Histoire d'Internet

Discussion dans 'Bibliothèque Wladbladi' créé par titegazelle, 11 Janvier 2013.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Histoire d'Internet


    L’histoire d’Internet remonte au développement des premiers réseaux de télécommunication. L’idée d’un réseau informatique, permettant aux utilisateurs de différents ordinateurs de communiquer, se développa par de nombreuses étapes successives. La somme de tous ces développements conduisit au «réseau des réseaux» (network of networks) que nous connaissons aujourd’hui en tant qu'Internet. Il est le fruit à la fois de développements technologiques et du regroupement d’infrastructures réseau existantes et de systèmes de télécommunications.

    Les premières versions mettant en place ces idées apparurent à la fin des années 1950. L’application pratique de ces concepts commença à la fin des années 1960. Dès les années 1980, les techniques que nous reconnaissons maintenant comme les fondements d’Internet moderne commencèrent à se répandre autour du globe. Dans les années 1990, sa popularisation passa par l’apparition du World Wide Web.

    L’infrastructure d’Internet se répandit autour du monde pour créer le large réseau mondial d’ordinateurs que nous connaissons aujourd’hui. Il se répandit au travers des pays occidentaux puis frappa à la porte des pays en voie de développement, créant ainsi un accès mondial à l’information et aux communications sans précédent ainsi qu’une fracture numérique. Internet contribua à modifier fondamentalement l’économie mondiale, y compris avec les retombées de la bulle Internet.

    Le premier serveur web, actuellement au musée du CERN,
    étiqueté «This machine is a server. DO NOT POWER IT DOWN!!»,
    ce qui signifie : «Cette machine est un serveur. NE PAS L'ÉTEINDRE !!»



    [​IMG]


    Description : (Cette station de travail NeXT (un NeXTcube)
    a été utilisée par Tim Berners-Lee en tant que
    le premier serveur Web sur le World Wide Web.
    Aujourd'hui, il est conservé au Microcosm, le musée ouvert au public
    sur le site de Meyrin du CERN, dans le canton de Genève, Suisse.)
    C’est la première bande informatique serveur
    qui a été présenté par les Etats-Unis à Londres.
    Date : en:August 10, 2005
    Source : Travail personnel
    Auteur : User:Coolcaesar at en.wikipedia
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    ____________________________


    Chronologie sélective

    Les principales dates qui ont marqué l'histoire d'Internet sont :
    [TABLE="class: MsoNormalTable"]
    [TR]
    [TD]
    Année
    [/TD]
    [TD]
    Évènement
    [/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"] 1958[/TD]
    [TD="align: center"] La société BELL crée le premier Modem permettant de transmettre des données binaires sur une simple ligne téléphonique.[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"] 1961[/TD]
    [TD="align: center"] Leonard Kleinrock du Massachusetts Institute of Technology publie une première théorie sur l'utilisation de la commutation de paquets pour transférer des données[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"] 1962[/TD]
    [TD="align: center"] Début de la recherche par ARPA, une agence du ministère de la Défense américain, où J.C.R. Licklider y défend avec succès ses idées relatives à un réseau global d'ordinateurs.[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"] 1964[/TD]
    [TD="align: center"] Leonard Kleinrock du MIT publie un livre sur la communication par commutation de paquets pour réaliser un réseau.[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"] 1967[/TD]
    [TD="align: center"] Première conférence sur ARPANET[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"] 1969[/TD]
    [TD="align: center"] Connexion des premiers ordinateurs entre 4 universités américaines via l'Interface Message Processor de Leonard Kleinrock[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"] 1971[/TD]
    [TD="align: center"] 23 ordinateurs sont reliés sur ARPANET. Envoi du premier courriel par Ray Tomlinson.[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"] 1972[/TD]
    [TD="align: center"] Naissance du InterNetworking Working Group, organisme chargé de la gestion d’Internet[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"] 1973[/TD]
    [TD="align: center"] L'Angleterre et la Norvège rejoignent le réseau Internet avec chacun 1 ordinateur[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"] 1979[/TD]
    [TD="align: center"] Création des NewsGroups (forums de discussion) par des étudiants américains[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"] 1982[/TD]
    [TD="align: center"] Définition du protocole TCP/IP et du mot «Internet»[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"] 1983[/TD]
    [TD="align: center"] Premier serveur de noms de sites[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"] 1984[/TD]
    [TD="align: center"] 1 000 ordinateurs connectés[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"] 1987[/TD]
    [TD="align: center"] 10 000 ordinateurs connectés[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"] 1989[/TD]
    [TD="align: center"] 100 000 ordinateurs connectés[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"] 1990[/TD]
    [TD="align: center"] Disparition d'ARPANET[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"] 1991[/TD]
    [TD="align: center"] Annonce publique du World Wide Web[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"] 1992[/TD]
    [TD="align: center"] 1 000 000 ordinateurs connectés[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"] 1993[/TD]
    [TD="align: center"] Apparition du Navigateur webNCSA Mosaic[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"] 1996[/TD]
    [TD="align: center"] 36 000 000 ordinateurs connectés[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"] 2000[/TD]
    [TD="align: center"] Explosion de la Bulle internet (368 540 000 ordinateurs connectés)[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="align: center"][/TD]
    [TD="align: center"][/TD]
    [/TR]
    [/TABLE]

    Avant Internet
    - L'absence de connexions inter-réseaux
    Avant la propagation des connexions inter-réseaux qui amenèrent l’Internet actuel, la plupart des réseaux de communication étaient limités de par leur nature à des communications entre les postes du réseau. Quelques réseaux avaient des passerelles ou des ponts les reliant entre eux, mais la plupart du temps ils étaient limités ou conçus pour un usage unique. Une méthode déjà utilisée dans les réseaux de télécommunication reposait sur l'utilisation d'un ordinateur central, permettant simplement à ses terminaux d'être raccordés via de longues lignes. Cette méthode fut utilisée dans les années 1950 par le projet RAND afin de permettre la collaboration de chercheurs tels qu'Herbert Simon, alors situé à Pittsburgh en Pennsylvanie, et les chercheurs de Santa Monica en Californie, tous travaillant sur la démonstration assistée par ordinateur et l'intelligence artificielle.

    - Trois terminaux et une agence du Département de la Défense des États-Unis
    Un pionnier important dans l'histoire du réseau mondial, J.C.R. Licklider, mit en avant l'idée, dans sa publication de janvier 1960, «Man-Computer Symbiosis» («La symbiose homme-ordinateur») :
    «un réseau de tels [ordinateurs], connectés les uns aux autres par des lignes de télécommunications large bande» qui fournissait «les fonctions de bibliothèques actuelles couplées avec les avancées faites dans le stockage et la récupération d'informations et [d'autres] fonctions symbiotiques.» — J.C.R. Licklider.

    En octobre 1962, J.C.R. Licklider fut promu à la tête du bureau de traitement de l'information de la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA ou ARPA) sous tutelle du Département de la Défense des États-Unis, et forma un groupe informel à l'intérieur de la DARPA afin de développer la recherche informatique. Trois terminaux furent installés sous la tutelle du bureau de traitement de l'information. Un pour System Development Corporation à Santa Monica, Californie, un pour Project Genie à l'Université de Californie à Berkeley et un pour le projet Multics à l'Institut de Technologie du Massachusetts (MIT). De par les problèmes rencontrés, les besoins de création d'inter-réseaux de J.C.R. Licklider devinrent alors évidents :
    Pour chacun de ces trois terminaux, j'avais trois jeux différents de commandes. Si bien que si j'étais en train de parler en direct avec quelqu'un chez SDC et que je voulais discuter de ça avec quelqu'un que je connaissais à Berkeley ou au MIT, il fallait que je me lève de devant le terminal S.D.C., que j'aille m'enregistrer sur l'autre terminal afin d'entrer en contact avec eux.
    Je me suis dit, hé, mec, ce qu'il me reste à faire est évident : au lieu d'avoir ces trois terminaux, il nous faut un terminal qui va partout où tu veux et où il existe un ordinateur interactif. Cette idée était l'ARPAnet. — Robert Taylor, co-auteur avec J.C.R. Licklider de The Computer as a Communications Device, dans un entretien avec le New York Times.


    - Répartition et aiguillage de paquets de données
    Au cœur du problème de connexion inter-réseau résidait la question de connecter plusieurs réseaux physiquement séparés pour ne former qu'un seul réseau logique. Au cours des années 1960, plusieurs groupes ont travaillé sur l'élaboration de l'aiguillage de paquets (packet switching en anglais). Donald Davies (National Physical Laboratory), Paul Baran (Research and Development RAND Corporation) et Leonard Kleinrock (Massachusetts Institute of Technology) se sont vu attribuer l'invention simultanément. La notion d'Internet développé pour survivre à une attaque nucléaire trouve racine dans les premières théories développées par le RAND, mais ce n'est autre qu'une «légende urbaine» qu'aucun document officiel n'appuie. Les recherches de Paul Baran ont approché l'aiguillage de paquet par des études de décentralisation afin d'éviter que des dégradations liées à des combats puissent remettre en cause l'intégrité du réseau.

