Istiqlal-USFP : Maudites élections !

Discussion dans 'Info du bled' créé par Info du bled, 14 Mars 2009.

  1. Info du bled

    Info du bled Writer

    J'aime reçus:
    3
    Points:
    0
    Eh oui les communales approchent. L’USFP et l’Istiqlal montrent, encore une fois, qu’ils sont de vrais professionnels des « coups préélectoraux ». La preuve…

    « Soyons sérieux, ces deux partis ne sont pas faits l’un pour l’autre », estime ce vieil ittihadi. Il croit que l’actuelle querelle « de positions » entre les deux frères ennemis, en l’occurrence l’Istiqlal et l’USFP, traduit un malaise profond ressenti de part et d’autre sur les véritables raisons d’être de leur alliance. Cet ittihadi n’est pas le seul à penser que l’avenir du parti de Mehdi Benbarka est du côté de la « grande famille de la gauche ». Un responsable socialiste casablancais approuve. « L’USFP est quasiment la seule formation qui a payé au prix fort ses engagements à côté de ses alliés », insiste-t-il en faisant référence à un passage contenu dans le dernier communiqué du Bureau politique de l’USFP. Ces propos traduisent un certain sentiment de frustration et de ballotage dans les rangs de l’USFP notamment de la part des ittihadis qui pensent que la participation au gouvernement a été très coûteuse pour ce parti qui d’échéance en échéance ne cesse de constater l’érosion de son assise sociale, comme le souligne nombre de nos interlocuteurs.

    L’Istiqlal quant à lui, non seulement ne semble nullement affecté pas sa participation au gouvernement mais au contraire, il paraît en tirer un énorme profit. La preuve : « la popularité de ses principaux et très dynamiques ministres qui semblent on ne peut plus bien partis pour percer lors des prochaines élections », constate un usfpéiste qui se dit averti.



    Koutla dites-vous ?



    « La Koutla est une fiction », s’exclame ce cadre r’bati de l’USFP qui envie les ittihadis casablancais pour leur initiative visant à faire avancer l’action commune avec les autres partis de gauche (voir encadré). La même source ajoute : « c’est précisément à Casa que cette alliance imaginaire entre les deux a été battue en brèche. Rappelons la rude bataille entre les deux formations pour la mairie de la métropole en 2003 qui a opposé Khalid Alioua et Karim Ghellab. Ce qui a profité au candidat de l’Union constitutionnelle… Ce ne sont pas les exemples qui manquent pour montrer que cette ‘alliance’ est condamnée. Les communales de juin prochain le prouveront c’est certain ».

    En fait, pour nombre d’observateurs, dans le nouvel épisode de la série de duels qui opposent USFP et Istiqlal, il s’agit, ni plus ni moins, d’« un combat sans merci pour les communales». L’USFP a lancé les hostilités en exprimant sa position contre les ponctions sur les salaires des grévistes (enseignants et agents communaux) . « Une position qui engage le bureau politique du parti et non ses ministres », précise-t-on du côté de la direction de ce parti. