 175 000 hommes déposent les armes, mais aucune représaille n'est exercée. La guerre a causé 500 000 morts dans les deux camps, dont plus de la moitié est décédée des suites de maladies contractées à l'armée.


    Conséquences et séquelles du conflit
    La première conséquence de la guerre de Sécession est l'abolition de l'esclavage. Ce dernier n'est pas aboli dès le début du conflit. En effet, trois États esclavagistes sont restés dans l'Union, le Maryland, le Missouri et le Kentucky ; Lincoln, soucieux en premier lieu de préserver l'Union, veut les ménager. Les mesures d'émancipation sont donc progressives. Après avoir interdit l'esclavage dans le district de Columbia et dans les Territoires, le président annonce en septembre 1862, l'émancipation des esclaves dans les États rebelles à dater du 1[SUP]er[/SUP] janvier 1863. Puis, le treizième amendement, en décembre 1865, qui supprime l'esclavage sur tout le territoire américain. Mais rien n'est prévu pour intégrer les Noirs à la société américaine.

    En effet, seule une minorité d'Américains, les radicaux, pensent que les Noirs sont les égaux des Blancs et doivent avoir des droits politiques. Certes, les quatorzième et quinzième amendements, adoptés en 1868 et 1870, garantissent à tous les citoyens américains des droits égaux et la protection de la loi. Mais ils ne profitent pas aux Noirs. Un Bureau des réfugiés, affranchis et terres abandonnées est bien créé en 1865 pour reclasser les Noirs chassés des plantations ou sans travail, mais la corruption et le favoritisme rendent l'action du Bureau inefficace. Un travail efficace est cependant mené pour la scolarisation des enfants noirs. Mais les Noirs arrivés en masse dans les villes se retrouvent sans emploi et ceux restés à la campagne deviennent des métayers au sort misérable.


    Sur le plan politique, il s'agit de réintégrer les États rebelles dans l'Union. Lincoln partisan de la clémence, avait demandé que les États retrouvent leur place dès que 10 % des citoyens auraient prêté un serment d'allégeance à l'Union.
    Les républicains radicaux, dirigés par Thaddeus Stevens et Charles Sumner, obtiennent le vote d'une loi plus sévère fixant le seuil à 50 %. Mais à la fin de la guerre, les attentats politiques se multiplient.

    Lincoln est assassiné par John Wilkes Booth, au théâtre Ford, le 14 avril 1865. Le général Grant et le secrétaire d'État Seward échappent de peu à un attentat. Le successeur de Lincoln, Andrew Johnson, partisan d'une politique de réconciliation accorde son «pardon» à tous les États rebelles et entérine toutes les constitutions des États, même celles où règnent des «codes noirs
    ». La lutte entre le président et le congrès, dominé par les radicaux est alors sans merci. Le congrès impose la rédaction de nouvelles constitutions qui doivent recevoir son approbation a posteriori. Il cherche à imposer le droit de vote des Noirs à un sud hostile.


    La reconstruction alors est l'occasion de prendre une revanche sur les États du Sud, occupés militairement par les nordistes. Le pouvoir est confisqué par les carpet-baggers, des nordistes sans scrupule venus s'enrichir dans le Sud et les scalawags, des renégats sudistes. Pendant une courte période, des Noirs se retrouvent à des postes politiques et administratifs. Les anciennes élites sont écartées de la vie publique. Elle comporte aussi des aspects positifs puisque les carpet-baggers et les scalawags entreprennent aussi de combler le fort retard économique du Sud en construisant entre autres des voies de chemin de fer.

    La résistance à la reconstruction prend plusieurs aspects ; une forme violente avec la naissance de sociétés secrètes racistes comme le Ku Klux Klan ou les Chevaliers au camélia blanc ; le refus de payer des impôts empêchant les gouvernements locaux de mener à bien leur politique en faveur de l'égalité des droits.

    La reconstruction a laissé une certaine amertume chez des Blancs sudistes. Dès 1868, le Nord commence à se désintéresser du Sud. Il laisse peu à peu le pouvoir aux «démocrates bourbons», des hommes d'affaires du Sud bien décidés à industrialiser la région. Républicains et démocrates bourbons entretiennent de bonnes relations et trouvent des accords politiques.



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  3. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    De 1865 à 1918


    L'âge d'or (1865-1897)

    L'expansion territoriale

    En 30 ans, les Américains réalisent leur «destinée manifeste» et prennent possession de l'immense territoire situé à l'Ouest du Mississippi au détriment des Indiens. Grâce au développement des lignes de chemin de fer, ranchers et farmers nourrissent le continent.

    La conquête de l'Ouest s'accompagne comme dans la première moitié du XIX[SUP]e[/SUP] siècle de la spoliation des Indiens. Le gouvernement fédéral retire aux Indiens des terres précédemment concédées par un traité, ce qui provoque de nombreuses révoltes. En 1867, le congrès décide de concentrer les indiens dans deux réserves, les «collines noires» dans le Dakota et l'Oklahoma. En 1871, il renonce à la politique des traités qui de toute façon sont toujours violés. La volonté de pacification du Congrès n'empêche pas les guerres indiennes de continuer. En 1874 et 1875, les indiens de la Red River engagent 14 batailles contre l'armée. Malgré quelques victoires éclatantes comme celle de Little Big Horn en 1876, les Indiens ne peuvent résister. L'extermination des bisons, la poussée des colons, les massacres de l'armée ont raison d'eux. Les autorités tentent de pratiquer alors une politique d'assimilation. Elles s'en prennent à la propriété collective traditionnelle et obligent à partir de 1887 les Indiens à recevoir une part de terres tribales, le reste revenant à l'État fédéral.

    La construction de voies ferrées transcontinentales permet de surmonter l'obstacle des distances géographiques. La réalisation du premier chemin de fer transcontinental, l'Union Pacific-Central Pacific, en 1869, entre Omaha et San Francisco, marque une date importante dans la conquête de l'Ouest. D'autres lignes transcontinentales sont achevées avant la fin du XIX[SUP]e[/SUP] siècle : le Great Northern entre Saint-Paul et Seattle en 1893, le Northern Pacific de Chicago vers le Nord-Ouest en 1881, l'Atchison, Topeka and Santa Fe entre Kansas City et Los Angeles et San Francisco la même année, le Southern Pacific de La Nouvelle-Orléans à Los Angeles en 1883. Les compagnies de chemin de fer sont les grandes bénéficiaires de la ruée vers l'Ouest. En effet, dès 1862, le congrès leur concède dix sections alternées, soit 640 acres de part et d'autre de la ligne à construire. Entre 1850 à 1871, les compagnies de chemin de fer reçoivent 181 millions d'acres en tout. Elles les revendent avec un important bénéfice aux agriculteurs.

    En pleine Guerre de Sécession, en 1862, Lincoln signe le Homestead Act. Il permet à chaque famille pouvant justifier qu'elle occupe un terrain depuis 5 ans d'en revendiquer la propriété privée, et ce dans la limite de 160 acres, soit 65 hectares. Si la famille y vit depuis au moins 6 mois, elle peut aussi sans attendre acheter le terrain à un prix relativement faible de 1,25 dollar par acre. Cette loi ne sera pas étendue aux Noirs après leur émancipation. Pourtant de 1867 à 1885, les terres de l'Ouest ne sont pas occupées par les farmers mais par des éleveurs de bovins. C'est au Sud du Texas qu'apparaissent les premiers grands troupeaux. Les éleveurs peuvent réaliser des bénéfices importants en vendant leurs bêtes sur les marchés du Nord. Ceci explique les grandes transhumances des lieux d'élevage aux gares situées plus au Nord, à Abilene ou à Wichita. Mais les bêtes perdent du poids pendant le voyage. Les éleveurs prennent l'habitude d'acheter le bétail au Texas et de l'engraisser dans les grandes plaines, plus au Nord, au plus prêt des gares.
    Le Wyoming, les deux Dakota et le Montana deviennent ainsi des vastes zones de pâture. Les rigueurs de l'hiver 1886-1887, en tuant un grand nombre de bovins, mettent fin à l'empire du bétail et à la période des pionniers du Far West. Les fermiers s'installent progressivement, entourant leurs parcelles de barbelés et repoussant les troupeaux plus à l'Ouest. Le dry farming et l'utilisation de blés durs permettent à ces régions semi-arides d'obtenir une forte productivité.


    En 1890, la fin de la frontière, c'est-à-dire du front de colonisation, est proclamée. Cette nouvelle provoque un choc dans l'opinion publique américaine. La conquête de l'Ouest a eu comme conséquence l'augmentation considérable du nombre des agriculteurs, alors que leur nombre diminue ailleurs, celui de la surface cultivée, le triplement de la production agricole. Les États-Unis deviennent le premier producteur mondial de coton, de céréales et de bovins.

    L'industrialisation et ses conséquences

    Certains traits propres aux États-Unis expliquent la vigueur de l'industrialisation. La rareté de main d'œuvre a comme conséquence une mécanisation et une standardisation précoce. Les innovations technologiques et l'emploi de machines outils y sont donc plus importants qu'ailleurs. Entre 1860 et 1890, le nombre de brevets déposés passe de 5 000 à 25 000. Plus vite qu'en Europe, les produits sont destinés au grand public et non à l'élite. Le téléphone, inventé par Alexander Bell est diffusé à un million d'exemplaires en 1900. Les industriels du Nord ont fait adopter par le congrès des droits de douane exorbitants: 47 % en moyenne sur les importations. Enfin, la forte augmentation de la population permet de fournir la main d'œuvre nécessaire au développement industriel.

    - Les mutations économiques
    Les années qui suivent la fin de la guerre de Sécession sont celles où le chemin de fer est roi. Des milliers de kilomètres de voies ferrées sont construites jusqu'à la fin du XIX[SUP]e[/SUP] siècle. En 1900, 200 000 milles de lignes de chemin de fer couvrent le territoire américain dont cinq transcontinentaux. La production sidérurgique et le commerce se trouvent ainsi stimulés. Il existe une concurrence sauvage entre les entreprises. Dans les chemins de fer la guerre des tarifs fragilisent les compagnies. En effet dans les lignes soumises à la concurrence, les compagnies baissent leurs tarifs et vont jusqu'à vendre à perte pour capter la clientèle, quitte à se rattraper sur les lignes où elles n'ont pas de concurrence. Lors de la crise économique de 1873, beaucoup sont acculées à la faillite et sont rachetées à bas prix. Les autres préfèrent signer des accords secrets pour se partager le marché, mais ces accords ne fonctionnent vraiment qu'en période de prospérité.
    La période se caractérise en outre par une tendance à la concentration des entreprises qu'il est possible d'attribuer au désir de contrôler le marché, de faire des économies d'échelle et aux capitaux des plus en plus importants que nécessitent le développement industriel.
    Le cas le plus connu est celui de Rockefeller qui rachète les droits de vote des actionnaires d'une quarantaine de compagnies pétrolières pour les contrôler. Ces dernières forment un trust sous sa direction. Il ferme 33 des 55 raffineries qu'il détient et, grâce aux économies d'échelle réalisées, engrange d'immenses profits. À la fin des années 1880, une quinzaine de trusts se sont ainsi constitués.
    En 1890, la loi Sherman interdit les trusts. Les capitaines d'industrie choisissent alors la holding comme forme de concentration. Rockefeller préfère développer la Standard Oil du New Jersey parmi toutes ses compagnies. En 1897, cette dernière contrôle 83,7 % du raffinage du pétrole. La compagnie Carnegie fournit 25 à 30 % de l'acier américain. Elle possède aussi ses mines de charbon et de fer, ses bateaux et ses trains. Le compagnie Carnegie est ainsi une remarquable exemple des mouvements de concentration horizontale et verticale du capitalisme américain.


    Entre 1860 et 1890, la production industrielle est multipliée par 11. Les États-Unis sont devenus le premier producteur mondial de charbon. L'industrialisation profite surtout au Nord-Est des États-Unis qui concentrent 75 % de la production. Le sud a développé des industries de transformation mais reste sous la dépendance économique du Nord.

    - Les bouleversements économiques et sociaux
    Entre 1860 et 1900, 14 millions d'immigrants arrivent aux États-Unis, fuyant l'Europe en raison des mauvaises conditions économiques et sociales, des troubles politiques et/ou des persécutions religieuses. Grâce à cette immigration, la population des États-Unis passe de 31 millions en 1860 à 50 en 1880 et 76 en 1900.
    À partir des années 1840, les Britanniques laissent peu à peu la place à d'autres immigrants :
    • les Allemands qui sont chassés par la misère résultant de la désorganisation politique de leur région ou persécutés religieusement,
    • les Irlandais, victimes de l'une des plus terribles famines du XIX[SUP]e[/SUP] siècle en raison de l'apparition d'une bactérie détruisant la pomme de terre, leur production et aliment de base, et
    • dans une moindre mesure, les Scandinaves.
    Puis, à partir des années 1880, ces immigrants sont eux-mêmes remplacés par d'autres immigrants :
    • les Italiens, issus majoritairement des régions du sud du pays, les plus pauvres de la Péninsule, et
    • les populations venues d'Europe centrale et orientale (en particulier, de nombreux Juifs soumis, dans la Russie tsariste, à un statut politique, économique et religieux discriminatoire et à l'hostilité de la population qui aboutit périodiquement à des pogroms).
    Les immigrants sont issus du monde rural mais sont contraints de s'installer dans les villes sauf les Allemands qui s'établissent en nombre comme fermiers dans les terres du Middle West.

    Les autorités des États-Unis les accueillent avec bienveillance car son appareil productif a besoin d'eux pour assurer son développement. Ils constituent une main-d'œuvre bon marché pour une industrie en plein essor et les nombreux travaux publics que nécessite l'aménagement d'un territoire immense.
    L'intégration de ces nouvelles populations et leur coexistence pacifique (bien qu'à nuancer, en particulier dans les grandes villes comme New York, la «porte d'entrée» des immigrants aux États-Unis) est facilitée par plusieurs facteurs :
    • le dynamisme économique de cette période, créateur de nombreux emplois peu qualifiés,
    • une organisation sociale fondée sur le communautarisme qui permet à l'immigrant de s'intégrer progressivement à un environnement nouveau en étant, par ailleurs, soutenu par sa communauté, et
    • un modèle politique mature protégeant les libertés individuelles politiques et religieuses.

    Ces conditions favorables offrent à ces immigrants, avides d'échapper au sort qu'ils ont connu en Europe, la possibilité d'améliorer peu à peu leurs conditions de vie (en réalité, ce sont surtout leurs descendants, parfois après plusieurs générations, qui verront ces conditions de vie s'améliorer réellement), au prix d'importants sacrifices (la vie dans les quartiers d'immigrants des grandes villes est extrêmement difficile) et d'une vie de dur labeur.


    À la fin de la Guerre de Sécession, l'Amérique est encore largement un pays de fermiers, selon l'idéal de Thomas Jefferson. À la fin du XIX[SUP]e[/SUP] siècle, l'agriculture n'y est plus la première activité économique. L'Amérique industrielle et urbaine triomphe.
    Entre 1860 et 1890, le nombre de villes dépassant les 100 000 habitants a triplé. New York compte 1,5 million d'habitants, Philadelphie un million. Les gratte-ciel, les tramways, le métro, l'éclairage urbain électrique et d'autres innovations technologiques caractérisent les grandes villes américaines.

    Les villes sont des lieux d'accueil pour les immigrants et les agriculteurs ruinés qui y trouvent du travail dans l'industrie. C'est à la ville que naît le nouveau mythe américain, celui du self-made man incarné par Andrew Carnegie, un immigrant écossais.
    Dans un contexte de liberté économique presque totale, qui n'est pas sans générer des abus (le droit du travail est pratiquement inexistant, les pratiques commerciales souvent douteuses), émergent de grandes puissances bancaires et financières ainsi que de grands groupes industriels (dans les domaines de l'acier, de la construction et des transports ferroviaire et maritime,...).

    L'activité économique en général, et la croissance de ces grands groupes en particulier, est soutenue par plusieurs facteurs :
    • la recherche de la réussite individuelle et son corollaire, l'esprit entrepreneurial, issus de l'éthique protestante,
    • l'immensité du territoire dont l'aménagement procure d'énormes ressources agricoles et en matières premières (parfois nouvelles, comme le pétrole découvert à cette époque) et crée, par ailleurs, des débouchés importants pour l'industrie,
    • une main d'œuvre nombreuse et peu organisée (donc peu chère),
    • des capitaux en abondance rendus plus facilement mobilisables grâce à la structuration du secteur bancaire et financer,
    • la rationalisation des processus industriels,
    • le progrès technique,
    • un marché de consommateurs important et en rapide expansion qui offre de nouveaux débouchés, et
    • le soutien des pouvoirs publics et l'absence d'une véritable régulation économique (qui ne permet pas de freiner le processus de concentration et aboutit à des situations de quasi-monopoles).

    Cette période est caractérisée par l'émergence de grands capitaines d'industrie comme Cornelius Vanderbilt (transport maritime et ferroviaire), John Pierpont Morgan (banque), Jay Gould (transport ferroviaire et finance), Andrew Carnegie (acier) ou John Davison Rockefeller (raffinage du pétrole et distribution de produits à base de pétrole).

    Comme dans tous pays engagés dans un processus d'industrialisation rapide, la condition ouvrière est particulièrement difficile, avec des journées de travail de 12 à 14 heures, des salaires faibles, des logements indécents. Cependant, dans l'Amérique de «l'âge du toc», aucun mouvement syndical puissant ne parvient à se développer. Sans organisation efficace (contrairement aux entrepreneurs), délaissés par les partis politiques (qui représentent les intérêts desdits entrepreneurs ou cultivent le clientélisme), les ouvriers multiplient les grèves.

    En 1877, une grève de cheminots paralyse le trafic depuis la côte atlantique jusqu'à l'Ouest du Mississippi. Le Président Hayes envoie des troupes fédérales en Virginie Occidentale pour briser la grève. Plusieurs autres mouvements sont ainsi brisés par les forces de l'ordre. Ce n'est qu'en 1886 que naît la première grande organisation syndicale, l'American Federation of Labor (AFL), une fédération des métiers hautement spécialisés. Elle renonce à toute référence révolutionnaire ou passéiste.

    L'échec des mouvements ouvriers s'explique par plusieurs facteurs :
    • l'acceptation par les travailleurs immigrants de dures conditions de travail car nombre d'entre eux ont immigré aux États-Unis en raison de l'absence totale de travail dans leurs régions européennes d'origine,
    • l'importance de l'armée de réserve de travailleurs constituée par ces millions d'immigrants,
    • les valeurs américaines qui glorifient le travail comme vecteur essentiel de la réussite individuelle, et
    • la protection des intérêts économiques par les pouvoirs publics qui répriment durement toutes velléités syndicales.

    Pendant cette période le monde agricole connaît une grave crise. En effet, à partir de 1873, les prix agricoles baissent. L'augmentation de la productivité ne compense pas la chute des prix. Les fermiers tentent de s'organiser : mouvement des Grangers vers 1870, des Greenbackers vers 1880, alliance des fermiers et des populistes vers 1890. Les farmers réclament l'inflation monétaire pour compenser la baisse mondiale des cours de produits agricoles et réduire leur endettement.


    La démocratie «confisquée»


    «L'âge du toc» est marqué par la main mise des milieux d'affaires sur la vie politique. Des municipalités à l'élection des sénateurs, ils contrôlent une classe politique vénale qui soutient sans réserve leurs intérêts. Les hommes d'affaires parviennent à faire croire aux électeurs, principalement aux classes moyennes, que leurs intérêts sont ceux de la nation entière. C'est «l'évangile de la richesse». Les partis politiques ne permettent pas le débat d'idées. En effet, le parti républicain et le parti démocrate sont des coalitions d'intérêts parfois antagonistes et ne sont plus guère, à partir de 1876, que des machines à remporter les élections et à pouvoir les maintenir en place dans l'administration selon le système des dépouilles.
    Ce n'est qu'en 1883, que, pour limiter les abus et les scandales liés au système des dépouilles que le président Chester Arthur fait voter la loi Pendleton. Elle fixe une liste d'emplois dont les titulaires sont désignés par une commission indépendante en fonction de leurs capacités. À la fin du siècle, la nomination d'un fonctionnaire fédéral sur deux dépend de la commission. Mais la collusion entre monde politique et milieu des affaires perdure à cause du coût grandissant des campagnes électorales.

    Pour remercier les associations industrielles protectionnistes qui ont aidé à l'élection de Benjamin Harrison, les Républicains votent en 1890 le tarif McKinley. Les tarifs douaniers sont tellement prohibitifs que certaines entreprises européennes choisissent de s'installer aux États-Unis. Mais ils entrainent une hausse des produits industriels. Grover Cleveland est réélu président au moment où le pays connait une crise économique sévère. Il répond aux nombreuses grèves et aux marches de chômeurs en faisant intervenir les troupes fédérales. Sa politique monétaire, fin du bimétallisme, mécontente les États du Sud et ceux producteurs d'argent. Les protestataires, parviennent à imposer leur candidat au parti démocrate, William J. Bryan pour les élections présidentielles de 1896. Ce candidat qui défend avec passion l'Amérique agraire chère à Jefferson et le bimétallisme effraie les milieux industriels qui soutiennent tous le candidat républicain William McKinley. La victoire de ce dernier marque la victoire définitive du capitalisme et une domination de 16 ans pour le parti républicain.



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  4. titegazelle

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    Un pays à la recherche
    d'une place dans le monde




    Le début de l'interventionnisme


    La politique étrangère des États-Unis est restée fidèle au testament de George Washington et à la doctrine Monroe. Les Américains tout absorbés par la conquête de l'Ouest et leur développement industriel ne se sont pas dotés des atouts des grandes puissances. Pierre Mélandri établit un lien entre le début des ambitions internationales des États-Unis, la prise de conscience de leur suprématie industrielle ainsi que la fin de la frontière en 1890. En 1880, il n'y a presque pas de flotte militaire et commerciale, les effectifs de l'armée sont très réduits.
    Dans les années 1880, le gouvernement fédéral commence à développer la marine militaire, elle passe du 12[SUP]e[/SUP] rang mondial en 1883 au 3[SUP]e[/SUP] en 1906. Il s'assure aussi de bases à Pearl Harbour et dans les Samoa.
    L'acceptation facile de l'annexion de Hawaii par le Sénat en 1898 montre que les esprits sont mûrs pour l'aventure expansionniste. Désireux de détourner la colère populaire due à la crise économique, les responsables politiques entretiennent auprès de l'opinion publique une grande susceptibilité nationaliste avec l'aide de deux journaux à grand tirage, The World et The Journal.
    Le 15 février 1898, une explosion a lieu à bord du Maine, ancré dans le port de La Havane à Cuba, alors colonie espagnole, entraînant la mort de 266 hommes. McKinley cède à l'opinion publique et envoie un ultimatum à l'Espagne le 29 mars et part en guerre contre elle le 25 avril. La «splendide petite guerre» est une véritable promenade militaire. Cuba est occupée le 16 juillet. Entre mai et août 1898, l'amiral George Dewey fait la conquête des Philippines. En décembre 1898, les États-Unis reçoivent de l'Espagne Porto Rico, l'île de Guam par le Traité de Paris et achètent les Philippines. Cuba devient indépendant. Mais très vite les Américains renoncent à l'aventure coloniale, échaudés par la révolte de patriotes aux Philippines et par les difficultés engendrées par les possessions de terres lointaines. Ils préfèrent se tourner vers la conquête pacifique des marchés étrangers, comptant sur leur suprématie économique pour s'imposer sur les marchés.


    Le renouveau de la démocratie


    Au début du XX[SUP]e[/SUP] siècle, l'idéal américain semble menacé. Le pouvoir d'achat des ouvriers tend à se dégrader. Le flot d'émigrants qui arrive chaque année aux États-Unis est accusé de créer une pression à la baisse sur les salaires. En effet, cette période marque l'apogée de l'immigration aux États-Unis. De 1902 à 1910, 9 millions de personnes débarquent aux États-Unis, dont 1,3 million pour la seule année 1907. Elles sont 4,5 millions de 1911 à 1915. Ces nouveaux venus, italiens catholiques et juifs inquiètent les dirigeants protestants. Ils représentent près de 40 % de la population des grandes agglomérations où ils vivent regroupés selon leurs origines. La concentration monopolistique des industries constitue une autre menace au modèle américain de réussite.
    En 1909, 1 % des firmes assurent 44 % de la production industrielle. Ainsi en 1901, l'U.S. Steel Company a pu prendre le contrôle de la plupart des aciéries.

    Le mouvement progressiste apparait dans les premières années du XX[SUP]e[/SUP] siècle. Face au triomphe de «l'Évangile de l'argent», il a comme objectif de réformer le gouvernement pour qu'il œuvre pour le bien commun et non pour les intérêts industriels dont les abus sont dénoncés. Les progressistes appartiennent à tous les groupes sociaux. Ils trouvent des relais actifs parmi les journalistes, les muckrakers comme Lincoln Steffens qui décrit les problèmes urbains dans son célèbre livre The shames of te cities. Ils dénoncent les pratiques frauduleuses ou abusives des industriels, la mise en danger de la démocratie par les «barons-voleurs». Sur le plan local, les progressistes généralisent le scrutin secret et les primaires directs pour le choix des candidats.
    Plusieurs États et municipalités instaurent le référendum pour les grandes décisions.
    En 1901, Théodore Roosevelt, qui soutient les réformistes, devient président après l'assassinat de McKinley. En 1906, il fait voter par le congrès une loi visant à garantir aux consommateurs une véritable sécurité sanitaire (Pure Food and Drug Law). Il utilise la loi Sherman anti-trust pour mettre fin aux agissements nuisibles de certains trusts comme la Northern Security Company qui avait le monopole des chemins de fer dans le Nord-Ouest des États-Unis. Son action est continuée par Taft qui parvient à briser le monopole de la Standard Oil et de l'American Tobacco Company. Roosevelt est resté dans la mémoire des Américains comme étant le premier président à se soucier de la préservation de la nature et à avoir créé un parc national.

    En 1912, la division du camp républicain permet au démocrate Woodrow Wilson de l'emporter avec 42 % des suffrages. Parmi les réformes qu'il initie, on peut citer la création de la réserve fédérale en 1913, les Federal Trade Commission Act et le Claytin Anti-Trust Act de 1914 qui permettent le renforcement des contrôles sur les monopoles et l'instauration de commissions pour enquêter sur les pratiques des entreprises faussant la libre concurrence.


    De 1918 à 1945


    Les États-Unis sortent très largement renforcés de la Première Guerre mondiale. L'Europe détruite et ruinée, ils renforcent leur domination économique, et deviennent même un centre de la culture mondiale dans les années 1920. Cependant, la crise de 1929 remet en cause le modèle américain, et les réponses du New Deal restent insuffisantes, les États-Unis ne retrouvant la prospérité que, et ce paradoxalement, grâce au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle ils triomphent de l'Axe. Leur victoire fait d'eux en 1945 l'un des deux Supergrands, avec l'Union soviétique.

    De 1945 à 1964


    Les États-Unis sont un des grands pays victorieux de la Seconde Guerre mondiale, avec l'URSS. Très vite, les relations entre les deux grands vont se dégrader, les deux pays n'ayant rien à voir au niveau idéologique.

    En 1947, dans le cadre de la doctrine Truman, les États-Unis lancent le plan Marshall, pour contrer l'expansion du communisme en Europe. C'est le début de la guerre froide, qui durera plus de 40 ans, jusqu'à la chute de l'Union soviétique. Le monde frôlera à ce moment plusieurs fois la Troisième guerre mondiale.

    Le 20 janvier 1949, le président Harry Truman prononce son discours sur l'état de l'Union. Il renouvelle son opposition au communisme, et évoque la situation des pays «sous-développés» auxquels les pays les plus avancés doivent apporter leur connaissance technique et de l'assistance pour élever leur niveau de vie par l'industrialisation.
    En 1964, les États-Unis font la guerre du Viêt Nam.

