[INFO] Les studios Ghibli

Discussion dans 'Manga' créé par manson10, 25 Avril 2007.

  1. manson10

    manson10 Visiteur

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    L'exception Ghibli
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    Créé en réaction aux contraintes de production, notamment télévisée, c’est le succès de Nausicaä de la Vallée du Vent qui permet à Hayao Miyazaki, Isao Takahata et Yasuyoshi Tokuma , le président de Tokuma Shoten et l’éditeur de la version manga de Nausicaä depuis 1981, de fonder le studio Ghibli en 1985. Le nom est choisi par Miyazaki, et renvoie à un vent du Sahara. Le but annoncé est alors très clairement de « faire souffler un vent nouveau sur l’animation ». Japonaise ou mondiale ? A l’époque, pour l’instant, la question ne se pose pas encore.

    A sa création, le studio Ghibli est dédié à la production de films pour le cinéma. Cet objectif l’amène à investir beaucoup pour chaque film avec le risque de ne pas rentrer dans ses frais et de disparaître tout simplement si un film rencontre l’échec.
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    L’une des exceptions du Studio Ghibli à l’époque de sa création est devenue depuis une généralité dans l’animation nippone. En effet, à la fin des années 70 et durant les années 80, l’animation japonaise, voire mondiale, traverse une vraie crise. On ne s’intéresse plus aux longs métrages, mais aux séries réalisées au kilomètre, sans réel but créatif, mais plutôt lucratif. En réalisant Nausicaä puis en fondant le Studio Ghibli, Miyazaki et Takahata font prendre à l’animation nippone un tout autre tournant. Ils rejettent ce formatage et cette négation de la création artistique et axent leurs productions autour de leur vision d’auteur. C’est un cinéma d’animation ambitieux et donc risqué qu’ils proposent, et il s’agit d’un fait rare à cette époque.
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    Traditionnellement, dans le milieu de l’animation japonaise, on réunit une équipe de créatifs, engagés pour le temps de la création du film. Ce ne sont pas des salariés à plein temps de l’entreprise mais une sorte d’intérimaires. Le travail fini, ces artistes sont libres d’aller chercher un travail sur une autre production, pour un autre studio. A ses débuts, le studio Ghibli, comme beaucoup d’autres, se contente d’embaucher ponctuellement une équipe de 70 personnes sur chaque film, faute de moyens suffisant. Après la réussite éclatante de Kiki, la Petite Sorcière, le studio a pris de l’assurance et est plus confiant en son avenir. La question se pose des conditions de travail du personnel du studio. Les tarifs dans le monde de l’animation sont fixés en fonction du nombre de dessins. Etant donné la qualité exigée des animateurs et le temps de travail passé, les animateurs de Ghibli étaient auparavant payés en moyenne deux fois moins qu’ailleurs. Sous l’impulsion de Miyazaki, dès 1990, l’équipe sera désormais employée à plein temps avec un salaire fixe plus conforme aux tarifs en vigueur.

    Parallèlement à cette décision, l’accent est également mis sur l’apprentissage et la formation des animateurs et l’accueil des nouveaux talents. Parmi les animateurs formés au studio Ghibli et dont la carrière est particulièrement notable, on compte, par exemple, Atsuko Tanaka et Kazuhide Tomonaga qui ont été formé sur la série Conan le Fils du Futur, puis sur Le château de Cagliostro et Kié la petite peste, et qui ont rejoint Yasuo Otsuka au studio Telecom. On peut également citer le directeur de l’animation de Mon Voisin Totoro, Yoshihru Sato, qui a quitté le studio Ghibli pour le studio 4°C (Memories, Spriggan, Princesse Arete).
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    Autre signe de cette volonté de perdurer dans le temps et ne pas marquer le monde de l’animation de façon éphémère, le studio Ghibli, chose rare dans le milieu japonais, possède depuis 1992 ses propres locaux de 300 m2 sur 3 étages situés sur dans la banlieue de Tokyo à Koganei. La construction fut supervisée par Miyazaki lui-même, alors qu’il travaillait sur Porco Rosso. La fin de la construction coïncida avec la fin de ce nouveau long métrage. Le studio Ghibli est maintenant une structure qui emploie quotidiennement une centaine de personnes.

    Depuis Pompoko, le studio Ghibli suit également les évolutions technologiques de son secteur et possède un département chargé des images de synthèse. Mais c’est vraiment avec On Your Mark que l’aventure de la 3D commence chez Ghibli pour finir par faire partie intégrante des films depuis Princesse Mononoké.



    Un dernier contre-pied à attribuer au studio est son comportement face à la distribution de ses œuvres dans le reste du monde et face à une logique commerciale internationale aguicheuse. Le studio Ghibli a pour objectif de ne jamais sacrifier l’originalité à une carrière internationale dans le seul but de faire plus d’argent. C'est le problème que connaît actuellement Disney ou Dreamworks. Prisonniers de leur logique commerciale, ces studios sont devenus des machines à sous qui sortent des films au moule, oubliant qu'un film d'animation est avant tout un film. Pour ne pas rentrer dans ce système aliénant, le Studio Ghibli continue de faire ses films pour la seule audience japonaise. Et ce, même si ses réalisations rencontreront le succès et l'audience qu'ils méritent à l'étranger.


    Source : Connection
     

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