Hold-up Par Ahmed R. Benchemsi

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par @@@, 21 Novembre 2008.

  1. @@@

    @@@ Accro

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    La monarchie n’a pas arraché, seule, l’indépendance du Maroc. Assez de ce détournement de l’Histoire !

    Cette année, nous avons encore été témoins de la même fable : la commémoration de la fête de l’indépendance le 18 novembre, en référence à l’année 1955. On sait pourtant que le Maroc (et encore, uniquement sa partie centrale) n’a accédé à l’indépendance que le 2 mars 1956 – date de signature de la convention abrogeant le protectorat français. Pourtant, cette date n’est ni fériée ni
    commémorée. Il n’y en a que pour le 18 novembre, “jour de la proclamation de l’indépendance par feu Mohammed V le Libérateur”, selon Le Matin du Sahara.

    Répétons-le : c’est un mensonge éhonté. Le 18 novembre 1955, Mohammed V, de retour d’exil depuis deux jours, n’a fait que délivrer un discours. Un discours certes historique, mais dont l’objet était seulement d’annoncer l’ouverture de négociations avec la France, en vue, selon les propres mots du souverain, de “définir le cadre et le contenu de l’indépendance de notre pays (sachant qu’) au terme des négociations, le régime du protectorat prendra fin”. Ces négociations, entamées durant l’été 1955 à Aix-les-Bains pendant que Mohammed V était toujours en exil, avaient été menées côté marocain par des cadres du mouvement national (Istiqlal et Choura). Et si elles ont abouti sur l’indépendance, le 2 mars 1956, c’est avant tout parce que la France s’y était retrouvée acculée, après plusieurs années de résistance acharnée et des centaines de morts au champ d’honneur. Des Mohamed Zerktouni, des Allal Ben Abdellah, des Ahmed Rachidi, des Houmane Fetouaki, des Abdellah Chefchaouni… De ces héros marocains, on ne trouve aucune trace dans les manuels d’histoire.

    Selon Le Matin, qui seul donne le “la” de l’histoire officielle, “Mohammed V a défait le protectorat en novembre 1955, en faisant signer à Antoine Pinay la déclaration finale de l’indépendance”. Comment peut-on mentir aussi effrontément ? Mohammed V et Pinay n’ont rien signé du tout. À peine ont-ils eu, 10 jours avant le retour d’exil du roi (lui-même arraché grâce à l’insistance des nationalistes) un entretien cordial, durant lequel le président du Conseil français a réaffirmé la disposition de son gouvernement à poursuivre les pourparlers entamés à Aix-Les-Bains. Quant aux nationalistes auteurs des pourparlers, c’est à peine si Le Matin les cite au détour d’un paragraphe – et uniquement pour dire que Mohammed V était leur “chef de file” (mensonge, là encore. Le roi avait certes un fort statut symbolique, mais pendant son exil malgache, il n’était même pas au courant de ce qui se tramait au Maroc). Les faits d’armes de la résistance ? Gommés ! L’insurrection héroïque de Abdelkrim Khattabi ? Rien de plus qu’une “guérilla dans le Rif”. Les quelque soixante courageux signataires du manifeste de l’indépendance, qui ont mis leur vie en péril pour clamer leur patriotisme ? Rien n’est dit d’eux, sinon qu’il s’agissait d’un vague “collectif national” qui ne mérite d’être cité que pour rappeler le “soutien total” que lui a apporté Mohammed V (ce qui est à moitié faux – au mieux pouvait-on interpréter les atermoiements du sultan, à l’époque de la publication du manifeste, comme une inclination à ne pas désavouer frontalement ses auteurs…)


    Pourquoi ce hold-up sur l’Histoire ? Pour affirmer qu’il n’y a qu’une seule légitimité qui vaille au Maroc, celle conférée par le sang royal ? On peut encore admettre que ce positionnement mémoriel frauduleux ait été utile à Hassan II pour terrasser ses adversaires du mouvement national. Mais aujourd’hui, plus d’un demi-siècle plus tard, quel est l’intérêt de perpétuer le mensonge ? Le trône est solidement installé, plus personne ne le menace. Mohammed VI a, dit-on, l’avenir démocratique du Maroc à cœur. Mais aucun avenir serein ne se bâtit sur un passé tronqué. Un réexamen de l’Histoire officielle serait, plus que bienvenu, nécessaire. Ne plus empêcher l’émergence d’autres héros serait pour la monarchie un signe de maturité. Continuer à le faire est, au contraire, révélateur de sa faiblesse. Quand on sait le pouvoir absolu qu’elle détient, c’est pour le moins un piteux paradoxe.

    http://www.telquel-online.com/348/edito_348.shtml
     
  2. L9ant

    L9ant Accro

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    Donc l'histoire qu'on nous a enseigné depuis le primaire n'est pas la bonne ???????????
     
  3. @@@

    @@@ Accro

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    qui croire ?
     
  4. anaayoub

    anaayoub Accro

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    wach daba nta mni kanti sghir kanet ka dkhol lik l rassek ana m7amed lkhamis 7arar lmaghirb howa o lhassan tani ghir bou7dhom?

    hadi hia dyal bana madinat fass moulay idriss al awal (ghaaaa wa7dddoooow?) lol
     
  5. L9ant

    L9ant Accro

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    LLah w3lem kent 7mar f jtima3yat, kan 3ndi gha m3a lmath w derryat w lbiy :D

    Bon, Hassan II cultivait un culte de la personnalité assez inédit, et il a utilisé l'Histoire du Maroc pour affûter son arme...
     
  6. anaayoub

    anaayoub Accro

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    lmath kane 3andek m3ah ama darayat mo7alch lol

    ach gahdi ngoul lik howa l'histoire dyal l3alam kamal fiha des versions ktar o ma t9darch t3raf ina wa7da li s7i7a mais ghir khdam 3a9lak o chouf chno li a9rab l lsawab o radi t3raf achno kayn
     

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