    De 1964 à 1980


    Cette période de guerre froide est également marquée par l'abolition de la ségrégation raciale, l'assassinat de plusieurs grandes personnes s'étant battues pour les droits civiques (Robert Kennedy, Martin Luther King...). En 1969, avec le programme Apollo, le premier homme marche sur la Lune, et il s'agit d'un Américain, Neil Armstrong. Dans les années 1970, le scandale du Watergate éclate, remettant en cause le gouvernement américain. En 1975, le pays perd la guerre du Viêt Nam, qui leur aura été couteuse. La puissance du pays est remise en cause.

    Depuis 1980


    Cette période est marquée par la chute de l'URSS en 1991. Les États-Unis se retrouvent comme seule hyperpuissance, dominant le monde, le «rêve américain» s'élargit à travers le monde, y compris dans les ex-pays communistes. En 1990, les États-Unis se lancent dans la guerre du Golfe, pour libérer le Koweït. Les années 1990 seront marquées par d'autres scandales comme l'affaire Monica Lewinsky conduisant à l'impeachment (procédure de destitution) de Bill Clinton.

    Le 11 septembre 2001, les États-Unis sont attaqués pour la première fois depuis 1941 sur leur territoire. Ils se lancent dans une guerre contre le terrorisme, attaquent l'Afghanistan en octobre 2001 pour poursuivre Ben Laden, et attaquent l'Irak dès mars 2003 pour «libérer le pays du danger qu'est Saddam Hussein», selon le gouvernement américain. En 2007, une crise financière touche le pays puis l'Europe.

    L'arrivée au pouvoir d'un afro-américain (Barack Obama) en 2009 est également une première. En 2011, Barack Obama parvient à trouver et faire tuer Oussama Ben Laden, alors ennemi international n[SUP]o[/SUP] 1.


    Présidents :





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  5. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Les Amérindiens sont les premiers occupants du continent américain et leurs descendants. En 1492, l’explorateur Christophe Colomb pense avoir atteint les Indes occidentales alors qu’il vient de débarquer en Amérique. À cause de cette erreur, on continue d’utiliser le mot «Indiens» pour parler des populations du Nouveau Monde. Avec les travaux du cartographe Martin Waldseemüller au début du XVI[SUP]e[/SUP] siècle, on commence à parler de «continent américain», en l’honneur du navigateur italien Amerigo Vespucci ; ses habitants deviennent les «Indiens d’Amérique» pour les distinguer des populations de l’Inde.


    En absence d’appellation qui fasse consensus, on utilise parfois les expressions de «premières nations» ou «premiers peuples». La formule «Peaux rouges» est ancienne et n’est jamais utilisée aux États-Unis où l’on préfère les expressions Native Americans (Américains d’origine), Native peoples (peuples d’origine), American Indians (Indiens d’Amérique), First Nations (premières nations), Aboriginal Peoples (peuples aborigènes), Indigenous Peoples of America (peuples indigènes d’Amérique), Amerindians (Amérindiens) ou encore Amerinds ; mais aucun n’est vraiment satisfaisant en raison de la diversité de ces peuples et parce que ces derniers les rejettent et préfèrent employer leur nom de nation ou de tribu.

    L'arrivée des Européens en Amérique du Nord à partir du XVI[SUP]e[/SUP] siècle provoqua d'importantes conséquences sur les Amérindiens : leur nombre s'effondra à cause des maladies, des guerres et des mauvais traitements. Leur mode de vie et leur culture subirent des mutations. Avec l'avancée de la Frontière et la colonisation des Blancs américains, ils perdirent la majorité de leur territoire, furent contraints d'intégrer des réserves. Leur situation démographique, sociale et économique ne cessa de se dégrader. Depuis les années 1970, la communauté amérindienne connaît un certain renouveau : leur population augmente, la pauvreté recule lentement, les traditions revivent. Si les Amérindiens sont désormais des citoyens à part entière, ils restent malgré tout à la traîne du développement américain.

    Les Amérindiens à l’époque précolombienne
    Les sources
    Retracer le passé des tribus amérindiennes est un véritable défi pour les historiens. En effet, leur culture repose sur la transmission orale. Contrairement aux Mayas ou aux Aztèques, les peuples d’Amérique du Nord n’utilisent aucun système d’écriture à l’époque précolombienne et demeurent par conséquent dans la protohistoire. Il existe cependant de nombreux sites avec des pétroglyphes ou les wiigwaasabak (dessins sur des feuilles de bouleaux) qui témoignent d'une riche illustration. Influencés par les Européens, certains peuples développent toutefois un système d’écriture syllabaire (Cherokees, Pieds-Noirs, Naskapis, Cris, Inuits) ou alphabétique pour une trentaine de peuples (Cheyennes, Micmacs, Navajos).

    Pour autant, écrire une histoire des Amérindiens n’est pas totalement impossible. Il faut pour cela croiser les sources archéologiques et artistiques. L’étude des scènes et des calendriers peints sur les peaux d’animaux ou celle des pétroglyphes du Sud-Ouest américain ou du nord des Grands lacs est souvent utilisée par les spécialistes.
    L’histoire des peuples amérindiens peut également être en partie reconstituée grâce aux récits des Européens ayant établi les premiers contacts. Missionnaires, explorateurs, officiers, coureurs des bois donnent des informations intéressantes sur les indigènes. Par exemple, le mémorialiste de l’expédition de Pánfilo de Narváez, Álvar Núñez Cabeza de Vaca a consigné ses observations ethnographiques sur les peuples indigènes du golfe du Mexique, publiées en 1555 sous le titre de Naufragios (Naufrages). Ces témoignages sont toutefois d’une nature bien particulière ; ce sont ceux des conquérants qui redoutent les autochtones, les méprisent ou les décrivent comme des sauvages. Certains écrits de captifs, faits prisonniers des Amérindiens à la suite de raids, présentent des informations intéressantes sur les différentes peuples d’Amérique du Nord. Réduits en esclavage, ces prisonniers vivent au sein des tribus, et ont parfois livré des descriptions précieuses pour les anthropologues.

    Peuplement préhistorique
    Les Paléoaméricains ou Paléoindiens correspondent aux premières populations qui ont habité l'Amérique pendant et après les derniers épisodes glaciaires du Pléistocène récent. Le préfixe paléo- provient du Grec palaios (παλαιός) et signifie ancien. Paléoindien s'applique à la phase de l'outillage lithique des Amériques et est considéré distinct du Paléolithique.


    Terminologie


    Le terme Paléoaméricains vient de la terminologie anglo-américaine Paleoamerican. Les Paléoaméricains vécurent en Amérique à la fin du Pléistocène, lors de l'extrême fin du Paléolithique moyen et au cours du Paléolithique supérieur. Les découvertes récentespermettent de dire qu'ils connurent également la dernière glaciation (Glaciation wisconsinienne) et le début de la période préhistorique du Néolithique à l'époque de l'Holocène.
    Ils étaient essentiellement des chasseurs-cueilleurs. La faune préhistorique était constituée par une mégafaune majoritairement disparue. Parmi ces animaux vivaient des herbivores comme les équidés (Equus caballus), des Camélidés (paléo-lama et guanaco), des mastodontes comme les mammouths, des paresseux géants (Megatherium et Mylodon), des tatous géants comme le Glyptodon et de terribles carnivores tels que le Smilodon (tigre à dents de sabre), enfin près des rivages côtiers, ils se nourrissaient de coquillages. La flore composait également leur alimentation : baies, tubercules et premières plantations de téosinte et maïs.

    Le modèle morphologique des Paléoamericains s'apparente soit au type australoïde ou africain ; soit au type europoïde (ou «caucasien»).
    Le professeur Javier Romero (Instituto Nacional de Antropología e Historia de Mexico) détermina que les squelettes paléoaméricains trouvés dans l'État de Mexico, comme celui de Tepexpan, furent des Homo Sapiens ayant une origine autochtone. Pour ce spécialiste, ces ossements sembleraient n'appartenir à aucune origine étrangère antique. Ces caractéristiques révèlent un menton saillant, des arcades sourcilières peu prononcées, une boîte crânienne égale à celle des Homo sapiens, mais avec front quelque peu incliné et bas.

    Les résultats scientifiques de ces vingt dernières années, révolutionnent l'idée généralement acquise du peuplement de l'Amérique et donnent de nouvelles orientations sur les différentes vagues de peuplements pré-Clovis du continent américain.


    Analyses crâniologiques
    Il est généralement admis que l’arrivée des premiers hommes sur le continent américain remonte à la dernière ère glaciaire. À cette époque, le détroit de Béring est pris par les glaces et forme un passage terrestre entre l’Asie et l’Amérique emprunté des populations asiatiques nomades. Il est également possible que certains hommes aient longé les côtes en bateau.
    La présence humaine est attestée en Alaska vers 20 000 avant J.-C, vers 16 000 avant J.-C. sur la côte est (Pennsylvanie, Virginie, Caroline du Sud), vers 13 000 avant J.-C. sur le site Clovis (Nouveau-Mexique) vers 10 000 avant J.-C. en Floride.
    Aujourd’hui, certains spécialistes remettent en cause l’origine uniquement asiatique des premiers occupants de l’Amérique. Douglas Wallace, Dennis Stanford et Bruce Bradley utilisent les découvertes récentes pour accréditer la thèse d’une migration européenne au Paléolithique supérieur. Les restes de l'homme de Kennewick, découverts dans l'État de Washington en 1996, auraient environ 9 000 ans et ne présenterait pas les traits morphologiques des Amérindiens actuels.

    Crânes dolichocéphales : hypothèse type europoïde
    Un squelette entier de type europoïde, l'homme de Kennewick, datant de plus de 9 000 ans a été découvert dans l'État de Washington en juillet 1996, sur les bords de la Columbia.
    Les restes d'un homme de type europoïde a été retrouvé sur le site de la Grotte de l'esprit, au Nevada ; il a été daté entre -11 000 et -8000.
    Des momies furent exhumées sous plusieurs mètres de dépôts de guano dans la caverne de Lovelock en 1911 par des exploitants-récolteurs. Elles avaient toutes une grande taille (plus de deux mètres de hauteur) et une apparence de type europoïde avec de longs cheveux de couleur rouge ou rouquine. Elles furent datées d'environ 5000 ans par l'analyse au carbone 14. D'autres furent découvertes en 1931 de même type non loin de la caverne de Lovelock.

    Crânes dolichocéphales : hypothèse type australoïde ou africain
    75 crânes, dont le crâne de Luzia, ont été mis au jour au Brésil datés de 35 000 ans, soit aussi ancien ou plus que le site de Clovis, au Nouveau-Mexique, considéré jusqu'alors comme le plus ancien du continent ; ils sont d'aspect africain ou australoïde.
    Les 250 crânes et squelettes de Cerca grande au Brésil, étudiés par Walter Neves et Mark Hubbe (Laboratoire des Études sur l'Evolution Humaine, Departement de Genétique et de Biologie évolutive, de l'Institut des Sciences, Université de Sao Paulo). Ils sont datés dans une fourchette allant de 8 000 ans à 12 000 ans. Ils ont la même morphologie australoïde ou africaine que Luzia.

    Crânes dolichocéphales et mésocéphales : hypothèse mixte ; type europoïde ou aïnou ou encore australoïde
    Les ossements de la Femme de Peñon (environ 13 000 ans), découverts près de Mexico présentent des caractéristiques dolichocéphales, proches de celles des crânes de Baja California. Certains spécialistes rapprochent ce crâne soit de ceux de Cerca grande ou de Luzia, soit de celui de l'Homme de Kennewick.
    La présence humaine dans la péninsule de Baja California (Basse-Californie mexicaine), remonte à quelques dizaines de milliers d'années. Les fouilles de l'occupation humaine du site de la Caverne de Babisuri en Basse-Californie, ont livré de nombreux artefacts (outils, bois brûlés, coquillages travaillés) datant d'au moins 40 000 ans la présence humaine dans la région.

    Plusieurs dizaines de squelettes datés de 13 000 ans à 15 000 ans ont été découverts par des équipes d'archéologues mexicains, américains, britanniques et japonais, dans la même région de Baja California. Les sites préhistoriques de Baja California, riches en nombreuses peintures pariétales, livrent des ossements de paléoaméricains dont les crânes semblent indiquer une parenté avec celui de la Femme de Peñon ainsi qu'aux autres restes humains découverts dans la même région centrale de Mexico, comme ceux de l'Homme du métro Balderas (11 000 ans). L'Homme de Tlapacoya (District de Mexico) daté de 11 000 ans possède un crâne dolichocéphale et s'apparente à la proche Femme de Peñon.

    Crânes mésocéphales(avec menton saillant, front bas) : hypothèse type Homo sapiens autochtone
    La femme de Tepexpan datée de (11 000 ans) et l'Homme de Chimalhuacan (11 000 ans) ont été découverts dans l'État de Mexico. L'hypothèse d'un Homo sapiens local est récente. Ces ossements sont pour certains spécialistes rattachés à ceux de la femme de Peñon et de Baja California.

    Cultures disparues


    Les différents sites préhistoriques attestent d’abord de l’existence de groupes de chasseurs-cueilleurs nomades. Ces paléoaméricains chassaient les animaux du Pleistocène (mammouth laineux, bison) ; d'autres pratiquaient la pêche et le ramassage de coquillages sur les côtes. L'archéologie a mis au jour des objets lithiques, en particulier les pointes de flèche des traditions Clovis et Folsom. Ces chasseurs utilisaient probablement déjà l'atlatl pour envoyer leurs projectiles.

    Il y a environ 11 500 ans, le climat de l'Amérique du Nord devint plus chaud et plus sec, ce qui eut pour conséquence une évolution du milieu naturel : la mégafaune disparut et la végétation s'adapta aux nouvelles conditions. À la faveur d’un réchauffement climatique et d’influences méso-américaines, les populations amérindiennes se sont sédentarisées. Cette période archaïque se caractérise par la diversification des sources de nourriture : chasse d'un gibier plus petit (cervidés), pêche dans les cours d'eau, cueillette de baies, noix, graines et tubercules. Surtout, les premières formes d’agriculture et de commerce se développent dans certaines régions : à l’est du Mississippi, le tournesol est cultivé vers 3000 avant J.-C. À l'époque précolombienne, l'ensemble des Amérindiens consommait 1 000 espèces végétales et 1 500 espèces animales différentes.

    Les civilisations disparues avant l’arrivée des Européens se répartissent en deux régions principales. L’une se trouve à l’est du Mississippi, où s’épanouissent successivement les Mound Builders, les Adenas, les Hopewells et les civilisations du Mississippi ; l’autre occupe le Sud-Ouest des États-Unis actuels, où se côtoient les Mogollons, les Hohokams et les Anasazis.
    Ces civilisations présentent un haut degré de développement marqué par un certain niveau d’urbanisation (Cahokia, Chaco Canyon), une agriculture efficace (irriguée dans le Sud-Ouest) et diversifiée (courge, maïs, haricot et coton dans le Sud-Ouest), un artisanat raffiné (travail du cuivre) et des lieux de culte monumentaux (tertres en terre des Mound Builders, kivas des Anasazis). Les causes de leur effondrement avant le XVI[SUP]e[/SUP] siècle demeurent incertaines : les Anasazis disparaissent sans doute en raison d'une grande sécheresse.


    Caractéristiques culturelles traditionnelles


    Vivant en symbiose avec leur milieu naturel, les Amérindiens dépendent des conditions climatiques et des ressources naturelles, même s’ils ont su s’adapter aux contraintes. Chaque grand ensemble a ainsi développé une activité de prédilection, avec son savoir-faire propre.

    Croyances et mythologie
    Étant donné la grande acculturation des Amérindiens d’aujourd’hui, il est souvent difficile de retrouver leurs croyances originelles. Ils ont été christianisés par les prêtres européens à partir du XVII[SUP]e[/SUP] siècle et les deux cultures ont souvent fusionné : les religions amérindiennes sont syncrétiques car elles ne possèdent pas de dogme rigide. Cependant, des éléments des croyances indiennes ont subsisté, à l’instar de la situation en Amérique centrale. S’il existe une diversité dans les rites et les superstitions indiennes, il est néanmoins possible de dégager quelques points communs qui permettent de comprendre leur spiritualité.

    En premier lieu, les Amérindiens sont animistes et conçoivent le monde comme un «Grand Tout» dans lequel les éléments naturels et surnaturels coexistent. La frontière entre le monde visible et le monde des esprits n’existe pas et les croyances s’expriment dans tous les moments de la vie quotidienne. Les Amérindiens honorent un Dieu créateur et unique appelé «Le Grand Esprit» dont le nom varie en fonction des langues : «Wacondah» ou «capitaine du ciel» pour les Apaches, «Gitche Manitou» chez les Algonquins. Il existe aussi une multitude de dieux secondaires, «Esprits auxiliaires» (par exemple : les esprits du vent, du feu, du tonnerre, ou wakantanka, le dieu de la chasse) ou encore «ancêtres». Le monde compte également des créatures maléfiques comme le Wendigo.
    Mais contrairement aux Aztèques ou aux Incas, les Indiens d'Amérique du Nord n'assimilèrent pas les explorateurs européens à des dieux. Même s'il existe des récits traditionnels faisant mention de migrations de leurs ancêtres, la plupart des Amérindiens pensent qu'ils sont apparus en Amérique. Dans beaucoup de mythes, les Amérindiens auraient émergé de la mer, d'un lac ou d'une cavité.


    Ensuite, les Amérindiens partagent des rites communs qui ont comme principale caractéristique d’être cycliques. Avant les prières ou les grandes cérémonies (départ à la chasse, à la guerre, passage à l'âge adulte), les Amérindiens doivent se purifier : ils utilisent pour cela la hutte à sudation ou les bains rituels. Les moyens d’entrer en transe ou d’avoir des visions sont multiples : fumer ou brûler des plantes (tabac, sauge, écorce de bouleau), jeûnes ou prise de drogues comme le peyotl. Il existe bien d’autres rituels destinés à se concilier les esprits tels que les offrandes à la Terre-Mère pour faire pousser le maïs ou bien à l’esprit de l’animal tué à la chasse.
    La danse tient également une place prépondérante au moment des grands rassemblements (les Pow wow). La Danse des Esprits (Ghost Dance) réunit les participants qui répètent des couplets au son des tambours. Leurs incantations peuvent mener à la transe. La Danse du Soleil (Sun Dance) dans les Grandes Plaines a pour but de vénérer l’astre diurne, pendant la période du solstice d’été. Elle est accompagnée de mutilations corporelles volontaires destinées à montrer son courage et à entrer en transe. Les Cherokees pratiquent quant à eux la Danse de la pluie pour que leurs récoltes soient bonnes. Les Amérindiens fréquentent des sites qu'ils considèrent comme sacrés : Bear Butte (Dakota du Sud), Devils Tower (Wyoming), Shiprock (Nouveau-Mexique) ou Enchanted Rock (Texas).

    Les pratiques religieuses ne sont pas le monopole d’un clergé à proprement parler : le chaman est chargé d’entrer en contact avec les esprits et d’interpréter les signes surnaturels par l'observation de la nature, par le rêve et la transe. La sagesse de l’«homme-médecine» lui permet de guérir les malades : il était capable de réduire la douleur par les plantes ou l’hypnose.

    Enfin, sur un plan symbolique, les Amérindiens représentent des formes et des silhouettes depuis des milliers d’années sur différents supports : sur les parois et les rochers (pétroglyphes), sur le sable (peintures navajos), les peaux d’animaux (Indiens des Plaines), les objets de la vie quotidienne, jusque sur leurs corps (peintures rituelles). Ces symboles forment un langage ésotérique. Le cercle est l’un des plus fréquents : on le retrouve dans les danses rituelles, la forme et la disposition des tipis ou des wigwams, dans le soleil et dans les medicine wheels («roues médecine»). Il symbolise l'unité et l'équilibre du monde, son renouveau sous forme de cycle.

    Chaque animal et élément sacré doit être représenté sous forme de totem qui peut prendre des formes diverses (mât sculpté, sac-médecine, partie du corps d’un animal). Chaque clan a le sien : la tortue pour les Iroquois ; l’ours pour les Mohawks, le calumet pour les Cayugas. Ces groupes totémiques sont toutefois bien distincts des tribus.
    Les Amérindiens croient en une existence après la mort. Cependant, les rites mortuaires sont très différents d'un peuple à l'autre : dans le Sud-Ouest, les Hopis enterrent les défunts. Dans les Grandes Plaines, les parents se coupent les cheveux ou s'automutilent. Sur les côtes du Nord-Ouest, les morts sont placés dans des cabanes mortuaires. Dans les plaines du nord, les corps sont disposés sur des arbres ou des échafaudages pour qu'ils se décomposent à l'air libre.


    Rapport à la nature
    Pour les Amérindiens des Etats-Unis la Terre est leur mère. Tout ce qui est dans la nature, êtres vivants ou non, participe au lien sacré de la vie. Chacun à sa manière remplit sa mission. L’homme n’a pas tissé la toile de la terre : il en est simplement le fil. Chaque élément naturel, chaque animal est digne de respect.
    Dans sa réponse, en 1854, au gouvernement américain qui lui proposait d'abandonner sa terre aux blancs le Chef Seattle déclarait : «(Dieu a créé la terre). La terre Lui est précieuse, et la maltraiter, c’est mépriser son Créateur. J'ai vu des milliers de bisons qui pourrissaient dans la prairie, laissés là par l'homme blanc qui les avait tués d'un train qui passait. Si nous nous décidons à accepter (votre offre), j’y mettrai une condition : l’homme blanc doit traiter les bêtes de cette terre comme ses frères et sœurs».




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  6. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Amérindiens aux États-Unis
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    Organisation sociale et politique
    L’organisation sociale varie selon les peuples. En schématisant, on peut distinguer deux groupes : des sociétés égalitaires et animistes d'une part, et des sociétés hiérarchisées et déistes d'autre part. Dans le Nord-Ouest, les Amérindiens ont développé une stratification sociale importante, tandis qu’elle est quasi inexistante chez les Navajos, pour lesquels la famille est la base de la société. D’autre part, la notion de propriété privée des terres et des habitations est parfaitement étrangère aux Amérindiens. Chez les peuples sédentaires les travaux dans les champs ou la chasse des grands animaux nécessitent une certaine organisation sociale.

    Les femmes ont une place importante dans la vie des tribus. Elles préparent le bison ou les récoltes et elles s’occupent des enfants. Une mère peut avoir suffisamment d’influence pour dissuader son fils de partir à la guerre. Chez les Navajos et les Iroquois, le mode de filiation est matrilinéaire.

    Depuis l'effondrement des civilisations du Mississippi et du Sud-Ouest, il n'existait pas d'État en Amérique du Nord. Les Amérindiens se répartissent en tribus, parfois subdivisées en clans, en bandes et en gentes ont des caractéristiques communes : leurs membres élisent et déposent leur chef ; ils sont solidaires les uns des autres et défendent leurs intérêts mutuels. Ils sont enterrés au même endroit. Les membres de la tribu partagent un même sang, un même territoire, une même langue et des coutumes similaires. Le chef de la tribu, parfois appelé sachem, est responsable du bien commun. Il est choisi pour ses capacités et sa sagesse, même si certaines tribus connaissent la transmission héréditaire du pouvoir. Les Amérindiens de l’époque précolombienne n’ont pas de lois écrites mais disposent de normes orales (Gayanashagowa des Iroquois). Les délibérations et les décisions ont lieu autour du feu.

    La guerre
    Bien que les Amérindiens ne soient pas organisés en États, les guerres entre tribus sont fréquentes : avant l'arrivée de Blancs, elle se manifeste par des raids pour montrer son courage ou pour enlever des femmes. Par exemple, à l’est, les Sénécas (une tribu iroquoise) affrontent régulièrement les Cherokees. Dans les Hautes Plaines, les Sioux massacrent les Mandans et les Apaches s’attaquent fréquemment aux Pueblos dans le Sud-Ouest. Au début du XVII[SUP]e[/SUP] siècle, les colonisateurs français prennent part aux attaques des Algonquins et des Hurons contre leurs ennemis iroquois. Ces derniers répliquent au milieu du XVII[SUP]e[/SUP] siècle et finissent par affaiblir la confédération des Hurons. Les guerriers les plus redoutables sont les Indiens des Plaines.

    Tous ces conflits sont des guerres de territoire, d’honneur, de pillage ou de vengeance. Le courage et la bravoure sont des principes fondamentaux chez les Amérindiens. Le combattant valeureux tient ainsi une place importante au sein de la tribu. Les traités d’alliance sont discutés autour du feu du grand conseil. La paix est annoncée par le calumet, la guerre par la hache. Aucun document n’est signé car la parole d’honneur suffit. Les cérémonies qui précèdent la bataille consistent en des danses de guerriers en armes et des rites de purification. Avant l’attaque, les Amérindiens lancent leur cri de guerre qui doit effrayer l’ennemi et souder le groupe. Après la guerre, les plus courageux reçoivent des distinctions honorifiques : collier de griffes d'ours, coiffe de plume.
    En général, les femmes et les enfants sont épargnés lors des attaques. Certains prisonniers sont adoptés (chez les Iroquois), d’autres sont torturés ou frappés à coups de bâton. Certains guerriers mangent les organes des vaincus ou gardent des trophées (doigts ou scalp). Avant l’arrivée des Européens, les Indiens ne disposent que d’armes rudimentaires : hache, Tomahawk, flèches et arc, massue, couteau...

    Artisanat et arts
    L’art amérindien est avant tout pictural et décoratif : des signes (idéogrammes) ou pictogrammes sur leurs tentes, leurs boucliers, leurs poteries, leurs masques… et aussi en peintures corporelles. Les œuvres sont le plus souvent très colorées.
    L’expression corporelle, la danse et la musique sont des formes artistiques qui accompagnent les rites et les cérémonies religieuses. Une fois encore, les manifestations sont très variées : Gourd Dance (Indiens des Plaines du sud), Ghost Dance, Peyote song (Apaches), waila music (Tohono O'odham)…

    L’artisanat dépend du milieu naturel et du mode de vie : les sédentaires fabriquent des objets destinés à garder les récoltes. Les peuples du Sud-Ouest sont réputés pour leur céramique, leur vannerie ainsi que pour leurs tissages géométriques et colorés. Les Indiens des Plaines décorent leurs armes et leurs costumes, peignent sur les peaux de bison, portent des bijoux et des parures raffinées. Les habitants du Nord-Ouest sculptent d’immenses mâts totémiques et des masques dans le bois de thuya. Les peuples du Nord travaillent l’os et la corne.

    Économie et vie quotidienne
    L’agriculture amérindienne est traditionnelle et essentiellement vivrière, même si certains produits peuvent faire l’objet d’un commerce. Ignorant les techniques de la métallurgie, ils ne disposent pas d’outils en fer et travaillent la terre au moyen d’instruments agraires simples, en bois et en pierre : houe, plantoir, etc. Les omoplates de bisons servent à fabriquer des sortes de bêches. En général, les travaux agricoles reviennent aux femmes, ainsi que la préparation des repas. Les productions agricoles varient en fonction du climat ; cependant, les principales plantes cultivées, que les Amérindiens surnommaient les «Trois Sœurs», étaient la courge, le maïs et le haricot.
    Selon les aires culturelles, on peut trouver du tabac, du tournesol ou du coton. Les peuples sédentaires savent mettre en œuvre des procédés pour améliorer les rendements : irrigation dans le Sud-Ouest, engrais et associations culturales dans le Nord-Est, brûlis … Les Amérindiens ne connaissent qu’un seul animal domestique avant l’arrivée des Européens : le chien. Il est un compagnon de chasse et de garde. Certains peuples pratiquent également l’élevage de la dinde.


