Iran: un président aux pouvoirs limités aux côtés du guide

Discussion dans 'Info du monde' créé par RedEye, 16 Juin 2013.

  1. RedEye

    RedEye - أبو عبدالرحمن - Membre du personnel

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    Second personnage de l'Etat iranien derrière Ali Khamenei, le nouveau président de la République Hassan Rohani dispose néanmoins de prérogatives qui lui donnent une certaine marge de manoeuvre.

    Second personnage de l'Etat derrière le Guide suprême Ali Khamenei qui détient le véritable pouvoir en Iran, le président de la République dispose néanmoins de prérogatives qui lui donnent une certaine marge de manoeuvre.

    Selon la Constitution, le Guide suprême "définit les grandes politiques du régime de la République islamique et (...) les supervise". Il détient le pouvoir d'organiser un référendum, de déclarer la guerre ou d'annoncer la paix.

    C'est également lui qui nomme les membres du Conseil des gardiens de la Constitution, le chef de l'autorité judiciaire et le patron de la radio et télévision d'Etat.

    Ses pouvoirs en matière militaire sont particulièrement importants. Chef des armées, il décrète la mobilisation générale, nomme les principaux responsables militaires --notamment des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du pays et du bassidj (milice islamique)-- ainsi que de la police.

    Il est aussi chargé de "régler tout problème insoluble du régime". Il peut aussi "démettre le président en tenant compte des intérêts du pays après un avis de la Cour suprême ou d'un vote de défiance du Parlement".


    Le Guide s'appuie également sur le Conseil suprême de sécurité nationale chargé des questions stratégiques du pays. Il est officiellement présidé par le président de la République mais le véritable responsable est son "secrétaire", choisi parmi ses deux représentants. Le poste est actuellement occupé par Saïd Jalili, candidat malheureux face à Hassan Rohani, élu samedi à la présidence.

    "Logistique"
    Ce conseil rassemble les principaux ministres --Défense, Renseignement, Intérieur et Affaires étrangères-- ainsi que le président du Parlement, le chef du pouvoir judiciaire et les commandants des forces armées.

    Le président de la République est quant à lui responsable de "l'application de la Constitution et de l'exécutif, à l'exception des affaires qui concernent directement le Guide suprême".

    Le président doit aussi tenir compte du Parlement qui vote la confiance à ses ministres et adopte le budget. Le président sortant, Mahmoud Ahmadinejad, s'est plaint ces deux dernières années de la "guérilla" menée par les députés contre ses projets de lois. En particulier, il a accusé le Parlement, pourtant dominé par les conservateurs, d'avoir totalement changé le projet de budget qui a été finalement adopté la semaine dernière, trois mois après le début de l'année budgétaire.

    M. Ahmadinejad s'était plaint qu'on lui ronge ses pouvoirs alors que l'ancien président réformateur Mohammad Khatami (1997-2005) avait déclaré à la fin de second mandat que le président était seulement "chargé de la logistique".

    M. Rohani devra aussi composer avec les conservateurs qui contrôlent la totalité des institutions du pays. Même la majorité des membres du Conseil de discernement, dirigé par l'ex-président modéré Akbar Hachémi-Rafsandjani, sont des conservateurs.

    Reste que le pouvoir du président dépend aussi largement de sa personnalité. "La personnalité consensuelle de M. Rohani peut lui permettre de renforcer sa marge de manoeuvre", estime ainsi un responsable réformateur ayant requis l'anonymat. "Surtout, il bénéficie du soutien populaire mais aussi de ses connections au sein du camp conservateur".

    L'ayatollah Khamenei a récemment rappelé l'importance du rôle du chef de l'exécutif. "Quelqu'un est élu pour quatre ans et prend en main la destinée du pays mais certaines décisions et actions, bonnes ou mauvaises, peuvent avoir des répercussions pendant 40 ans", a-t-il dit.




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