Inter 3-1 FC Barcelone : Au bord du précipice

Discussion dans 'Uefa competitions' créé par simo160, 21 Avril 2010.

  1. simo160

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    Malgré l’ouverture du score, le Barça n’a pas su mettre sa patte sur le match et a subi la loi de l’Inter. Il faudra un très grand match au retour pour renverser la vapeur.

    Les faits et le jeu

    Le Barça de Guardiola a enfin perdu un match face à une grande équipe dans un grand match. Il a fallu pour cela attendre la fin de la deuxième saison, et une demi-finale aller de Ligue des Champions face au champion d’Italie. Cette défaite face à un « gros », c’est quasiment une première si l’on met de côté les deux défaites contre l’Atletico Madrid à Calderon et la défaite en Copa contre Séville au Camp Nou avec une équipe très remaniée. Surtout le Barça a perdu par deux buts d’écart, une première absolue dans l’histoire de la Pep Team. De fait si le Barça n’est pas encore éliminé, il est désormais condamné à réaliser une prestation énorme au retour en gagnant 2-0 ou 4-1. Bernabeu ne s’offrira qu’à un très grand Barça. On le savait déjà un peu avant le match, mais on le sait maintenant encore plus.

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    Comment la Pep Team en est-elle arrivée à pareille situation ? Tout d’abord les Catalans ont été surclassés dans de nombreux domaines par leur opposant milanais, notamment l’engagement physique et la vitesse d’exécution. Ils n’ont sans doute pas non plus été aidés par l’arbitre qui a accordé un but à Milito, le troisième, en position de hors-jeu et sanctionné d’un carton jaune pour simulation la chute d’Alves consécutive à une faute pourtant assez évidente de Sneijder (83’). Mais l’arbitrage sujet à discussion du Portugais Olegario Benquerença ne doit pas cacher les lacunes affichées ce soir par le Barça. Tactiquement il a été très bien maitrisé par l’Inter de Mourinho organisé en 4-2-3-1 avec Eto’o et Pandev dans les couloirs. Le Barça n’a pas su imposer son jeu de passes fluide et rapide et surtout il a joué beaucoup trop bas avec un bloc équipe trop distendu. Les seconds ballons, si importants à ce niveau, ont été la plupart du temps remportés par l’Inter. Le pressing catalan a été inefficace car il n’a pas donné lieu à une réduction des espaces, chacun y allant de son petit effort, sans véritable bloc équipe, la caricature étant le second but encaissé suite à une perte de balle de Messi à et un mauvais pressing de trois joueurs catalans éliminés facilement. C’est au milieu que les Blaugranas avaient donné une leçon en novembre aux Milanais, c’est au milieu ce soir qu’ils ont failli.

    Tactiquement, Guardiola avait choisi le 4-2-3-1 désormais habituel avec Alves-Piqué-Puyol-Maxwell derrière, un double pivot Xavi-Busquets au milieu, et un trio Keita-Messi-Pedro en soutien d’Ibrahimovic de retour dans le onze en position de 9. Le début de match a montré rapidement quel était le plan initial de Mourinho pour contrer le Barça. Tout d’abord, ne pas jouer trop haut, et rester au contraire assez compact dans sa moitié de terrain en laissant les Blaugrana faire joujou avec le cuir dans leur moitié de terrain. Obliger ensuite le Barça à des passes difficiles pour s’installer au-delà de la ligne médiane afin de récupérer un maximum de ballons perdus dans les transitions défense milieu pour se projeter très vite vers l’avant avec une recherche immédiate de la verticalité. Ce schéma a été globalement celui de la première mi-temps côté milanais. Et c’est un schéma connu. C’est celui que Chelsea avait adopté en 2005 lors de sa fameuse victoire 4-2 à Stamford Bridge avec 3 buts dans les 20 premières minutes sur trois récupérations. Autant dire qu’avec 1-1 à la mi-temps, la tactique mourinienne a été moins efficace. Il faut dire que le Barça de l’époque avec Gérard en pivot avait été particulièrement naïf…

