Il y a 50 ans le Maroc adhère la Ligue Arabe

Discussion dans 'Info du bled' créé par Info du bled, 11 Octobre 2008.

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    Rabat - C'est en ce mois d'octobre, il y a cinquante ans, que le Maroc avait adhéré à la Ligue des États arabes, et en devint membre à part entière, engagé dans l'œuvre de construction et d'unification de l'unité arabe, l'émancipation des nations arabes et le triomphe de leurs causes. L'acte d'adhésion, formalisé le 1er octobre 1958, venait simplement consacrer cet engagement sans faille du Royaume dans toutes les tribunes et forums, aux niveaux international et régional.

    L'effort du Royaume et son action, sous la conduite éclairée de SM le Roi Mohammed V, et son compagnon de lutte, SM le Roi Hassan II, alors Prince héritier, étaient fondamentalement tournés vers la réalisation et la concrétisation de cet objectif global.

    Plusieurs pays, dont le Maroc, venaient en effet de recouvrer leurs indépendances, depuis à peine quelques années, au terme d'une lutte héroïque, et la ligue arabe constituait pour le Royaume, un espace naturel et historique de son épanouissement et de la défense de ses causes.

    Le Royaume a multiplié les initiatives et déployé d'intenses efforts, avec la détermination et la clairvoyance nécessaires, afin de resserrer les rangs et l'unité de la Oumma arabe,

    relever les défis qui se posaient, en termes de développement, et réaffirmer les positions immuables du Royaume vis-à-vis des causes arabes justes.

    En reconnaissance à cet engagement, le Maroc avait ainsi accueilli plusieurs Sommets arabes, qui ont historiquement constitué des jalons décisifs et des étapes cruciales dans le développement et la consolidation de l'action arabe commune.

    Le peuple palestinien se souviendra pour longtemps du sommet de Rabat, tenu en 1974, qui a proclamé solennellement l'OLP comme seul et unique représentant légitime du peuple palestinien et l'engagement de tous les pays arabes à sauvegarder l'unité nationale palestinienne.

    Neuf ans plus tôt (septembre 1965), les pays arabes souscrivaient à Casablanca à un pacte de solidarité dit "Pacte de Casablanca".

    Quatre années plus tard, c'est au tour de la capitale du Royaume Rabat d'abriter en décembre 1969 un sommet islamique, consacré exclusivement à la cause palestinienne et à la lutte du peuple palestinien sous la direction de l'OLP, après l'incendie de la Mosquée d'Al Aqsa par les sionistes.

    Les années qui ont suivi ont confirmé et consacré le Maroc comme un haut lieu des grands rendez-vous politiques du monde arabe, où sont débattus les questions décisives et cruciales concernant le monde arabe.

    Le Maroc se forgeait alors, sous la conduite de SM le Roi Hassan II, la vocation d'un grand médiateur pour le règlement des conflits et des différends inter-arabes.

    Le sommet de Fès, qui s'est déroulé en deux phases, la première, le 25 novembre 1981 et la seconde du 6 au 9 septembre 1982, avait abouti à l'élaboration d'un plan de paix dit "Plan de Fès", suivi des conférences au sommet de Casablanca de 1985 et 1989.

    Lors de cette dernière, les chefs d'État arabes avaient unanimement salué la proclamation d'un État palestinien indépendant.

    Que les rendez-vous arabes se tiennent sur son territoire ou dans les autres pays frères, le Maroc avait agi, dans sa stratégie, avec la même fibre nationale arabe et la même ambition de porter haut l'étendard de la nation arabe.

    La réforme de la charte de la ligue arabe, pour mieux adapter l'action arabe commune aux nouveaux défis, fut également soulevée par le Royaume, depuis plusieurs années.

    Le Maroc en fut même un des précurseurs, avec pour unique motif de hisser l'action arabe au niveau des exigences de l'époque et des mutations qui étaient en cours dans le monde.

    Ainsi, le Maroc a été l'un des premiers pays arabes ayant appelé à la réforme de l'organisation panarabe tant au niveau des structures que de la gestion.

    Dès septembre 1959, SM Mohammed V avait plaidé en faveur de cette réforme dans un discours à l'occasion de la tenue à Casablanca de la 32ème session du Conseil de la Ligue arabe. Le même vœu a été exprimé ultérieurement par SM Hassan II.

