Inondations : compte & bilan

Discussion dans 'Scooooop' créé par Med Omar, 3 Décembre 2010.

  1. Med Omar

    Med Omar MoUl DéTaILS-GaRoU PiPaS Membre du personnel

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    Inondations

    L’heure des comptes

    · Matériels, stocks et matières premières endommagés

    · Banques, commerces et services hors-circuit

    · L’OCP capte les eaux de pluie pour le lavage des engrais


    SUR l’axe Rabat-Casablanca, seul le pool audiovisuel public semble épargné des conséquences des intempéries meurtrières, qui se sont abattues sur le pays depuis lundi 29 novembre. La programmation de TVM et de 2M est restée inchangée. Pendant ce temps, le pays comptait ses morts (34, au moment où nous mettions sous presse) et les premières évaluations des dégâts matériels. Des nombreuses cliniques, à Rabat et Casablanca, ont subi de lourdes pertes matérielles. La plupart de leurs appareils, souvent les plus coûteux, et blocs opératoires sont situés au sous-sol. Faute d’électricité, plusieurs agences bancaires à Casablanca avaient baissé les rideaux, délocalisant certaines opérations vers d’autres agences, se contentant d’encaisser. Le commerce (boutiques d’habillement et d’accessoires surtout) n’est pas épargné par ce chaos. Mais tous les concernés s’accordent à dire qu’il est encore tôt pour évaluer l’impact de ces intempéries sur leur business, mais laissent entendre que l’addition sera salée. Pour certains, la «galère» dure depuis lundi après-midi. Les choses ne semblent pas s’arranger encore. Lydec maintient toujours en alerte sa salle de crise. Au 30 novembre au soir, 325 postes de distribution étaient encore en panne sur les 800 impactés par les intempéries (Lydec gère 4.600 postes de distribution). Mais les regards étaient plus rivés sur l’un des plus anciens et plus grands parcs industriels du pays, qui génère plus de 20 milliards de DH de chiffre d’affaires: la zone de Sidi Bernoussi-Zenata qui était sous les eaux dès les premières chutes de pluie. Cette zone, la plus importante en termes de surface et d’unités industrielles, couvre plus de 600 ha et accueille 700 entreprises industrielles pour plus de 50.000 emplois. Le textile, qui s’en taille la part du lion avec 40% des emplois, est en même temps fragilisé par un personnel, peu qualifié donc plus exposé à la précarité. Dès les premiers impacts des intempéries sur les infrastructures routières, clouant au parking le réseau déjà archaïque du transport en commun, les ouvriers ne pouvaient pas se rendre à leur lieu de travail.
    Selon des témoignages concordants, plusieurs usines sont restées fermées la journée du mardi, faute d’ouvriers. Un coût dur et un manque à gagner certain pour ce secteur à peine de retour en grâce après une année 2009 difficile. La chimie qui emploie 30% du personnel de la zone, l’agro-industrie (10%), l’industrie mécanique et électrique (20%) ont également connu quelques difficultés d’accès à leur lieu de travail, mais moindres. Mise à part la densité de la desserte routière sur ce parc industriel, à cheval entre le boulevard Chefchaouni, la route de Rabat et la route côtière, qui en fait l’une des zones industrielles les mieux loties, son sous-équipement rebute les investisseurs. Une situation qui a toujours fait craindre le pire dans cette zone caractéristique où des multinationales côtoient des petites entreprises marocaines. En plus des difficultés liées à l’état des infrastructures et des services publics, limités voire inexistants, sur cette zone, la dizaine de bidonvilles la bordant accentue le spectacle de désolation par ces temps d’intempéries. L’association des opérateurs économiques de la zone industrielle, Izdihar, créée pour, dit-on, «pallier le manque d’initiatives des autorités publiques», est restée injoignable. La zone industrielle de Berrechid était également aux abonnés absents.
    Les dommages subis sont substantiels et nombre d’entrepreneurs craignent que les compensations des assurances ne les couvrent pas (voir p 6). Les dégradations de matériels, de stocks et de matières premières hypothèqueraient-elles la reprise d’activité de plusieurs entreprises, des PME notamment?


    L’OCP s’en tire à bon compte


    LES intempéries n’ont pas fait que des malheureux. Nous le soulignions dans notre édition d’hier, parlant des agriculteurs des Doukkala, qui n’auront pas besoin de sitôt de recourir à l’irrigation. Les premiers bilans sur les cinq sites de production de l’OCP n’indiquent aucune incidence. Bien au contraire, à Khouribga, Jorf Lasfar et Youssoufia où la pluviométrie a été importante, le phosphatier entend bien en tirer profit. Les eaux de pluie récupérées ainsi (5.000 m3/jr en moyenne) serviront pour le lavage des engrais. Les perturbations dues au transport ferroviaire, entre Khouribga et Casablanca, auront pour seule conséquence le stockage de la production…ce que le phosphatier sait bien faire, sans intempéries.

    Bachir THIAM



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