    Les Amérindiens pratiquent un jeu de balle, ancêtre de la crosse : apparu au XI[SUP]e[/SUP] siècle en Mésoamérique ou au Mexique, il se diffuse dans la région des Grands Lacs et la Côte Est des États-Unis. Certains anthropologues ont vu dans ce sport une sorte de substitut à la guerre. Il existe d'autres jeux comme le Handgame.

    Différences par domaines bioclimatiques

    Les spécialistes distinguent habituellement huit aires culturelles principales pour l’Amérique du Nord. Ce découpage permet d’étudier les différences entre les peuples, sans pour autant rendre compte de toute leur diversité. Ces aires sont établies en fonction du milieu naturel, qui conditionne en partie le mode de vie des populations, et de la famille linguistique. Il existe 300 à 500 langues amérindiennes regroupées en 50 familles linguistiques en Amérique du Nord. Beaucoup d'Amérindiens connaissaient deux ou trois langues, ce qui facilitait les contacts entre tribus.


    Régions subarctiques
    Dans l’actuel État de l’Alaska, le milieu est défavorable à l’agriculture. Dans le nord de cette région, l’hiver est particulièrement long et rigoureux, le sol est gelé une bonne partie de l’année. La toundra cède la place à la taïga plus au sud, qui donne aux Amérindiens des ressources en bois et en gibier. Ces derniers ont appris à utiliser au mieux les ressources naturelles : en l’absence de récoltes, ils sont nomades et se tournent vers la pêche, la chasse et la cueillette pour survivre. Ils poursuivent le caribou dans les forêts, équipés de raquettes et de luges (les toboggans) qui leur permettent de progresser facilement dans la neige. Ils remontent les cours d’eau au moyen de canoë en écorce de bouleau. Ils récoltent du sirop d'érable. Leurs armes sont rudimentaires : arc, flèches, massue et lance. Les Cris et les Chipewyans se livrent à des guerres fréquentes pour le contrôle des territoires de pêche et de chasse. Ils font des esclaves qui sont troqués contre des matières premières, comme le silex ou le cuivre. Ils habitent dans des wigwams ou des abris semi enterrés, en particulier pendant l’hiver.
    Chez certains peuples, les personnes âgées étaient abandonnées dans la nature sans nourriture. La majorité des peuples de la zone sub-arctique appartiennent soit à la famille des langues athapascanes, soit à celle des langues algonquiennes.


    La côte nord-ouest du Pacifique
    Dans le Nord-Ouest (État de Washington, Oregon), le climat et les ressources de la mer et des fleuves offrent un milieu propice au développement des Amérindiens. Les communautés y vivent de la pêche aux cétacés et aux phoques ; des nasses et des barrages permettent de capturer des saumons, des truites et des morues. Les tribus Makahs, Haidas, Nootkas ramassent également des coquillages et partent dans les montagnes de l’intérieur pour chasser la chèvre, l’ours et le wapiti.

    L’abondance des thuyas est exploitée pour bien des aspects de la vie matérielle : il sert à la construction de barques monoxyles décorées. Le travail du bois (masques), la vannerie et le tissage remplacent aisément la poterie. Les peuples de cette région connaissent une organisation sociale hiérarchisée, à la différence des autres Amérindiens : il existe des groupes qui se distinguent par leur rang (une noblesse, une plèbe et des esclaves) ; le principal dignitaire est un roi héréditaire qui possède la plus belle maison, la plus richement décorée. Les villages sont constitués de grandes maisons de cèdre et de thuya dans lesquelles peuvent loger plusieurs familles. Des mâts totémiques sont dressés devant l’entrée. La culture de ces peuples présente plusieurs caractéristiques originales comme la danse rituelle du chinook, destinée à faire fondre la neige au printemps. La tradition du potlatch montre aussi la richesse et la puissance du donataire (sacrifices d’esclaves).

    Forêts du Nord-Est
    Les forêts du nord-est couvrent un important territoire allant des Grands Lacs à l’Ohio et de la côte atlantique au Mississippi. Les Amérindiens de cette région partagent en partie le mode de vie des peuples sub-arctiques, mais ils pourchassent un autre gibier (ours, élan, cerf) et pratiquent l'agriculture. Leur habitat est divers : les Algonquins, les Micmacs ou les Abenakis vivent dans des wigwams. Plus au sud, les Amérindiens vivent dans de vastes maisons (maison longue amérindienne ou long houses en anglais) qui pouvaient accueillir entre 10 et 20 familles.
    Les tribus sédentaires du sud de la Nouvelle-Angleterre construisent des villages protégés par une palissade en bois. Les habitations sont constituées d’une structure en bois recouverte de torchis ou d’écorces. Les habitants du nord-est pratiquent l’agriculture sur les terres qu’ils défrichent mais n’abandonnent pas la chasse et la cueillette pour compléter leur alimentation. La récolte du maïs donne lieu à des cérémonies. Les autres activités sont le commerce ainsi que la pêche sur les cours d'eau et les lacs, pratiquée grâce à des canoës et des pirogues. Certaines tribus sont fédérées : la ligue des cinq nations est sans doute formée dès le
    XVI[SUP]e[/SUP] siècle. Enfin, les principales familles de langues sont l'iroquois, le sioux et l'algonquien, qui se déclinent en une multitude de dialectes. Certains historiens pensent que la région occupée par les Iroquois a dépassé sa capacité porteuse dès le XV[SUP]e[/SUP]-XVI[SUP]e[/SUP] siècle, ce qui amena des rivalités entre tribus.

    Les Indiens des Grandes Plaines
    Les Indiens des Plaines sont les groupes indigènes auxquels on pense d’abord lorsque l’on évoque la Conquête de l'Ouest. Il s’agit ici de reconstituer leur mode de vie avant l’arrivée de l’homme blanc et du cheval. Dans les Grandes Plaines, les Amérindiens chassent le bison depuis des centaines d’années et vivent en semi-nomades. Le bison leur fournit de la viande, de la peau pour les tipis, l’habillement et les sacs, de la toison pour les vêtements et des tendons pour le fil.
    Leur habitat est adapté au milieu et au mode de vie nomade : il est en principe léger (wigwam, tipi), décoré de peintures, de trophées de chasse ou encore de scalps. Les Indiens des Plaines se peignent le visage et des parties du corps de signes multicolores. La veste de guerre est sortie au moment des grandes batailles. Pour les cérémonies, les Indiens des Plaines se costument avec de véritables déguisements qui imitent les animaux. Ils aiment se parer de bijoux tels que des colliers, des anneaux et des bracelets en métal ou en coquillage. Une dent d’ours accrochée autour du cou est un signe de courage ou fait office d’amulette. Les guerriers les plus valeureux portent des couronnes faites de plumes d’aigle.
    Les Indiens des Plaines ont des dialectes très différents, si bien qu’ils ne peuvent se comprendre sans l’intermédiaire d’interprètes. Le langage des signes pallie ces barrières linguistiques et les signaux de fumée permettent de communiquer sur de grandes distances. Les Pieds-Noirs parlent une lanque algonquienne ; les Sarsis une langue athapascane ; les Sioux, le lakota.

    Les plateaux
    Les plateaux du nord-ouest des États-Unis actuels représentent une vaste étendue de moyenne ou haute altitude. Le milieu naturel est dominé par la forêt et des hivers neigeux. Les plateaux sont occupés par diverses tribus telles que les Nez-Percés, les Yakamas ou les Flatheads. Dans la partie orientale, le mode de vie est nomade. Les Indiens sont en contact avec les trappeurs français et canadiens à partir du XVII[SUP]e[/SUP] siècle et deviennent au siècle suivant des éleveurs de chevaux. L’expédition Lewis et Clark découvre le mode de vie de ces peuples au début du XIX[SUP]e[/SUP] siècle. Ces derniers vivent des ressources de la forêt (cerf, ours, racines, baies, thuya) et des cours d’eau tels que la Columbia. Ils pêchent le saumon à la fin de l’été. Les maisons sont légères à la belle saison et partiellement enterrées en hiver, avec un toit couvert de terre.

    Le Sud-Est
    Les espaces situés au sud de l’Ohio et autour du golfe du Mexique bénéficient d’un milieu favorable à l’agriculture et d’une faune abondante. De nombreuses tribus se sont développées ici, parmi lesquelles les Cinq tribus civilisées qui sont considérées comme les héritières des cultures mississippiennes. Elles récoltent essentiellement le maïs, la courge et la pomme de terre.
    Le climat subtropical permet de faire pousser la patate douce, la banane et la canne à sucre ; les Amérindiens cultivent également des plantes médicinales et du tabac. Ils consomment les produits de la chasse et de la pêche. Ils connaissent les techniques de la poterie et de la céramique, qui servent à confectionner des objets pour la vie quotidienne ou pour les cultes mortuaires. L’habitat est très divers : les maisons adoptent un plan rectangulaire et sont crépies de glaise en été ; en hiver, des huttes coniques à demi enfouies servent d’abri. Ces sociétés sont hiérarchisées (chefs, prêtres) et certains villages comptent plusieurs centaines d'habitants.

    Dans les régions les plus méridionales, les Amérindiens vivent presque nus dans des huttes légères couvertes de palmes. Pour se concilier les forces de la nature, les peuples cultivateurs pratiquent le puskita (cérémonie du maïs vert). Enfin, les langues du Sud-Est se répartissent en cinq grandes familles : langues iroquoises (Cherokee…), Caddo (langue cadoenne), siouenne, muskogee (Séminoles, Creeks…) ; quant à la langue des Natchez, elle constitue un langue isolée.


    Les cultures du Sud-Ouest
    Dans le Sud-Ouest, on trouve des peuples sédentaires influencés par leurs voisins et par les civilisations qui les ont précédés (Anasazis). Ainsi les Pueblos, les Hopis, les Zuñis ou encore les Papagos pratiquent l’irrigation pour le maïs, tissent le coton, font des poteries, tressent des paniers, exploitent le cactus pour son eau, son jus, sa pulpe et son sirop, aux propriétés hallucinogènes. Comme leurs ancêtres, ils construisent des villages de pierres ou en adobe. Ils vivent sous la menace permanente des attaques des Apaches ou des Comanches.

    Amérindiens du Grand Bassin
    Le Grand Bassin est marqué par l’aridité et se trouve relativement isolé par des chaînes de hautes montagnes (Montagnes Rocheuses à l’est et Sierra Nevada à l’ouest). Les tribus qui vivent ici avant l’arrivée des Espagnols sont peu nombreuses, dispersées et doivent s’adapter aux contraintes naturelles fortes. Elles pratiquent la chasse et cultivent des lopins irrigués. Elles tressent l’armoise d’Amérique et le yucca pour confectionner des nattes, des pagnes et des sandales. Leurs techniques de vannerie sont très anciennes. Elles utilisent le saule du désert pour l’armature de leurs maisons, qui sont généralement des huttes coniques rudimentaires. Les maisons de sudation («sweathouse» ou «sweatlodge» en anglais) servent à purifier le corps des hommes avant les cérémonies. Les Havasupais bâtissent des villages au fond du Grand Canyon. Les Shoshones, les Utes et les Paiutes pratiquent la chasse sur le plateau dès l’automne venu. Ils poursuivent le bison, le wapiti et la chèvre des montagnes. La chasse leur permet d’obtenir des peaux de lapins pour fabriquer des manteaux afin de passer l’hiver.

    L’originalité de la Californie
    L’actuelle côte de la Californie se trouve isolée du reste du continent par l’imposante chaîne de la Sierra Nevada. Avant l’arrivée des colons européens, elle est peuplée d’environ 250 tribus (Chumash, Maidu, Miwok, Modoc, Ohlone, Tongva…) qui appartiennent en majorité aux langues athapascanes et se partagent de petits territoires. Ces groupes vivent en autarcie dans des huttes fabriquées avec du bois de séquoia au nord, dans des constructions en adobe au sud. Leur artisanat produit des objets en vannerie, décorés de plumes et de coquillages (chapeaux, sandales, pagnes). Ils vivent de la chasse, de la pêche et surtout de la cueillette. Certaines tribus élèvent la dinde pour sa viande.



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  7. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Amérindiens aux États-Unis
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    L’arrivée des Blancs
    (XVI
    [SUP]e[/SUP] / XIX[SUP]e[/SUP] siècles)



    Les Amérindiens sont d'abord décrits, dans le cadre de l'interprétation du Mythe de la Frontière (mythe associant esprit pionnier et innovation qui est devenu un gimmick incontournable en politique), comme des obstacles à la conquête de l'Ouest euro-américaine. Cette interprétation historique est remise en cause depuis par d'autres courants historiographiques comme les American studies (en) qui dénoncent depuis les années 1950 les interprétations mythiques de Frederick Jackson Turner, comme le courant révisionniste à la fin des années 1980 qui valorise le décentrement du regard (New Western History, New Indian History avec notamment l'ethno historien Bruce Trigger) ou comme le courant de l’histoire continentale qui reconsidère l’histoire coloniale de l’Amérique du Nord à partir du centre et non plus des côtes littorales.


    Les premiers contacts : la colonisation européenne et ses conséquences
    Situation démographique en 1492
    Il est très difficile d’estimer le nombre d’Amérindiens à la veille de la conquête européenne : l’historien Russel Thorntorn évalue à environ 7 millions le nombre d’habitants vers 1500. Selon d’autres sources, la population en Amérique du Nord était de un ou deux millions d’habitants à 12 millions au début du XVI[SUP]e[/SUP] siècle.

    Exploration et colonisation
    À partir du XVI[SUP]e[/SUP] siècle, les puissances européennes se lancèrent dans l’exploration et la colonisation de l’Amérique du Nord. Ils établissent des relations plus ou moins conflictuelles avec les indigènes, dans un contexte de concurrence coloniale. Ils se servent des rivalités entre les tribus et cherchent à dresser les Amérindiens les uns contre les autres.

    Dans le Sud-Ouest des États-Unis actuels, les Espagnols étendent leurs colonies de Nouvelle-Espagne depuis le Mexique. À partir de la fin du XVI[SUP]e[/SUP] siècle, ils s’établissent sur les territoires des Indiens Pueblos qu’ils réduisent en esclavage par le système de l’encomienda. Les frères franciscains évangélisent les peuples de Californie, du Nouveau-Mexique et du Texas grâce à un réseau de missions. Ils n'hésitent pas à recourir au travail forcé, à la torture et aux exécutions pour les Amérindiens qui persistent à pratiquer leurs rites traditionnels. L’armée espagnole doit faire face à plusieurs révoltes au XVII[SUP]e[/SUP] siècle : en 1680, la révolte Pueblo dirigée par Popé provoque l'évacuation temporaire de la région par les Espagnols. Dès 1784, une politique d'extermination des Apaches est mise en place : il s'agit de massacrer tout Apache de plus de sept ans. Après 1821, la région passe sous la souveraineté mexicaine. Après l'expédition d'Hernando de Soto (1539-1542), les Espagnols étendent leur influence sur les régions du Sud-Est. Les Amérindiens sont massacrés, réduits en esclavage avant d'être déportés dans les Caraïbes.

    Sur la côte orientale, les Britanniques fondent les 13 colonies à partir du XVII[SUP]e[/SUP] siècle. Les colons sont beaucoup plus nombreux que dans les autres colonies d’Amérique du Nord et les Amérindiens sont refoulés vers l’ouest, notamment à cause de l’accaparement de leurs terres (pratique du squatting). Les tribus du Nord-Est s’engagent dans les rivalités franco-britanniques au XVIII[SUP]e[/SUP] siècle, pendant la Guerre de Sept Ans.

    Dans les Grandes Plaines et dans la vallée du Mississippi, les Français contrôlent l’immense territoire de la Louisiane. Ils font du commerce avec les Amérindiens et organisent la traite des fourrures. Malgré quelques affrontements violents (guerre des Renards, soulèvements natchez et expéditions contre les Chickasaws), les relations franco-indiennes sont relativement bonnes en Louisiane, parce que les Français ne sont pas nombreux. L’impérialisme français s’exprime par quelques guerres et la mise en esclavage d’un certain nombre d’Amérindiens dès le début du XVIII[SUP]e[/SUP] siècle, malgré l'interdiction officielle. Ces esclaves sont capturés par les tribus au cours de raids et de batailles.
    Enfin, les Russes cherchent à satisfaire la demande des Chinois en fourrures venues des côtes du Nord-Ouest : ils contraignent les indigènes à chasser la loutre de mer.

    Conséquences sur les Amérindiens
    Les Européens introduisent des maladies inconnues des Amérindiens (variole, grippe) qui font des ravages. On estime que, dans les régions les plus touchées par les épidémies, la population a pu se réduire de 90 % avant 1650.

    Les Amérindiens échangent avec les Blancs de nouveaux produits, qui modifient leurs modes de vie et tend vers l'uniformisation des cultures : alcool, armes, blé, objets en métal, nouvelles plantes et animaux. La diffusion du cheval vers les Grandes Plaines s'intensifia après la révolte des Pueblos en 1680 dans le Sud-Ouest. Au Texas actuel, Le cheval renforça le nomadisme de plusieurs tribus et contribua à modifier leur répartition géographique. Les Navajos se mettent à élever les moutons, introduits par les Espagnols.
    Les Cinq tribus civilisées (Cherokee, Chickasaw, Choctaw, Creek, Seminole) étaient considérées comme «civilisées» par la société blanche pour avoir adopté beaucoup de coutumes occidentales (dont la possession de plantations, de maisons à l'européenne et d'esclaves noirs) et avoir de bonnes relations avec leurs voisins. L'arrivée des Blancs modifia également les rapports politiques en exacerbant les rivalités et les relations sociales (montée de chefs amérindiens, du machisme).
    Les Amérindiens tentèrent de s'unir contre l'invasion en formant des ligues et des alliances : les plus célèbres sont celle des Iroquois, des Hurons et des Creek qui réunit quelque 50 cités qui disposent chacune d’un chef et d’un conseil. Les tribus se réunissent en conseils (chez les Cheyennes, le conseil des 40 chefs). En période de guerre, les tribus se regroupent en confédérations, mais ces alliances sont la plupart du temps éphémères.

    L’Amérique du Nord est vue comme une terre à évangéliser : la christianisation est en partie acceptée par une partie des Amérindiens lorsqu’ils peuvent l’assimiler à leurs cultes traditionnels, il arrive alors que les deux cultures cohabitent dans une bonne intelligence sous l'impulsion de missionnaires plus libéraux.
    Si la plupart du temps les Européens méprisaient des Amérindiens, certains Européens s’unissent à des Amérindiennes comme certains coureurs de bois français. Pocahontas épouse l’Anglais John Rolfe en 1613.
    Dans le regard des Européens, l’Indien est au mieux un bon sauvage qu’il faut civiliser, au pire un diable à convertir, à réduire en esclavage, ou à massacrer : en 1763, le commandement anglais de Pennsylvanie fournit aux Indiens des vêtements infestés des germes de la variole.

    L'arrivée des Européens provoqua d'importantes migrations ou encore des guerres entre tribus pour le contrôle du commerce. Par exemple, les Sioux ont quitté les forêts de l’ouest du Wisconsin et du centre du Minnesota pour migrer vers l’ouest et le sud à partir du milieu du XVII[SUP]e[/SUP] siècle.
    Enfin, l'invasion européenne puis américaine engendra une profonde crise morale, qui s'est manifestée par des suicides et une augmentation de la criminalité.


    Les guerres indiennes et l’ethnocide (XIX[SUP]e[/SUP] siècle)

    La cause principale de ces conflits est la volonté expansionniste des treize colonies britanniques en Amérique du Nord puis du gouvernement américain, qui se traduit par les guerres mexico-américaines, la conquête de l'Ouest par des colons recherchant des terres et de l’or, ce qui renforce l’animosité entre les deux peuples. Ces conflits ont fait l’objet de représailles, de massacres et de pillages de la part des deux camps. Parmi les guerres indiennes les plus connues, on peut citer les guerres séminoles en Floride (entre 1817 et 1858) et la guerre des Black Hills (1876-1877) contre les Sioux.

    En 1862, les Sioux Santees massacrent 1 500 hommes, femmes et enfants américains dans le Minnesota. Le 25 juin 1876, la célèbre bataille de Little Big Horn tourne à la tuerie des hommes du lieutenant-colonel Custer par les guerriers menés par Sitting Bull. Le dernier épisode des guerres indiennes est le massacre de Wounded Knee (29 décembre 1890) au cours duquel 250 Indiens Sioux Miniconjous et le chef Big Foot sont tués par les soldats du 7[SUP]e[/SUP] de cavalerie.
    Cependant les relations entre Indiens et Européens n’ont pas toujours été violentes : en 1805, l’expédition Lewis et Clark qui part de Saint-Louis pour rejoindre le Pacifique, a souvent été aidée par des tribus amérindiennes. La Cour Suprême des États-Unis a souvent défendu les droits des Amérindiens au XIX[SUP]e[/SUP] siècle contre celui des États fédérés. Plusieurs personnalités américaines ont soutenu la cause indienne, à l’instar de Thomas Paine, Thomas Jefferson ou Roger Williams.


    Déportation et assimilation


    Au XIX[SUP]e[/SUP] siècle, les Amérindiens sont parqués dans des réserves et leur principal gibier, les troupeaux de bisons, exterminés pour leur fourrure sous les incitations du gouvernement fédéral. Ainsi même si la qualification de génocide du traitement de ces populations fait débat, dans la mesure où il n’y a pas de volonté gouvernementale arrêtée d’exterminer les Amérindiens, ces derniers sont affamés (prime au massacre de bisons), spoliés de leurs terres par la violence et la fourberie (non-respect des accords signés) et privés de leur liberté de culte ainsi que du droit de parler leurs langues.

    La construction du premier chemin de fer transcontinental et l’arrivée des colons par les pistes de l’Ouest dévaste le territoire des Indiens des Plaines. Cette politique est fréquemment nommée ethnocide, terme désignant l’extermination d’une culture. De nombreux Indiens se laissent mourir de désespoir : ce fut le cas des Creeks. Au total, ce sont tous les aspects de la conquête de l'Ouest qui provoquent le déclin de la population et de la culture indigène. L'historien Howard Zinn écrit : «le coût en vie humaine [de l'expansion territoriale vers l'Ouest] ne peut être estimé avec précision. Quant aux souffrances, elles sont purement et simplement incommensurables.»
    La recherche historique actuelle tend à montrer que les Amérindiens eurent un impact sur leur environnement par la déforestation, l'écobuage et la mise en pâture de grands territoires. Certains spécialistes pensent que la Grande Prairie où se nourrissaient les bisons est une création des Amérindiens par brûlage de la forêt. L’historien Dan Flores, de l'université du Montana, démontre que les Amérindiens ont joué un rôle décisif dans l’extermination des bisons par la surchasse.


    Le Bureau des affaires indiennes (Bureau of Indian Affairs ou BIA) est ouvert en 1824. En 1830, l’Indian Removal Act inaugure la politique de déplacement des populations indiennes toujours plus vers l’Ouest : le président de l’époque, Andrew Jackson, fait voter une loi déportant les Amérindiens de l’est du Mississippi à l’ouest de ce fleuve, principalement en Oklahoma, afin d’exploiter l’or situé sur leurs territoires, dans l’Ohio et installer les migrants venus d’Europe. Cette loi est déclarée anticonstitutionnelle par la Cour Suprême et entraîne des guerres avec les Cherokees jusqu’en 1838. Jusqu’en 1850, 100 000 Indiens sont déportés. L’épisode le plus célèbre reste celui de la Piste des Larmes en 1838-1839. Ce nom vient des larmes de compassion versées par les Américains qui voyaient passer les Cherokees devant eux. Cette déportation forcée fit au moins 4 000 victimes, à cause du froid, des maladies et de l’épuisement.

    Dans le Territoire Indien, les cinq tribus civilisées s’établissent dans des villes et apportent avec eux leurs esclaves noirs. Ils sont surveillés et encadrés par une série de forts construits par le gouvernement fédéral à proximité des réserves. Les terres sont attribuées aux tribus qui les gèrent librement. Les Cherokees relancent leur journal, fondé en 1828, alors que les Creeks rédigent une constitution originale. Tous fondent des écoles de village et développent l’enseignement secondaire. Ils réorganisent leurs églises dans lesquels les pasteurs prêchent en langue indigène. Certains Indiens réussissent à entreprendre des études dans les universités américaines. Mais l'école est avant tout un instrument d'assimilation : les enfants amérindiens perdent leurs repères traditionnels en étant coupé de leur famille. Ils sont contraints d'apprendre de l’anglais et de porter l'uniforme scolaire.

    En 1887, le Dawes Act permet la mise en vente des terres des tribus à des particuliers. Amendé en 1891 et 1906, il resta en application jusqu'en 1934.


    ..........
     
  8. nassira

    nassira العـــز و النصــر

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    24 dollars bach chra had l'ile :p ....
    ha ana kan3tih 100$ ila bgha ybi3..ckkoun kay3raf had khayna ytwassa6 lia 3andou 3afakom :eek:


    P.S: Merci chere Gazelle pour les efforts que tu fais à partager avec nous ces infos. ... !
     
  9. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    ash 3and lmyet may dir 9odam ghassalo ??????
    8ad lbouldan dial lgharb li lyoum far3in lina rassna b 7o9o9 l2inssan o lmassawa nssaw kifash o b ayyi tare9a sta3mro 9atlo sar9o l2aradi l2amwal dial lghayr o bnaw za3ma l7adara o rafa8ya dial8oum 3la d8ar nass li ta9o fi8oum et au nom de quoi ????? Au nom "de la découverte de nouvelles terres "vierges" ??????????
    Tous les continents ou iles qui ont été découverts étaient habités....
    aweddi skat 7ssen :mad:
    Merci à toi aussi, chère Nassira pour ton commentaire :)

     
  10. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Amérindiens aux États-Unis
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    La renaissance amérindienne



    La conquête des droits (
    XX[SUP]e[/SUP] siècle)


    Au début du XX[SUP]e[/SUP] siècle, le gouvernement américain prend conscience de l’inégalité et du racisme qui affectent la minorité indienne. La citoyenneté est accordée en 1924 (Indian Citizenship Act), pour la reconnaissance de l’effort des Cheyennes et des Iroquois en particulier dans la Première Guerre mondiale. Certains intègrent le mode de vie et la société américaine : dans la première moitié du XX[SUP]e[/SUP] siècle, de nombreux ouvriers amérindiens travaillent sur les chantiers de construction des gratte-ciel.

    Le rapport Meriam, publié en 1928, fait état d’une situation dramatique pour les Amérindiens (pauvreté, exclusion). En 1934, sous le premier mandat du président Franklin Delano Roosevelt, l’Indian Reorganization Act, donne une plus large autonomie politique et économique aux Indiens. Il met fin à la privatisation des terres amérindiennes, renforce l'autonomie des tribus et les engage à se doter d'une constitution écrite. Cependant, ces constitutions, de même que les décisions tribales, sont soumise à l'autorisation du BIA. À la même époque, l’Indian Arts and Craftboard est fondé afin de promouvoir l’artisanat amérindien.

    L'anthropologue John Collier est à l'origine de l'expression Indian New Deal en référence au programme de Roosevelt pour sortir les États-Unis de la crise. En 1944 est institué le National Congress of American Indians (NCAI), destiné à unir les tribus pour présenter des revendications communes au BIA et maintenir la spécificité culturelle amérindienne. Toutes ces dispositions leur permettent de récupérer un million d’hectares. Les Amérindiens jouent un rôle important pendant la Seconde Guerre mondiale : ils étaient 250000 dans l'Armée américaine. Des Navajos servant dans les services de transmissions américains ont élaboré un code basé sur leur langue afin d’assurer la confidentialité des messages radio.