    Les réseaux qui conduisirent à Internet
    - Le réseau ARPANET
    Promu à la tête du bureau de traitement de l'information à l'ARPA, Matt Racoon avait pour but de concrétiser les idées de J.C.R. Licklider sur les systèmes de réseaux interconnectés. En compagnie de Larry Roberts, qui travaillait au MIT, il décida de créer un tel réseau. Le premier lien ARPANET (ARPA Network) fut établi entre l'université de Californie à Los Angeles et le Stanford Research Institute le 21 novembre 1969. Dès le 5 décembre 1969, en y ajoutant l'université d'Utah et l'université de Californie à Santa Barbara, un réseau à 4 nœuds voyait le jour. À partir de 1972, le réseau (construit sur les idées développées en ALOHAne) se développa rapidement jusqu'en 1981, date à laquelle le nombre d'hôtes s'élevait à 213 avec un rythme de croissance soutenu atteignant alors un nouvel hôte tous les 20 jours environ.

    Il devint le cœur technique de ce qu'est devenu Internet, ainsi qu'un outil primaire de développement de cette nouvelle technique. Son développement fut recentré sur les processus RFC, toujours utilisés de nos jours pour proposer et distribuer les protocoles et système Internet. RFC 1, dénommé « Host Software » (littéralement «logiciel hôte»), fut codé par Steve Crocker de l'université de Californie à Los Angeles, et publié le 7 avril 1969.
    Les collaborations internationales sur le projet ARPANET restèrent rares. Pour diverses raisons politiques, les développeurs européens travaillaient sur le développement du réseau X.25. Avec quelques exceptions telles que : Norwegian Seismic Array (NORSAR) en 1972, suivi en 1973 par la Suède et sa liaison satellite entre Tanum et l'University College de Londres.

    Ces premières années ont été mises en scène par Steven King dans son film documentaire de 1972 Computer Networks: The Heralds of Resource Sharing (que l'on peut traduire par «Les Réseaux informatiques : les prémices du partage des ressources»).

    - X.25 et accès public
    Les réseaux à ordonnance de paquets ont été développés par l'Union internationale des télécommunications en poursuivant les recherches de la DARPA et en utilisant les formes de réseau X.25. En 1974, ce dernier sert de base au développement du réseau SERCnet reliant les académiciens anglais avec leurs sites de recherche, qui deviendra par la suite JANET lors de son association avec le Joint Academic NETwork. En mars 1976 l'Union internationale des télécommunications lance le premier standard en X.25.

    En 1978, le Bureau de poste anglais, Western Union International, et Tymnet participèrent à la création de l'International Packet Switched Service, le premier réseau international à aiguillage de paquets. Ce réseau s'étendit depuis l'Europe et les États-Unis pour couvrir en 1981 le Canada, Hong Kong et l'Australie. Dès le courant des années 1990, il fournissait une infrastructure réseau mondiale.

    Contrairement à l'ARPANET, le X.25 était disponible dans le monde de l'entreprise. Il sera utilisé pour les premiers réseaux téléphoniques publics, tels CompuServe et Tymnet. En 1979, CompuServe fut le premier service capable de proposer un courrier électronique ainsi qu'un support technique aux utilisateurs d'ordinateurs personnels. Cette société repoussa une nouvelle fois les barrières des télécommunications en proposant l'année suivante des discussions en temps réel grâce à son CB Simulator, un simulateur radio. Il y eut aussi les réseaux America Online (AOL) et Prodigy ainsi que de nombreux réseaux bulletin board system comme The WELL et FidoNet. Ce dernier était particulièrement populaire dans le milieu des hackers et radioamateurs.


    - Unix to Unix Copy Protocol
    En 1979, deux étudiants à l'Université Duke, Tom Truscott et Jim Ellis, ont eu l'idée d'utiliser de simples scripts en Bourne shell afin de transférer des informations et des messages en se servant d'une liaison série avec l'université voisine de Chapel Hill. En suivant les mises à jour publiques du logiciel se propageant sur l'Usenet, le réseau d'hôte Unix to Unix Copy Protocol (UUCP) se développa rapidement. UUCPnet, comme il sera nommé plus tard, entraîna la création de nombreuses passerelles et autres liens entre les hôtes FidoNet et Bulletin board system. Les réseaux UUCP se répandirent rapidement, grâce à leur coût peu élevé et leur capacité à utiliser les lignes téléphoniques existantes, comme les liens X.25, et même les connexions ARPANET. Le nombre d'hôtes des réseaux UUCP était de 550 en 1983, puis 940 en 1984.

    Unification des réseaux et la création d’Internet
    - Protocole TCP/IP
    L'abondante diversité des méthodes de communications réseau amena un besoin d'uniformisation. Robert E. Kahn recruta Vinton G. Cerf de l'université Stanford dans le but de travailler ensemble sur ce problème. En 1973, ils avaient déjà réalisé une reformulation profonde, dans laquelle les différences entre les protocoles s'estompaient par l'utilisation d'un protocole de communication : au lieu d'assoir la fiabilité du réseau sur les connexions, comme avec l'ARPANET, les hôtes en étaient maintenant responsables. Vinton G. Cerf attribua à Hubert Zimmerman et Louis Pouzin (développeurs du réseau Cyclades) un important travail de développement.

    Cartographie du test du réseau TCP/IP en janvier 1982.
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    Description : Vue schématique d’Internet, alors en phase de semi-production, datant de février 1982.
    A cette époque, NCP était encore largement utilisé par les systèmes connectés à ARPANET.
    Les ovales représentent des sites ou réseaux (certains sites étant constitués de plusieurs réseaux physiques)
    alors que les rectangles identifient les routeurs. Les ordinateurs hôtes ne sont pas représentés.
    Dessiné par Jon Postel, en poste à l’Institut des sciences informatiques
    (Information Sciences Institute, au sein de l’Université de Californie du Sud),
    contribuant au développement d’Internet dans le cadre d’un contrat de recherche de la DARPA.
    Date et heure : 14.08.2011
    Source : Institut des sciences informatiques
    (Information Sciences Institute, établissement de l’Université de Californie du Sud)
    Auteur : Jon Postel
    Autorisation : PD-USGov-Military
    Ce média est dans le domaine public des États-Unis d’Amérique
    car son auteur est l’
    administration américaine comme précisé dans le code fédéral
    au
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    ou d’une autre subdivision géographique ou politique du pays.

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    ___________________________

    Avec le rôle du réseau physique réduit à son strict minimum, il devint alors possible de fusionner à peu près tout type de réseau sans tenir compte de leurs caractéristiques et ainsi résoudre le problème que s'était posé Robert E. Kahn à ses débuts. La DARPA accepta de financer le développement du logiciel prototype, et après plusieurs années de travail, la première démonstration quelque peu rustique de ce qu'était alors devenu le TCP/IP eut lieu en juillet 1977. Cette nouvelle méthode se répandit au travers des réseaux, et le 1[SUP]er[/SUP] janvier 1983 les protocoles TCP/IP devenaient officiellement le seul protocole sur l'ARPANET, remplaçant le précédent protocole NCP.

    - Du réseau de l'ARPA à celui de la National Science Foundation
    Après que l'ARPANET avait été en service pendant plusieurs années, l'agence chercha une autre entité pour prendre en charge le réseau car cela dépassait ses attributions initiales : ARPA était censé financer la recherche et le développement et non entretenir un réseau de télécommunication. Finalement en juillet 1975 le réseau passa sous la responsabilité de la Defense Communications Agency, partie intégrante du département de la Défense. En 1983 la partie de l'ARPANET appartenant aux Forces armées des États-Unis fut séparée du reste du réseau et devint le MILNET (Military Network).

    Les réseaux construits autour de l'ARPANET étaient financés par le gouvernement et de ce fait restreints à une utilisation non commerciale et en particulier la recherche, toute utilisation commerciale sans fondement était alors strictement interdite.
    Les connexions étaient initialement restreintes aux sites de l'armée et aux universités. Dans les années 1980, les connexions se sont étendues à de nombreuses institutions éducatives ainsi qu'à un nombre croissant de sociétés telles que Digital Equipment Corporation et Hewlett-Packard, qui participaient aux projets de recherche ou offraient leurs services aux connectés.

    Une autre partie de l'Administration américaine, la National Science Foundation (NSF), s'impliqua largement dans la recherche et commença le développement du successeur de l'ARPANET. En 1984, ceci aboutit au premier réseau étendu conçu spécialement pour l'utilisation du TCP/IP. Celui-ci s'agrandit au travers de la dorsale Internet NSFNet, mise en place en 1986, qui avait pour but de raccorder et fournir l'accès à un nombre de centre de superordinateurs mis en place par la National Science Foundation.


    - Transition en vue d'un Internet
    C'est à l'époque où le réseau de l'ARPA commença à fusionner avec celui de la National Science Foundation que le terme «Internet» apparut, «un internet» signifiant alors un réseau utilisant le protocole TCP/IP. «Internet» prit le sens nouveau d'un réseau mondial étendu utilisant le protocole TCP/IP, ce qui à l'époque signifiait NSFNet et ARPANET. Auparavant « internet » et «internetwork» (inter-réseau en français) étaient utilisés de manière équivalente, et « protocole internet » faisant référence aux autres systèmes réseaux comme le Xerox Network Services.

    Grâce à l'intérêt grandissant pour les vastes réseaux de communication et à l'arrivée de nouvelles applications, les techniques d’Internet se propagèrent sur le reste du globe. La vision TCP/IP d’Internet se privant de réseau, amena une facilité d'utilisation de tout type de réseaux existants, tel que le réseau X.25 d'IPSS, pour transporter les messages. En 1984, l'University College de Londres remplaça sa liaison transatlantique satellite par le réseau IPSS utilisant le protocole TCP/IP.

    De nombreux sites incapables de se raccorder directement à Internet commencèrent la création de portails simples permettant le routage du courrier, l'application la plus importante à l'époque. Les sites possédant uniquement des connexions intermittentes utilisaient les réseaux UUCP ou FidoNet et reposaient sur les portails entre ces derniers et Internet. Certains portails allèrent au-delà du simple acheminement de courriers électroniques et proposèrent l'accès à des sites FTP via l'UUCP ou le courrier électronique.


    Le protocole TCP/IP devient mondial


    La première connexion sortant du territoire américain fut établie avec NORSAR en Norvège peu de temps avant le raccordement avec la Grande-Bretagne. Ces liaisons furent converties en TCP/IP en 1982, avec le reste du réseau ARPANET.

    - L’Internet européen et le lien à travers le Pacifique
    En 1984, l'Europe commença sa conversion vers une utilisation plus étendue du protocole TCP/IP, et le réseau du Conseil européen pour la recherche nucléaire ne fit pas exception. Cependant il resta isolé du reste d’Internet jusqu'en 1989.

    En 1988, Daniel Karrenberg du Centrum voor Wiskunde en Informatica d'Amsterdam rendit visite à Ben Segal, coordinateur TCP/IP au CERN, il cherchait des conseils concernant la transition du réseau UUCP Usenet européen (dont la majeure partie tournait avec les liens X.25) vers le TCP/IP. En 1987 Ben Segal avait rencontré Len Bosack de chez Cisco, encore une petite entreprise à l'époque, spécialisé dans les routeurs TCP/IP ; il fut capable de conseiller Daniel Karrenberg et le dirigea vers Cisco pour ses besoins matériels. Ceci développa la partie européenne d’Internet au travers du réseau UUCP existant, et en 1989 le CERN ouvrit sa première connexion TCP/IP externe. Ceci coïncida avec la création du RIPE , au départ un groupe d'administrateurs de réseaux IP qui se réunissaient régulièrement pour parler de leurs travaux communs. Plus tard, en 1992, le RIPE fut formellement enregistré en tant que société coopérative à Amsterdam.

    Alors que le réseau européen s'érigeait, un autre réseau voyait le jour entre ARPA et les universités australiennes (en) basé lui sur différentes techniques comme le X.25 et l'UUCPNet. Ce dernier était limité en connexion aux réseaux mondiaux de par le coût des communications individuelles via l'UUCP ou le X.25. C'est en 1989 que les universités australiennes rejoignirent l'élan d'uniformisation lancé par l'apparition du protocole IP. L'AARN et fut formé en 1989 par l'Australian Vice-Chancellors' Committee (en) et fournit une base IP dédiée au réseau australien.


    Internet commença son entrée en Asie à la fin des années 1980. Le Japon qui fondait en 1984 le JUNET, un réseau construit autour du réseau UUCP, se raccorda au NSFNet en 1989. Kōbe reçu la rencontre annuelle de l'Internet Society, baptisée INET'92. Singapour développa son réseau TECHNET en 1990, la Thaïlande reçu en 1992 une connexion Internet mondiale entre l'université Chulalongkorn et l'UUNET.

    - Fracture numérique
    Alors que les pays développés accédaient à Internet avec leurs infrastructures technologiques, les pays en développement commencèrent à souffrir d'une fracture numérique les privant d’Internet. Dans le début des années 1990, les pays africains utilisaient le X.25 et le modem 2400 bauds UUCP pour les liens internationaux et internetworks. En 1996 un projet lancé par l'agence des États-Unis pour le développement international, le Leland initiative commença par développer une connexion complète pour tout le continent. La Guinée, le Mozambique, Madagascar et le Rwanda reçurent des stations satellites en 1997, suivent la Côte d'Ivoire et le Bénin en 1998.
    En 1991, la Chine avait un premier réseau TCP/IP, le TUNET de université Tsinghua. La Chine poursuivit et développa sa première connexion à Internet en 1994, elle reliait l'électro-spectromètre de Pékin et l'accélérateur linéaire de l'université Stanford.

    Ouverture du réseau au commerce


    L'intérêt pour l'utilisation commerciale d’Internet devint un sujet de débats houleux. Même si l'utilisation commerciale restait interdite, sa définition exacte pouvait être obscure et subjective. Tous étaient d'accord sur le fait qu'une entreprise envoyant une facture à une autre entreprise faisait une utilisation commerciale d’Internet, mais tout le reste était sujet à discussion. L'UUCP et le X.25 ne possédaient pas de telles restrictions qui auraient pu se concrétiser en l'interdiction d'utilisation de l'ARPANET et du NSFNet par l'UUCP. Cependant les liens UUCP restèrent actifs et les administrateurs fermèrent les yeux sur leurs activités.

    C'est à la fin des années 1980, que les premières entreprises fournisseur d'accès furent fondées. Des entreprises comme PSINet (en), UUNET (en), Netcom (en), et Portal Software (en) virent le jour afin d'offrir assistance aux réseaux de recherche régionaux et de fournir au particulier des accès au réseau, courriels et nouvelles Usenet. Le premier fournisseur d'accès à Internet par le réseau téléphonique, The World ouvrit en 1989.

    Ceci sema la controverse parmi les utilisateurs universitaires, qui étaient outrés à l'idée d'utiliser le réseau à des fins non éducatives. Finalement ce sont les fournisseurs d'accès qui permirent aux collèges et autres écoles d'accéder aux nouvelles aires d'éducation et de recherche par la baisse des tarifs de connexion.

    En 1990 l'ARPANET fut dépassé et remplacé par des techniques plus récentes, ainsi le projet correspondant pris fin. En 1994 le NSFNet, renommé ANSNET (Advanced Networks and Service pour Réseaux avancés et service) et qui permettait l'accès aux sociétés à but non lucratif, perdit sa place d'épine dorsale d’Internet. À la fois les institutions gouvernementales et les fournisseurs créèrent leurs propres épines dorsales et liaisons. Les points d'accès régionaux au réseau (NAP en anglais) devinrent les liens principaux entre les nombreux réseaux et la dernière restriction commerciale tomba.

    Maintien de l'infrastructure
    - L’Internet Engineering Task Force et un standard pour les standards
    Internet avait engendré une communauté importante dévouée à l'idée que Internet n'appartenait et n'était régi par aucune personne, aucun groupe, aucune entreprise et aucune organisation. Cependant, des standardisations et un contrôle étaient nécessaires pour le bon fonctionnement du système.

    La procédure de publication libre de RFC (Demande de commentaire en français) sema la confusion dans le système de standardisation d’Internet, et introduisit un haut degré de formalisme dans l'acceptation des standards officiels. L'IETF décida en janvier 1986 de mettre en place des réunions trimestrielles avec les chercheurs fonctionnaires. Dès la quatrième assemblée, en octobre de la même année, l'IETF convia des représentants d’organisations non gouvernementales.

    L'acceptation de publication d'une RFC par RFC Editor n'implique pas automatiquement son passage en tant que standard. Elle peut être reconnue en tant que telle par l'IETF seulement après que tests, utilisation, et acceptation soient avérés et dignes d'une telle désignation. Les standards officiels sont numérotés avec un préfixe «STD», tout comme les RFC. Dans la majeure partie des cas, même après leur standardisation, elles sont appelées par leur référence RFC.

    En 1992, l'Internet Society, une association de membres professionnels, fut formée et l'IETF fut mise sous sa tutelle en tant que corps de standardisation international indépendant.


    - Network Information Center et autres autorités de coordination
    La première autorité centrale à coordonner les opérations du réseau était le Network Information Center, abrégé NIC, du Stanford Research Institute situé à Menlo Park en Californie. En 1972, la gestion de ces problèmes fut transmise à la toute récente Internet Assigned Numbers Authority, abrégée IANA. En plus de son rôle d'éditeur RFC, Jon Postel sera le patron de l'IANA jusqu'à sa mort en 1998.

    Alors que le jeune ARPANET grandissait, le référencement d'hôtes se fit par noms et le fichier référence, HOST.TXT, était distribué par SRI International à tous les hôtes du réseau. Avec la croissance du réseau cette procédure devint vite fastidieuse. Une solution technique apparut sous la forme de Domain Name System (Système de nom de domaine), mis en place par Paul Mockapetris. C'est le service DDN-NIC du SRI qui prit en charge (en passant un contrat avec le ministère de la défense américain) tous les services d'enregistrement, comprenant les domaines de premier niveau (Top Level Domain - TLD), la gestion des Serveurs DNS Racine et des numéros Internet. En 1991, la Defense Information Systems Agency (DISA) transféra la gestion et la maintenance de DDN-NIC (alors prises en charge par SRI) à Government Systems Inc., qui le sous-traita à une petite entreprise privée Network Solutions.

    Alors que la majeure partie de la croissance d’Internet venait de sources non militaires, on décida que le département de la Défense des États-Unis ne financerait plus les services d'enregistrement en dehors des TLD en .mil. Après une phase compétitive d'appel d'offre lancée en 1992, c'est l'année suivante que la National Science Foundation créa l'InterNIC afin de gérer l'allocation et la base de données de l'adressage ; elle passa des contrats avec trois organisations. Dorénavant les services d'enregistrement seraient assurés par Network Solutions, les services de répertoires et base de donnée par AT&T, et les services d'information par General Atomics.