    Pourtant c’était à n’en pas douter la bonne façon de jouer ce Barça là, privé d’Iniesta. Bloquer Xavi et Messi avec des prises à deux et un pressing de fou dans les 40 derniers mètres afin d’obliger le jeu catalan à davantage transiter par des joueurs moins forts techniquement comme Keita ou Maxwell. A ceci près que Maxwell par exemple n’est pas totalement un peintre et que si on le laisse trop libre, il est capable lui aussi de faire mal : la léthargie de l’ensemble de la défense (Cambiaso, Maicon, Lucio) sur le but de Pedro amené par un débordement de Maxwell a ainsi été aussi impressionnante que le travail effectué jusque là par ces mêmes joueurs sur Xavi ou Messi…

    Le Barça sur sa première véritable action aboutie a ainsi réussi à ouvrir le score avec un Pedro plein de sang froid (0-1, 19’) ! Avant cela l’Inter avait vu ses tentatives de jouer très rapidement la contre attaque se heurter à de la précipitation ou au drapeau de l’arbitre assistant, souvent trop prompt à se lever (notamment à la 12ème minute où Milito bien servi par Eto’o était couvert).

    Mais malgré cette ouverture du score, le Barça n’a pas réussi à se défaire de la tenaille intériste. Messi sevré de ballon a passé toute la première mi-temps à redescendre très bas chercher le cuir, de même que Xavi, avec pour conséquence une grande incapacité à s’installer dans le camp intériste. A l’inverse, les joueurs de Mourinho ont continué à appliquer leur plan de jeu sans s’affoler de ce but encaissé, pourtant si important à domicile. Et cela a payé. En effet, après un premier raté de Milito (frappe trop croisée, 28’), l’Inter a réussi à égaliser avec une action partie de la droite aboutissant à un centre vers Milito dans la surface ; attirant à lui toute la défense blaugrana, l’Argentin a libéré Sneijder avant de le servir, lequel n’a plus eu qu’à ajuster Valdes (1-1, 30’).

    Bousculé le champion d’Europe l’a été assurément lors de ce premier acte, à l’image de Daniel Alves aussi maladroit dans l’utilisation du ballon que dépassé défensivement. Mais il n’a pas coulé. Il a attendu pour cela les premières minutes du second acte avec un but rapidement encaissé sur un contre d’école de l’Inter de près de 70 mètres conclu par Maicon malgré le retour de Keita (2-1, 48’).

    Dès lors tout est devenu très compliqué. Mentalement, les joueurs de l’Inter ont été incroyablement boostés par ce but et ont semblé encore plus forts dans les duels et le quadrillage du terrain. Le Barça a néanmoins tenté de réagir, par Messi (frappe de 20 mètres, 54’), puis surtout Busquets (tête sur corner, 55’). Mais tout cela a cruellement manqué de vitesse, de percussion, d’inventivité, de mouvement. Incapable de prendre de vitesse la défense de l’Inter, le Barça s’est exposé aux contres que ses pertes de balle, nombreuses, ont régulièrement occasionné. Et sur l’une de ses pertes de balle, Eto’o a réussi à trouver la tête de Sneijder qui a rendu (involontairement ?) la pareille à Milito. 3-1 pour les Milanais à l’heure de jeu…

    Dès lors le Barça s’est retrouvé au bord du précipice avec d’une part la nécessité d’essayer de marquer un second but pour améliorer ses chances au retour, mais aussi d’autre part l’impératif de ne plus encaisser de but sous peine de perdre tout espoir de remontée. C’est sans doute cette perspective qui a motivé le coaching de Guardiola qui a fait sortir Ibrahimovic pour Abidal, revenu tout juste de blessure, et ménagé au coup d’envoi. Solidifier le couloir gauche avec Abidal, Keita et Maxwell pour faire face au couple Maicon-Eto’o intenable, quitte à perdre toute cohérence dans l’animation offensive avec Messi et Pedro bien seuls... Défensivement cela a fonctionné. L’Inter ne s’est plus procurée d’occasion. Par contre offensivement cela a été très quelconque, Keita et Maxwell se retrouvant régulièrement au poste de numéro 9 à la réception des centres et des passes en profondeur… Orphelin d’Iniesta, et ne pouvant pas compter sur un grand Ibrahimovic ni sur un grand Henry (laissé une énième fois sur le banc…), le Barça s’en est remis à un hourra football un peu foutraque mais pas totalement inefficace avec plusieurs coups de chaud dans la surface Julio César en fin de match (notamment à la 87’ avec Piqué). Insuffisant néanmoins pour espérer sérieusement réduire la marque.