    Entre 1949 et 1953, la Termination Policy (Loi de Terminaison) doit favoriser l’installation des Amérindiens en ville et achever leur assimilation. La loi de 1953 précise qu'elle vise à «conférer aux Indiens les mêmes privilèges et les mêmes responsabilités qu’aux autres citoyens, de mettre fin à leur statut de pupilles du gouvernement». Mais elle est rapidement abandonnée devant ses échecs. En 1961 est fondé le National Indian Youth Council (NIYC). En 1962, la commission des revendications indiennes (Indian Claims commission) doit verser près de quatre millions de dollars aux descendants des Creeks spoliés en 1814. En 1968 est institué un Conseil National qui coordonne les aides financières. C’est la même année que naît l’American Indian Movement, une organisation plus radicale que les précédentes.

    Le Red Power («pouvoir rouge») s’organise et cherche à se faire entendre en organisant des manifestations : en 1969, des Amérindiens occupent le site d’Alcatraz à San Francisco auquel ils assimilent les réserves du pays ; en 1972, ils prennent le Bureau des affaires indiennes ; en 1973, ils investissent celui de Wounded Knee et rappellent que de les Amérindiens ont été spoliés de nombre de leurs terres. En 1975, l’Indian Self-Determination and Education Act (en) réaffirme la souveraineté du conseil tribal. En 1977 est institué un Secrétaire aux Affaires indiennes, qui fut longtemps un Blackfoot, Forrest Gerard. En 1978, les Amérindiens une grande marche qui relie San Francisco à la capitale fédérale : ils dénoncent les atteintes à l’environnement ainsi que le matérialisme, et refusent l’assimilation.

    La même année, l’American Indian Religion Freedom Act(en) complète les droits obtenus en offrant la garantie de la liberté de culte pour les Amérindiens. En 1988, l’Indian Gaming Regulatory Act (en) permet aux tribus d'ouvrir des casinos.


    Le réveil amérindien

    Croissance démographique

    En premier lieu, les Amérindiens connaissent une renaissance démographique au cours du XX[SUP]e[/SUP] siècle. En 1900, on pouvait compter 237 196 Amérindiens aux États-Unis. D’après les différents recensements, ils sont 800 000 en 1970, 1,4 million en 1980 et 2,8 millions en 2004, soit un peu plus de 1 % de la population totale. En 2004, deux États du sud-ouest (Nouveau-Mexique et Arizona) les Amérindiens représentent une part significative de la population, puisqu’elle dépasse les 5 % du total. Moins d’un tiers des Amérindiens vivent actuellement dans des réserves, qui sont pour la plupart concentrées à l’ouest du fleuve Mississippi. Beaucoup résident dans les grandes villes : on peut recenser plus de 85 000 Indiens à New York. Les deux tribus les plus importantes en nombre sont les Cherokees (729 513) et les Navajos (298 197).

    Réussite économique et sociale
    Certains Amérindiens ont réussi à s’intégrer socialement à la société américaine contemporaine : ainsi, on a pu voir des succès individuels remarquables : N. Scott Momaday reçoit le prix Pulitzer en 1969.

    En 1980, les Amérindiens obtiennent l'autorisation d'ouvrir et de gérer des casinos. En 2004, ils avaient ouvert 350 établissements de jeu dans le pays qui rapportent 12 milliards d’euros par an. Cette activité, appelée «Nouveau bison», a permis à beaucoup de tribus de s’enrichir et de se développer. Ainsi, les Arapahos se sont lancés dans l’industrie des jeux de hasard et ont monté l’Arapaho Casino, dans l’État du Wyoming. Entre 1990 et 2000, le revenu moyen par habitant des Amérindiens a progressé de 27 %. Les Amérindiens restent organisés en tribus qui ont chacune un chef et/ou un conseil tribal et qui peuvent organiser des référendums ou faire valoir leurs droits devant la justice fédérale. Certaines, comme les Cherokee, disposent d’une constitution qui affirme des droits.
    Les tribus reçoivent une aide fédérale proportionnelle au nombre de leurs membres. En vertu des traités signés au
    XIX[SUP]e[/SUP] siècle, certaines d’entre elles reçoivent un dédommagement pour avoir été spoliées de leurs terres : c’est le cas des Séminoles noirs de Floride qui ont reçu récemment 56 millions de dollars.

    Aujourd’hui, les réserves indiennes disposent de journaux (le Navajo Times par exemple) qui rendent publiques les décisions du conseil tribal. Si les conditions de vie se sont globalement améliorées, les communautés souffrent toujours de nombreux problèmes : SIDA, violence, alcoolisme, pauvreté, isolement sont des fléaux qui touchent particulièrement les Amérindiens.


    [TABLE="class: MsoNormalTable"]
    [TR]
    [TD="colspan: 6"]
    Statistiques comparées de divers indicateurs socio-économiques :
    la condition indienne contemporaine en 1999
    [/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD][/TD]
    [TD]
    Salaire annuel moyen en $ (hommes)
    [/TD]
    [TD]
    Salaire annuel moyen en $ (femmes)
    [/TD]
    [TD]
    Taux de pauvreté (en %)
    [/TD]
    [TD]
    Niveau secondaire ou plus (en %)
    [/TD]
    [TD]
    Chômage (en %)
    [/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD]
    Moyenne nationale :
    [/TD]
    [TD]
    37 057
    [/TD]
    [TD]
    27 194
    [/TD]
    [TD]
    12,4
    [/TD]
    [TD]
    80,4
    [/TD]
    [TD]
    3,7
    [/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD]
    Amérindiens :
    [/TD]
    [TD]
    28 919
    [/TD]
    [TD]
    22 762
    [/TD]
    [TD]
    25,7
    [/TD]
    [TD]
    74,7
    [/TD]
    [TD]
    6,6
    [/TD]
    [/TR]
    [/TABLE]
    Les chiffres du tableau ci-dessus montrent que l’assimilation de la population amérindienne au Melting pot national, bien qu’en progrès, est encore limitée. De plus il existe encore d’importantes disparités entre les tribus. Par exemple, les taux de pauvreté des Navajo et des Sioux atteignent respectivement 37 et 38,9 % alors qu’il est d’environ 18 % pour d’autres tribus.


    Une reconstruction culturelle

    Plusieurs Américains d’origine amérindienne participent aux opérations dans la guerre d’Irak. Les Cherokees ont même dansé un pow wow, preuve que les Amérindiens assument de plus en plus leurs traditions ancestrales. Il existe en 2004 trente stations de radios amérindiennes aux États-Unis. Pour reconstruire leur identité, les tribus organisent des chasses au bison, des ateliers de tissage ou de poteries ou des cours de langue. Dans l’État du Minnesota, les Chippewas cultivent de façon traditionnelle le riz sauvage qu’ils appellent manoomin. Ce renouveau culturel séduit en particulier les jeunes générations.


    Le statut des Amérindiens

    Les lois fédérales des États-Unis offrent certains droits aux minorités indiennes, aux individus et aux communautés. Ces droits sont gérés par le bureau des affaires indiennes.

    L’héritage amérindien dans la culture américaine


    Dans les années 1960, sous l’influence du Red Power et des mouvements écologistes, on a redécouvert l’héritage et la civilisation des amérindiens. Ainsi en Californie, le Native American Day (le quatrième lundi de septembre) est l’occasion de rendre hommage aux Indiens de l’état, les enseignants sont invités à parler de la culture indienne dans les écoles. Depuis 2004, les cours d’histoire indienne sont obligatoires dans les écoles élémentaires du Maine.

    Reconstituer l’histoire des peuples amérindiens est relativement difficile pour les périodes les plus reculées. Sans écriture, les Amérindiens ont peu transformé leur milieu et laissé peu de traces anciennes. Néanmoins, la culture amérindienne a influencé les toponymes : plusieurs États fédérés (Ohio, Michigan, Idaho, Massachusetts, etc.) et plusieurs villes (Seattle par exemple) portent un nom d’origine indienne. De nombreux cours d'eau (Mississippi, Missouri) et éléments de géographie physique ont été puisés dans la langue des Amérindiens.
    Les Amérindiens ont également appris aux Européens la culture de plantes qui connurent ensuite un grand succès : tomate, pomme de terre, maïs et tabac. Enfin certains mots anglais rappellent leurs origines indiennes (anorak, mocassin, canoë, toboggan, etc.).


    Dès le XIX[SUP]e[/SUP] siècle, les Américains blancs se sont intéressés aux cultures amérindiennes : les anthropologues tels que Lewis Henry Morgan, Alfred Louis Kroeber, James R. Walker ou Robert Harry Lowie ont étudié leurs coutumes et leur vie quotidienne. Mais c’est surtout depuis quelques années que les États-Unis réhabilitent l’héritage amérindien : à New York, le National Museum of the American Indian (Musée national des Indiens d’Amérique) abrite environ un million d’objets des origines à aujourd’hui. Une autre partie des collections se trouve à Washington dans un bâtiment dessiné par Douglas J. Cardinal et ouvert en 2004. Il s’agit d’une institution qui avait été créée à la suite d’une loi votée par le Congrès en 1989.

    Le cinéma hollywoodien, qui a tourné plus de 4 000 films sur les Amérindiens (depuis le mythe du bon sauvage ou de l'Indien rusé assoiffé de sang des débuts à l'Indien alcoolique dans Mémoires de nos pères), a contribué au changement de regard des Américains sur les premiers peuples, avec des films comme Little Big Man, Danse avec les loups, Smoke Signals (en) ou Atanarjuat, la légende de l'homme rapide. Mais certains spécialistes écornent l’image romantique de l’Indien respectueux de la nature : plusieurs scientifiques montrent que les tribus ont contribué au recul de la forêt et participé à l’extinction du bison en profitant du commerce des peaux avec les Blancs. En outre, les dernières découvertes archéologiques remettent en cause l’origine unique du peuplement des Amériques par les populations venues d’Asie, ce qui a des conséquences sur certaines revendications indiennes notamment nationalistes.


    Listes des grandes tribus


    Aux États-Unis, neuf tribus comptent plus de 50 000 personnes : les Apaches, les Chippewas, les Cherokees, les Choctaws, les Iroquois, les Lumbees, les Navajos, les Pueblos et les Sioux.

    Il existe de nombreuses tribus, dont les plus connues sont :



    Remarque : les Inuits des régions arctiques ne sont pas des Amérindiens.





    ___________________________
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  11. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Histoire coloniale de l'Amérique


    L’histoire coloniale de l'Amérique commence peu après la redécouverte du Nouveau Monde par les Européens (Christophe Colomb en 1492). L’actuel territoire américain devient rapidement un enjeu international : les grandes puissances coloniales occidentales se lancent dans l’exploration et la conquête du Nouveau Monde puis bâtissent de vastes empires coloniaux qui finissent le plus souvent par être absorbés militairement et politiquement par d'autres empires ou par devenir indépendant vis-à-vis de leur métropole après plusieurs siècles de domination de celle-ci sur ses colonies. L'exemple le plus célèbre de ce cas est l'indépendance des Treize colonies britanniques qui devinrent les États-Unis. Ceux-ci se lancèrent à leur tour dans la colonisation des territoires de l'Ouest sauvage (Conquête de l'Ouest) puis dans une expansion outremer (aux dépens notamment de l'Espagne).


    L'histoire de la colonisation de l'Amérique par les Européens puis par les Euro-américains est d'abord décrite dans le cadre de l'interprétation du Mythe de la Frontière (mythe associant esprit pionnier et innovation qui est devenu un gimmick incontournable en politique), les Amérindiens étant considérés comme des obstacles à la conquête de l'Ouest euro-américaine. Cette interprétation historique est remise en cause depuis par d'autres courants historiographiques comme les American studies (en) qui dénoncent depuis les années 1950 les interprétations mythiques de Frederick Jackson Turner, comme le courant révisionniste à la fin des années 1980 qui valorise le décentrement du regard (New Western History, New Indian History avec notamment l'ethnohistorien Bruce Trigger) ou comme le courant de l’histoire continentale qui reconsidère l’histoire coloniale de l’Amérique du Nord à partir du centre et non plus des côtes littorales.


    XVI[SUP]e[/SUP] siècle : exploration et premières tentatives decolonisation


    Il faut attendre près d’un demi-siècle après la redécouverte du continent par Christophe Colomb pour que les navires européens lancent des expéditions sur les côtes de la Nouvelle-Angleterre, et plusieurs dizaines d’années encore avant la fondation de premiers établissements.

    Dans la première moitié du XVI[SUP]e[/SUP] siècle, les Espagnols pénètrent depuis le Mexique dans le territoire actuel des États-Unis, sans s’y implanter de façon durable. Vers l'Est, la Floride est aperçue par le navigateur Juan Ponce de León en 1513 puis, après le séjour de plusieurs années de Álvar Núñez Cabeza de Vaca, elle est explorée par Hernando de Soto qui poursuit vers les Appalaches et la région du Mississippi. À l'ouest, le mythe de l’Eldorado attire les aventuriers comme Francisco Vásquez de Coronado au Sud Ouest des États-Unis actuels. C’est ainsi qu’est découvert le Grand Canyon vers 1540 et Cabrillo croise au large de la future Los Angeles.

    Plus au Nord, les autres puissances européennes, la Grande-Bretagne et la France explorent aussi les côtes américaines entre 1520 et 1607, mais ne parviennent pas à s'y implanter malgré des tentatives entre 1560 et 1590. Dès 1497, l’explorateur vénitien Giovanni Caboto (John Cabot) est envoyé en mission par le roi Henri VII. Celui-ci longe les côtes canadiennes actuelles du Labrador, de Terre-Neuve et de la Nouvelle-Écosse. Cependant, il n’est pas unanimement reconnu par les historiens qu’il aurait débarqué sur le site actuel de Bonavista sur l’île de Terre-Neuve.

    Pour la France, Jacques Cartier débarque sur la côte est et la baptise « Nouvelle-France » pour François I[SUP]er[/SUP] en 1534. En 1541, Charlesbourg-Royal est le premier établissement européen en Amérique du Nord. Cependant, il sera abandonné l’année suivante. L’Italien Giovanni da Verrazano aborde les côtes de Caroline et de Floride en 1524. Il réclame au nom du roi François I[SUP]er[/SUP] le territoire par la fondation de Nouvelle-Angoulême (ville actuelle de New York).

    Deux tentatives de colonisation française conduites par des membres de la religion réformée échouent face aux Espagnols catholiques. En 1562, à l’instigation de l’amiral de Coligny, le roi Charles IX autorise à équiper des navires qui, sous la conduite de Jean Ribault, abordent à l'embouchure de la rivière appelée encore aujourd’hui Port-Royal. Ils construisent un fort, le fort Charles, nommé en l’honneur du roi, Charles IX (carolus) qui laisse son nom à la contrée, la Caroline. Une seconde tentative est dirigée par René de Laudonnière. Ces implantations échouent à cause de l’isolement, de la misère, du fanatisme des Espagnols et de l’hostilité des Amérindiens. En 1564, en Floride, la colonie française de Fort Caroline est défaite par la colonie espagnole de Saint Augustine. Plus tard, les troupes de Pedro Menéndez attaquent la colonie protestante de l’embouchure du fleuve Saint-Jean et en massacrent tous les habitants. Une sanglante expédition de représailles organisée à ses frais par un gentilhomme de Mont-de-Marsan indigné, Dominique de Gourgues, avec trois navires en 1567 et deux cents hommes, contre les soldats de Menéndez, ne permet pas aux Français de se réimplanter.

    Pour l'Angleterre, vers 1579, Francis Drake prend théoriquement possession de la région de San Francisco au nom d’Élisabeth I[SUP]re[/SUP] d’Angleterre, lors de son voyage autour du monde. En 1583, Sir Humphrey Gilbert propose d'établir une première colonie aux alentours de la rivière du site légendaire de Norembergue au sud de l'île de Terre-Neuve. Cependant, cette expédition en Amérique du Nord n'aura jamais lieu faute de financement. La colonie de Roanoke (surnommé la «colonie perdue») est la première tentative réelle de colonisation britannique en Amérique du Nord. La charte de colonisation est octroyée en 1584 par la reine Élisabeth I[SUP]re[/SUP] à Sir Walter Raleigh. La même année, ce dernier fait explorer la « terre de Virginie » (en hommage à Élisabeth, «virgin queen») sur le territoire de l’actuel État de Caroline du Nord, et en prend possession au nom de la couronne d'Angleterre. En 1587, une colonie permanente est fondée sur une île de la côte est (l'île de Roanoke, dans les Outer Banks), mais elle échoue dans des conditions non élucidées. La destinée des colons britanniques est sujette à débat ; la principale hypothèse suggère que les colons ont été assimilés par les populations amérindiennes.

    Fondations espagnoles au Sud

    En Floride
    En 1526, l’Espagnol Lucas Vallez de Ayllon fonde un établissement en Caroline du Sud, qui est abandonné quelques mois plus tard. Le second établissement européen permanent sur le sol des États-Unis est la colonie de St. Augustine, en Floride, fondée par les Espagnols en 1565 après qu'ils ont rasé une implantation d'huguenots français ayant tenté de s'installer en Floride. Dès 1580, le roi crée la Floride occidentale (Alabama actuel) et orientale (Floride actuelle).
    Au XVIII[SUP]e[/SUP] siècle, les rivalités hispano-françaises d'une part et hispano-anglaises de l'autre pour le contrôle de la Floride rythment l'histoire de celle-ci. Les Anglais installés en Caroline puis en Géorgie entretiennent plusieurs guerres par procuration contre les Espagnols en poussant les tribus indigènes du sud-est américain à harceler les possessions espagnoles. La situation dégénère en guerre ouverte lorsque la Guerre de succession d'Espagne (Deuxième guerre intercoloniale en Amérique) éclate en 1703. L'Espagne réussit à garder ses possessions en Floride à l'issue de cette guerre, mais, dans le cadre du conflit franco-espagnol de 1719, les Français s'emparent de Pensacola la même année. Ils restituent néanmoins la ville en 1720 aux Espagnols. Les Britanniques se font de plus en plus menaçants au nord, surtout à partir de 1733, lorsqu'ils fondent la colonie de Géorgie. Lors de la Guerre de l'oreille de Jenkins, les Espagnols se servir de Floride comme base arrière pour une invasion de la Géorgie et de la Caroline du sud. Les Britanniques tentent de s'emparer de Saint Augustine en organisant le siège de la ville en 1740, mais c'est un échec, et les colons de Géorgie doivent s'attendre à une contre offensive espagnole qui a lieu en 1742. Les Espagnols sont repoussés à la Bataille de Bloody Marsh, et le reste de la guerre se résume à des coups de force et des escarmouches menés par les deux partis à la frontière de la Floride avec la Géorgie. Ce n'est qu'en 1763, à l'issue de la Guerre de Sept ans, que la Floride passe sous contrôle britannique. Elle est toutefois reconquise par les Espagnols lors de la Révolution américaine: menés par Bernardo de Galvez, ils reprennent Saint Augustine et remportent la Bataille de Pensacola en 1781. L'Espagne garde la Floride jusqu'en 1819, année où elle vent sa colonie aux États-Unis qui y avaient des prétentions.

    Au Nouveau-Mexique
    Santa Fe est fondée au début du XVII[SUP]e[/SUP] siècle (1610) dans l’actuel État du Nouveau-Mexique par Juan de Onate qui massacra plus de cinq cents Amérindiens locaux dans le même temps, établissant du même coup la colonie du Nouveau-Mexique. Après avoir pacifié violemment les autochtones (principalement les Pueblos et les Navajos), les Espagnols s'emploient à mettre en place une importante voie commerciale entre Santa Fe et Mexico.

    Cependant, la colonie du Nouveau-Mexique reste dans l'ensemble, au XVII[SUP]e[/SUP] siècle, peu peuplée et assez marginale, dépendant surtout du Mexique. Elle doit même être abandonnée par les colons lorsque les Indiens Pueblos se soulèvent contre l'occupant espagnol en 1680. Les Espagnols réussissent finalement à rétablir la situation et à regagner la province face aux Pueblos qui sont défaits plus d'une dizaine d'années plus tard, en 1696. Au XVIII[SUP]e[/SUP] siècle, l'immigration reste toujours aussi faible au Nouveau-Mexique, dont l'économie repose surtout sur l'élevage pratiqué dans des ranchs. Le commerce avec les tribus amérindiennes des environs (notamment les Comanches) se développe également dans certains villages frontaliers, tel Taos.


    L'arrivée des Comanches au Nouveau-Mexique au début du XVIII[SUP]e[/SUP] siècle et la fondation de la Louisiane par les Français en 1699 fragilisent encore plus la colonie. Alors que les Comanches tissent rapidement des liens commerciaux avec les commerçants français, ceux-ci profitent de leurs alliances avec les Indiens de la région pour infiltrer le Nouveau-Mexique, provoquant de fait l'inquiétude des Espagnols qui pensent que les Français ont des vues sur les mines d'argent de la Nouvelle-Espagne. Lors de la Guerre franco-espagnole de 1719, le cuisant échec espagnol de l'expédition Villasur ne fait que plonger encore plus les administrateurs espagnols dans l'inquiétude d'une prochaine invasion française massive.

    Cependant, celle-ci n'aura pas lieu, mais les Comanches, influencés par les Français, dévastent plusieurs fois la colonie espagnole entre 1746 et 1752, puis entre 1758 et 1762. Après une petite période de répit entre 1762 et 1766, les Comanches s'attaquent à nouveau à la colonie, cette fois-ci plus violemment que jamais, dépeuplant et appauvrissant considérablement le Nouveau-Mexique dans les années 1770. Il faut attendre 1786 pour que la paix revienne, conférant une situation de tranquillité à toute la région jusqu'à la fin de la période coloniale espagnole en 1821.


    Au Texas
    Les Espagnols, bien qu'ils aient des vues sur le Texas dés le milieu du XVII[SUP]e[/SUP] siècle, ne commencent à s'installer définitivement dans la région qu'à la fin du XVII[SUP]e[/SUP] siècle. Plusieurs avant-postes et missions sont fondés dans les années 1680. Lorsque les Français, avec Robert Cavelier de la Salle, fondent une petite colonie sur l'actuel territoire du Texas (Fort Saint-Louis) en 1684, les Espagnols réagissent rapidement et montent une expédition militaire pour détruire l'établissement français. Le fort Saint-Louis est trouvé et réduit en cendres par les Espagnols à la fin des années 1680.

    L'occupation française de la Louisiane à partir de 1699 provoque le mécontentement et l'inquiétude des Espagnols qui ont eux aussi des vues dans la région et qui craignent que la France veuille s'approprier les mines d'argent de la Nouvelle-Espagne. L'Espagne renforce donc sa présence au Texas et a le projet de faire de celui-ci un territoire tampon destiné à protéger le Mexique des Français. De nouveaux presidios sont établis, tandis que quelques villages de colons se forment. La population du Texas reste cependant très faible tout au long du XVIII[SUP]e[/SUP] siècle (seulement 500 tejanos en 1731).
    La concurrence entre Espagnols et Français entretient un climat d'insécurité au Texas, les Espagnols redoutant une invasion française massive. Celle-ci n'aura pas lieu, mais les commerçants français venus de Louisiane infiltrent tout de même le sud-ouest espagnol, tissant des liens commerciaux avec de nombreuses nations amérindiennes hostiles aux Espagnols. C'est le cas notamment des Pawnees et des Comanches. Ceux-ci, attirés par les marchés à bestiaux de Louisiane, organisent de fréquents raids visant le Nouveau-Mexique et le Texas afin de voler aux Espagnols des mules, des chevaux et du bétail qu'ils revendent aux Français contre des armes et autres marchandises. Ces pillages comanches alimentés par ce fructueux commerce avec les Louisianais provoquent la colère des administrateurs espagnols du Texas, mais continuent plus violemment encore à partir de la fin des années 1750. Dans les années 1760 et 1770, le Texas, comme le Nouveau-Mexique, subit une série d'attaques comanches intenses qui ravagent la colonie. La paix de 1786 conclue entre le Nouveau-Mexique et les Comanches est également valable pour le Texas, mais la guerre contre les Comanches reprend dans la région en 1811, alimentée cette fois-ci par un important commerce entre Américains et Indiens.


    Malgré ces conflits incessants, l'élevage extensif se développe timidement dans la colonie au XVIII[SUP]e[/SUP] siècle. Les vaqueros, ancêtre des cow-boy, gardent le bétail et maîtrisent le rodéo, technique utilisée afin de capturer le bétail sauvage. Le système des haciendas et des ranchos est introduit dans la région, tandis que des missions sont fondées dans le but de christianniser les Amérindiens et de les sédentariser. Certains groupes d'Apaches, chassés de leurs territoires par les Comanches, viennent par exemple demander aux Espagnols leur aide, acceptant en contrepartie de s'établir en tant que fermiers autour de certaines missions espagnoles. Un grand nombre s'installe ainsi au milieu du XVIII[SUP]e[/SUP] siècle dans la mission de la San Saba, qui est détruite par les Comanches en 1758. Pour peupler le Texas, l'Espagne procure aux nouveaux colons des avantages financiers ainsi que le titre d'hidalgo. Cependant, ce sont surtout des Anglo-américains qui viennent s'établir au Texas, colonisant surtout les zones côtières. Ces colons américains deviennent si nombreux après 1821 qu'ils dépassent bientôt démographiquement les Hispano-mexicains déjà présents dans la région.

    En Californie
    À partir de 1765, les Espagnols entreprennent la colonisation de la Californie pour faire face aux tentatives d'implantations russes en Alaska. La toponymie actuelle du sud-ouest des États-Unis est héritière de cette colonisation espagnole : Sierra Nevada, Los Angeles fondée en 1781, San Francisco… L’activité missionnaire commence au XVI[SUP]e[/SUP] siècle et se heurte à la résistance des Amérindiens. À la fin du XVIII[SUP]e[/SUP] siècle, une mission est fondée à San Francisco et la chapelle existe toujours : à ce moment-là, les insurgés de la côte est proclamaient leur indépendance.


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    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Histoire coloniale de l'Amérique
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    Les premières entreprises coloniales françaises
    (
    XVII[SUP]e[/SUP] siècle)



    Plus au Nord, les Français s’établissent à Tadoussac en 1599.
    En 1604, le huguenot Pierre Du Gua de Monts, sous Henri IV, est nommé lieutenant général du roi pour le Nouveau Monde, débarque à la frontière entre les futurs Maine et le Nouveau-Brunswick le 26 juin 1604. Il détient d’Henri IV le monopole sur la traite des fourrures. Les archéologues ont identifié le lieu : il s’agit de l'îlot Sainte-Croix, dans la baie de Fundy, aux États-Unis. Ils ont retrouvé les squelettes des premiers occupants français.
    À partir de 1605, Du Gua et Samuel de Champlain explorent la côte sud jusqu’au cap Cod. Côté britannique, en 1609, Henry Hudson remonte le fleuve auquel il donne son nom.


    Nouvelle-France


    Après ces premiers voyages de Du Gua de Monts et de Champlain, les Français s'occupent à mettre en place la Nouvelle-France qui correspondait à presque la moitié du continent et était composée de quatre colonies: l'Acadie, le Canada, Terre-Neuve, et la Louisiane. La Nouvelle-France disparaît officiellement en 1763, lorsqu'elle est absorbée par les Anglais et les Espagnols en vertu du Traité de Paris qui met fin à la Guerre de Sept ans.