    En 1998 l'IANA et InterNIC furent placées sous la tutelle de l'ICANN, une association à but non lucratif californienne travaillant pour le compte du ministère du Commerce américain sur la gestion de tâches directement liées à Internet. L'opération des Serveurs DNS Racine fut privatisée et ouvert à la compétition, alors que la gestion centrale d'allocation des noms était distribuée par appel d'offres.

    Utilisation et culture

    - Courrier électronique et Usenet : le développement de forums de texte
    Le courrier électronique est souvent considéré comme la killer application d’Internet. Même si en réalité il précéda la naissance d’Internet et fut un outil crucial pour sa création. Il vit le jour en 1965 en tant que moyen de communication entre les différents utilisateurs d'un ordinateur central à temps partagé. Même si l'histoire n'est pas très précise à ce sujet, parmi les systèmes possédant de telles ressources on compte le Q32 de chez System Development Corporation ainsi que le CTSS du Massachusetts Institute of Technology.

    Le réseau d'ordinateurs ARPANET contribua largement au développement du courrier électronique. Il existe un rapport publié juste après l'apparition de l'ARPANET, qui fait référence à des échanges expérimentaux de courrier inter-systèmes. En 1971, Ray Tomlinson créa ce qui devait devenir le standard du format d'adressage de courrier, en utilisant le signe @ pour séparer le nom utilisateur du nom d'hôte.


    Un certain nombre de protocoles ont été développés afin de permettre le routage du courrier parmi les groupes d'ordinateurs à temps partagé en utilisant des systèmes de distribution différents comme l'UUCP et le système de courrier VNET d'IBM. Le courrier électronique pouvait ainsi passer d'un réseau à un autre (ARPANET, Bitnet et NSFNet entre autres) et également être transmis à des hôtes qui étaient raccordés sur d'autres sites au travers de l'UUCP.

    De plus, l'UUCP permettait la publication de fichiers texte pouvant être lus par beaucoup d'autres. Le logiciel News, développé par Steve Daniel et Tom Truscott en 1979, fut utilisé pour l'acheminement de nouvelles et la parution de messages de type petites-annonces. Ceci dérivant rapidement vers des groupes de discussion, connus maintenant en tant que newsgroup, abordant des sujets divers et variés. Des groupes de discussion similaires apparurent sur l'ARPANET et le NSFNet au travers de mailing lists, discutant à la fois de problèmes techniques et de sujets culturels plus spécifiques (tel que la science-fiction, abordée sur la mailing list des SFlovers).

    - Bibliothèque mondiale : de Gopher au World Wide Web
    Alors qu'Internet se développait dans les années 1980 et début 1990, le besoin grandissant de moyens de recherche et d'organisation de l'information et des fichiers se faisait ressentir. Des projets tels que Gopher, Wide Area Information Servers (WAIS) et Archie s'essayèrent à créer des solutions pour l'organisation des données distribuées. Malheureusement ces projets se heurtèrent aux difficultés de gestion des différents types de données et de croissance sans limite.

    À cette période, un des paradigmes d'interface-utilisateur les plus prometteurs était l'hypertexte. L'idée trouve son origine dans le Memex de Vannevar Bush et a été développée par Ted Nelson au travers de son Projet Xanadu ainsi que Douglas Engelbart avec le NLS. De nombreux petits systèmes hypertextes avaient été créés auparavant, tels que HyperCard d'Apple.

    Tim Berners-Lee fut le premier à développer à partir de 1989 une version d'hypertexte totalement distribuée sur le réseau. Tim Berners-Lee a proposé son idée à maintes reprises et au cours de plusieurs conférences avec les communautés d’Internet et de l'hypertexte sans grand succès. Seul son collègue Robert Cailliau s'enthousiasma immédiatement. Travailleur au CERN, Tim Berners-Lee voulait mettre en place un moyen pour partager les informations sur leurs recherches. En rendant son application publique en 1991, il s'assura une diffusion mondiale. Par la suite, Gopher devint l'interface hypertexte de référence pour Internet. Bien que le menu de Gopher soit constitué de liens hypertexte, les utilisateurs ne les percevaient pas en tant que tels.

    Un des premiers navigateurs web, conçu sur la base d'HyperCard, était le populaire ViolaWWW. Il fut finalement détrôné par NCSA Mosaic, un navigateur graphique développé par une équipe du National Center for Supercom*****g Applications de l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign (NCSA-UIUC), où Marc Andreessen était particulièrement actif. Le financement de Mosaic venait du High-Performance Com*****g and Communications Initiative, un programme de financement mis en place par Al Gore (sénateur à l'époque) et son High Performance Com*****g Act of 1991. L'interface graphique de Mosaic devint rapidement plus populaire que Gopher, qui à l'époque était essentiellement du texte, et le web devint l'utilisation préférée d’Internet. Mosaic fut supplanté en 1994 par le Netscape Navigator, qui devint en quelques mois le navigateur le plus populaire au monde. Depuis, la concurrence avec Internet Explorer de Microsoft l'a évincé. Des anciens de Netscape développèrent Mozilla puis Firefox. Les deux principaux navigateurs actuels sont Firefox et Internet Explorer, même si on note la présence d'autres acteurs dont, par exemple, Safari, Opera ou Chrome.

    - Moteur de recherche
    Même avant le World Wide Web, il existait des moteurs de recherche qui essayaient d'organiser Internet. Le premier d'entre eux fut Archie de l'Université McGill de Montréal en 1990, suivi en 1991 par les WAIS et Gopher. Ces trois systèmes existaient avant l'avènement du World Wide Web mais continuèrent à indexer Internet après son apparition. Les serveurs Gopher existaient encore en 2006.

    Avec le développement du Web, des moteurs de recherche et des répertoires Internet furent créés pour permettre de trouver des informations parmi les pages Web. Le premier moteur de recherche sur Internet permettant de chercher dans le corps des pages Web fut WebCrawler en 1994. Avant lui, les recherches ne s'effectuaient que sur les titres des pages. Un autre moteur de recherche fut créé en 1993 en tant que projet universitaire : Lycos. Il était alors un des premiers succès commerciaux. En janvier 1999, Google référençait plus de 60 millions de pages et la croissance a continué depuis, même si la vraie avancée ne se fit pas tant en termes de taille de base de données, que sur le classement en degré de pertinence, les méthodes avec lesquelles les moteurs de recherche essayent d'ordonner les résultats de telle sorte que le meilleur soit en premier.
    Ces algorithmes de classification n'ont pas cessé de s'améliorer depuis 1996, lorsque cela devint critique à cause de la croissance rapide de la toile qui rendit toute recherche fastidieuse par le nombre important de résultats renvoyés. En 2006, les méthodes d'ordonnancement sont plus importantes que jamais, étant donné que parcourir une liste entière de résultats est non seulement peu commode mais humainement impossible, en effet les pages traitant de sujets populaires apparaissent sur la toile trop vite pour que n'importe qui puisse les lire toutes. La méthode PageRank de Google pour l'ordonnancement des résultats est celle qui a reçu les meilleures critiques, cependant tous les grands moteurs de recherche affinent continuellement leurs méthodes afin d'améliorer le classement des résultats.

    - Bulle Internet des dot-com
    Les perspectives offertes par un nouveau domaine économique en développement, et les coûts de fonctionnement réduits que laissaient espérer les nouvelles technologies (main d'œuvre réduite, pas ou peu d'implantation d'infrastructures, filiales, points de vente, etc.), semblaient appeler à un bouleversement profond des méthodes de fonctionnement, notamment dans le domaine publicitaire, la vente par correspondance, la gestion de la relation client, etc. Tout ou presque était alors à créer sur ce nouveau marché du commerce électronique, avec l'espoir que les premiers arrivés hériteraient d'une position dominante pérenne.

    La situation économique était favorable, et les investisseurs disposaient d'importants capitaux à placer. De nombreuses startups se sont donc créées, empruntant massivement auprès d'investisseurs qui alliaient souvent un besoin pressant d'investir leurs capitaux et une méconnaissance du fonctionnement d’Internet. Une partie significative des startups ainsi créées avaient pour premier objectif l'entrée la plus rapide possible sur le marché boursier afin de valoriser leurs actions. Ces nouvelles entreprises ont été appelées dot com car elles faisaient reposer toutes leurs affaires sur leur présence Internet à travers un nom de domaine en .com.

    Plusieurs facteurs ont concouru à freiner le développement réel de ce qui était alors parfois appelé l'e-économie, ou dans un sens plus large, la nouvelle économie. Certaines de ces nouvelles entreprises ont connu des erreurs de gestion, ou ont fait reposer leur plan financier sur des objectifs irréalistes ne tenant pas compte du nombre réel de foyers de consommateurs connectés à Internet ou à leurs habitudes de consommation. De plus, elles ont eu à faire face à la concurrence des entreprises déjà positionnées sur d'autres marchés et possédants de solides marques, et qui ont commencé à développer leur propre présence sur Internet.

    La bulle spéculative éclata le 10 mars 2000 quand l'indice NASDAQ commença à chuter après avoir culminé à 5 048,62 points (jusqu'à 5 132,52 points en cours de journée) et avoir plus que doublé en un an. Les pertes de capitaux sur des investissements peu judicieux ont entrainé un recul des investisseurs, provoquant l'effondrement en cascade de toutes les start-up qui visaient leur entrée en bourse comme un objectif en soi, indépendamment de leurs résultats financiers réels. La dévaluation des valeurs internet s'est poursuivie, prolongée ensuite par la crise boursière qui a suivi le 11 septembre 2001.

    En 2001, une majorité des dot-coms étaient en cessation d'activité, après avoir épuisé tous leurs capitaux-investissements, souvent sans jamais avoir généré le moindre profit. L'éclatement de cette bulle financière rendit les investisseurs prudents, et entraina aussi le déclin ou d'importantes difficultés auprès des quelques projets solides qui avaient un avenir. Une importante concentration horizontale eut également lieu, les entreprises d'un secteur rachetant leurs concurrents pour atteindre une position dominante. Les contrecoups de l'éclatement de cette bulle spéculative entraina un ralentissement net du développement de l'e-économie pour plusieurs années, avant de reprendre à partir de 2003, sur une base plus saine et portée par un vrai marché de consommateurs, suite aux progrès de l'implantation des connexions internet à travers le monde et une ouverture de leurs habitudes de consommation aux produits offerts sur le Web.

    - Tendances récentes
    Le World Wide Web a répandu une culture de la publication personnelle et aussi coopérative. Du récit au jour le jour d'un blog, à la mise en ligne de photos sur Flickr, en passant par l'encyclopédie libre de Wikipédia tout est le résultat de la facilité grandissante de création d'un site Internet public. De plus, les communications via Internet ont été facilitées par l'apparition de services téléphoniques VOIP tels que Skype. La demande d'accessibilité à des contenus à complexité de plus en plus grande a conduit à la mise à disposition sur la toile de médias de toutes formes, comprenant ceux que l'on trouvait au format traditionnel (journaux, radio, télévision et films). La structure poste à poste d’Internet, plus connue sous le dénominatif anglais de Peer-to-Peer, abrégé P2P, a aussi influencé les théories sociales et économiques de la propriété intellectuelle, essentiellement en permettant la montée en puissance du transfert de fichiers. La tendance depuis 2004 est l'apparition d'applications web 2.0 pour lesquelles l'internaute joue un rôle participatif.


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    Voici un lien où vous découvrirez avec une note d’humour
    Les événements qui se sont produits de 1962 à 2003 aux États-Unis

    de La face cachée d'Internet par Paul Baran :
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  2. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Bulle Internet


    La bulle internet ou bulle technologique est une bulle spéculative, qui a affecté les «valeurs technologiques», c'est-à-dire celles des secteurs liés à l'informatique et aux télécommunications, sur les marchés d'actions à la fin des années 1990. Son apogée a eu lieu en mars 2000.

    La bulle internet est liée à ce que l'on appelle l'immatériel dans l'économie moderne.
    En 2012 on parle de seconde bulle Internet, dans le constat d'une répétition des évènements passés, dix ans plus tôt.

    Période d'euphorie (1995-2000)


    Les premiers symptômes de la bulle technologique apparaissent en 1995. La frénésie des investisseurs lors de l'introduction en bourse de Netscape fait monter le cours de l'action de la jeune société de 28 à 75 $ en un jour. À la fin de sa première journée de cotation, la société atteint 2 milliards de dollars de capitalisation boursière.

    Pendant environ cinq ans, les gains promis par les sociétés du secteur des TIC aiguisent l'appétit d'un nombre croissant d'investisseurs, grands et petits, ce qui se traduit par des volumes importants d’émissions d’actions, d’emprunts et de crédits bancaires. Les valeurs boursières des entreprises du secteur augmentent sans lien avec leur chiffre d’affaires réel ou leurs bénéfices.

    L'indice IXIC du marché électronique NASDAQ, qui était à 1 000 au début de 1995 a ainsi été multiplié par 5 en 5 ans et culminé à plus de 5 000. Plusieurs événements conjugués sont à l'origine de ce phénomène, notamment :


    • Un excédent mondial d'épargne financière, lié notamment à la préparation de leur retraite par les baby boomers ;
    • Une modification de la politique monétaire très accommodante aux États-Unis et au Japon. Le crédit, peu cher, est largement disponible, notamment grâce aux investisseurs en capital risque (venture capitalists);
    • Plusieurs changements de politique macro-économique amplifient l'effet :
      1. L'ouverture à la concurrence du marché des services de télécommunications dans la plupart des pays de l'OCDE a eu pour incidence d'augmenter massivement les investissements des opérateurs et entraine de nombreuses fusions-acquisitions dans tout le secteur.
      2. Les investissements réalisés dans l'informatique pour adapter les systèmes à l'an 2000 gonflent les rendements des sociétés informatiques.
      3. Les pays européens investissent pour assurer la transition des monnaies nationales à l'euro
    • La popularisation du réseau Internet en 1994 fait croire à la veille d'une quatrième révolution industrielle et, partant, d'une période de croissance économique faramineuse.
    - Ouverture à la concurrence du marché des services de télécommunications
    Durant la deuxième moitié des années 1990, la majorité des pays de l’OCDE ont adapté leur cadre réglementaire afin d'ouvrir plus largement leur marché des télécommunications à la concurrence. Les analystes s’accordent alors sur une prévision de croissance du marché des services de près de 10 % par an, ceci malgré la baisse du prix causée par l'arrivée des concurrents. Ce qui attise l’intérêt de beaucoup d'investisseurs.

    L’accord sur la libéralisation des télécoms signé à Genève dans le cadre de l'OMC ouvre la voie à de nouvelles perspectives de développement. Les grands opérateurs historiques nationaux partent à la conquête de nouveaux marchés fixes et mobiles à l'international. À coups de milliards de dollars, ils prennent des participations dans des opérateurs historiques étrangers qui viennent d'être privatisés ou alors créent de nouveaux opérateurs concurrents de toute pièce ou en partenariat avec des groupes locaux (co-entreprise).


    En quelques années, le secteur des services en télécommunications connait une effervescence extraordinaire. Il devient le champ de bataille de grands groupes européens, américains et asiatiques, avec tous les superlatifs : «méga-fusions» (exemple, OPA de BT sur MCI, Contre-OPA par le «petit» Worldcom), méga-croissance et méga-investissements.

    Avec la mondialisation de l'économie, les performances des grandes entreprises internationalisées dépendent de plus en plus de leurs réseaux de télécommunications. Ces grands comptes représentent des chiffres d'affaires importants et des marges élevées pour les opérateurs historiques nationaux, ce qui les conduit à vouloir proposer des services mondiaux « sans couture ». On assiste à une course aux «alliances globales», notamment :

    • Alliance entre le français France Telecom, l'allemand Deutsche Telekom et l'américain Sprint (projets « Phoenix », «Atlas» et «Global One»)
    • Alliance entre le britannique BT et l'américain MCI (« Concert »)
    • Alliance autour de l'américain AT&T («World Partners») à laquelle se joignent des opérateurs de tous pays qui ont des liens avec une alliance européenne baptisée «Unisource».
    Ces alliances, complexes, pas toujours efficaces et parfois ingérables, seront le plus souvent un échec.

    Partout dans le monde, des cohortes de «nouveaux opérateurs» ont un accès facile à d’importantes liquidités et déploient de vastes infrastructures alternatives à haut débit, notamment à base de fibres optiques («autoroutes de l'information»). Les technologies de transmission de données en mode paquet et optiques évoluent rapidement et permettent d'augmenter de manière spectaculaire (d'un facteur 100) la capacité des réseaux déjà en place. Les opérateurs justifient les milliards de dollars investis en agitant des prévisions montrant l'«explosion du trafic», conséquence de l'augmentation «exponentielle» du nombre et de la demande moyenne des utilisateurs. Ce type d'annonce suscite beaucoup d'enthousiasme et de fascination dans la presse économique et financière.

    En réalité, les revenus sur le segment longue distance n'évoluent pas comme cela est projeté, notamment parce qu'à l'autre bout de la chaîne, il existe encore (à la fin des années 1990) un goulot d'étranglement sur la boucle locale, partie des réseaux qui donne accès au client final. Il faudra attendre encore de nombreuses années pour assister au décollage du nombre d'accès haut débit, de l'Internet mobile, des services avides en bande passante et, surtout, des services générant des recettes. Les réseaux sont bien souvent déployés sur les mêmes routes reliant les mêmes grandes métropoles, et il n'y a pas de marchés réels suffisants permettant de justifier les sommes colossales investies. En d'autres termes, de nombreux concurrents sont redondants.

    En Europe, les opérateurs mobiles s'endettent très lourdement en achetant au prix fort les «licences des réseaux de troisième génération UMTS». Les États les allouent en utilisant la méthode des enchères. Des recettes considérables sont prélevées sur les opérateurs à cette occasion. Au Royaume-Uni, les cinq licences attribuées à Vodafone, BT, One 2 One, Orange et TIW le 28 avril 2000 leur coûtent la somme de 22,47 milliards de livres (38,4 milliards d'euros). Selon l'OCDE, près de 120 milliards d’euros sont au total prélevés par les États membres.

    Un opérateur historique national comme France Télécom dépense en 1999 et en 2000 au total près de 80 milliards d’euros en acquisitions de sociétés et droits de licences.

    - Redéploiement stratégique pour les équipementiers en télécommunications

    En 1995, un cycle d'investissements massifs dans les réseaux d'opérateurs commence, ce qui fait le bonheur des équipementiers.
    La croissance rapide de l’Internet fait qu'une part non négligeable des achats des opérateurs se font dans l'optique et l'IP, ce qui pousse les équipementiers à étendre leurs activités au-delà de leurs métiers traditionnels respectifs via des fusions/acquisitions. De Lucent à Nortel, en passant par Alcatel ou Cisco, les grandes multinationales des télécoms se livrent une guerre sans merci à coups de milliards de dollars pour prendre le contrôle de jeunes sociétés ayant les savoir-faire technologiques requis. Elles achètent souvent trop cher et, parfois, sans réelle stratégie, simplement pour imiter les concurrents. Le prix des acquisitions flambe.

