Irak: 3e anniversaire de la guerre

Discussion dans 'Scooooop' créé par MaRaWaN, 21 Mars 2006.

  1. MaRaWaN

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    Le 3e anniversaire de l'intervention américaine en Irak a déclenché une volée de critiques contre l'administration Bush


    L'intervention américano-britannique avait commencé le 20 mars 2003. Les critiques contre le président Bush s'accompagnent d'appels à la démission de hauts responsables et de demandes de réexamen de la politique américaine.

    Dans le pays, au moins 18 personnes ont été tuées dans l'attaque d'un poste de police et d'un tribunal au nord de Bagdad.


    Selon les autorités irakiennes, 18 policiers ont été tués au cours de cette attaque menée par des hommes armés de lance-grenades RPG, de mortiers et de fusils d'assaut AK-47 contre une prison et un tribunal. 13 autres ont été blessés. Les assaillants ont également
    libéré 30 détenus accusés de terrorisme.

    Dans le même temps, à Bagdad, les dirigeants chiites, kurdes et sunnites s'efforcent, pour l'instant vainement, de former un gouvernement d'union nationale, plus de trois mois après les élections législatives du 15 décembre.


    Aux Etats-Unis, certaines des évaluations les plus pessimistes de la situation en Irak viennent d'analystes indépendants soutenant généralement les efforts des Etats-Unis, reflétant ainsi une désillusion croissante.

    La plus spectaculaire est venue d'un général à la retraite de l'armée de terre, qui était responsable de la formation des forces irakiennes de sécurité en 2003 et 2004. Le général Paul Eaton a rejeté le blâme pour les échecs en Irak sur le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld. Dans une tribune libre donné dimanche au "New York Times", il le dépeint comme un dirigeant brutal voulant s'occuper des moindres détails, s'aliénant ses alliés et ignorant les recommandations de l'état-major. "En somme, il s'est révélé incompétent sur les plans stratégique, opérationnel et tactique, et il est plus que quiconque responsable de ce qui est survenu à notre mission en Irak", a affirmé cet ancien officier supérieur, en concluant: "M. Rumsfeld doit se retirer".

    Ce n'est pas la première fois que l'administration Bush est prise à partie pour sa gestion du conflit irakien mais les critiques déclenchées à l'occasion du troisième anniversaire de la guerre sont particulièrement mordantes.

    Un analyste réputé du Centre d'études stratégiques et internationales, Anthony Cordesman a établi une "carte de parcours" de la guerre en Irak énumérant sept grands objectifs de l'administration. Selon cet expert, tous se sont révélés illusoires. Le principal, éliminer la menace des armes de destruction massive de Saddam Hussein, était "sans objet". Pour le second, la libération de l'Irak , "nous avons utilisé un éléphant pour libérer un magasin de porcelaine. La situation pour les Irakiens est pire qu'avant, mais ils peuvent voter librement selon des lignes de fracture ethniques et religieuses". La fin des menaces terroristes en Irak ? "Au départ, il n'y avait pas de menace à proprement parler. Le terrorisme salafiste prédominant chez les insurgés est devenu une menace bien plus sérieuse", ajoute Anthony Cordesman.

    L'expert constate par ailleurs que, contrairement aux attentes de Washington, la situation au Proche-Orient est devenu plus volatile. Les exportations pétrolières de la région sont inférieures à leur niveau d'avant 2003, et les Arabes perçoivent l'Irak non comme un modèle de réforme démocratique, mais avec crainte et suspicion, observe-t-il également.

    Les efforts pour moderniser l'économie irakienne "sont en gros un échec financier, idéologique et bureaucratique", ajoute-t-il.

    Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller pour la sécurité nationale du président démocrate Jimmy Carter et qui avait une réputation de faucon, s'est livré vendredi, à une attaque au vitriol de la guerre. Son coût est prohibitif et elle a endommagé le leadership américain, estime-t-il. "La légitimité américaine a été entamée par des décisions unilatérales et la crédibilité américaine a volé en éclats", poursuit-il. Il impute l'échec de la guerre à une "suite d'erreurs à répétition d'une petite clique fanatique refusant toute responsabilité pour ses erreurs voire ses crimes".

    Même les rangs républicains commencent à être gagnés par le pessimisme. L'un des
    leaders connus des conservateurs, William F Buckley, n'a pas caché récemment son exaspération: "Il ne nous a fallu que quatre ans de guerre pour conquérir Tokyo et Berlin. Après trois ans, il est toujours impossible d'aller du centre à l'aéroport de Bagdad sans gardes armés".


    Dimanche, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé en Europe, Asie et Etats-Unis pour protester contre la guerre en Irak.
     

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