    Canada
    Samuel de Champlain arrive sur les territoires de l'actuel Canada en 1603 et entreprend l'exploration de la vallée du Saint-Laurent. Il fonde Québec en 1608 puis conclut une alliance avec les Hurons contre les Iroquois, ce qui entraîne dés lors un état de guerre permanent entre colons français et Iroquois jusque dans les années 1630. En 1609, une première bataille oppose un parti de guerriers iroquois à plusieurs guerriers hurons aidés par deux Français et Champlain qui doit tuer un chef iroquois avec une arquebuse. D'autres combats impliquant Français et Iroquois se déroulent après 1615.
    Cependant, à la fin des années 1620, une brève et fragile trêve est conclue entre Français et Iroquois. La population canadienne reste toutefois relativement peu nombreuse et mal approvisionnée par la métropole. Richelieu fonde la Compagnie des Cent-Associés pour aider au développement de la colonie, ce qui n'empêche pas Québec de tomber aux mains des frères Kirke en 1629, dans le cadre de la troisième rébellion huguenote de 1627-1629. Mais la prise de Québec s'est effectuée après la trêve franco-anglaise qui met fin à cette rébellion huguenote, donc en temps de paix théorique entre la France et l'Angleterre. Ainsi, les frères Kirke ont accompli un acte illégal en s'emparant de la colonie française en temps de paix, et par le Traité de Saint-Germain-en-Laye, Québec est rendue par l'Angleterre à la France en 1632.


    À partir de cette date, la colonisation française reprend avec un peu plus de vigueur, mais la population canadienne reste toujours aussi faible durant les années 1640 et 1650. La Compagnie des Cent-Associés a été ruinée par la capture de la colonie en 1629 et les attaques menées par les frères Kirke contre ses navires. Elle subsiste cependant jusqu'en 1663 et essaie avec grand peine de s'occuper de la Nouvelle-France, n'arrivant pas à développer démographiquement la colonie. La ville de Trois-Rivières est établie en 1634, puis Ville-Marie, l'ancienne ville de Montréal, est fondée en 1642. Dans les années 1640, l'action missionnaire française se développe. Les jésuites, en se rendant dans des tribus amérindiennes des Grands Lacs afin de les évangéliser, contribuent à l'expansion de la colonie vers l'ouest, en même temps que les coureurs de bois qui vont chercher les fourrures de castors. Les jésuites installés chez les Indiens aux marges de la Nouvelle-France sont aussi la cible des Iroquois. Ceux-ci reprennent en effet la guerre contre les Français au début des années 1640. Fournis en armement par les Hollandais établis à l'est en Nouvelle-Néerlande, les Iroquois organisent à partir de 1646 une série d'attaques destructrices contre la Huronie afin de s'attribuer le contrôle exclusif du commerce des fourrures. En 1648, les Hurons se sont effondrés démographiquement face aux Iroquois, et ceux-ci se mettent à lancer des raids contre les implantations françaises.
    À partir de 1664, ils sont financés et encouragés par les Anglais dans leurs offensives contre la Nouvelle-France.


    Celle-ci devient colonie royale en 1663 et est baptisée « Nouvelle-France ». Le roi de France Louis XIV y envoie le régiment de Carignan-Salière en 1665 pour rétablir la paix entre Français et Iroquois, ce qui abouti en 1666. En outre, la colonie connaît un accroissement de sa population dans les années 1670, lorsque des filles du roi y sont envoyées afin d'épouser les colons franco-canadiens, la population du Canada étant essentiellement masculine. Les guerres franco-iroquoises reprennent cependant en 1685. Les Iroquois, toujours motivés par les profits de la traite des fourrures dont ils veulent posséder le monopole exclusif, sont de plus influencés par les colons anglais de la côte atlantique qui les poussent à attaquer la Nouvelle-France. Les rivalités franco-anglaises en Amérique du nord pour le contrôle de certains territoires et pour le commerce des fourrures entraînent en effet des guerres par procuration qui, elle-mêmes, se muent en véritables guerres ouvertes.
    En 1689, après le massacre de Lachine et à la faveur de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, éclate la première guerre intercoloniale qui oppose jusqu'en 1697 colonies françaises et anglaises. Après trois autres guerres coloniales contre l'Angleterre et ses Treize colonies, le Canada est cédé à la Grande-Bretagne en 1763, après la chute de Québec en 1759.


    Acadie
    Après les voyages de Champlain et de Du Gua de Monts sur les côtes acadiennes en 1603-1605, Jean de Poutrincourt fonde Port-Royal en 1605. Une petite colonie française se développe en Acadie, où est donnée en 1606 la première représentation théatrale d'Amérique du nord. Parallèlement est mis en place l'Ordre du Bon-Temps. Les contacts avec les Amérindiens locaux, les Micmacs, deviennent très vite amicaux, les Micmacs acceptant de fournir des provisions alimentaires à la colonie. Le monopole commerciale de De Monts est cependant révoqué plus tôt que prévu, et les colons de Port-Royal doivent revenir en France en 1607.
    Poutrincourt obtient toutefois une nouvelle concession en Acadie en 1610 et, revenu dans son ancienne colonie, rebâtit Port-Royal. Les Jésuites, qui lui sont hostils, complotent alors contre lui et établissent une colonie rivale sur l'île des Monts Déserts en 1613. Le corsaire anglais Samuel Argall, venu de Virginie, détruit peu après cette colonie avant de s'en prendre à son tour à Port-Royal qu'il ravage et pille en 1615. Le fils de Poutrincourt, Charles de Biencourt, reste sur place avec quelques autres colons qui s'adonnent à un commerce des fourrures avec les Micmacs et les Abénaquis. A partir de 1629, le gouvernement anglais, s'intéressant à l'Acadie, y fait installer par le biais de William Alexander une colonie écossaise (Nouvelle-Écosse). La France se réintéresse elle-aussi à l'Acadie à cette époque. Après la destruction de la colonie de William Alexander, Charles de Saint-Étienne de la Tour est nommé lieutenant général de l'Acadie. Isaac de Razilly est fait gouverneur de la colonie et repeuple celle-ci entre 1633 et 1635.
    A sa mort en 1635 éclate la guerre civile acadienne qui constitue un véritable conflit de succession. Charles de la Tour et Charles de Menou d'Aulnay n'arrivent pas à s'entendre à propos de la direction de la colonie et se combattent militairement à partir de 1640. En 1645, La Tour est obligé de se réfugier au Canada, mais revient en Acadie en 1650 à la mort accidentelle d'Aulnay.
    En 1654, la colonie est capturée par une flotte anglaise menée par Robert Sedgwick. Elle est totefois rendue à la France en 1667 par le Traité de Breda. Les Français n'en reprennent cependant le contrôle effectif qu'en 1670, les Anglais ne désirant pas quitter le territoire. A l'issue de la deuxième guerre intercoloniale, la France perd définitivement la péninsule acadienne en 1713 au profit de l'Angleterre, mais conserve néanmoins quelques îles, telle l'île du Cap-Breton.

    Terre-Neuve
    En 1658, à la faveur de l'état de guerre qui existait alors entre la France et l'Angleterre, Louis XIV octroie à Nicolas Gargot de La Rochette, capitaine au long cours, le port de Plaisance, à titre de fief héréditaire, ainsi qu'une vaste concession s'étendant sur vingt-six lieues de profondeur dans la région du sud de Terre-Neuve. Cette concession s'étend durant les années suivantes au détriment des possessions anglaises situées au nord de l'île. Lors de la première guerre intercoloniale, plusieurs combats opposent Français et Anglais pour le contrôle de Terre-Neuve. Mais à la suite d'une campagne militaire organisée contre les centres de pêche anglais en 1696, Pierre Le Moyne d'Iberville et son armée parviennent à conquérir et à occuper la majorité de la partie anglaise de l'île. Cependant, ces nouvelles conquêtes sont rendues par la France à l'Angleterre en vertu du Traité de Ryswick en 1697. Seize ans plus tard, les Français doivent céder leurs possessions de Terre-Neuve en même temps que l'Acadie, suite au Traité d'Utrecht qui met fin à la deuxième guerre intercoloniale en 1713.

    Pays d'en Haut
    À partir de 1660, la Nouvelle-France poussait ses limites territoriales vers l'intérieur du continent avec la fondation de La Baye, Saint-Ignace, Sault-Sainte-Marie, Vincennes, et Détroit en 1701. À partir de 1773, la population de Détroit était de 1 400 colons. Cette même ville a fait partie de la province de Québec avec l'Acte de Quebec en 1774. En 1778, sa population était désormais de 2 144 habitants. Après la guerre d'indépendance américaine, la partie sud des Grands Lacs est devenue la propriété des États-Unis en 1783.

    Pays des Illinois
    Le Pays des Illinois en 1752 avait une population de 2 573 habitants. La majorité de la population était concentrée aux alentours de Kaskaskia, Cahokia, et Sainte Geneviève. Le Pays des Illinois fut pendant la période coloniale française (et même bien après), le grenier à blé de la Louisiane. En effet, le commerce se développa entre celle-ci et le Pays des Illinois, le blé étant importé à la Nouvelle-Orléans depuis Kaskaskia ou Kahokia, importations qui arrivaient par voie fluviale sur le Mississippi. Le Pays des Illinois connut une petite prospérité grâce à ce commerce intercolonial, et certains villages s'agrandirent ou se créèrent. Bien que ce ne fût jamais une colonie esclavagiste, le Pays des Illinois comptait quelques esclaves noirs achetés le plus souvent à la Nouvelle-Orléans et travaillant à des taches agricoles.

    Louisiane
    La Louisiane fut fondée en 1699 par Pierre Le Moyne d'Iberville qui érigea le fort Maurepas puis Mobile à la suite d'une expédition maritime. L'un des buts principaux de cette nouvelle colonie était d'encercler les colonies britanniques situées sur le littorale est-américain et déjà bloquées au nord par le Canada. Ce but militaire et politique devint rapidement la motivation première de la décision royale de garder la Louisiane lorsqu'il devint claire aux yeux de Louis XIV puis de Louis XV que cette province coûteuse ne rapportait guère au Royaume.
    La population de colons resta longtemps très marginale en Louisiane. De plus, alors que la France était plus occupée par la Guerre de succession d'Espagne que par sa nouvelle conquête, celle-ci subit un manque flagrant et cruel de vivres et de provisions en provenance de la métropole, ce qui eut pour effet de pousser la plupart des militaires et des colons sous-alimentés à aller vivre dans les tribus indiennes des environs. Entre 1702 et 1712, la menace d'une invasion anglaise fut aussi très présente dans la colonie, tandis qu'une guerre par procuration par l'intermédiaire d'alliés indiens, était menée contre les implantations des colonies britanniques de l'est, dans le cadre de la deuxième guerre intercoloniale.
    À partir de 1712, la Louisiane fut cédée par le roi à Antoine Crozat, donc à titre privé, avant que ce dernier, voyant que sa colonie lui coûtait plus qu'elle ne lui rapportait, ne la recède en 1717 à la compagnie privée de John Law, la compagnie du Mississippi. C'est sous la direction de celle-ci que la Louisiane commença à se repeupler avec l’arrivée à La Nouvelle-Orléans fondée en 1718 de 7 000 immigrants français entre 1718 et 1720. La Compagnie française des Indes occidentales fut enfin la dernière acquéreuse privée de cette coûteuse colonie et put y importer des esclaves noirs d'Afrique. Le roi reprit définitivement la direction de la Louisiane en 1734.
    Après différentes guerres menées contre l'Angleterre et certaines tribus amérindiennes (comme la Révolte des Natchez en 1729-1731), les territoires alentours de La Nouvelle-Orléans et à l'ouest du Mississippi furent cédés à l'Espagne par le Traité de Fontainebleau (1762) à l'issue de la Guerre de Sept ans afin d'éviter qu'ils ne tombent aux mains des Anglais. Ceux-ci purent acquérir en 1763, au Traité de Paris (1763) les territoires situés à l'est du Mississippi. La Louisiane redevint possession française par le Traité de San Ildefonso (1800), puis finalement vendue en totalité aux États-Unis en 1803.


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  13. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Histoire coloniale de l'Amérique
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    Les premières colonies britanniques
    (
    XVII[SUP]e[/SUP] siècle)



    Les colonies anglaises de la côte atlantique


    En 1606, le roi Jacques I[SUP]er[/SUP] fonde la compagnie de Virginie afin de coloniser les territoires réclamés de la colonie de Virginie, entre le 34[SUP]e[/SUP] et le 45[SUP]e[/SUP] degré de latitude nord. Il divise en outre la colonie en octroyant une charte à deux coentreprises de cette compagnie : la compagnie de Plymouth (en) et la compagnie de Londres (en). Ces dernières auront donc pour mission de coloniser les terres sur le territoire octroyé par leur charte respective : le nord à la compagnie de Plymouth et le sud à la compagnie de Londres. Cependant, toutes deux auront le droit d'établir des colonies dans une zone de chevauchement des deux territoires. Ainsi, la compagnie de Londres se voit donnée par la charte le territoire s'étendant du cap Fear au détroit de Long Island, alors que la compagnie de Plymouth détient les droits sur les terres situées entre la baie de Chesapeake et les environs de la frontière canado-américaine actuelle.

    Ces compagnies espèrent découvrir là comme au Mexique des mines d'or et d'argent. Leurs rapports avec les indiens sont rapidement tendus. La pêche de la morue au nord et la culture du tabac au sud dédommagent ces premiers colons de leur déception. La fertilité du sol en attire de nouveaux, tandis que les événements politiques en Angleterre favorisent l'émigration vers d'autres points.


    Le plus ancien établissement fixe des Anglais ayant perduré jusqu’à nos jours est la ville de Jamestown, en juin 1607, fondée par les envoyés de la compagnie, sur les terres d'un chef Potomac Powathan : elle compte une centaine d’habitants. L’agriculture et les conditions de vie sont mauvaises pour les colons car les terres sont insalubres. Pour ne pas mourir de faim, ils se réfugient dans le village de Potomac Powathan, nouant d'abord des relations avec les indiens (Histoire des Pocahontas). Au cours de l’été 1608, le conseil de la colonie réclame leur retour, le chef Powathan refuse. Le 30 août 1608, le capitaine John Smith envoie ses troupes « libérer les nôtres, esclaves du sauvage ». Il attaque un village amérindien, tue 23 hommes, et repart avec les réserves et une vingtaine de femmes et d’enfants qui servent d’otages et d’esclaves. Les enfants sont ensuite noyés et les femmes égorgées. Cette colonie développe rapidement la plantation du tabac.


    Statuts des colonies anglaises


    Chaque colonie possède un statut propre qui dépend de son histoire mais au-delà des différences institutionnelles on peut distinguer trois catégories :

    Les Colonies à Chartes
    Les Colonies à Chartes dont le statut dépend de chartes octroyées par le souverain à des compagnies maritimes privées. La charte définit les règles politiques de la colonie. Dans les années 1770, seules les colonies du Rhode Island et du Connecticut et le Maryland bénéficient de ce statut. Ces deux colonies sont sans doute celles qui jouissent de la plus grande autonomie du fait de l'existence de corps constitués. Le gouverneur et les principaux administrateurs (comme le lieutenant-gouverneur) sont élus par une assemblée coloniale.

    Les Colonies de Propriétaires
    Les Colonies de Propriétaires leurs statuts politiques ont été définis lors de la reconnaissance par Londres de la fondation de la colonie. Ils reposent donc sur l'initiative d'un grand personnage, que l'on nomme le "propriétaire" (Lord Proprietor). L'exemple le plus connu est celui de la Pennsylvanie, quand, en 1681, Charles II cède à William Penn, les territoire qui correspondent aux provinces de Pennsylvanie et du Delaware et lui accorde en 1683, une Frame of Government. À l’origine le fondateur faisait office de gouverneur. Avec le temps, le gouverneur est désigné par les héritiers du fondateur de la colonie et leur choix doit être ratifié par Londres.
    En 1776, John Penn (1729 - 1795), petit-fils du propriétaire, exerçait les fonctions de lieutenant-gouverneur de la Pennsylvanie. De même Oglethorpe est un lord propriétaire, mais avec une particularité : il s'agit d'une colonie administrée suivant une charte qui a une durée de vingt et un ans. Il en est cependant le gouverneur dès 1733. Les provinces comprises entre la Nouvelle-Angleterre et le Maryland avaient originellement pour propriétaire le duc d'York, mais devient des colonies à charte.


    Les Colonies de la Couronne
    Les Colonies de la Couronne: le New Hampshire, le Massachusetts, la province de New York, le New Jersey, la Virginie, et les deux Carolines et la Géorgie en fait. Elles bénéficient d’une “Constitution” rédigée par la couronne. On entend par “constitution”, une somme des textes fondateurs, d'instructions successives données aux gouverneurs, modérées par l'expérience et la tradition. Ce sont les Colonies où le contrôle de la métropole est par nature le plus étroit : le gouverneur nomme les administrateurs et dispose d’un droit de veto sur les discussions des assemblées locales.
    Un droit de veto renforcé par celui du Conseil Privée qui peut rejeter les décisions du gouverneur. Ce dernier peut enfin dissoudre ou ajourner l’Assemblée coloniale.



    L'esclavage en Amérique

    Le premier débarquement d'esclaves noirs s'effectuera en 1619 sur le site de Jamestown par des bateaux néerlandais. Quelques mois après la fondation de Jamestown, la compagnie de Plymouth fonde la colonie Popham sur le territoire de la ville actuelle de Phippsburg (en) dans l'État actuel du Maine. Cependant, cette dernière disparaît un an après sa fondation, et la compagnie de Plymouth cesse ses activités en 1609.
    Ainsi, la zone de chevauchement est accordée à la compagnie de Londres après un remaniement de la charte royale, et le territoire est nommé «Virginie». La région exclusivement octroyée à la défunte compagnie de Plymouth sera quant à elle connue sous le nom «Nouvelle-Angleterre» à partir de 1620.
    Les frontières de ces colonies sont étirées en ligne droite à l'aveuglette par la Couronne anglaise, et ce, en clamant la souveraineté britannique sur les terres inconnues et inexplorées par l'Angleterre, notamment celles de la Nouvelle-France et de la Nouvelle-Espagne.



    Nouvelles colonies anglaises

    Plus au Nord, au-delà de la concession de la compagnie, en 1620, une centaine de puritains débarquent du Mayflower et fondent Plymouth (Massachusetts). Leur mode de gestion de la colonie est discuté à bord du bateau : comme chaque famille possède une part du bateau, c'est un vote qui fonde un système à la fois démocratique, capitaliste et religieux qui fait de ces Pilgrims fathers les symboles de la future Amérique.

    En 1620, la compagnie de Plymouth est réorganisée en formant le Conseil de Plymouth afin de coloniser le territoire de la Nouvelle-Angleterre. Ce conseil sera cependant radié en 1635 en tant qu'entité corporative, et la charte sera laissée à la disposition de la Couronne. Le Conseil de Plymouth octroie des lettres patentes à la colonie en 1621 et 1630, mais cette dernière sera administrée indépendamment du conseil sous les dispositions du pacte. Ce texte de loi devient la fondation même de la Constitution des États-Unis, mais non pas la première Constitution. Ce titre revient de droit au Ordres fondamentaux du Connecticut écrits en 1638 pour la colonie du Connecticut fondée en 1636.

    Les pèlerins nouent des relations de voisinage distant avec les indigènes, qui leur permettent de survivre, en leur donnant et apprenant a cultiver le maïs (indian corn) et le potiron sans oublier le dindon: en 1621 est célébré le premier Thanksgiving.
    Les querelles religieuses en Angleterre renforcent l’arrivée de nouveaux puritains dans cette région. Mais il y a aussi de nombreux protestants allemands qui fuient la misère et les persécutions religieuses (on compte ainsi 10 000 Allemands avant l’indépendance).

    Les puritains de Boston et Providence se lancent dans le commerce triangulaire. Ils achètent des esclaves en Afrique et les revendent en Virginie au Maryland ou sur les marchés antillais. Au milieu du XVII[SUP]e[/SUP] siècle, Boston est devenue avec ses 3
    000 habitants, le centre de la Nouvelle-Angleterre. Des missionnaires tentent d’évangéliser les Indiens.
    De nouveaux groupes de protestants arrivent en Nouvelle-Angleterre
    : anabaptistes et quakers qui sont persécutés au Massachusetts et qui s’établissent dans des colonies voisines.

    - En 1624, la colonie de Virginie devient colonie royale. Les Indiens sont réduits en esclavage. Les conditions de travail qui s’en suivent vont petit à petit décimer les populations indiennes. Les planteurs résoudront ce problème en important des esclaves d’Afrique Noire, plus peuplée. Le nombre de colons britanniques augmente et la prospérité se construit sur la culture du tabac et le commerce triangulaire. Une société complexe se construit, avec de riches planteurs blancs, des blancs dépourvus d’esclaves, des esclaves noirs, des noirs affranchis et des métis Indien, Blanc et Noir.

    - En 1632 est fondée la colonie du Maryland sous l’action de Sir George Calvert, connu sous le nom de Lord Baltimore. Elle accueille les catholiques persécutés en Angleterre. Des heurts les opposent par la suite aux protestants qui prennent finalement l’ascendant sur la colonie en 1689. La culture du tabac assure sa fortune et son expansion au cours du XVII[SUP]e[/SUP] siècle. Cecilius Calvert, le fils de Sir George Calvert, hérita du Maryland.
    - En 1638 est fondée la colonie de Rhode Island par Anne Hutchinson ; elle devient un modèle de tolérance religieuse inscrite dans la charte de la colonie. En 1763 y est construite la première synagogue américaine, à Newport.
    - En 1664, les Anglais s’emparent de New York et de sa région, chassant les colons hollandais et suédois qui avaient tenté de s'implanter sur ces côtes.
    - En 1682 est créée la Pennsylvanie, les forêts du quaker William Penn. La colonie accueille des sectes allemandes et les baptistes irlandais et gallois. Le climat de tolérance religieuse encourage l’économie. Après la guerre de Trente Ans (1618-1648) dans l’empire germanique, 125 000 luthériens allemands s’installent en Pennsylvanie. Vers 1750, la population de Philadelphie dépasse celle de Boston.
    - Les Anglais font venir des esclaves africains pour travailler dans les plantations : ils suivent en cela les politiques des Espagnols et des Portugais en Amérique du Sud. Le nombre d’esclaves noirs augmente surtout au début du XVIII[SUP]e[/SUP] siècle.
    - À partir de 1686, l’Angleterre change de politique coloniale et supprime les chartes octroyées aux colons d’Amérique. La Nouvelle-Angleterre devient dominion de la couronne, sous le nom de Dominion de Nouvelle-Angleterre en Amérique, administrée par un gouverneur nommé et révocable par le roi. La glorieuse révolution en Angleterre provoque des soulèvements parmi les colons américains qui ne reconnaissent pas la nouvelle dynastie en Angleterre.
    - Dans les années 1740, plusieurs prêcheurs puritains encouragent, par leurs sermons, le retour à plus de rigueur. Ces années d’ébullition religieuse mènent à l’essor de l’Église méthodiste américaine qui encourage la colonisation vers l’intérieur du continent (Ohio…). Elle réclame également plus de libertés en matière religieuse et fiscale, préparant la Révolution américaine.

    Ainsi la colonisation anglaise s’est portée essentiellement sur les côtes (de la Virginie au Nouveau-Brunswick). Il s’agit d’une colonisation importante par le nombre des colons impliqués, et qui répond à une logique commerciale et religieuse : nombreux sont ceux qui partent de l’Angleterre pour établir en Nouvelle-Angleterre, un régime politique plus conforme à leurs vues religieuses (ainsi, la colonie de la Baie du Massachusetts est une colonie puritaine, le Maryland est catholique…). Les colons repoussent les indiens vers l’intérieur des terres et deviennent plus nombreux qu’eux.

    Vers 1740 les territoires britanniques d’Amérique du Nord comptent un million d’habitants. Le premier recensement fédéral de 1790 fait état d’une population de 4 millions d’habitants. Outre l'immigration, le taux d'accroissement naturel y est particulièrement élevé. Le taux de natalité varie de 40 à 50 % (Dans l'Europe de la même époque, le taux se situait plus bas, entre 30 et 40 %). Car l'âge des hommes au mariage ne cesse pas de s'abaisser : 27 ans au début XVII[SUP]e[/SUP] à 24,6 ans à la fin du XVIII[SUP]e[/SUP] siècle. Pour les femmes, il se situe, pour le dernier sondage, à 22,3 ans. L'interprétation est relativement simple. L'âge au mariage varie suivant les ressources disponibles. Or, la terre ne manque pas dans les colonies. II n'est pas nécessaire d'attendre avant de se marier. Ainsi, on a constaté que 15 % seulement des familles de la Nouvelle-Angleterre ont moins de trois enfants. L'Amérique du Nord a un taux de mortalité plus bas que l'Europe : la barre des 25 % (En Europe, il monte jusqu'à 35 ou 40 %), la Nouvelle-Angleterre faisant mieux que la Virginie.
    Les historiens, cette fois-ci, éprouvent des difficultés à expliquer cette différence entre les deux rives de l'Atlantique. Une meilleure alimentation en Amérique ? Un chauffage plus régulier, grâce à l'abondance du bois ? L'absence ou la relative innocuité des épidémies, à cause de la dissémination géographique des établissements ?


    Ce qui fait vivre les premiers colons c’est le commerce triangulaire et le travail des esclaves dans les plantations du sud ; néanmoins les colonies du nord se tournent de plus en plus vers la manufacture et l’agriculture sans esclaves tandis que le sud maintient fermement l’esclavage. La société du sud est aussi fortement métissée car les blancs n’hésitaient pas avoir des maîtresses noires ou indiennes. Néanmoins elle reste fortement affectée par des idées racistes.
    Les esclaves sont convertis au christianisme rebaptisés obtiennent le nom de leur maîtres. Afin de déculturer les noirs, les esclaves de la même ethnie étaient séparés.
    Échangés en Afrique contre fusil, poudre à canon, habits, alcool… et diminués au terme de bois d´ébène, les esclaves seront déportés par des négriers britanniques mais aussi français, espagnol, danois ou hollandais.



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  14. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Suite 1 - Les premières colonies britanniques
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    Treize colonies

    Les Treize colonies sont les colonies de l'Empire britannique d'Amérique du Nord qui donnèrent naissance aux États-Unis d'Amérique. C'est ainsi que le Royaume de Grande-Bretagne, notamment, les désigna avant la signature du Traité de Paris de 1783 où elles sortirent du champ de sa souveraineté. Elles sont situées sur la côte Est de l'Amérique du Nord, entre la Nouvelle-Écosse et la Floride et entre l'Atlantique et les Appalaches. Des colonies britanniques d'Amérique du Nord sont restées loyales à la Couronne (on parle de colonies loyalistes).


    Fondées entre 1607 (Virginie) et 1732 (Georgie), unies en 1775, elles signent la déclaration d'indépendance des États-Unis en 1776 et se séparent de la Grande-Bretagne. Ceci provoqua la Guerre d'indépendance des États-Unis qui elle-même aboutit à l'Indépendance des États-Unis.
    L'histoire des Treize colonies est en partie liée à celle des colonies européennes et plus particulièrement britanniques de la côte atlantique. Différenciées quant à leur statut et leur origine politique, elles sont marquées par une grande hétérogénéité.


    Fondation des colonies anglaises d’Amérique (XVII[SUP]e[/SUP] siècle)

    Les 13 colonies anglaises d'Amérique du Nord
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    1682
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    1732
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    1752
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    À la fin du XVI[SUP]e[/SUP] et au début du XVII[SUP]e[/SUP] siècle, l'Angleterre se lance dans une politique de conquêtes coloniales. Les rivalités avec la France et l'Espagne, la volonté de devenir une puissance maritime et de découvrir le passage du Nord-Ouest vers l'océan Pacifique encouragent Londres à explorer puis coloniser l'Amérique du Nord.