    • Ascend Communications rachète Cascade Communications pour 20 milliards de francs en 1997, Stratus pour 5 milliards de Francs en 1998.
    • Lucent achète Ascend Communications en 1999 pour la somme record de 20 milliards de dollars, Kenan Systems pour 1,48 milliard de dollars et au total près d'une trentaine de sociétés.
    • Alcatel achète DSC pour 26 milliards de francs et Packet Engines pour 315 millions de dollars en 1998, puis Xylan pour 2 milliards de dollars et Assured Access Technology pour 350 millions de dollars l'année suivante, et enfin en 2000, il achète l'un des derniers grands indépendants du secteur, Newbridge, pour 7 milliards de dollars.
    • Cisco Systems, historiquement un spécialiste des réseaux de données pour entreprises, doit rattraper son retard dans certaines technologies maîtrisées par les équipementiers traditionnels (Alcatel, Lucent et Nortel). Au total, elle achètera près d’une quarantaine de sociétés pour 20 milliards de dollars dans la téléphonie (Fibex, Sentient Network, GeoTel Communications Corp., Transmedia, Calista, MaxComm Technologies, Webline, Worldwide Data Systems, InfoGear, Komodo Technology, Vovida Networks, Active Voice Corporation,…) et surtout dans le transport optique qui est nécessaire sur le marché opérateurs (StratumOne, Monterey Networks, Cerent pour 6.9 milliards, Pirelli Optical Systems, Qeyton Systems…).
    Les conséquences de ces investissements deviennent visibles à partir de mars 2000, lorsque le marché des capitaux s'assèche.

    - Phénomène des startups, stock-options et IPO

    Le redéploiement stratégique des grands groupes de télécommunications fait que, durant cette période, les jeunes sociétés (les startup) poussent comme des champignons dans certaines technopoles comme la Silicon Valley ou Research Triangle Park aux États-Unis, Montréal (création vidéo) ou Ottawa (plus de 1 000 entreprises dans les télécoms et l'optique) au Canada.

    Plusieurs rêvent que quelques startup reproduiront le succès légendaire des sociétés Apple et Microsoft dans les années 1970.

    Le lancement d'une entreprise ne nécessite quasiment aucun apport en capital. Des moyens financiers très importants sont mis à la disposition des créateurs. Le concept d'événement First Tuesday, symbolique de cette époque, apparait en Grande-Bretagne à partir de 1998 et se développe dans plusieurs autres pays. Tous les premiers mardis du mois, une grande «messe» réunit plusieurs centaines de porteurs de projets et d'investisseurs. On rapporte des scènes surréalistes où des créateurs d'entreprise se voient proposer des sommes quatre fois supérieures à ce qu'ils recherchent par des investisseurs surpris par la modestie de leur demande et qui insistent.

    Les stock-options jouent un rôle central dans la surenchère. Réservées jusque-là aux cadres dirigeants les plus importants dans les grands groupes traditionnels, elles tendent à se généraliser. Elles motivent les dirigeants, les chercheurs, les ingénieurs et les étudiants des universités à créer leur propre entreprise ou à l'inverse à les empêcher d'aller travailler dans une startup concurrente.

    Le rêve dominant est de reproduire le succès réel ou supposé de tel créateur d'entreprise, tel ingénieur, telle assistante, tous plus astucieux les uns que les autres, devenus millionnaires en dollars, qui ont cessé de travailler ou passent leur temps à créer de nouvelles startups. Des nouveaux riches apparaissent, ce qui conduit de manière localisée à une augmentation du prix des biens immobiliers et, d'une manière générale, du coût de la vie.

    Mais la fortune n'est pas toujours au rendez-vous. Dans bien des cas, les stock-options sont uniquement un moyen de faire travailler les collaborateurs avec des salaires sacrifiés (réduits parfois de moitié ou pire encore) en les motivant avec l'espoir qu'ils feront fortune avec leurs stock-options, le jour de l'introduction en bourse ou de la vente de la société à une entreprise rivale plus importante.

    - Effet «nouvelle économie» déborde sur tous les secteurs

    Les titres que les investisseurs estiment concernés par la révolution des TIC progressent plus rapidement en bourse. Au sein des conseils d'administration des grandes entreprises de tous les secteurs, pas seulement celles de la nouvelle économie, l'inquiétude est grande. Les discussions tournent souvent autour du même buzzword : «développer une stratégie Internet». Pour «changer de dimension» et paraître plus séduisantes, des sociétés de «l'ancienne économie» ajoutent à leurs métiers traditionnels des activités dans les média, l'Internet ou les télécommunications. Certaines ont la certitude que «tout est désormais possible» et vont carrément déraper.

    Par exemple, la Compagnie générale des eaux (CGE) était à l'origine une respectable entreprise française de plus de 150 ans spécialisée dans les services aux collectivités (ramassage des déchets, alimentation en eaux, transports, ...). Elle opère dans un secteur refuge basé sur des contrats à long terme quasi-monopolistiques, mais qui ne progresse guère plus de 4 ou 5 % par an. La société s'est lancée dans une stratégie de croissance à l'international et a saisi l'opportunité de l'ouverture à la concurrence dans le téléphone mobile avec SFR en 1987 puis dans le téléphone fixe avec Cegetel en 1996. Le système s'emballe à partir de 1998 lorsque rebaptisée Vivendi, la société mène une croissance via des acquisitions tous azimuts au prix fort : absorption du groupe d'édition multimédia publicité Havas, diversification dans l'audiovisuel avec la chaîne de télévision à péage Canal+, entrée dans le capital des studios de cinéma Pathé, acquisition des producteurs d'énergie américains Boston Edison et GPU, achat du leader américain de l'eau USFilter (la plus importante acquisition française jamais réalisée aux États-Unis) et en juin 2000 fusion à 40 milliards de dollars avec le géant canadien Seagram (propriétaire de la maison de disques Polygram et du studio Universal Pictures). Toutes les craintes et les mises en garde (risques de trop grande dispersion, alourdissement de la dette du groupe, ambitions surdimensionnées, ...) sont ignorées puisque la carrière brillante du titre en Bourse permet la «poursuite d'une stratégie offensive».

    - Transition à l'euro, passage à l'an 2000

    Cette période correspond aussi pour 11 pays en Europe, ainsi que pour leurs partenaires commerciaux, à la transition des monnaies nationales à l'euro qui s’est échelonnée sur un peu plus de trois ans, de 1999 à début 2002. En 1999, on observe une hausse des investissements dans les entreprises qui doivent adapter leurs systèmes d'information afin de pouvoir continuer à assurer leurs échanges sur les places de marché et tenir leur comptabilité.

    De nouveaux investissements sont nécessaires pour revoir le code informatique afin de passer l'an 2000.

    Purge : lendemains de fête douloureux (de 2000 à ~2005)


    La bulle Internet correspond aussi à la période qui a suivi 2000. Beaucoup d'entreprises technologiques réalisaient de bonnes affaires, mais les investisseurs ont largement exagéré l'importance du «très long terme» dans leurs estimations, et négligé de calculer que certaines des sociétés consommaient trop vite leur capital pour espérer atteindre un jour le point d'équilibre.

    Sous la pression de la remontée des taux d'intérêt à long terme (voir graphique ci-contre), la bulle finit par «éclater» à partir de mars 2000, sous forme d'un krach, s'étendant à l'ensemble des bourses et provoquant une récession économique de ce secteur et de l'économie en général.
    Tous les profits réalisés depuis 1995 (145 G USD) par les 4 300 sociétés du NASDAQ sont volatilisés par les pertes gigantesques de 2000-2001 (148 G USD).

    - Opérateurs télécoms : endettement, faillites, consolidations
    Les opérateurs historiques et mobiles sont à cette date affaiblis par de lourdes dettes, en raison des investissements élevés effectués dans des sociétés à l'étranger et du prix acquitté pour les licences nécessaires aux réseaux mobiles de troisième génération UMTS.

    Les opérateurs de grands réseaux optiques se sont de leur côté multipliés en quelques années, générant une très forte concurrence. Il s'ensuit une chute des prix des services et des faillites, car les opérateurs les plus endettés ne peuvent pas honorer leurs échéances. Ils se font acheter les uns après les autres, après s'être mis sous la protection de la loi américaine des faillites :

    • Winstar Communications en avril 2001 (6,3 G USD de dette, 2,9 G USD d'actifs),
    • Viatel en mai 2001 (2,68 G USD de dollars de dette),
    • Global TeleSystems (GTS) en octobre 2001
    • Global Crossing en janvier 2002 (l'une des plus grosses faillites aux États-Unis avec 22 G USD d'actifs pour 12,4 G USD de dettes),
    • Worldcom en juillet 2002 (faillite associée avec l'une des plus importantes fraudes comptables de l'histoire des États-Unis)
    • Flag Telecom en avril 2002 (2,6 G USD de dettes),
    • NTL en mai 2002,
    • Teleglobe en mai 2002,
    • KPN-Qwest en juin 2002,
    • Genuity en juin 2002.
    - Équipements télécoms : carnets de commande en berne, restructurations massives
    Les opérateurs qui ont survécu gèlent leurs investissements dans les réseaux et mettent en place des programmes de réduction drastique des coûts. Les conséquences sont désastreuses en amont sur le chiffre d'affaires des fournisseurs que sont les équipementiers. Leurs bilans sont sérieusement déséquilibrés par d’importants actifs non rentables. Ceci est plus particulièrement vrai pour les groupes (1) qui ont un niveau d'engagement élevé dans le déploiement des grands réseaux optiques et (2) qui doivent supporter de lourds investissements en R&D pour développer des solutions de réseaux mobiles 3G UMTS (que les opérateurs tardent encore aujourd'hui à déployer).

