Holbrooke, "géant" diplomate, est mort

Discussion dans 'Faits divers' créé par Med Omar, 15 Décembre 2010.

  1. Med Omar

    Med Omar MoUl DéTaILS-GaRoU PiPaS Membre du personnel

    J'aime reçus:
    813
    Points:
    113
    Holbrooke, "géant" diplomate, est mort


    L''émissaire de Barack Obama pour l'Afghanistan et le Pakistan et, selon le mot du président américain, "l'un des géants de la politique étrangère des Etats-Unis", est mort lundi soir, trois jours après avoir souffert d'une crise cardiaque.
    "L'Amérique a perdu ce soir l'un de ses défenseurs les plus farouches et l'un de ses serviteurs les plus dévoués", a déclaré la secrétaire d'Etat Hillary Clinton dans un communiqué où elle se décrit en "amie, collègue et confidente".
    M. Holbrooke, 69 ans, avait subi une longue opération de l'aorte, puis une deuxième intervention pendant le week-end, et son état était demeuré très critique. Quelques heures avant l'annonce de son décès, Barack Obama avait assuré que M. Holbrooke était un "dur à cuire".
    "Richard est acharné, il ne s'ar¬rête jamais", avait lancé M.Obama lors d'une réception au département d'Etat. "L'Amérique et le monde sont plus sûrs grâce au travail de l'ambassadeur Richard Holbrooke", artisan de l'accord qui a mis fin à la guerre en Bosnie, avait-il dit.

    Le président Barack Obama lui avait confié en janvier 2009 à son arrivée à la Maison Blanche la tâche difficile de représenter la diplomatie américaine en Afghanistan et au Pakistan, dans une région où les Etats-Unis mènent depuis 2001 une guerre contre les talibans. Barack Obama va d'ailleurs s'exprimer jeudi sur ces deux pays, à l'occasion de la remise d'un rapport d'étape qui devrait évoquer des "progrès", un an après l'annonce de sa nouvelle stratégie dans cette région.

    La carrière diplomatique de Richard Holbrooke s'est étendue sur près de 50 ans, du Vietnam en guerre à "l'AfPak", avec des détours tout aussi couronnés de succès par le monde de la banque, quand les républicains remplaçaient au pouvoir les démo¬crates. En 1995, le président Bill Clinton le nomme secrétaire d'Etat-adjoint chargé de l'Europe, casquette sous laquelle il sera l'ar¬tisan des accords de Dayton, qui mirent fin à la guerre de Bosnie. Pour négocier ce qui est, aujourd'hui encore, considéré comme l'un des plus grands succès de la diplomatie américaine, Richard Holbrooke entreprendra plusieurs voyages en ex-Yougoslavie. Il n'hésite pas à parler dure¬ment à Slobodan Milosevic, l'homme fort de Belgrade.
    "C'était le diplomate par excellence, capable d'affronter les dictateurs et de se dresser pour les intérêts de l'Amérique dans les circonstances les plus difficiles", a écrit lundi soir Hillary Clinton.

    "Cette semaine, ses médecins ont appris ce que les diplomates et les dictateurs du monde entier savent depuis longtemps. Per-sonne n'est plus dur que Richard Holbrooke", avait-elle déclaré moins de deux heures avant l'an¬nonce de sa mort. Grand et altier, le regard vif, les gestes amples, le verbe haut et précis, Richard Holbrooke était taillé pour la part de comédie allant avec son métier.
    Loin de l'image compassée de ses pairs diplomates, il misait tour à tour sur le charme et les colères plus ou moins feintes. Il savait aussi être bavard, parlant volontiers aux journalistes, dont il savourait inlassablement l'at¬tention. Mais cette personnalité solaire ne craignait pas de se faire ombrageuse. Affronter ses interlocuteurs pour les faire plier avait été sa méthode en ex-Yougoslavie. Avec le président afghan Hamid Karzaï, Richard Holbrooke a eu au moins une dispute très vive en 2009, largement rapportée dans les médias malgré les démentis. Cette dernière étape de sa carrière aura peut-être été la plus dure. Richard Holbrooke portait le versant civil de l'effort que l'Amérique mène depuis près de dix ans dans un pays notoire¬ment difficile, où les succès sont rares et les perspectives à long terme très incertaines.
    Père de deux garçons, il a épousé en 1994 sa troisième femme, l'ancienne journaliste Kati Marton.

    Un rapport américain sur l'Afghanistan évoquera «progrès» et «difficultés»

    Un rapport d'étape américain sur l'Afghanistan et le Pakistan devrait évoquer jeudi aussi bien des «progrès» que des «difficultés» dans ces pays, un an après l'annonce par le président Barack Obama de sa nouvelle stratégie dans la région. Refusant d'en divulguer un tant soit peu les grandes lignes, le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs s'est borné à lancer lundi: «Comme vous avez entendu le président le dire lors de son voyage le plus récent en Afghanistan, il y a des progrès». Mais l'année 2010 est déjà de loin l'année la plus meurtrière pour ces forces en Afghanistan, plus de neuf ans après l'invasion du pays. L'année qui vient de s'écouler a aussi été marquée par de nombreuses passes d'armes entre les dirigeants américains et le président afghan Hamid Karzaï, et les récentes révélations de WikiLeaks montrent que les Etats-Unis se défient d'un dirigeant considéré par certains diplomates comme paranoïaque et corrompu.

    Le rapport va être remis moins d'un mois après le sommet de l'Otan à Lisbonne, lors duquel les dirigeants des pays membres de l'Alliance atlantique ont entériné un plan américain prévoyant d'engager en 2011 le processus de transfert des responsabilités en matière de sécurité à la police et à l'armée afghanes, un passage de relais qui s'achèverait fin 2014.

    SOurce :lien
     

Partager cette page