    Fondation de la Colonie de Virginie

    En 1584, Sir Walter Raleigh (1554 - 1618) explore les côtes de la Virginie, qu'il baptise en l'honneur de la reine Élisabeth I[SUP]re[/SUP]. En 1585, une colonie est fondée sur une île de la côte Est, mais elle disparaît dans des conditions non élucidées. Le mathématicien Thomas Harriot qui l'accompagne, dresse une première carte de la région et rédige le premier ouvrage d'importance sur l'Amérique du Nord.
    Le roi Jacques I[SUP]er[/SUP] (1603-1625) hérite du territoire compris entre le 34[SUP]e[/SUP] et le 45[SUP]e[/SUP] degré de latitude, qu'il partage entre la London Company et celle de Plymouth. Ces dernières espèrent découvrir des mines d'or et d'argent. C'est finalement la pêche à la morue au nord et la culture du tabac au sud qui deviennent les bases de l'économie coloniale. La fertilité du sol attire de nouveaux colons, et l'émigration anglaise est favorisée par les troubles politiques et religieux. La ville de Jamestown est fondée en 1607 par les envoyés de la Virginia Company sur les terres d'un chef potomac, Powhatan (chef amérindien) : elle compte à cette époque une centaine d’habitants. L’agriculture et les conditions de vie sont mauvaises pour les colons, car les terres sont insalubres.


    Fondation de la Province de la baie du Massachusetts

    En 1620, une centaine de dissidents anglais débarquent du Mayflower et fondent Plymouth (Massachusetts). Le mode d'organisation de la colonie a été discuté à bord du bateau : c'est le Mayflower Compact. Les Pères pèlerins nouent des relations de voisinage distant avec les indigènes qui leur permettent de survivre, en leur donnant du maïs, des potirons et des dindons. Les querelles religieuses en Angleterre renforcent l’arrivée de puritains dans cette région à partir de 1630. Mais il y a aussi de nombreux protestants allemands qui fuient la misère et les persécutions religieuses ; on compte ainsi 10 000 germanophones avant l’Indépendance. Les puritains de Boston et Providence se lancent dans le commerce triangulaire. Ils achètent des esclaves en Afrique et les revendent en Virginie, au Maryland ou sur les marchés antillais. Au milieu du XVII[SUP]e[/SUP] siècle, Boston est devenue, avec ses 3 000 habitants, le centre de la Nouvelle-Angleterre. Des missionnaires tentent d’évangéliser les Indiens. De nouveaux groupes de protestants arrivent en Nouvelle-Angleterre : anabaptistes et quakers qui sont persécutés au Massachusetts et qui s’établissent dans des colonies voisines.


    Fondation de New York et des colonies du centre

    D'abord exploré par Giovanni da Verrazano pour le compte de la France en 1524, le site de New York est ensuite reconnu par Henry Hudson en 1609. Le navigateur britannique reconnaît la baie de New York puis le fleuve baptisé en sa mémoire, l'Hudson River. Les Hollandais occupent ensuite la Nouvelle-Amsterdam dès 1614 et fonde la Nouvelle-Néerlande. En 1626, le directeur de la colonie Peter Minuit achète l’île de Manhattan aux Amérindiens. En 1664, le roi Charles II d'Angleterre offre la Nouvelle-Amsterdam à son frère, le Duc d'York. Les Anglais s'emparent de New York au cours de la même année.
    Les fondations se multiplient dans les années 1630 : Sir George Calvert (Lord Baltimore) crée la colonie du Maryland en 1632 ; elle accueille les catholiques persécutés en Angleterre. Le Rhode Island apparaît en 1638 par l'action d'Anne Hutchinson.
    En 1664, les Anglais s’emparent de New York et de sa région, chassant les colons hollandais et suédois qui avaient tenté de s'implanter sur ces côtes.


    Fondation de la Province de Pennsylvanie

    Plus au sud, l’exploration de la vallée du Delaware commence au début du XVII[SUP]e[/SUP] siècle. Les premiers colons suédois, hollandais et anglais revendiquent tour à tour les rives du fleuve : la Nouvelle-Suède, fondée en 1638, est annexée à la Nouvelle-Néerlande en 1655. Puis la région passe définitivement dans le giron britannique en 1674.
    En 1681, le roi d’Angleterre Charles II octroie une charte au quaker William Penn (16441718), en échange de l’annulation d’une dette que le gouvernement devait à son père. Par ce document, la colonie de Pennsylvanie est officiellement fondée.

    Suppression des chartes

    À partir de 1686, l’Angleterre change de politique coloniale et supprime les chartes octroyées aux colons d’Amérique. La Nouvelle-Angleterre devient dominion de la couronne, administrée par un gouverneur nommé et révocable par le roi. La glorieuse révolution en Angleterre provoque des soulèvements parmi les colons américains qui ne reconnaissent pas la nouvelle dynastie en Angleterre. Le Connecticut garde sa charte royale jusqu'en 1818.
    En 1700, douze des treize colonies ont été fondées. La Géorgie rejoint les possessions britanniques en 1733.


    Les colonies au XVIII[SUP]e[/SUP] siècle

    Les Treize colonies s'étendent sur plusieurs centaines de kilomètres le long de la côte atlantique. Il faut plusieurs semaines de navigation pour rejoindre l'Angleterre. Les communications entre les colonies étaient lentes et souvent difficiles : les routes existantes étaient en mauvais état et il existait peu de ponts. Selon l'usage et par commodité, on dénombre du Nord au Sud, trois sous-ensembles parmi ces colonies et provinces. Nous les indiquons en gras, avec les colonies qui les composent, suivies du nom de l'actuel ou des actuels États correspondants (sur les dénominations voir ci-après) :
    La Nouvelle-Angleterre (New-England), sous laquelle on désignait déjà à l'époque moderne :

    Les colonies du Nord forment la Nouvelle-Angleterre dont la capitale et la ville la plus peuplée est Boston. Les premiers colons européens de la Nouvelle-Angleterre étaient des puritains anglais en quête de liberté religieuse. Ils ont donné à l'organisation politique régionale son trait distinctif, les «town meetings», réunions des habitants de chaque ville, souvent annuelles, pour y discuter les sujets politiques locaux et voter les décisions. Le peuplement était relativement homogène, pour l'essentiel constitué d'habitants des îles britanniques. En l'absence de terre fertile pour l’agriculture, la région s'est tournée vers l'artisanat et le commerce, notamment maritime avec une importante flotte de commerce, et la pêche (notamment celle à la baleine) qui étaient devenues les industries dominantes.

    Les colonies du Centre ont connu un peuplement d'origines diverses : dès le XVII[SUP]e[/SUP] siècle se sont installées des communautés scandinaves, hollandaises, allemandes. L'agriculture y était diversifiée et l'élevage omniprésent.

    Marquées par un climat subtropical, les colonies du Sud avaient une économie dynamique tournée vers l'agriculture commerciale, destinée à l’exportation (tabac, indigo, céréales). Elle utilisait une main-d'œuvre servile qui travaillait sur de grandes exploitations aux mains des planteurs. L'aristocratie blanche vivait sur ces grands domaines et se faisait construire de belles demeures. Le Sud était majoritairement rural et les villes y étaient rares et relativement peu peuplées (Charleston, Baltimore et Norfolk). La population d'origine africaine était plus nombreuse que dans les autres colonies.

    • Certains ouvrages évoquent un quatrième ensemble, les colonies dites de la baie de Chesapeake (Cheasapeake Colonies) pour désigner les provinces de Maryland et de Virginie.

    Organisation politique des colonies
    Le pouvoir central
    L'organisation politique des colonies anglaises est radicalement différente de celle qui existait dans l’empire colonial espagnol à la même époque : il n'existe pas de vice-roi, mais une autorité qui reste centralisée à Londres.
    Le pouvoir exécutif revient au Conseil privé qui comprend le Secrétaire d'État au département du Sud, Christopher Robin, (Secretary of State for the Southern Department), ce dernier s'occupant plus spécifiquement des colonies américaines. Il prend le nom en 1768 de Secrétaire d'État aux colonies de la Grande-Bretagne. Le Board of Trade, créé en 1696 comme auxiliaire du conseil privé pour les affaires coloniales, compte une quinzaine de membres. Après 1752, il exerce une autorité grandissante sur la politique coloniale en envoyant ses instructions aux gouverneurs.
    Le Parlement britannique s’occupe de la politique commerciale, militaire et monétaire de même que d’une partie des affaires criminelles. Les lois qui en émanent et qui s'inspirent des théories mercantilistes, régulent l’activité commerciale avec les colonies. La législation coloniale est donc votée par le Parlement et doit recevoir l'approbation du Conseil Privé. Elle ne peut être abrogée que par les parlementaires ou par le roi.

    Les différents statuts
    À la veille de la Révolution américaine, seules les colonies du Connecticut et du Rhode Island maintiennent leur statut de colonie à charte. Les onze autres disposent alors de régimes similaires, même si la terminologie des institutions pouvait varier d’une colonie à l’autre. Chaque colonie possède donc un statut propre qui dépend de son histoire. Mais au-delà des différences institutionnelles, on peut distinguer trois catégories de colonie :

    • les Colonies à Chartes ((en) «Charter colony») dont le statut dépend de chartes octroyées par le souverain à des compagnies maritimes privées. La charte définit les règles politiques de la colonie. Dans les années 1770, seules les colonies du Rhode Island et du Connecticut bénéficient de ce statut. Ces deux colonies sont sans doute celles qui jouissent de la plus grande autonomie du fait de l'existence de corps constitués. Le gouverneur et les principaux administrateurs (comme le lieutenant-gouverneur) sont élus par une assemblée coloniale. Aux yeux des contemporains, comme pour Filippo Mazzei, ces colonies sont proprement démocratiques.

    • les Colonies de Propriétaires dont les statuts politiques ont été définis lors de la reconnaissance par Londres de la fondation de la colonie. Ils reposent donc sur l'initiative d'un grand personnage, que l'on nomme le “propriétaire” ((en) Lord Porprietor). L'exemple le plus connu est celui de la Pennsylvanie, quand, en 1681, Charles II cède à William Penn, les territoires qui correspondent aux provinces de Pennsylvanie et du Delaware et lui accorde en 1683, une Frame of Government. À l’origine le fondateur faisait office de gouverneur. Avec le temps, le gouverneur est désigné par les héritiers du fondateur de la colonie et leur choix doit être ratifié par Londres. En 1776, John Penn (1729 - 1795), petit-fils du propriétaire, exerçait les fonctions de lieutenant-gouverneur de la Pennsylvanie. Les provinces comprises entre la Nouvelle-Angleterre et le Maryland avaient originellement pour propriétaire le duc d'York. La Géorgie, les Carolines et le New-Jersey bénéficiaient d'un statut similaire mais à la veille de l'Indépendance, les Colonies de Propriétaires étaient au nombre de trois : la Pennsylvanie, le Maryland et le Delaware.

    • les Colonies de la Couronne ou royales qui comptent le New-Hampshire, le Massachusetts, la province de New-York, le New Jersey, la Virginie, les deux Carolines et la Géorgie. Elles bénéficient d’une Constitution rédigée par la couronne. On entend par «constitution», une somme des textes fondateurs, d'instructions successives données aux gouverneurs, modérées par l'expérience et la tradition. Pour autant, l’idée de constitution au sens «moderne» fait son chemin. Ce sont les Colonies où le contrôle de la métropole est par nature le plus étroit : le gouverneur nomme les administrateurs et dispose d’un droit de veto sur les discussions des assemblées locales. Un droit de veto renforcé par celui du Conseil Privé qui peut rejeter les décisions du gouverneur. Ce dernier peut enfin dissoudre ou ajourner l’Assemblée coloniale. Une exception, celle de la province de la Baie du Massachusetts, qui bien que titulaire d'une charte (1691) est une colonie de la Couronne.
    En somme, les provinces et colonies jouissent d'organisations profondément diverses. L’existence de nombreux privilèges imposent leur marque au système institutionnel colonial. La présence et l'influence d'assemblées coloniales, l'éloignement de la métropole entraînaient de fait une large autonomie judiciaire et même politique au sein des colonies. L'historien Gordon S. Wood caractérise ce système comme étant un «conglomérat de privilèges locaux et de libertés».

    Les gouverneurs
    Le rôle du gouverneur évolua tout au long de la période coloniale. Au temps des premières fondations, ce personnage dirigeait la colonisation et l’organisation du territoire. Ensuite, les gouverneurs furent souvent absents de leur poste : la fonction était considérée alors comme une source de revenus. Au XVIII[SUP]e[/SUP] siècle, les gouverneurs étaient appointés par le Secrétaire d’État responsable des colonies. Ils recevaient des instructions du Board of Trade.
    Les pouvoirs du gouverneur étaient larges : il devait apporter son approbation à chaque loi ; il nommait les juges, commandait la milice et pouvait dissoudre l'assemblée. Disposant des forces armées, de la marine anglaise et des forces régulières de la colonie, les gouverneurs étaient secondés dans leurs tâches par les agents des douanes ou encore les enquêteurs des revenus royaux. Leur mode de désignation dépendait du statut de la colonie. Ils étaient choisis :

    • et révocables par le conseil privé dans les colonies royales ;
    • par les propriétaires dans les colonies de propriétaires ;
    • par les citoyens dans les colonies à chartes.

    Le Conseil
    Le Conseil du Gouverneur (Governor’s Council ou Governor’s Court) possédait des attributions judiciaires, administratives et législatives. Équivalent d'une chambre haute, il avait un rôle consultatif. Son personnel était choisi par le gouverneur, comme il l’entendait, même si le choix était théoriquement soumis à l’accord de la métropole. Lorsqu’un gouverneur entrait en fonction, il pouvait garder ou changer les membres de son conseil. Ces derniers n'étaient pas rémunérés et exerçaient souvent une activité professionnelle en parallèle : la plupart étaient des avocats, mais on trouvait également des marchands (surtout dans les colonies du Nord) et des planteurs (dans le Sud). En l’absence du gouverneur ou pendant les périodes d’intérim, c’est le conseil qui assurait le pouvoir exécutif ; il siégeait en permanence. Il était dirigé par un président (President of the Council ou Lieutenant Governor). Les lois élaborées par l’assemblée étaient soumises à l’approbation du conseil.

    L'Assemblée
    L’Assemblée Générale (General Assembly) était élue par les citoyens des towns et de comtés. En vertu du suffrage censitaire, le droit de vote n'était accordé qu'aux hommes blancs le plus souvent propriétaires ou appartenant à une Église particulière, ce qui représentait les trois quarts des habitants. Les femmes, les esclaves et les plus pauvres étaient exclus du corps électoral. L'assemblée discutait et réglait les problèmes locaux, mais aussi le budget et l'équipement de la milice. Elle pouvait envoyer des agents afin de présenter des [|pétitions] et des requêtes à Londres. Contrairement au Conseil, sa session n'était pas permanente et elle était renouvelée chaque année.

    Évolution politique
    L'éloignement et l'immensité du territoire colonial permettait aux Américains de disposer d'une relative autonomie locale. Le pouvoir législatif des colonies, confirmé par le roi, demeure cependant inférieur à celui de la métropole : les lois anglaises primaient sur les lois locales. Pourtant, au cours de la période coloniale, on constate un renforcement du pouvoir des assemblées locales. Celles-ci n'hésitent pas à empiéter sur les prérogatives des gouverneurs en usant de leur droit de regard sur les finances : il s'agit d'une montée en puissance du «régime d’assemblées». Après 1763, Londres chercha à renforcer son autorité face à cette relative indépendance des assemblées coloniales.



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  15. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Histoire coloniale de l'Amérique
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    Suite 2 et fin - Les premières colonies britanniques
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    Population


    Démographie générale

    En 1760 on comptait 1,6 million d'habitants, Vers 1770, la population totale des treize colonies s’élevait à environ 2,1 millions d’habitants.
    En 1783, il y avait 2,5 millions d'habitant se répartissant selon l'origine en :

    et religieusement :

    Depuis leur fondation, les colonies ont connu une forte croissance démographique liée à l'immigration mais aussi à une importante natalité. En 1790, date du premier recensement des États-Unis, on comptait quelque 3,8 millions d'habitants dont 700 000 esclaves. La densité de population était relativement faible. La plupart des colons vivaient à la campagne et la population se concentrait sur le littoral, où se trouvaient les principales villes. La Pennsylvanie et le Massachusetts étaient alors les territoires les plus peuplés.

    Composition ethnique
    Au XVII[SUP]e[/SUP] siècle, le peuplement est principalement le fait de populations anglaises mais dès la fin du siècle on note l'arrivée de populations serviles noires et de migrants européens, principalement des Irlandais presbytériens, des Gallois, des Écossais, des Français protestants et des populations germanophones. À la veille de l’Indépendance, 30 % de la population était non-anglaise.
    L'importance numérique des Afro-américains était notable : entre 1750 et 1780, leur nombre est passé de 236 000 à 575 000. La plupart des Noirs et des métis se concentraient dans les colonies du Sud et étaient esclaves. Les colonies du Sud ont un fort pourcentage de populations serviles, noires ou métis, qui avoisinent les 40 % dans les années 1770 quand les pourcentages pour la Nouvelle-Angleterre et les Colonies du Centre sont respectivement de 3 et 6 % à la même date. Cependant, une minorité de Noirs affranchis vivaient dans les villes.
    Dans les limites du territoire américain de 1790, le nombre d'Amérindiens est évalué entre 100 et 200 000 personnes. La plupart étaient des Indiens des Forêts, parfois organisés en Confédérations. Pendant les guerres entre Européens, puis la guerre d'Indépendance, les Amérindiens ont su jouer des rivalités.

    Les rapports entre Blancs et Amérindiens
    Pocahontas épouse l'Anglais John Rolfe en 1613. Les traiteurs des Carolines se sont mariés avec des Amérindiennes. Au XVIII[SUP]e[/SUP] siècle, sir William Johnson, surintendant des affaires indiennes de la colonie de New York, s'habillait comme un Indien et avait pris pour compagne une Iroquoise dont il eut huit enfants. Les Mountain Men et autres aventuriers s'établissent dans les communautés indiennes. Les relations entre Amérindiens et colons ne sont pas toujours conflictuelles : en 1621, les colons du Mayflower sont sauvés de la famine par le chef Massasoit. C'est l'origine de Thanksgiving. Les quakers et William Penn en Pennsylvanie eurent des relations amicales avec les Indiens, suivant les principes d'égalité et de paix, jusqu'au milieu du XVIII[SUP]e[/SUP] siècle. Dans le Massachusetts, John Eliot cherche à évangéliser et éduquer les populations locales. Thomas Paine part vivre dans une communauté d'Iroquois et apprend leur langue. Certains puritains tentent de limiter la diffusion de l'alcool chez les indigènes.

    Le fait urbain
    Les colonies ne connaissent en 1770 qu'une faible urbanisation, principalement concentrée en Nouvelle-Angleterre et dans les colonies médianes. Dans la deuxième moitié du XVIII[SUP]e[/SUP] siècle, Philadelphie était devenue la cité la plus peuplée des Treize colonies (45 000 habitants en 1780), dépassant Boston. Elle disputait même à Dublin la place de deuxième ville de l’empire britannique, en dehors de l'Angleterre. En 1770, New York a 21 000 habitants et Boston 15 000[SUP][réf. nécessaire][/SUP] : ce sont les plus grandes agglomérations après Philadelphie.

    La société coloniale


    Diversité
    La société coloniale était plus diverse qu'on ne le pense couramment : à côté de la majorité britannique se trouvaient des Allemands, des Suisses, des Hollandais, des Irlandais, des Écossais, des Scandinaves et des Français, surtout dans les colonies du Nord et du Centre. Pour l'historien Fernand Braudel, le mélange ethnique aurait favorisé la séparation d’avec l’Angleterre. Les pratiques religieuses variaient également : si l'élite était de confession protestante, elle était divisée en plusieurs courants. Les juifs et les catholiques, qui suscitaient de la méfiance de la part des élites, formaient les principales minorités religieuses.

    Inégalités
    À la veille de la Révolution américaine, les colons d'origine européenne appartenaient à des groupes sociaux différents. Si le régime seigneurial et féodal était quasiment absent des Treize colonies, une autre hiérarchie, fondée sur la propriété foncière et la fortune, existait.
    L'élite était formée des gouverneurs, des planteurs, des grands négociants et d'armateurs. Ensuite, on trouvait une catégorie d'artisans, de représentants du roi, de fermiers et de petits commerçants : ces classes moyennes représentaient 40 % de la population totale.
    Les marins, les tenanciers et les domestiques occupaient le bas de l'échelle sociale. Les indentured servants (appelés «engagés» en Nouvelle-France) constituaient un sous-prolétariat blanc dont la condition était proche de celles des esclaves : il s'agissait de prisonniers, de femmes et d'enfants envoyés de gré ou de force afin de peupler le Nouveau Monde. On les retrouve dans l'agriculture de nombreuses régions jusqu'au XVIII[SUP]e[/SUP] siècle.

    Dès l'époque coloniale, les écarts sociaux se creusèrent. Les différents groupes de colons manifestaient des intérêts divergents qui suscitèrent des tensions, voire des révoltes dans les villes et les campagnes. Les élites éclairées étaient soucieuses de maintenir l'ordre social et de protéger leurs propriétés. Les autres colons souffraient davantage des mesures fiscales anglaises et des inégalités foncières. Les tensions sociales étaient attisées par l’action de certains prédicateurs et relayées dans les lieux de sociabilité urbaine : les tavernes et les auberges étaient des lieux d'information, de débats et de réunion. La presse joua également un rôle actif dans la fermentation révolutionnaire.


    Émergence d'une identité américaine
    L'élite des marchands, des armateurs et des planteurs se sentait souvent proche de la métropole et cherchait à imiter les classes supérieures qui vivaient en Angleterre. Ces grandes familles conservaient un sentiment d’appartenance à la culture européenne. Elles envoyaient leurs fils en étude en Angleterre. Elles avaient intérêt à rester dans le giron de la métropole, à cause du système mercantiliste et de l'ordre qu'elle garantissait.
    Les classes moyennes étaient quant à elles moins attachées à l'Angleterre. Les colons nés en Amérique se sentaient de moins en moins anglais et l'identité américaine se construisait progressivement contre la domination de Londres.

    Malgré la diversité des colonies et de ses habitants, la politique impérialiste anglaise fit naître un «patriotisme colonial» tourné contre la métropole et la formation d'une identité américaine. Dès 1656, l’Anglais James Harrington avait prophétisé l’indépendance des colonies. En 1697, William Penn appelait de ses vœux une union des colonies britanniques et prévoyait déjà la réunion d'un congrès colonial commun. En 1754, Benjamin Franklin proposait au congrès d’Albany une union et même un gouvernement «fédéral», qui resterait tout de même dans l’Empire colonial britannique.
    Les colonies s'affirmaient enfin comme un îlot de relative tolérance religieuse à la différence de la vieille Europe : ses premiers habitants avaient en effet fui les persécutions qui secouaient l'Angleterre au début du XVII[SUP]e[/SUP] siècle. L'aspiration au bonheur et à la réussite individuelle, liée à la mobilité sociale et aux opportunités données par l'immense espace américain, constitue l'un des fondements de cette identité américaine en formation.


    La question religieuse


    Domination et diversité du protestantisme
    Vers 1774, la moitié des colonies, situées surtout au sud, sont anglicanes (Virginie, Maryland, Caroline du Sud, Georgie, etc.). L'Église anglicane était officielle et disposait d'un monopole sur le mariage. Elle était la seule à être financée par l'impôt.
    Mais au XVIII[SUP]e[/SUP] siècle, l'Église américaine possède déjà des spécificités : elle compte peu de pasteurs d’où l'importance des conseils de paroisse et la relative autonomie des laïcs. Cette situation particulière crée des tensions entre les fidèles et les pasteurs anglicans qui se plaignent aux autorités de Londres.

    Autres religions
    Les colonies comptent quelques juifs et des huguenots ; une communauté catholique est développée dans le Maryland.
    Les minorités religieuses jouissent d'une relative tolérance religieuse pour l'époque.

    La conversion des Amérindiens
    En Amérique du Nord, John Eliot, pasteur presbytérien au Massachusetts entreprend d'évangéliser les Amérindiens à partir de 1641. Il apprend leur dialecte et commence à prêcher. Il regroupe les convertis dans des villages de prière et traduit la Bible en mohican et en algonquin ; il fonde des écoles, parmi lesquelles un collège indien au sein d'Harvard, il forme des instituteurs indigènes. Mais ses efforts sont vite ruinés par les luttes entre colons et Indiens, et du vivant même d'Eliot, il ne reste plus un seul Mohican pour lire la Bible traduite.
    Une Société pour la Propagation de l'Evangile, fondée en 1701 se préoccupe de l'évangélisation des Indiens des Six Nations, en plus de l'aumônerie des colons. David Brainberd, né en 1718, est particulièrement connu pour son journal, publié après sa mort, qui connut un grand succès. Après des études à Yale pour être pasteur, David Brainberd décide de consacrer sa vie - qui est courte - à l'évangélisation. Il fréquente jusqu'en 1747 différents groupes d'Indiens, dans le Massachusetts, la Pennsylvanie et le New Jersey.


    Culture


    À la fin du XVIII[SUP]e[/SUP] siècle, Philadelphie apparaît comme un «véritable centre des Lumières révolutionnaires», notamment sous l’impulsion de Benjamin Franklin (1706-1790). La cité demeure, avec Boston, le principal centre d’édition des Treize colonies et la Pennsylvania Gazette (1723) joue un grand rôle pendant la révolution américaine.
    Les élites lisent les philosophes européens. Thomas Jefferson consignait ses notes de lecture dans un cahier (le Commonplace Book), ce qui permet aux historiens de reconstituer ses influences philosophiques : John Locke, Henry Home, Charles de Montesquieu, Thomas Hobbes.
    La Société philosophique américaine est un cercle de discussions fondé par Benjamin Franklin.

    Les théories du philosophe anglais John Locke influencèrent la révolution américaine : l'idée du contrat social impliquait le droit naturel du peuple de déposer ses dirigeants. En revanche, les historiens trouvèrent peu de traces de la pensée rousseauiste en Amérique. Les Américains utilisent l'analyse de la constitution britannique de Montesquieu pour rédiger les constitutions des états et du pays.

    Le républicanisme fut l'un des principes idéologiques dominant dans les colonies à la veille de la Révolution. Les colons critiquaient le luxe ostentatoire de la cour et proposaient une vertu républicaine. L'idée que les hommes avaient le devoir civique de lutter pour leur pays se développa.


    Économie


    À l'époque moderne, l'économie des puissances européennes est marquée par le mercantilisme et le régime de l’exclusif : le but est de posséder le maximum de métal précieux, notamment grâce au commerce maritime. Les colonies devaient fournir des matières premières qui étaient transformées en Grande-Bretagne pour être ensuite vendues à l'étranger. Elles devaient aussi n'acheter que des produits anglais, afin de protéger les artisans et les manufactures de la métropole de la concurrence.
    Les Actes de Navigation de 1651 et de 1660 figurent parmi les principales lois destinées à protéger le commerce maritime anglais : les armateurs coloniaux ne devaient utiliser que des vaisseaux britanniques ; certains produits devaient transiter obligatoirement par les ports britanniques ; les navires étrangers qui commerçaient avec les colonies devaient passer par un port britannique afin de payer des droits de douane ; les produits fabriqués dans les colonies ne devaient pas être exportés et certaines marchandises devaient même venir de la métropole.

    En réalité, la distance avec la métropole entraînait un certain laxisme dans la perception des taxes et la corruption des agents des douanes en Amérique. La contrebande contribue grandement à limiter l'exclusif anglais.
    Dès le XVII[SUP]e[/SUP] siècle, les bateaux bostoniens faisaient du commerce avec les Antilles : ils exportaient du bois, de la farine, du poisson, de l'huile de baleine et importaient du sucre, des mélasses, du tafia. Ce commerce stimula la production métallurgique et textile, de même qu'elle permit le développement des chantiers navals et des distilleries. Les navires américains traversaient même l'Atlantique Nord pour les besoins du commerce. Cette entorse au mercantilisme et cette concurrence américaine inquiétèrent rapidement les marchands anglais.