    De 2000 jusqu'à 2005 environ, la filière des équipementiers en télécommunications est entrée dans un cycle de récession et au mieux de stagnation, que certains désignent parfois sous le nom d'«hiver nucléaire des télécoms».
    On a assisté pendant cette période à une longue série d'avertissements sur résultats, d'annonces de «réductions de coûts», de faillites et de consolidations.

    - Équipementiers télécoms : crédits fournisseur et autres pratiques à risque

    À partir d'octobre 2000, les investisseurs découvrent que les équipementiers télécoms sont doublement exposés aux risques de faillite des opérateurs. Premièrement, en tant que client, l’opérateur risque de ne jamais payer les factures des produits livrés. Deuxièmement, pour aider à faire aboutir un projet d’investissement réseau et/ou pour devenir « le fournisseur préféré », il apparaît que les équipementiers ont bien souvent proposé à leurs clients de financer à 100 % le coût de leurs réseaux, voire dans certains cas d’aller jusqu’à 150 % ou 200 % (ce qui permet à l’opérateur de financer d’autres charges, telles les licences radio).

    Ce système, qui fonctionne très bien lorsque l’environnement économique est en croissance, se retourne violemment contre les «banquiers» que sont les équipementiers lorsqu'arrive la récession en 2001. Les clauses des contrats de «vendor financing» prévoient en effet que les sommes soient remboursées dans le temps en fonction du succès commercial de l’opérateur (nombre d'abonnés, attente des premiers bénéfices). Or, le succès commercial espéré par les opérateurs tarde à se manifester et dans beaucoup de cas n'arrivera jamais.

    Il n’existe aucune étude précise permettant de savoir quelle a été l'exposition réelle des équipementiers. Il semble que pratiquement tous aient eu recours au vendor financing. Selon le journal Total Telecom, Lucent est le plus exposé avec 8 milliards de dollars. Motorola (4 milliards), Nortel (3 milliards), Cisco et Alcatel (2,5 milliards) sont dans une position de risque intermédiaire. Avec 1 milliard de dollars, Nokia et Ericsson se sont montrés les plus «raisonnables». Plusieurs tribunaux ont à traiter des contentieux d’un nouveau genre entre des opérateurs et leurs fournisseurs. Ainsi, l'opérateur Winstar reproche à l'équipementier Lucent d’avoir supposément violé son contrat de financement, ce qui l’aurait poussé à faire faillite. Il lui réclame 10 milliards de dollars de dommages.

    Également, des agences de notation s'inquiètent des difficultés d’un opérateur (360networks), dont le fournisseur (Alcatel) est à la fois le fournisseur et l’actionnaire à hauteur de 700 millions de dollars. Inquiétude justifiée puisque la société fera faillite en juillet 2001.

    - Opérations «vérité» : dépréciation d'actifs, de stocks inutiles, arrêt d'activités

    Les entreprises ont fait de très nombreuses acquisitions au prix fort et après 2000 la valeur des sociétés acquises s'effondre. Dans certains cas, des activités sont arrêtées, ou revendues avec des moins-values. Les acquéreurs doivent en tenir compte dans leur bilan, en les dépréciant. Les sociétés cotées au NYSE sont incitées à le faire, à la suite des scandales Enron et Worldcom, les normes comptables américaines étant modifiées (Loi Sarbanes-Oxley) afin de pénaliser toute irrégularité volontaire ou consciente.

    • AOL Time Warner déclare des pertes de 100 milliards de dollars, largement imputables à la dépréciation massive de sa filiale AOL. Au quatrième trimestre 2002, la perte nette est de 45,5 milliards de dollars, dont 44,9 milliards de dollars de dépréciations d'actifs.
    • JDS Uniphase perd 50 milliards de dollars sur son exercice annuel clos en juin 2001, largement imputable à la dépréciation d'actifs.
    • Vivendi déprécie 15,7 milliards d’euros d’actifs, dont 6 milliards d’euros d'amortissement de survaleur pour Canal+, 3,1 milliards d'euros pour la branche musique, 1,3 milliard d'euros pour les studios de cinéma et les activités télécoms internationales, 600 millions d'euros pour la branche environnement et 300 millions d'euros pour le pôle internet.
    • Alcatel est contrainte de passer des provisions et des dépréciations d'actifs de plus de 3 milliards d'euros (19,68 milliards de francs) en 2001 (stock et composants accumulés, dépréciation de la valeur de la participation dans l'opérateur canadien 360networks, survaleur des acquisitions de Xylan et de Packet Engines)
    • Lucent enregistre une perte de 3,7 milliards de dollars au premier trimestre 2001 pour un chiffre d'affaires de 5,9 milliards de dollars, avec une provision de 2,7 milliards de dollars pour restructuration, amortissement de survaleurs, dépréciation d'actifs et pertes exceptionnelles.
    • Cisco Systems, qui avait racheté plus de 80 startup, est contrainte en 2001 de provisionner une charge, pour dépréciation d'actifs, de 2,2 milliards de dollars.
    • Nortel annonce 19,2 milliards de dollars de perte au deuxième trimestre 2001, explicables aux deux tiers par des dépréciations d'actifs.
    • France Telecom reconnaît des amortissements pour des survaleurs d'acquisition, incluant 480 millions pour Orange. Il faut ajouter 3,4 milliards d'euros de dépréciations d'actifs, dont 1,7 milliard pour la mise en bourse d'Orange, 892 millions pour NTL, 715 millions pour sa filiale Global One et 41 millions pour la participation dans Bull.
    • Pour NTT DoCoMo, la dépréciation de valeur liée à sa seule participation dans KPN Mobile le contraint à enregistrer une perte de 2,4 milliards d'euros au premier semestre 2001.
    • BT déprécie sa participation dans Viag à la hauteur de 3 milliards de livres.
    • Telenor déprécie sa participation dans Sonofon.
    • Telecom Italia déprécie 1,6 milliard d'euros d'actifs en 2001
    • PSInet déclare 5 milliards de pertes en 2001, dont 3,8 milliards de dépréciation d'actifs.
    - Irrégularités comptables, dissimulations financières et autres malversations
    Durant cette période, l'attente des analystes et des investisseurs incitent des PDG, lorsque confrontés à un moment ou à un autre à un ralentissement des ventes de leur société, à surévaluer artificiellement le chiffre d'affaires ou les bénéfices.

    • Enron, entreprise du secteur de l'énergie, a dissimulé ses dettes et ses pertes en utilisant frauduleusement des actifs non consolidés et autres entités qualifiées à but spécial. 85 milliards de dollars de capitalisation boursière se sont volatilisés.
    • D'autres sociétés dans le secteur technologique, comme Verisign et Elan, sont suspectées d'avoir eu recours à une moindre échelle à ces pratiques de comptes hors bilan.
    • Worldcom fait passer frauduleusement environ 3,8 milliards de dollars de dépenses en investissement. C'est l'une des plus importantes fraudes comptables de l'histoire.
    • Le câblo-opérateur américain Adelphia a été mis en faillite en 2002 et a fait l'objet de poursuites par la SEC et la justice américaine concernant des transactions hors bilan, ainsi que 4,6 milliards de dollars de prêts abusifs à la famille du fondateur.
    • Plusieurs opérateurs en télécommunications, peu connus du grand public, comme Global Crossing, Qwest, 360networks, Cable & Wireless, Level 3 et quelques autres se sont livrés à des échanges fictifs (hollow swaps) de capacité de transmission de trafic. L'opérateur A gonfle artificiellement son chiffre d'affaires en comptabilisant une certaine somme facturée à l'opérateur B, tout en lui versant par ailleurs exactement le même montant, montant qui était ensuite comptabilisé par l'opérateur A comme un investissement. L'opérateur américain Qwest, en jouant avec les rubriques «vente d'équipements» et «vente de capacités», a pu surévaluer de près de 18 % son chiffre d'affaires total accumulé entre 1999 et 2001.
    • La société Xerox a surévalué son chiffre d'affaires et ses résultats. La société a du réviser l'ensemble de ses comptes sur 5 exercices, impliquant plus de 6 milliards de dollars de chiffre d'affaires.
    • Le groupe belge Lernout & Hauspie, spécialiste des technologies de reconnaissance, synthèse vocales et traduction automatique, aurait surévalué ses ventes de licences à des startups belges et asiatiques, indirectement sous son contrôle.
    • Safran, société française spécialisée dans les systèmes de défense et de sécurité, a annoncé que ses comptes pourraient nécessiter un retraitement d'environ 100 millions d'euros sur plusieurs exercices.
    • Altran, société de conseil, a dû corriger en 2002 son bénéfice d'exploitation, de près de 44 % à la baisse sur les exercices 2001 et 2002.
    • AOL Time Warner, groupe de média et de services Internet, a annoncé au troisième trimestre 2002 devoir retraiter ses comptes depuis le troisième trimestre 2000 en raison d'irrégularités comptables. Le chiffre d'affaires a été réduit de 190 millions et le résultat brut d'exploitation de 97 millions de dollars.
    • Alsthom, dont la filiale aux États-Unis avait tenté de camoufler les pertes essuyées sur un contrat, a passé des provisions supplémentaires d'environ 100 millions d'euros.
    Il est probable que d'autres sociétés américaines, européennes et asiatiques soient dans le même cas. Le spectre de fraudes comptables qui pourraient être découvertes à tout instant chez de grandes entreprises hante les milieux financiers et contribue à fragiliser les marchés d'actions.

