Istiqlal-Usfp: Les grandes retrouvailles

Discussion dans 'Info du bled' créé par @@@, 11 Mars 2010.

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    · La Koutla ressuscitée chamboule la recomposition du champ politique

    · Création d’une commission avec plan d’action

    · L’Istiqlal soutient Radi pour la présidence de la chambre des représentants


    C’EST encore trop tôt pour mesurer l’impact réel de la rencontre entre les patrons de l’Istiqlal et de l’USFP mardi soir au domicile du Premier ministre à Rabat. Mais on imagine déjà les rebondissements que cela produira sur l’échiquier politique.

    Il y a bien longtemps que Abbès El Fassi et Abdelouahad Radi, n’ont pas travaillé ensemble, en dehors de l’action gouvernementale. Et encore, avec le fameux soutien critique de l’USFP qui a souvent mis le Premier ministre mal à l’aise. Aujourd’hui, ils ont décidé de réanimer la Koutla, considérée comme un choix fondamental pour les élections de 2012.


    Il est incontestable que la sortie de ces deux dinosaures de la politique animera l’échiquier politique. A l’exception de l’épisode de Fès, la scène a été jusque-là occupée par le PAM et le RNI.

    Ce rebondissement, qui chamboule la recomposition politique, va, sans doute, être interprété comme un front contre ce qui est considéré comme les tentatives d’hégémonie du PAM de Fouad Ali Al Himma. Sachant par ailleurs que le « putsch du RNI » a été vécu comme une opération traumatisante pour toutes les formations politiques qui devront revoir leurs cartes.

    C’est aussi dans ce cadre qu’il faudra placer les retrouvailles des frères ennemis que sont l’Istiqlal et l’USFP. Ils veulent certainement constituer un front anti-PAM pour ne pas être emportés par la tempête.
    Déjà à Fès, une querelle locale entre Chabat de l’Istiqlal et Lebbar du PAM s’est transformée en affaire nationale. L’USFP a senti le danger, surtout depuis l’entrée de Driss Lachgar au gouvernement, considéré comme proche du PAM.

    Sur le papier, le rapprochement de ces deux partis remet en cause les partisans d’une nouvelle polarisation avec de grands ensembles homogènes. Certains sont allés jusqu’à imaginer trois grands pôles : l’un de droite avec l’Istiqlal et le PJD, l’autre au centre libéral, social- démocrate avec le PAM-le RNI et un troisième de gauche animé par l’USFP. Le reste des petits partis sont considérés comme des satellites qui graviteront autour de ces trois grands ensembles.

    Si la rencontre au sommet entre l’Istiqlal et l’USFP se traduit sur le terrain, elle bouleversera toute cette carte politique. Elle suscitera le plus de commentaires, dans les semaines à venir.

    En pratique, la plupart des acteurs de l’échiquier politique devront revoir, de fond en comble, leur calcul. Ainsi, la sortie publique de ces vieux leaders de la politique sonne la fin de la récréation. En d’autres termes, ceux qui ont vite fait de classer l’Istiqlal et le PJD dans le même pôle se sont trompés.

    Un responsable politique tire la sonnette d’alarme: «c’est très dangereux de les mettre ensemble. Nous risquons de tomber dans une fracture religieuse de la société marocaine. Le socle de l’Istiqlal comprend une tendance conservatrice mais qui n’a jamais été majoritaire face aux modernistes ».

    Même Salaheddine Mezouar, le nouveau président du RNI, qui s’est prononcé en faveur d’une alliance avec le PAM et l’USFP, doit revoir sa copie. Visiblement, Radi a choisi ses alliés. Mais la question que tout le monde ne manquera pas de se poser est de savoir si l’initiative de ces deux partis résistera à la tempête du PAM.

    Même si l’élection du président de la chambre des représentants n’était pas à l’ordre du jour de la réunion de mardi, les deux partis sont décidés à travailler ensemble. Ainsi, l’Istiqlal ne présentera pas de candidat en avril prochain. Si Abdelouahad Radi est en compétition, Abbès El Fassi l’appuiera de tout son poids. Cette séquence ne manquera pas de les rapprocher davantage.






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