    Les colons américains, en particulier les marchands des ports de la Nouvelle-Angleterre, reprochaient à la Grande-Bretagne sa politique commerciale : le trafic de certaines marchandises comme le thé était réservé aux navires anglais, en vertu du monopole en vigueur. D'autre part, dans le but d'atrophier l'économie américaine, les Britanniques vont interdire à leurs colonies de vendre leurs produits à un autre pays que l'Angleterre, car l'on estime que si les colons avaient le droit de vendre leurs produits comme bon leur semble et à qui bon leur semble, les treize colonies américaines regorgeraient d’argent, argent qui ne profiterait pas à la couronne.

    Parmi les griefs de colons figuraient aussi le manque chronique de monnaie ; ils regrettaient leur dépendance vis-à-vis du crédit anglais. Le développement économique des Treize colonies suscita une certaine animosité entre les marchands coloniaux et les capitalistes de la métropole.
    Dans les années 1760-1770, le Parlement britannique imposa de nouvelles taxes qui provoquèrent le mécontentement des colons américains (Sugar Act en 1764, Stamp act en 1765, Townshend Acts en 1767, Tea Act en 1773). Ces derniers refusaient de payer parce qu'ils n'étaient pas représentés politiquement à la Chambre des communes à Londres.


    Les problèmes coloniaux : vers la Révolution américaine


    Au XVII[SUP]e[/SUP] siècle, l’essentiel des décisions relèvent de la consultation du Conseil Privé (Privy Council). Son rôle tend à diminuer au XVIII[SUP]e[/SUP] siècle au profit du Cabinet mais il conserve une certaine prééminence dans les affaires coloniales. Ses décisions portent le nom de «Ordre en Conseil» (Order in Council). Depuis 1690, le Board of Trade and Plantations est l’organisme le plus compétent en matière coloniale. Il dépend du Conseil Privé dont il est une émanation. Londres veut renforcer son autorité. Cette volonté s’exprime notamment dans sa politique de réduction du nombre de Colonies à Charte : un exemple, la Virginie, qui devient au XVIII[SUP]e[/SUP] siècle une colonie de la Couronne.

    Cependant, après des expériences infructueuses au siècle précédent, de 1715 à 1748, lors d'une période qualifiée en 1775 par Edmund Burke de «négligence salutaire» (Salutary Neglect), la Métropole s’immisce le moins possible dans les affaires des colonies. Londres néglige ses colonies et les conflits d’intérêts se font rares. À partir de 1748, le gouvernement change de cap. Après la Guerre de Succession d'Autriche la politique du Board of trade se fait plus musclée. Le comte d’Halifax, administrateur appliqué et énergique, décide de mettre un terme à une politique jugée trop laxiste. Son inquiétude grandit quand il prend conscience que les colonies se sont parfaitement accommodées à cette «négligence» et tendent à oublier leur sujétion à la Couronne. Enfin, la contrebande, notamment de mélasse, s’est généralisée.
     
  16. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    D’autres Européens…



    Colonies hollandaises


    Les Hollandais établissent un comptoir commercial appelé Nouvelle-Amsterdam (1624) : il s’agit du site de New York. L'île de Manhattan est achetée aux Indiens Lenapes pour soixante florins de marchandise par les Hollandais de Peter Minuit en 1626. De là, les Néerlandais s'étendent vers l'ouest, suivant le fleuve Hudson, et au sud, vers le Delaware, fournissant en arme les Tribus des Cinq Nations, ou Iroquois, qui mènent une guerre destructrice contre les Hurons et leurs alliés français du Canada. Les Hollandais conduisent certaines guerres violentes contre des tribus indiennes (comme la guerre de Kieft), avant d'envahir et de prendre possession de la Nouvelle-Suède en 1655, colonie suédoise qu'ils considèrent comme faisant partie illégalement de leur territoire. Cependant la Nouvelle-Néerlande s'effondre devant l'invasion de son territoire que conduisent les Anglais du duc d'York. Le 8 septembre 1664, le gouverneur Stuyvesant signe la capitulation de la colonie qui tombe aux mains des Anglais. La Nouvelle-Amsterdam est rebaptisée New York. Les Néerlandais regagnent provisoirement leur colonie en 1673, mais doivent définitivement la céder à l'Angleterre en 1674.


    Nouvelle-Néerlande
    [SUB]
    [/SUB]
    [SUB]Ne doit pas être confondu avec Nouvelle-Hollande (Brésil) [/SUB]
    [SUB]ni Nouvelle-Hollande (Australie).
    [/SUB]​


    À partir de
    1614, les territoires compris entre la Virginie et la Nouvelle-Angleterre portent indifféremment le nom de Nouvelle-Néerlande, (Nieuw-Nederland en néerlandais ou de Nova Belgica ou Novum Belgium en latin) ou de Nouveau Païs-Bas. Avec l'établissement d'une population à caractère résolument néerlandais en compétition avec les deux foyers de colonisation anglais et français, la Nouvelle-Néerlande se bornait à ses trois axes : la Noortrivier («fleuve du nord»), la Zuidtrivier («fleuve du sud») et la Varsche Rivier («fleuve frais»), respectivement les fleuves Hudson, Delaware et Connecticut. En 1626, Pierre Minuit fonde la Nouvelle-Amsterdam sur l'île de Manhattan sous la tutelle de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales (WIC).

    Les Néerlandais et l’altérité nord-américaine


    Comme les voies navigables étaient les seuls axes de transports, les Néerlandais, établis le long des fleuves importants et de leurs affluents, ne connaissaient pas l’étendue réelle des terres réclamées et ne connaissaient pas bien l’intérieur continental. Jaap Jacobs rapporte les propos d’Adriaen van der Donck qui au courant des années 1650 rappelait que «plusieurs Néerlandais auraient voyagé entre 112 et 128 km à l’intérieur des terres sans pouvoir en mesurer l’étendue». Les premiers récits de voyage néerlandais laissent croire que la colonie serait caractérisée par un climat tropical. En 1625, Johannes de Laet compare le climat de la nouvelle colonie de la WIC à celui connu dans la métropole. En fait, la Nouvelle-Néerlande se caractérise par des écarts de températures plus prononcés qu’en Hollande ou en Zélande étant donné le climat continental de la côte est nord-américaine. Les hivers du haut de la Noortrivier bloquent tout échange entre la Nouvelle-Amsterdam et Fort Orange, la glace obstruant la partie le plus en amont du fleuve de novembre à mars.

    Van der Donck jugeait aussi que l’exploitation agricole des terres sur les abords des deux fleuves importants était moins ardue qu’en Hollande étant donné que même si les nouvelles contrées étaient recouvertes de forêts, elles ne nécessitaient pas de coûteuses œuvres de drainages. Il est certain que les Néerlandais modifièrent considérablement l’aspect des terres qu’ils avaient commencé à occuper de par leurs techniques agricoles sédentaires et l’importation d’espèces allogènes à l’environnement américain. Dans son œuvre de description qui avait pour objectif d'encourager le peuplement de la colonie, Adriaen van der Donck rapporte aussi que des «lions» peuplent les forêts de la Nouvelle-Néerlande, faisant ainsi allusion aux peaux de lynx que rapportaient occasionnellement les Amérindiens. Du même coup, l'auteur remarque de façon erronée que les orignaux seraient dociles à la domestication.

    Amérindiens
    Des groupes amérindiens avec lesquels les Néerlandais traitaient, ceux qui retiennent le plus l’attention des chroniqueurs modernes étaient les Agniers (Mohawk) qu’ils nommaient «Maquas». Les autres tribus iroquoises étaient appelées de façon collective Sinnekens. Les Mohicans (appelés Mahikanders) fournissaient aussi de nombreuses peaux aux Néerlandais, mais en 1628, alors qu’on présume qu’ils logeaient auparavant des deux côtés de l’Hudson, les Agniers les auraient repoussés du côté est du fleuve, plaçant ainsi Fort Orange au centre d’une frontière rivale. Dans les alentours de la Nouvelle-Amsterdam et le long de l’Hudson, différentes tribus amérindiennes faisant partie d’un regroupement plus ou moins lâche des Lenapes côtoyaient les colons néerlandais.
    Les Néerlandais ne comprenaient pas bien les langues amérindiennes, même les individus pouvant se qualifier d’interprètes ne comprenaient que rarement les Amérindiens qui communiquaient entre eux. Il arrivait que parfois certains Amérindiens parlent anglais ou français.

    Le révérend Megapolensis note au passage que les Amérindiens ne sont pas particulièrement propres, s’enduisant de graisse d’ours et ne se lavant jamais. En grande partie, les récits contemporains en Nouvelle-Néerlande font état d’étonnement et de répugnance à l’endroit des Amérindiens. Le discours était parfois teinté de rapides remarques d’admiration pour les femmes amérindiennes, mais en grande majorité on peut déceler sans ambages une opinion négative partagée quant aux Amérindiens. La nature, elle, était perçue par Adriaen van der Donck et par Megapolensis sous l’aspect utilitariste, décrivant bien la notion d’opportunisme économique que les Néerlandais se voyaient offrir dans l’exploitation et le peuplement de la colonie. La perspective de s’enrichir grâce à la traite des fourrures avait engendré la colonisation néerlandaise en Amérique du Nord en tout premier lieu et c’est cet aspect qui transparaît à la lecture de ces témoignages.


    Histoire
    Henry Hudson et les compagnies particulières (1609–1624)
    C'est avec la création de facto des Provinces-Unies avec l'Union d'Utrecht de 1573, en rébellion constante avec l'Espagne de Philippe II et de Philippe III que naît cette nouvelle puissance commerciale et maritime de l'Europe occidentale. Bientôt réunis en compagnies d’import-export, les marchands néerlandais, de connivence avec l’État, fondent la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (abréviation VOC) en 1602. Cette dernière, cherchant de nouvelles routes commerciales qui pourraient s’avérer profitables, engage le capitaine et explorateur Henry Hudson pour explorer la route du nord-ouest, le passage par le Nord sibérien vers l’Asie. Celui-ci, ayant déjà tenté le même trajet pour le compte d’investisseurs anglais (Compagnie de Moscovie), il décide, à la barre du navire Halve Maen (demi-Lune), de chercher le chemin des Indes vers l’ouest, comme l’indiquaient les notes du capitaine anglais John Smith qui avait fait partie de la première tentative de colonisation permanente en Virginie anglaise, et ce, à l'encontre des directives qu’il reçut de son employeur.

    Depuis la Virginie, il remonte la côte est américaine jusqu’à l’embouchure de la Zuide Rivier (à l’époque inconnue) puis jusqu’à la baie de New York que Verrazano avait baptisée «Nouvelle-Angoulême» en 1524. Remontant le fleuve qui allait porter son nom, il se rendit rapidement compte que celui ne menait vraisemblablement pas au «royaume de Cathay». D’ailleurs, son journal de bord est le premier à citer le terme amérindien «Manna-hata», dont dérive le nom «Manhattan» pour désigner l’île située à l'embouchure du fleuve.
    Son voyage de retour pour le compte d’intérêts particuliers néerlandais allait éveiller un intérêt commercial remarquable pour la traite des fourrures dans le delta de la Noort Rivier.

    Dès l’année d'après, puis au cours des années suivantes, quatre compagnies néerlandaises entrent en compétition pour le commerce et la traite des pelleteries avec les Amérindiens de la région. Deux postes ont probablement été ainsi érigés dès 1611 à la hauteur du futur Fort Orange, sur l’île de Castle, et à l’estuaire de la Versche Rivier (correspondant au fleuve Connecticut).
    Ces quatre compagnies se souciant de l’impact négatif d’une rivalité, se sont unies et ont reçu en 1614 des États généraux, une charte de compagnie de monopole leur cédant pour trois ans, l’exploitation entière du commerce des fourrures sur le territoire situé entre les 40[SUP]e[/SUP] et 45[SUP]e[/SUP] parallèles. Cependant, la compétition ne fait que s’aggraver jusqu’en 1621, année où la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales est créée sur le modèle de la VOC. Le premier voyage que cette nouvelle société dirigée principalement par la chambre de commerce d’Amsterdam s’échelonne de 1623 à 1624.

    Le peuplement (1624-1673)
    En 1624, les premières familles de colons, appelées pour occuper les territoires réclamés par les Néerlandais sont installées sur l'île-aux-Noix (Noten Eyland, aujourd'hui Governors Island) dans le delta de la vallée de la Noortrivier. Sur l’île de Manhattan, seules quelques plantations et quelques exploitations rurales pratiquant l'élevage sont créées. L'année suivante, dans une stratégie d'occupation complète du territoire et avec l'arrivée de 45 nouveaux colons et d'animaux domestiqués, les officiers répartissent les colons en quatre points, une partie demeurant sur l'île qui les avait accueillis l'année précédente, le restant est conduit à Fort Orange, Fort Wilhelmus (en aval de la Zuidrivier) et à l'embouchure de la Versche rivier.

    En 1626, sous la menace grandissante d’une attaque provenant d’autres puissances coloniales ou d'Amérindiens, les dirigeants de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales décident de protéger l’embouchure de la Noortrivier, et de regrouper les activités des comptoirs commerciaux au sein d'une enceinte fortifiée. Noten Eyland étant évidemment trop petite pour y développer une colonie de peuplement, Pierre Minuit négocie l'achat de l'île de Manhattan aux Amérindiens Lenapes, pour 60 florins de marchandises. Lors de la construction du fort, la guerre entre les Agniers et les Mohicans contraint la compagnie à précipiter le déplacement des colons à l’intérieur de Fort Amsterdam.

    La chute de la colonie
    Pendant l'année précédant la Deuxième Guerre anglo-néerlandaise, la Nouvelle-Néerlande est conquise par les Anglais en temps de paix. Le directeur général Pieter Stuyvesant signe la capitulation de la Nouvelle-Amsterdam le 8septembre1664. La colonie est rebaptisée New York, en l’honneur du duc d’York, frère du roi Charles II. En 1667, les Néerlandais renoncent à leurs revendications sur cette portion du territoire américain, lors du traité de Bréda, et obtiennent en retour la souveraineté sur le Suriname. Cependant, lors d’une autre guerre opposant les Anglais aux Néerlandais, ces derniers reprennent brièvement la colonie en 1673 (rebaptisée Nouvelle-Orange), avant que les Anglais ne la récupèrent avec le Traité de Westminster, le 19février1674.

    Établissements et forts de la colonie
    Établissements sur le territoire de la Nouvelle-Néerlande :

    La colonie comprenait aussi un certain nombre de forts chargés d'assurer sa protection :


    Démographie


    Les estimations de la population n'incluent pas les
    amérindiens.

    • 1628 : 270
    • 1630 : 300
    • 1640 : 500
    • 1650 : 800-1 000
    • 1664 : 9 000

    Héritage et reconnaissance


    De la présence néerlandaise, il reste aujourd'hui un certain nombre de noms de lieux New-Yorkais, tels que
    Coney Island (Konijnen Eiland), Brooklyn (Breukelen), Harlem (Nieuw Haarlem), Flushing (Vlissingen) et Staten Island (Staaten Eylandt), ainsi que l’Amsterdam Avenue à Manhattan.

    Le 20 mai 1924, à l'occasion du tricentenaire de la fondation de New York, un monument commémoratif est érigé en l'honneur des colons wallons, sur le site de Battery Park, à la pointe sud de Manhattan. Une pièce de monnaie en argent de 50 cents, ainsi que des timbres-poste de 1, 2 et 5 cents sont émis pour commémorer l’arrivée des colons wallons et flamands.

    Précisions quant au nom de la colonie


    Bien d’autres termes ont été utilisés pour désigner la colonie nord-américaine relevant des Provinces-Unies. «Nouvelle-Hollande» est communément retenu dans la littérature francophone à cause de la généralisation du terme «Hollande» pour désigner la fédération des Pays-Bas – qui ne comprenait qu'une province nommée Hollande sur sept, mais de loin la plus peuplée, la plus riche et donc, de là, la plus influente. Mais le terme est mal choisi puisque les Néerlandais eux-mêmes ont nommé plusieurs colonies sous le terme Nieuw Holland. L’Australie et le Brésil portèrent ainsi le nom de Nouvelle-Hollande dès le XVII[SUP]e[/SUP] siècle. Plus récemment, se basant sur d'anciens manuscrits français, d'éminents historiens néerlandais publiant en français comme Louis Sicking, Pieter C. Emmer et Willem Frijhoff emploient le terme Nouvelle-Néerlande qui tend d'ailleurs à se généraliser.
    Le terme Nouvelle-Belgique, aussi utilisé pour évoquer la colonie, fait référence aux anciens Pays-Bas, mais le terme est rarement retenu dans la littérature française jusqu'à ce jour. Sur une carte de l'Amérique du Nord, Louis Hennepin fait mention des «Nouveaux Pais Bas». Finalement, Marcel Trudel dans son Histoire de la Nouvelle-France en dix volumes utilise les termes de «Nouvelle-Néderlande» et «Nouvelle-Hollande».
     
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    Nouvelle-Suède

    Les Suédois fondent une colonie dans les États actuels du Delaware et de Pennsylvanie sous l'égide de Peter Minuit qui travaillait auparavant pour les Hollandais. La Nouvelle-Suède s'agrandit autour de New Christina, la capitale coloniale, et les colons suédois établissent des traités avec les Amérindiens locaux qu'ils encouragent dans des raids visant la colonie anglaise voisine du Maryland. Mais les Suédois sont rapidement absorbés par les Hollandais qui envahissent leur territoire en 1655. La Nouvelle-Suède devient la Nouvelle-Amstel.

    La Nouvelle-Suède (Nya Sverige en suédois) était une petite colonie suédoise située en Amérique du Nord, sur la côte atlantique, à l'embouchure du Delaware. Elle faisait partie de l'empire colonial suédois. Fondée en mars 1638, elle fut annexée par la Nouvelle-Néerlande en septembre 1655.

    Elle était centrée sur Fort Christina, maintenant dans Wilmington, au Delaware et comprenait des territoires aujourd'hui dans les États du Delaware, du New Jersey et de la Pennsylvanie. À côté des suédois, on trouvait de nombreux colons finlandais ou néerlandais.

    Histoire

    Au milieu du XVII[SUP]e[/SUP] siècle, le Royaume de Suède atteint sa plus grande expansion territoriale et était l'une des plus grandes puissances européennes. La Suède incluait la Finlande et l'Estonie ainsi que des territoires russes, polonais, d'Allemagne et de Lithuanie. Les suédois cherchaient à étendre leur influence en créant une colonie agricole (tabac) et de marchands de fourrure pour s'affranchir des marchands français et britannique. La Compagnie de Nouvelle Suède reçut sa charte et incluait des actionnaires suédois, néerlandais et allemands.

    La première expédition suédoise en Amérique du Nord embarqua du port de Gothembourg fin 1637. Elle était organisée et supervisée par Clas Fleming, un amiral suédois de Finlande. Un néerlandais, Samuel Blommaert, dirigea l'armement des navires et nomma Pierre Minuit à la tête de l'expédition. Les membres de l'expédition, embarqués dans deux vaisseaux appelés Fogel Grip et Kalmar Nyckel, naviguèrent jusque dans la Baie du Delaware, qui s'étendait sur les terres réclamés par les néerlandais, passèrent le Cap May et le Cap Henlopen fin mars 1638, et jetèrent l'ancre près de Minquas Kill qui est aujourd'hui connu sous le nom de Swedes' Landing le 29 mars 1638. Ils construisirent un fort sur le site de l'actuelle ville de Wilmington, qu'ils nommèrent Fort Christina, d'après la reine Christine de Suède.

    Les années suivantes, 600 Suédois et Finnois, ce dernier principalement constitué de Skogfinn du centre de la Suède (et un certain nombre de Néerlandais et d'Allemands aux ordre de la Suède) colonisèrent la région. La colonie constituait une invasion de la Nouvelle-Néerlande, puisque le fleuve et les terres en question avaient été explorés et réclamés par cette colonie.

    Peter Minuit devait devenir le premier gouverneur de la colonie nouvellement établie de Nouvelle-Suède. Ayant été directeur de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales, et le prédécesseur du gouverneur d'alors William Kieft, Minuit connaissait le statut des terres bordant le Delaware. Il savait que les Hollandais avaient établi des actes pour les terres à l'est du fleuve (New Jersey), mais pas pour les terres à l'ouest (le Maryland, le Delaware et la Pennsylvanie). Ils se sont donc principalement installés au Delaware.

    Minuit, en choisissant la rive ouest du fleuve, s'affranchit de contraintes territoriales causées par les néerlandais et il rassembla les sachems des tribus Delawares locales. Les sachems des Susquehannocks étaient aussi présents. Ils tinrent un conclave dans sa cabine sur le Kalmar Nyckel, et persuada les sachems de signer quelques actes qu'il avait préparé afin de résoudre d'éventuelle problème avec les néerlandais. Ces actes ne survécurent pas. En effet, les Suédois déclarèrent que le segment de terre acquis incluait les terres à l'ouest du fleuve Sud et en dessous le fleuve Schuylkill; en d'autres mots, l'actuelle Philadelphie (Pennsylvanie), le sud-est de la Pennsylvanie, le Delaware, et le Maryland. Le sachem Delaware Mattahorn, qui était un des participants de la transaction, revendiquait au contraire que les terres achetées avaient une taille égale à celle qu'il faut pour planter «six arbres» et que le reste des terres occupées par les Suédois étaient volées.

    Le directeur Kieft fit objection à l'accostage des Suédois, mais Minuit ignora sa missive car il savait que les néerlandais étaient militairement impuissants à cet instant. Minuit termina le Fort Christina en 1638, puis reparti pour Stockholm pour un deuxième chargement. Il passa par les Caraïbes pour prendre une cargaison de tabac à revendre en Europe pour rentabiliser le voyage. Minuit est mort durant ce voyage, lors d'un ouragan à Saint-Christophe dans les Caraïbes. Les devoirs officiels du premier gouverneur de la Nouvelle Suède ont alors été effectués par le Lieutenant (alors élevé au rang de Capitaine) Måns Nilsson Kling, jusqu'à ce que le gouverneur suivant ait été choisi et présenté en Suède, deux ans plus tard.

    Sous Johan Björnsson Printz (gouverneur de 1643 à 1653), la compagnie s'étendit le long de la rivière depuis fort Christina, établissant le fort Nya Elfsborg sur la rive est du Delaware près de l'actuel Salem (New Jersey) et fort Nya Gothenborg sur l'île Tinicum (au sud-ouest de Philadelphie), ou il fit aussi construire son propre manoir qu'il nomma The Printzhof. Sous son commandement la colonie suédoise prospéra initialement. En 1644, la Nouvelle-Suède soutint les Susquehannocks lors de leur victoire dans la guerre qui les oppose à province anglaise du Maryland.
    En mai 1654, le fort néerlandais appelé fort Casimir fut occupé par les soldats de la colonie de Nouvelle-Suède menés par le gouverneur Johan Risingh. Le fort fut pris sans combat car sa garnison n'avait pas de poudre à disposition, et le fort fut renommé fort Trinity (en suédois, Trefaldigheten).


    En représailles, les Néerlandais — conduit par le gouverneur Pieter Stuyvesant — déplacèrent leur armée vers le Delaware à la fin de l'été 1655, menant à l'abdication immédiate de fort Trinity et fort Christina. La colonie fut intégrée à la Nouvelle-Néerlande le 15 septembre 1655. Les colons suédois et finnois conservèrent une certaine autonomie, ayant leur propre milice, religion, cour, et terres.

    Ce statut dura officiellement jusqu'à la conquête anglaise de la Nouvelle-Néerlande le 24 juin 1664 quand le Duc de York vendit la région de l'actuelle du New Jersey à John Berkeley et George Carteret pour créer une proprietary colony, séparée du projet de New York. L'invasion commença, dans les faits, le 29 août 1664 par la capture de la Nouvelle Amsterdam. L'invasion continua, et prit fin par la capture de fort Casimir (New Castle (Delaware)) en octobre 1664. L'invasion fut contestée au début de la deuxième Guerre anglo-néerlandaise.

    Le statut spécial continua d'être appliqué de façon non-officielle jusqu'à ce que la région soit inclue dans la charte de William Penn pour la Pennsylvanie, le 24 août 1682. Durant cette période l'expansion et l'immigration continua.


    Hoarkill, Nouvelle-Amstel et Upland


    Le début de la troisième Guerre anglo-néerlandaise conduisit au retour de l'autorité néerlandaise en Nouvelle-Néerlande en août 1673. Les néerlandais ré-établirent les statuts qui préexistaient à l'invasion anglaise, et les codifièrent par la création de trois comptés dans ce qui était auparavant la Nouvelle-Suède. Ces comtés étaient le comté de Hoarkill, qui correspond aujourd'hui au Comté de Sussex (Delaware); le comté de New Amstel, qui correspond aujourd'hui au Comté de New Castle; et le comté d'Upland, qui fut plus tard partagé entre le comté de New Castle et la nouvelle colonie de Pennsylvanie. Les trois comtés ont été créés le 12 septembre 1673, les deux premier sur la rive ouest du Delaware, et le troisième de part et d'autre de la rivière.
    La signature du Traité de Westminster de 1674 mit fin aux efforts néerlandais, et les obligea à rendre la totalité de la Nouvelle-Néerlande aux Anglais, dont les trois comtés. La remise eut lieu le 29 juin 1674.

    Après avoir pris possession, les Anglais déclarèrent le 11 novembre 1674 que les colonies à l'ouest du Delaware et de la baie du Delaware (dans l'actuel Delaware et Pennsylvanie) étaient dépendantes de la colonie de New York, dont les trois comtés. Cette déclaration fut suivie le même jour par une autre qui renommait la Nouvelle Amstel en New Castle. Les autres comtés conservèrent leur nom.

    L'étape suivante à l'assimilation de la Nouvelle Suède dans New York fut l'extension de l'autorité du Duc dans la région. Ceci eut lieu le 22 septembre 1676. Ceci fut suivi par la partition des comtés afin qu'ils correspondent aux frontières de la Pennsylvanie et du Delaware.

    La première partition fut celle d'Upland entre le Delaware et la Pennsylvanie, avec la majeure partie de la portion du Delaware fusionnant avec le comté de New Castle. Ceci eut lieu le 12 novembre 1678. Les restes du comté d'Upland conservant leur nom.
    Le 21 juin 1680, les comtés de New Castle et Hoarkill firent l'objet d'une partition pour créer le comté de St. Jones.

    Le 4 mars 1681, ce qui était auparavant la colonie de Nouvelle-Suède fut partagé entre les colonies du Delaware et de Pennsylvanie. La frontière fut établie 12 milles au nord de New Castle, et la limite nord de la Pennsylvanie fut établie au 40[SUP]e[/SUP] parallèle nord. La limite était l'actuelle frontière avec le New Jersey sur le Delaware, tandis qu'il n'y avait pas de limite à l'ouest. La Pennsylvanie commença immédiatement à ré-organiser les terres de l'ancienne Nouvelle-Suède qu'elle avait récupéré. En juin 1681, Upland cessa d'exister en conséquence de la réorganisation de la colonie de Pennsylvanie, et le gouvernement local d'Upland devint celui du comté de Chester (Pennsylvanie).

    Le 24 août 1682, le Duc d'York transféra l'ouest du Delaware, dont l'actuel Delaware à William Penn, transférant ainsi Deale et St. Jones de New York au Delaware. Le comté de St. Jones fut renommé comté de Kent; le comté de Deale devint le comté de Sussex; seul le comté de New Castle retint son nom.


    Établissements et fortifications
    Forts

    Établissements


    Gouvernement


    La résidence officielle des gouverneurs de la Nouvelle Suède était Fort Christina à l'exception de Johan Björnsson Printz qui a élu domicile sur l'île de la Nouvelle-Göteborg.