    - Rôle des analystes,
    agences de notation, auditeurs et commissaires aux comptes

    La complaisance ou la passivité d'autres acteurs aussi divers que sociétés d'audit, analystes financiers, agences de notation, banques et commissaires aux comptes, a contribué très largement à ce que ces irrégularités comptables puissent se produire.

    - Recours collectifs et surveillance des marchés
    Cette cohorte d'irrégularités comptables et de scandales financiers qui ont éclaboussé de grandes sociétés au moment de la bulle technologique font que désormais analystes financiers et investisseurs exigent une communication financière transparente et sincère.

    La non-transparence, voire la dissimulation volontaire (ou tout ce qui peut y ressembler) d'informations importantes au marché, est impitoyablement pourchassée par les associations de défense des actionnaires et par les autorités de réglementation des activités boursières (la SEC aux États-Unis, la CVMO pour la Bourse de Toronto, l'AMF en France, etc.)

    - Dirigeants : scandales liés aux régimes de rémunération, démissions et poursuites
    Il serait exagéré de laisser entendre que la plupart des dirigeants ont été malhonnêtes. Néanmoins, avec l'éclatement de la bulle technologique, de nombreuses pratiques irrégulières de gestion d'entreprise et, dans certains cas, des activités frauduleuses ont été dévoilées conduisant nombre de dirigeants à devoir démissionner et dans certains cas à faire l'objet de poursuites :

    • régimes de rémunération des dirigeants excessifs jusqu’à l’obscénité (méga-programmes de stock options, parachutes dorés, retraites chapeau, avantages divers fantaisistes), alors même que leurs compagnies s’en allaient à vau-l’eau.
    • Dans certains cas, ces régimes de rémunération étaient attribués de manière irrégulière (ex. stock-options antidatées). Aux États-Unis, plus de 190 sociétés ont annoncé avoir lancé des enquêtes internes ou faire l'objet d'enquêtes fédérales concernant l’attribution de stock-options.
    • Poursuites pour fraude fiscale, conflit d'intérêt, complot, manipulations comptables, fausses déclarations et délit d'initié. Aux États-Unis, plusieurs dirigeants ont été menottés et menés en prison, devant les caméras de télévision.
    Quelques exemples tristement célèbres :

    • Scandale lié à des stock-options antidatées : le fondateur de Comverse Technology, Jacob Alexander, est en fuite, recherché notamment par Interpol. Sont aussi inculpés l'ex-directeur financier, David Kreinberg, et l'ancien secrétaire général, William Sorin. Ils risquent jusqu'à cinq ans de prison. Jacob Alexander sera retrouvé et arrêté quelque temps après en Namibie. La procédure d'extradition est en attente d'une décision judiciaire en juillet 2007. Les conséquences de ces malversations ont été très lourdes pour la société et pour ses salariés. Selon le quotidien israélien Haaretz, le conseil d'administration a donné des instructions à la direction pour liquider la société et ses filiales. La société a perdu 30 % de sa valeur et a dû licencier 300 salariés, dont plusieurs dizaines dans ses centres de recherche historiques.
    • Scandale lié à des stock-options antidatées : le câblo-opérateur américain Cablevision Systems a été conduit à devoir réviser l'ensemble de ses comptes 2003, 2004 et 2005 et à révéler qu'il avait accordé des stock-options à un consultant qui ne faisait pas partie des salariés de l'entreprise, et accordé des stock-options antidatées à un cadre dirigeant décédé, alors qu'il était en vie.
    - Incidences sur les salariés
    Les «réductions de coûts» des sociétés du secteur des TIC se sont traduites par des plans de départs volontaires, des licenciements secs, des départs en préretraites et des fermetures de sites. Le journal britannique The Financial Times a tenu un «baromètre» montrant que près de 500 000 emplois avaient été supprimés dans les télécommunications dans le monde en 2001 mais de nombreux plans sociaux sont intervenus par la suite. Les opérateurs (Worldcom, Sprint, BT, KPN, France Telecom, Qwest, etc.), les équipementiers (Alcatel, Lucent, Nortel, Cisco, Siemens AG, Ericsson, etc.), les sous-traitants (Flextronics, Solectron, etc.) et, en extrémité de chaîne, les fabricants de semi-conducteurs (Motorola, Texas Instrument, STMicroelectronics, etc.) ont tous été touchés.

    - Incidences sur les investisseurs
    La bulle technologique a fait le bonheur de certains investisseurs, notamment les professionnels qui ont eu la sagacité de vendre leurs actions avant l'effondrement des cours. Mais elle a surtout causé la déception de dizaines de millions de particuliers, qui se sont rendu compte que l'on ne pouvait pas réussir à faire fortune en bourse sans un minimum d'information. Ceux-là ont eu l'impression de «se faire plumer» et se promettent de ne plus se faire reprendre. Le phénomène est plus important encore en Amérique du Nord, où près d'un foyer sur deux possédait des actions. Certains ont emprunté à leur banque des montants importants afin de pouvoir miser encore plus gros et ont été ruinés.

    - Incidences sur les retraites
    Dans certains pays comme la France, les systèmes de retraite sont financés par répartition entre les générations. Dans d'autres, notamment en Amérique du Nord, ils sont financés principalement par capitalisation : les contributions de l'entreprise et du salarié sont confiées à des gestionnaires qui les placent avec différentes stratégies, pouvant inclure le marché des actions, incluant une composante en valeurs technologiques, heureusement limitée par le fait que beaucoup étaient cotées sur le Nasdaq.

    Les déboires boursiers causés par l'éclatement de la bulle technologique ont eu des incidences importantes pour de nombreux salariés qui ont dû repousser leurs projets de retraite ou combiner un statut à la fois de retraité et d'actif sur le marché du travail. Pour désigner ce type de situation, on a créé des oxymores comme «emplois post-carrière» ou(en) retirement job. Par ailleurs, des anciens salariés d'entreprises en difficulté (Enron, WorldCom, Global Crossing) ont constaté que leur employeur avait parfois puisé dans le fonds de pension de l'entreprise, quand il ne l'avait pas complètement asséché.

    - Incidences sur l'immobilier : vers un autre «miracle» ?
    De manière localisée, dans certaines régions dotées de nombreux centres de recherche comme la Silicon Valley, on a assisté pendant la phase montante de la bulle à deux ou trois années de folie. Les locaux professionnels étaient pris d'assaut par les jeunes entreprises qui poussaient comme des champignons. Ce phénomène a également été observé (toutes proportions gardées) dans certains quartiers de grandes villes comme le Sentier à Paris. Les «millionnaires» en stock-options faisaient flamber le prix des logements privés. Les montants étaient tels que de simples salaires ne permettaient plus d'acheter quoi que ce soit seul. Le marché s'est replié en 2000 et en 2001 : surcapacité des locaux professionnels, chute des loyers de bureaux et des logements privés, licenciements, nouveaux chômeurs, nouveaux pauvres et difficultés financières de toutes sortes.

    À l'échelle mondiale, après l'éclatement d'une première bulle spéculative au début des années 1990, on assiste à une forte baisse du prix de l'immobilier jusqu'à un niveau planché vers 1998, puis à une hausse des prix sans précédent depuis 2001-2002 jusqu'à aujourd'hui. Un des facteurs expliquant cette hausse est que d'importantes liquidités étaient auparavant placées sur des actions de sociétés cotées en bourse, et qu'ensuite elles ont été redirigées vers le marché de l'immobilier considéré comme plus sûr et plus rémunérateur.

    La seconde Bulle Internet


    À partir de 2010, on recommence à accorder de l'importance aux activités qui touchent à Internet, entre autres à cause de l’ascension fulgurante de Facebook. Plus généralement, on parle des réseaux sociaux, nouveaux outils du nouveau web. On parle alors de Web 2.0 et de médias sociaux, des outils de toute nature qui apportent tous types de services en lien avec la dimension sociale. Tous ces outils (Facebook, Twitter, LinkedIn...) génèrent un engouement tel que l'on observe des rachats d'entreprises de plusieurs millions d'euros alors que celles-ci n'ont parfois même pas généré de profit (rachat d'Instagram par Facebook pour 1 milliard de dollars).

    Dans cette continuité, Facebook arrive sur le marché boursier en mai 2012 et marque le début des grands débats sur l'éclatement d'une seconde bulle Internet. En effet, de nombreux actionnaires portent plainte contre le Nasdaq pour avoir surévalué la valeur des actions Facebook. Chose immédiatement avouée par le Nasdaq qui s'engage à rembourser une partie des actionnaires. Le 16 août 2012, Facebook perd 4 dirigeants actionnaires, ce qui enfonce de nouveau la valeur de l'action.

    Le 17 août 2012, l'action Facebook affichait une baisse de -47 % de sa valeur par rapport à sa valeur de lancement (38 $ à 19,87 $), Groupon -70 %, et Zynga -70 % également.



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