    A l'occasion du Sommet d'Amman en 2001, SM le Roi Mohammed VI a pour sa part réaffirmé cette volonté, dans une allocution adressée aux participants.

    Le Souverain avait alors émis le vœu que ce Sommet "constitue le point de départ d'une nouvelle ère dans la consolidation de notre action arabe et de notre marche commune".

    Lors du Sommet, tenu en mars 2003 à Charm El Cheikh (Egypte), SM le Roi avait également réitéré son appel à une révision profonde de la charte de la Ligue arabe et de ses institutions,

    soulignant l'impératif de s'ouvrir sur les instances élues, les partis politiques, les syndicats, les ONG, le secteur privé et les autres opérateurs.

    "L'action arabe commune requiert une méthodologie rationnelle que ne peuvent assurer les mécanismes actuels. D'où la nécessité d'une révision profonde de la Charte de la Ligue des États arabes et de ses institutions.

    Il importe, en effet, de ne pas se contenter de la seule coopération inter-gouvernementale, mais d'y associer les instances élues, les partis politiques, les syndicats professionnels, les organisations non gouvernementales, le secteur privé et les autres opérateurs.

    Leur action viendrait ainsi renforcer celle menée par certains groupements régionaux arabes, dans la perspective de création d'un espace économique de libre-échange qui constituerait l'amorce d'un marché commun, ambition proclamée dans la Déclaration d'Agadir ", avait noté le Souverain.

    "Je vous exhorte, au nom du peuple marocain, qui est profondément attaché à l'unité et à l'invulnérabilité de la Oumma: Assez de déchirements et d'émiettements.

    Il est grand temps de ressouder les rangs, d'unifier la communauté et de réaliser l'intégration économique qui est le fondement moderne de tout groupement régional à vocation internationale ", avait lancé SM le Roi à l'adresse des Chefs d'État arabes présents au Sommet de Charm El Cheikh.

    Lors du sommet de Tunis en 2004, le Souverain avait réitéré le même souhait: "la nouvelle réalité que l'on connaît au niveau du monde arabe et à l'échelle internationale, et les défis à relever pour assurer notre développement intégré, font que nous insistons avec plus de force, aujourd'hui,

    sur l'impératif de modernisation des mécanismes et des structures de l'action arabe commune, et ce, à l'instar des ensembles régionaux avancés, telle l'Union européenne qui fait de l'intégration économique, le prélude et la voie d'accès à l'unité et à la complémentarité entre ses membres".


    Le Maroc, qui attache un intérêt particulier aux questions politiques, accorde aussi une grande importance au volet économique de l'action arabe commune à travers le renforcement de la solidarité et la promotion de l'intégration économique.

    "La place à laquelle nous aspirons dans le monde d'aujourd'hui requiert, comme l'avait affirmé le Maroc au sommet d'Amman, le développement de nos économies, l'amélioration des conditions de vie de nos peuples,

    et une bonne appréciation des impératifs dictés par les mutations rapides qui s'opèrent dans le monde", avait souligné le Souverain lors du sommet de Beyrouth en 2002.

    "Il semble toutefois que nous n'ayons pas encore trouvé la méthode idoine pour sortir de l'étape des souhaits et des vœux.

    De même, toutes les mesures prises dans le cadre des mécanismes traditionnels de l'action arabe commune, se sont révélées incapables de concrétiser nos aspirations.

    Par conséquent, il nous incombe d'adopter une nouvelle démarche, de créer des initiatives novatrices, audacieuses et concrètes, pour mettre en place un espace économique intégré, qui nous permette de mobiliser toutes nos énergies au service d'un développement arabe durable", a indiqué SM le Roi,

    relevant que "cette approche, déjà empruntée par de nombreux états du Sud qui ne sont pourtant pas unis par des liens aussi nombreux et solides que ceux qui nous unissent,

    est de nature à permettre aux peuples arabes d'aborder l'avenir avec un espoir accru et de leur faire sentir que nous partageons pleinement leurs soucis et leurs préoccupations concernant leur vie et leur réalité vécue".




    Source : emarrakech.info
     

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