Incidents de Sidi Ifni

Discussion dans 'Info du bled' créé par fax02, 3 Juillet 2008.

  1. fax02

    fax02 Stranger in the life Membre du personnel

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    L'après-midi, c'était le tour du wali de la région, Rachid Filali. Accompagné d'une dizaine de ses proches collaborateurs, le responsable local s'est présenté devant la Commission pour répondre à ses interrogations et demande de précisions. Cette audience qui a duré toute la matinée ne s'est pas passée sans incident. Les deux députés PJD, membres de la Commission, ont décidé d'inscrire leur réserve et se retirer. Leur retrait ne concerne que cette séance, explique Mustapha Ramid, président du groupe parlementaire du PJD au Parlement et membre de la Commission. L'acte a été motivé par des raisons réglementaires, tient-il à préciser.

    Pour le reste, l'on souligne, sans davantage de détail, que les travaux de la Commission suivent leur cours normal. «Ils avancent plutôt bien», précise une source de la Commission. Après audition du wali de la région Souss-Massa-Drâa, les membres de la Commission devraient rentrer à Rabat. Ce sera la fin de la première phase. La Commission tiendra ensuite une réunion pour faire le bilan de son déplacement dans la région et arrêter son programme de la phase à venir. Un bilan relativement chargé donc à l'issue de ces cinq premiers jours de l'enquête. En effet, figurait au programme l'audition du commissaire de police de Sidi Ifni, du chef du cercle de la ville et du responsable du port. Des responsables des sections des partis politiques qui en ont exprimé le souhait, ont également été entendus. Il s'agit, entre autres, de certains responsables de partis comme l'Union socialiste des forces populaires (USFP), le Mouvement populaire (MP) ou le Parti socialiste unifié (PSU).

    Lundi et lors de la troisième journée des travaux de la Commission in situ, celle-ci a auditionné des personnes qui ont affirmé avoir subi des préjudices lors de ces incidents, et ce, conformément au principe qui guide tous les travaux de la Commission, à savoir «l'ouverture sur toutes les potentialités et les personnes qui peuvent aider la Commission à faire la lumière sur ce qui s'est passé en toute honnêteté et transparence», selon une déclaration à l'agence MAP de son président l'intiqlalien, Noureddine Moudian. Outre les habitants de la ville et quelques responsables des autorités locales, la Commission avait également auditionné, mardi, les camionneurs et les responsables du port. Ainsi, les séances d'audition ont concerné les propriétaires des camions qui ont subi des dégâts au siège du port.

    Le directeur de l'hôpital de Sidi Ifni, les représentants de certaines instances politiques de la ville, certains conseillers de la municipalité de la ville ainsi que des responsables au ministère de l'Equipement et à l'Agence nationale des ports (ANP) ont également été auditionnés. Côté société civile, l'OMDH vient à peine de clore sa propre mission d'inspection effectuée dans la ville conjointement avec la fédération internationale des droits de l'Homme. L'organisation a publié, en ce sens, un rapport dans lequel elle retrace la chronologie des événements, reproduit certaine des témoignages livrés par les 36 personnes qu'elle a auditionnées. Le rapport, d'une vingtaine de pages, comporte, outre une lecture des points de vue des droits de l'Homme, des faits, une série de conclusions et recommandations.

    En gros, le rapport considère que le blocus du port constitue une violation flagrante de la loi et de toutes les dispositions pertinentes relatives aux libertés publiques. Le rassemblement dans l'enceinte du port dans le but de bloquer son activité a porté directement préjudice aux droits des personnes, des institutions et des dépendances, souligne le texte rendu public mardi.
    Le document relève une défaillance dans l'encadrement des manifestations auxquelles a appelé le secrétariat local, d'où le risque de débordement. En conclusion, les deux organisations tout en soulignant le fait qu'il n'y a pas eu de morts, expriment leur indignation quant aux dépassements relevés lors de cette enquête.

    A vrai dire que le traitement réservé aux incidents de Sidi Ifni par Al Jazeera a été pour le moins tendancieux. Les six à huit morts dont a parlé la chaîne et que ni la Commission parlementaire, ni celle de l'OMDH et la FDIH n'ont relevés nulle part. Allégations que, d'ailleurs, les autorités ont infirmées catégoriquement en son temps. Et cela, au moment même où la chaîne prétendait que ces dernières n'ont ni confirmé ni infirmé les cas de décès. Autre signe manifeste de ce traitement accordé aux incidents, ce manque de précision, et de vérification des informations. Selon la chaîne, la population locale croule sous le poids du chômage.

    Sans citer aucun chiffre, elle se contente des témoignages recueillis par téléphone dont certains se sont révélés faux. C'est le cas notamment de cet homme qui prétend avoir été atteint dans ses «parties intimes» et qu'un examen médical a fini par démentir. Un fait encore plus révélateur de ce traitement partial de l'information, le directeur du bureau d' Al Jazeera à Rabat, Hassan Rachidi, a fait endosser à la direction de la chaîne la responsabilité du refus de présenter des excuses au Maroc, après que la chaîne ait diffusé de fausses informations faisant état de morts, lors des incidents de Sidi Ifni.

    Dans un entretien publié lundi par le journal qatari Al Arab, Hassan Rachidi a indiqué qu'il est du droit du Maroc de demander des excuses, jugeant que cette question ne relève pas de son ressort, mais qu'elle incombe plutôt à la direction centrale de l'information. Le responsable d'Al Jazeera à Rabat a souligné que ce que «beaucoup de gens ignorent, dont ceux qui nous accusent et nous font porter cette responsabilité, est que le correspondant au Maroc n'est qu'un intermédiaire entre la chaîne et la région où il exerce». Et d'ajouter que «lorsque nous transmettons une information à Doha, nous n'avons pas le dernier mot sur son traitement. Car, a-t-il dit, la version définitive et le choix de sa place au sein du journal relèvent, en dernier ressort, de la rédaction centrale à Doha ».


    Le Matin
     

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