    Influence finnoise


    Les colons venaient du Royaume suédois. Le pourcentage de finnois en Nouvelle-Suède grandit spécialement à la fin de la colonisation. Quand le bateau Mercurius navigua vers la colonie en 1655, 92 et 106 passagers étaient listés comme Finnois. Certains étaient des Skogfinns, des personnes d'origine finnoise vivant dans les régions forestière du centre de la Suède. Les skogfinns avaient immigré principalement de Savonie à l'est de la Finlande vers Dalécarlie, Bergslagen et d'autres provinces au centre de la Suède à la fin du XVI[SUP]e[/SUP] siècle et au début et milieu du XVII[SUP]e[/SUP] siècle.
    Leur déplacement a commencé sous l'impulsion du roi suédois Gustav Vasa, pour étendre leur agriculture dans ces régions inhabitées de leur pays. Ces finnois cultivaient traditionnellement avec la technique du brûlis qui convenait mieux à l'agriculture pionnière dans de vastes régions forestières.
    Par ailleurs, cette méthode était aussi employée par les amérindiens qui habitaient le
    Delaware.



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    Amérique russe



    À partir des années 1740, les Russes se lancent dans l'exploration des cotes de l'Alaska découverte partiellement en 1732 par Ivan Fedorov. Vitus Bering découvre en 1741 les îles Aléoutiennes et le sud de l'Alaska. C'est en 1784 qu'est fondée la première colonie russe en Alaska par Grigori Chelikhov. La Compagnie russe d'Amérique est créée en 1799. Le but est la chasse aux loutres de mer pour leur fourrure. Dans cette optique, une série de postes de traite et de comptoirs est établie le long des cotes nord-ouest de l'Amérique du Nord. Les trappeurs russes chassent les loutres avant de revendre leur fourrure, ce qui leur confère au début de bons profits. Le commerce (notamment d'alcool) se développe avec les Amérindiens locaux, surtout les Tlingits. Ceux-ci, reprochant aux Russes d'empiéter sur leur territoire, se rebellent entre 1799 et 1804 contre eux. Cette Guerre russo-tlingit affaiblit considérablement la colonie, mais les Tlingits sont finalement vaincus en 1804 à la Bataille de Sitka.


    La traite des fourrures effectuée par les Russes a comme conséquence la presque disparition des loutres des eaux de l'Alaska, ce qui entraîne une perte de profits et de rentabilité. Les commerçants et trappeurs russes, recherchant toujours plus les loutres, progressent ainsi vers le sud de l'Alaska, jusqu'au nord de la Californie, où ils établissent le Fort Ross en 1812. Ils entrent de ce fait en concurrence avec les Espagnols puis les Mexicains établis au sud de la Californie. Ils abandonnent finalement le territoire en 1848, avant de vendre l'Alaska aux États-Unis en 1867.

    Colonisation russe des Amériques

    L'Amérique russe est le nom donné aux territoires que l'Empire russe possédait en Amérique du Nord, principalement l'Alaska, avant la vente de cette dernière aux États-Unis en 1867. Mais les marchands et trappeurs russes, dans le but de trouver des fourrures de loutres de mer, touchèrent également le nord de la Californie, entrant ainsi en compétition avec les Espagnols établis au sud.


    Alaska


    Après la découverte du nord de l'Alaska par Ivan Fedorov en 1732, puis des îles Aléoutiennes, du sud de l'Alaska et des côtes nord-ouest de l'Amérique du Nord en 1741 durant l'exploration russe menée par Vitus Bering et Aleksei Chirikov, il s'écoula 50 ans avant la création de la première colonie russe en Alaska en 1784 par Grigori Chelikhov. La Compagnie russe d'Amérique fut fondée en 1799 par Nikolai Rezanov pour la chasse aux loutres de mer et la vente de leur fourrure. Le but était en effet d'effectuer la traite des fourrures, et des postes de traite ainsi que des comptoirs et des forts se répandirent alors assez vite tout le long de la côte du Pacifique, depuis le nord-ouest de l'Alaska jusqu'au nord de la Californie. Ce commerce des fourrures procura d'abord aux trappeurs russes de bons profits, mais, très vite, la chasse aux fourrures engendra également une plus grande rareté des mammifères ainsi que la presque disparition des loutres de mer des eaux d'Alaska (ce qui fut une des causes de l'expansion vers le sud des Russes), et donc une perte de profits et de rentabilité.

    Les conflits avec les Amérindiens quant à eux ne furent pas rares. Les premiers survinrent dès les années 1760, quand les Aléoutes entrèrent en rébellion contre les Russes qui essayaient d'occuper les îles Aléoutiennes. Après la fondation de la première colonie permanente d'Alaska, ce fut au tour des Indiens Tlingits de détruire la plupart des postes et forts russes de l'Alaska, reprochant à la Compagnie russe d'Amérique et aux colonisateurs d'avoir empiété sur leur territoire. De 1802 à 1804, la colonie russe fut tellement menacée par les Tlingits que son existence devint très précaire. Mais le conflit, commencé en 1799, se termina finalement par la défaite des Tlingits en 1804 face à la marine et à une force d'expédition russe à la Bataille de Sitka.

    Le maxima des populations des colonies russes tourna autour de 40 000 personnes mais la quasi-totalité d'entre elles étaient des autochtones. Le nombre de colons (Russes, Ukrainiens, Finnois, Tatares, personnes issues de toutes les minorités ethniques de l'Empire ou autochtones sibériens immigrés en Amérique) ne dépassa jamais 900 colons vivant en Alaska tous à la fois.

    Les colonies ne furent jamais vraiment rentables, surtout à cause des coûts de transports vers la Russie. À l'initiative du Secrétaire d'État William Seward, le Sénat des États-Unis approuva l'achat de l'Alaska à la Russie pour 7 200 000 dollars américains le 9 avril 1867.
    L'Église orthodoxe en Amérique a conservé les traces de ses activités depuis les premiers missionnaires russes. Les saints Germain de l'Alaska, Innocent de Moscou et Pierre l'Aléoute ont contribué à la création d'une forte communauté orthodoxe en Alaska.

    Dans les médias de la Russie actuelle, suivant ceux de l'ancienne Union soviétique, perdure la croyance, sans fondement juridique, que l'Alaska n'avait pas été vendue mais seulement louée pour un bail de 99 ou 150 ans et devait donc à terme être restituée à la Russie. Le traité de 1867 est cependant très clair sur la cession complète de la région. Cette spéculation peut sans doute être expliquée par le fait que, peu après la révolution de 1917 en Russie, tous les accords secrets internationaux signés par le Tsar ont été dénoncés par le nouveau gouvernement soviétique.
    Une série de pièces commémoratives furent frappées par l’URSS en 1990-1991 pour commémorer le 250[SUP]e[/SUP] anniversaire de la découverte de l'Amérique russe.


    Au-delà de l'Alaska


    Les explorateurs et les colons russes continuèrent d'établir des postes avancés pour le commerce en Alaska, dans les îles aléoutiennes et dans ce qui est aujourd'hui la Colombie-Britannique, l'État de Washington, l'Oregon et jusqu'au nord de la Californie, créant le Fort Ross, à 80 km au nord de San Francisco en 1812, poste abandonné en 1841.

    Une cloche d'une cinquantaine de kilos fut retrouvée enterrée dans un bois près de la Mission San Fernando Rey de España dans la Californie du Sud en 1920. Elle portait l'inscription russe : «En ce mois de janvier de l'année 1796, cette cloche fut apportée de l'île de Kodiak par sa sainteté l'Archimandrite Joaseph, durant le séjour d'Alexandre Baranov». Il est maintenant reconnu que cet objet d'art orthodoxe russe de Kodiak, a réellement fait le trajet vers les missions catholiques espagnoles du sud de la Californie, prouvant l'existence d'une diaspora russe sur l'ensemble de la côte pacifique
    nord-américaine et de ses contacts avec les Espagnols et les cultures indiennes locales.


    En 1818, le docteur Schäffer, entrepreneur russe, occupa Kauai, une des îles d’Hawaï, et négocia un traité de protection avec le chef de l'île Kaumualii, vassal du roi Kamehameha d'Hawaï. Mais le tsar russe refusa de ratifier ce traité.


    Achat de l'Alaska


    L'achat de l'Alaska est l'acte par lequel l'Empire russe céda ses territoires nord-américains aux États-Unis en 1867 contre le paiement de sept millions de dollars. Cet achat fut mené par le secrétaire d'État américain William Seward. Le territoire acheté avait une superficie d'environ 1 600 000 km² (600 000 miles carrés), et constitue pour l'essentiel l'actuel État américain d'Alaska.

    Situation avant l'achat


    L'Empire russe était en difficulté financière et craignait de perdre le territoire alaskan sans compensation dans un conflit futur, surtout avec le rival du moment, l'Empire britannique, qui possédait déjà le Canada voisin et dont la puissante Royal Navy pouvait facilement prendre le contrôle de côtes difficiles à défendre pour la Russie. L'empereur Alexandre II décida donc de vendre le territoire aux États-Unis et chargea son ambassadeur, le baron Edouard de Stoeckl d'ouvrir des négociations avec le secrétaire d'État William Seward, dont c'était un proche, au début de mars 1867.

    Les négociations se conclurent après des discussions qui durèrent une nuit entière et la signature du traité à 4 heures du matin le 30 mars avec un prix d'achat de 7 200 000 dollars américains (équivalent à environ 1,67 milliard de dollars de 2006). L'opinion publique américaine était plutôt défavorable à cet achat, comme résumé par un historien, les critiques étaient nombreuses :
    «Already, so it was said, we were burdened with territory which we had no population to fill. The Indians within the present boundaries of the republic strained our power to govern aboriginal peoples. Could it be that we would now, with open eyes, seek to add to our difficulties by increasing the number of such peoples under our national care? The purchase price was large; the annual charges for administration, civil and military, would be yet greater, and continuing. The territory included in the proposed cession was not contiguous to the national domain. It lay away at an inconvenient and a dangerous distance. The treaty had been secretly prepared, and signed and foisted upon the country at four o'clock in the morning. It was a dark deed done in the night.... The New York World said that it was a "sucked orange." It contained nothing of value but furbearing animals, and these had been hunted until they were nearly extinct. Except for the Aleutian Islands and a narrow strip of land extending along the southern coast the country would be not worth taking as a gift.... Unless gold were found in the country much time would elapse before it would be blessed with Hoe printing presses, Methodist chapels and a metropolitan police. It was "a frozen wilderness,"
    déclara le New York Tribune.»


    Point de vue de Washington


    L'achat était à l'époque tourné en ridicule, considéré comme «la folie de William Henry Seward» («William H. Seward's folly»), la «glacière de William H. Seward» («William H. Seward's icebox») ou «Le jardin aux ours polaires d'Andrew Johnson» («Andrew Johnson's polar bear garden»), puisqu'on considérait déraisonnable de dépenser une telle somme pour cette région reculée.

    Le traité était soutenu par le Secrétaire d'État William Henry Seward, partisan de longue date de l'expansion, et par le président du comité du Sénat Charles Sumner. Leurs arguments étaient que les intérêts stratégiques de la nation poussaient à la signature de ce traité. La Russie avait été un allié de valeur pendant la guerre de Sécession, alors que le Royaume-Uni avait presque ouvertement été un ennemi. Il paraissait donc judicieux d'aider la Russie et de «déconcerter» les Anglais. De plus, il y avait la question que le territoire adjacent était alors une colonie britannique (actuel Canada). Il pouvait donc y avoir une valeur stratégique pour les Anglais d'acquérir un jour l'Alaska. L'achat, indiqua l'éditorialiste du New York Herald, était une manière pour le tsar de laisser entendre à l'Angleterre et à la France qu'ils n'avaient «pas d'activités sur ce continent». «En résumé, c'est une manœuvre de flanc» sur le Canada dit l'influent New York Tribune. Bientôt le monde verrait dans le nord-ouest «un cockney hostile encadré par deux Yankees attentifs, sur chaque côté» et «John Bull serait amené à comprendre que la seule chose qu'il lui reste à faire est la vente de ses intérêts au Brother Jonathan».

    Le 9 avril, Sumner fit un discours important pour soutenir le traité, couvrant de manière exhaustive l'histoire, le climat, la configuration naturelle, la population, les ressources — les forêts, les mines, les fourrures, les pêcheries — d'Alaska. En bon érudit, il cita les témoignages de géographes et de navigateurs : Alexander von Humboldt, Joseph Billings, Yuri Lisiansky, Fiodor Petrovitch Litke, Otto von Kotzebue, Portlock, James Cook, Meares, Ferdinand von Wrangel. Quand il en eut terminé, il observa qu'il avait «un peu plus que maintenir l'équilibre de la balance». Cela la fit plutôt pencher de son côté, alors il continua : c'est «parce que la raison et les témoignages poussant de ce côté étaient les plus lourds». «Bientôt», dit Sumner, «une race pragmatique d'intrépides navigateurs vont essaimer sur la côte, prête à toutes sortes d'entreprises, pour affaires ou par patriotisme. Le commerce trouvera de nouveaux bras, le pays de nouveaux défenseurs, le drapeau national de nouvelles mains pour le porter bien haut».
    Accordant le républicanisme américain à tout le territoire, il indiqua «et vous reconnaîtrez que c'est mieux que tout ce que vous pouvez recevoir, mieux que des quintaux de poissons, des sables d'or, les meilleurs choix de fourrures ou de splendides ivoires». «Notre cité», s'exclama Sumner, «ne peut rien être moins que le continent nord-américain avec des portes sur toutes les mers qui l'entourent». Il argumenta par ces mots que le traité était «une étape visible» dans cette direction : nous devrons «renvoyer une monarchie de plus du continent.

    Une par une, elles se sont retiré — d'abord la France; puis l'Espagne; et la France de nouveau, et maintenant la Russie, tout cela traçant la voie à cette unité par absorption déclarée par la devise nationale — E pluribus unum ». [Oberholtzer 1: 544-5].

    Le Seward's Day, jour de célébration de l'achat de l'Alaska par les États-Unis, nommé en l'honneur de William Henry Seward, est un jour de congé en Alaska (dernier lundi de mars).


    Ratification


    Chèque utilisé par le gouvernement des États-Unis pour l'achat de l'Alaska
    [​IMG]

    [​IMG] Ceci est une image remarquable sur la Wikipédia en turc (Seçkin resimler)
    et est considéré(e) comme l'une de nos meilleures images.

    Description : With this check, the United States completed the purchase
    of almost 600,000 square miles of land from the
    Russian Government.
    This treasury warrant issued on August 1,
    1868,
    at the Sub-Treasury Building at 26 Wal, New York, New York,
    transferred $7.2 million to Russian Minister to the United States
    Edouard de Stoeckl.
    The purchase price of the 49th state? Less than two cents an acre.
    Original located in the
    National Archives,
    Records of the Accounting Officers of the Department of Treasury.

    Date : 30 mars 1867
    Source : http://www.ourdocuments.gov
    Auteur : Ce fichier ne fournit pas d’information à propos de son auteur.
    Utilisateur : Diego pmc
    Ce média est dans le domaine public des États-Unis d’Amérique
    Ce fichier a été identifié comme étant exempt de restrictions connues
    liées au droit d’auteur, y compris tous les droits connexes et voisins.

    ___________________________


    Le Sénat des États-Unis ratifia le traité le 9 avril 1867, par un vote de 37 voix pour et 2 contre. Cependant, le budget pour l'achat ne fut débloqué qu'un an après à cause de l'opposition de la Chambre des représentants, qui approuva finalement le traité en juillet 1868, par un vote de 113 voix pour et 48 contre.


    On estime que l'Alaska comptait alors 2500 Russes ou métis et 8 000 aborigènes, en tout 10 000 habitants, sous le commandement direct de la compagnie russe des fourrures, et peut-être 50 000 Esquimaux vivant sous cette juridiction. Les Européens vivaient dans 23 lieux de peuplement, situés sur les îles ou en bordure des côtes. Les petites stations regroupaient seulement 4 ou 5 Russes chargés de la collecte et du stockage des fourrures apportées par les Indiens et du ravitaillement des navires qui venaient les chercher. La plus grande ville de l'époque, la Nouvelle-Arkhangelsk, maintenant nommée Sitka, a été fondée en 1804 pour le négoce des très rentables fourrures d'otaries des mers. Elle comptait environ 116 baraques abritant 968 habitants. Le seconde ville était Saint-Paul sur l'île Kodiak avec 100 baraques et 283 personnes. Elle était le centre de l'industrie de la fourrure de phoque.

    Le toponyme aléoute Alaska fut choisi par les Américains. La cérémonie de transfert eu lieu à Sitka le 18 octobre 1867. Des soldats russes et américains paradèrent devant la maison du gouverneur ; le drapeau russe fut ramené et le drapeau américain hissé, salué par des salves d'artillerie. Le capitaine Alexis Pestchouroff dit : «Général Rousseau, par l'autorité de Sa Majesté, l'empereur de Russie, je transfère aux États-Unis d'Amérique le territoire de l'Alaska». En retour, le général Lovell Rousseau accepta le territoire. De nombreux forts et fortins, baraques en bois furent cédées aux Américains. Les troupes occupèrent les casernes et le général Jefferson C. Davis établit sa résidence dans la maison du gouverneur. La plupart des Russes retournèrent en Russie ; seuls quelques commerçants et hommes d'Église choisirent de rester.

    L'Alaska Day célèbre le transfert formel de l'Alaska de la Russie aux États-Unis, qui eut lieu le 18 octobre 1867. Mais aujourd'hui, l'Alaska célèbre le jour de l'acquisition, le Seward's Day, chaque dernier lundi du mois de mars.



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  19. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Expansions de l'Amérique française


    Au Canada


    Les colons sont moins nombreux que les colons anglais, mais contrôlent bien plus l’arrière-pays, tel que les Pays d'en Haut. Ils s’enfoncent vers le milieu du continent par les riviéres et les Grand Lacs. Plusieurs forts sont construits pour protéger la région acquise.

    - Buade en 1681,
    - Sainte-Croix en 1683,
    - Bon Secours, Trempealeau, et Saint-Nicolas en 1685,
    - Saint-Antoine en 1686,
    - Saint-Joseph et Pimiteoui en 1691,
    - La Pointe en 1693,
    - Le Sueur en 1695,
    - L'Huillier en 1700,
    - Pontchartrain en 1701,
    - Michilimakinac en 1715,
    - La Baye en 1717,
    - Ouiatenon en 1717,
    - Michipicoton en 1725,
    - Beauharnois en 1727,
    - Saint-Charles en 1732,
    - Saint-Pierre en 1731,
    - Bourbon en 1741,
    - Sandoské en 1747,
    - de la Presqu'île en 1753,
    - et Massiac en 1757. Dans la Vallée de l'Ohio,
    les Canadiens avaient pendant longtemps commercé avec les Amérindiens. Cependant, la guerre de 1748 laissa l'Angleterre avec le désir de vengeance. Les Anglais croyaient que la paix était fructueuse pour la France, mais mauvaise pour l'Angleterre.

    Les forts de Miami et Caministigoyan en 1679, Crèvecoeur en 1680, Buade en 1681, Sainte-Croix en 1683, Bon Secours, Trempealeau, et Saint-Nicolas en 1685, Saint-Antoine en 1686, Saint-Joseph et Pimiteoui en 1691, La Pointe en 1693, Le Sueur en 1695, L'Huillier en 1700, Pontchartrain en 1701, Michilimakinac en 1715, La Baye en 1717, Ouiatenon en 1717, Michipicoton en 1725, Beauharnois en 1727, Saint-Charles en 1732, Saint-Pierre en 1731, Bourbon en 1741, Sandoské en 1747, de la Presqu'île en 1753, et Massiac en 1757. Dans la Vallée de l'Ohio, les Canadiens avaient pendant longtemps commercé avec les Amérindiens. Cependant, la guerre de 1748 laissa l'Angleterre avec le désir de vengeance. Les Anglais croyaient que la paix était fructueuse pour la France, mais mauvaise pour l'Angleterre. C'est alors que les colons anglais se mirent à commercer avec les Amérindiens de la région. Cela amena un conflit entre les deux puissances qui débuta avec l'affaire JumonvilleGeorge Washington et ses hommes tuèrent 10 Canadiens dans les petites heures du matin par baïonnettes, le 28 mai 1754.


    Dans la région du Mississippi


    En 1673, le gouverneur de Nouvelle-France envoie une expédition conduite par Jacques Marquette et Louis Jolliet sur le Mississippi.
    En 1679, Cavelier de La Salle explore l’actuel Minnesota. C’est ainsi que les Français « encerclent » les possessions britanniques et veulent créer un empire faisant contrepoids à l’empire espagnol. Mais le roi de France engage peu de moyens pour contrôler efficacement ces territoires qu’il revendique plutôt qu’il ne les possède. Des centres de colonisation sont créés dans la région : en 1699, Biloxi (Mississippi actuel) ; en 1702, Mobile (Alabama actuel), et en 1703, Kaskaskia (Illinois actuel). En 1718, Jean-Baptiste Le Moyne, Sieur de Bienville fonde La Nouvelle-Orléans. La Louisiane prend forme lorsque 7 000 émigrants français viennent s'installer en Louisiane au XVIII[SUP]e[/SUP] siècle. Mais, c'est 100 fois moins que le nombre de colons britanniques sur la côte atlantique. La Louisiane attire beaucoup moins les Français de l'époque que les Antilles.


    En Acadie


    En 1713, le roi Louis XIV revendiqua l'île Royale à la France. Après que ses troupes échouèrent à établir un port d'hiver au fort Sainte-Anne, le Roi demanda l'exploration de l'île Royale pour un port de mer plus favorable. Louisbourg est choisi à cause de sa position militaire stratégique et de son abondance en poisson, mais surtout parce que le port de mer est libre de glace l'hiver.. Le site est choisi au lendemain du traité d'Utrecht pour y établir une grande base navale afin de compenser la perte par la France de Port-Royal (Annapolis). Il est important de noter que la France avait cédé l'Acadie et Terre-Neuve à la Grande-Bretagne, et seules l'île Royale et l'île Saint-Jean restèrent en sa possession dans la région de l'Acadie. Une fois sur l'île Royale, les Français commencèrent à établir des villages et le port de mer de Louisbourg.
    Après 1713, la France entreprit de raffermir sa présence dans toute l'Acadie. Outre la construction de Louisbourg, elle était résolue à organiser une colonie sur l'Isle Saint-Jean.

    Les pertes de la France en Amérique


    Tout au long de la colonisation européenne de l'Amérique du Nord régna un climat de rivalités entre Français et Anglais qui s'affrontèrent durant quatre grande Guerres coloniales correspondant chacune à un conflit majeur européen. Les différents traités qui mirent fin à ces guerres ne provoquèrent pas de changements territoriaux significatifs ou, au contraire, firent perdre à la France plusieurs territoires au profit de l'Angleterre, qui annexa d'abord l'Acadie, puis la totalité même de la Nouvelle-France.

    Rivalités franco-britanniques

    Les rivalités qui opposèrent la France et l'Angleterre en Amérique furent avant tout d'ordre politique et commercial. En effet, les guerres qui secouaient les deux nations en Europe ne tardaient pas à traverser l'Atlantique et à "s'exporter" dans les colonies, conduisant à l'affrontement entre celles-ci. De plus, les Français comme les Anglais cherchent à s'approprier le monopole exclusive de la traite des fourrures, ce qui créée une âpre concurrence entre marchands anglais et français autour des Grands Lacs, de la Baie d'Hudson et le long de la vallée de l'Ohio. Cette concurrence ne tarde pas à se transformer en guerre ouverte. Avec la fondation de la Louisiane par les Français, les colons des Treize colonies se sentent encerclés par les possessions françaises.

    Traités et changements territoriaux


    Par le traité d’Utrecht (1713), les Français perdent la Baie d'Hudson au Canada, Terre-Neuve et l'Acadie à l'Angleterre. En 1754, le conflit débute pour la Vallée de l'Ohio. L'année suivant, les Anglais, sous les ordres du gouverneur du Massachusetts, William Shirley, commandant en chef des forces anglaises en Amérique du Nord, déportent les Acadiens de la Nouvelle-Écosse. Ils se retrouvent dispersés dans toute l’Amérique.
    Leurs maisons sont brûlées pour décourager tout retour. Cet épisode porte le nom de «Grand dérangement».


    En 1757, après 3 années de victoires françaises et canadiennes, le premier ministre de l'Angleterre, Willaim Pitt envoie 60 000 soldats britanniques pour le conflit en Amérique contre 6000 du côté de la France.
    En 1758, la France perd Louisbourg, et en 1759, la ville forteresse de Québec. Ses conflits militaires entre la France et l'Angleterre conduisent en 1763 à la perte du Canada au profit de l'Angleterre, et celle de la Louisiane à l'Espagne. La France perd le continent nord-américain, sauf Saint-Pierre-et-Miquelon).
    En 1803, sans l'approbation de l'Assemblé Nationale, Napoléon vend aux États-Unis la Louisiane, c’est-à-dire en fait un immense territoire couvrant tout le bassin du Mississippi, et non pas uniquement l’État de Louisiane actuelle.
    La langue (français cadien) et les toponymes ont gardé le souvenir de cette présence française : La Nouvelle-Orléans et Saint Louis


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  20. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    La situation à la veille de la guerre d’indépendance
    (fin du XVIII[SUP]e[/SUP] siècle)



    Des colonies hétérogènes


    - Les colonies anglaises se sont constituées progressivement tout au long du XVII[SUP]e[/SUP] siècle, selon plusieurs modalités :
    °certaines sont des entreprises commerciales, dirigées depuis Londres par un «siège d’actionnaires», comme de nombreuses sociétés. Les colons sont envoyés en Amérique pour enrichir l’entreprise commerciale. Toutefois, ce genre de compagnie commerciale n’a jamais eu une exceptionnelle rentabilité, et finalement elles passent sous le contrôle du roi d’Angleterre.
    °d’autres colonies sont des colonies de peuplement à des fins religieuses, autorisées par le roi.

    - Des élites divergentes :
    °Au nord, avec la réussite économique la théocratie puritaine se transforme. Une certaine homogénéisation du peuplement, des facteurs religieux communs et la réussite économique façonnent une mentalité particulière que l'historien Samuel Morisson perçoit comme les premiers «yankees». Aussi conservateurs en morale et en religion que radicaux en affaires et en politique, les Yankees deviennent le stéréotype de l'américain du Nord-est.
    °Les élites du Sud sont surtout les gentlemen des plantations fascinés par le monde aristocratique. Aux îles comme en Amérique, la maison du planteur est le symbole à partir des années 1720 de la réussite sociale. Meubles anglais importés à grands frais, vêtements luxueux, majordomes témoignent de la volonté de paraître. Les familles envoient leurs enfants à Oxford ou Cambridge et pour les plus fortunés «le grand tour», c'est-à-dire la visite des hauts lieux culturel de l'Europe, s'impose.

    - D’autre part, la géographie distingue les différentes colonies britanniques de la côte atlantique :
    °Au nord de la Nouvelle-Angleterre, des sols impropres à l’agriculture mais de belles forêts ; les activités principales sont le commerce (Boston), la pêche et la chasse à la baleine.
    °Au sud de la Nouvelle-Angleterre, l’activité commerciale est intense grâce à l’Hudson. L’agriculture est plus facile.
    °L’économie de la région de la Chesapeake repose sur la culture du tabac, du blé et du maïs, qui sont exportés en Europe.
    °Les colonies du Sud vivent de l’exploitation du bois, de la riziculture et de l’indigo : ce sont des colonies de plantation utilisant une main-d’œuvre servile venue d’Afrique.

    - Sur le plan des institutions, les colonies sont surveillées par un gouverneur nommé par le roi ou par les propriétaires. Chacune possède deux chambres législatives, calquées sur le modèle anglais. C’est la loi anglaise qui détermine la justice. Les lois doivent être contresignées par le roi d’Angleterre.
    - Enfin les colonies américaines sont différentes sur le plan religieux.



     

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