    Guardiola a indéniablement perdu son duel avec Mourinho ce soir. Ce dernier a posé aux Catalans un problème qu’ils n’ont pas su résoudre. Sans Iniesta et sans un grand attaquant pour soutenir Messi, ce qu’Ibrahimovic n’est toujours pas (le sera-t-il un jour ?), le Barça n’a pu s’en remettre qu’à la science de son jeu collectif, lequel a été muselé, contrairement à ce qui s’était passé au Camp Nou en novembre où et Messi et Ibrahimovic avaient été absents, mais où le collectif blaugrana avait été stratosphérique. Dès lors les erreurs se sont payées cash.

    Au retour, la Pep Team aura besoin de retrouver toute la flamboyance de son jeu collectif pour refaire son retard : du pressing haut, de la vitesse, des déplacements. Et aussi compter sur la bonne étoile de ses individualités. 2-0 c’était le score du match retour en novembre. On ne demande pas mieux. Mais ce sera sans doute beaucoup plus compliqué…

    Les joueurs :

    Valdes : 5,5
    Il ne peut pas grand-chose sur les trois buts. De bonnes sorties.

    Alves : 3,5
    Offensivement il a été d’une grande maladresse. Centres, contrôles, conduite de balle, passes, que de déchet. Et défensivement il a souvent pris l’eau. S’est un peu repris en fin de match. Sa réputation justifiée de simulateur lui a joué des tours sur la faute assez nette de Sneijder.

    Piqué : 6,5
    L’une des seules vraies satisfactions de la soirée. Sa qualité technique ne lui a fait défaut qu’une seule fois avec un jaune à la clé pour un tacle de boucher. Offensivement il s’est créé quelques bonnes opportunités en fin de match. Mais l’on ne s’improvise pas tueur aussi facilement.

    Puyol : 6
    Autoritaire face à Eto’o avec plusieurs très bonnes interventions. Un jaune stupide lui fera manquer le retour. Mais pas la finale… néanmoins pour cela il faudra se qualifier !

    Maxwell : 4,5
    Il offre le but à Pedro en profitant de l’apathie étrange de la défense milanaise. Mais il a souffert défensivement avec un vrai manque de grinta dans les duels. Il a fini le match ailier.

    Busquets : 4,5
    Un match par intermittence comme souvent avec lui. Il a donc alterné le très bon et le plus quelconque. Surtout il a été bien seul dans le pressing sur les deuxièmes ballons, ce qui a eu tendance à trop découvrir l’équipe. Le pressing cela se fait en équipe.

    Xavi : 4,5
    Peu de mouvement autour de lui, de la densité adverse dans sa zone, le cocktail parfait pour que le Canterano ne brille pas.

    Keita : 4
    C’est dans ce genre de match que l’on voit à quel point il ne peut pas remplacer Iniesta. En retard sur Maicon sur le second but.

    Pedro : 6
    Un but mais pas seulement. Il a réussi quelques percussions intéressantes et il court toujours autant.

    Messi : 4
    Une nouvelle fois, il a eu du mal à gérer les prises à deux voire à trois. Surtout, il a joué trop loin de la zone de décision là où une différence individuelle suffit souvent à amener un but. Un Messi en mode Argentine.


    Ibrahimovic : 3,5
    Il revenait de blessure, accordons lui au moins cela. Malgré tout, son match n’a pas été une surprise, c’est le Ibra auquel on est habitué cette saison. Il ne semble pouvoir briller que grâce à l’équipe, alors qu’il a été recruté (cher) pour sa capacité à aider l’équipe.
    Remplacé à l'heure de jeu à 3-1 par Abidal, le seul changement opéré par Guardiola…

    Fiche technique :
    Inter : Julio César; Maicon (Chivu 72’), Lucio, Samuel, Zanetti; Cambiasso, Motta, Pandev (Stankovic 55’), Sneijder; Eto'o, Diego Milito (Balotelli 75’).

    FC Barcelone : Víctor Valdés; Dani Alves, Piqué, Puyol, Maxwell; Busquets, Xavi; Pedro, Keita, Messi, Ibrahimovic (Abidal 62’).

    Arbitre : Olegario Benquerença (Portugal).
    Avertissements : Eto’o, Stankovic, Busquets, Puyol, Piqué, Keita, Alves.
    Suspendus au retour : Puyol, Stankovic.

    Buts : 0-1, Pedro (19’). 1-1, Sneijder (30’). 2-1, Maicon (47’). 3-1, Diego Milito (61’).

    83.000 spectateurs.


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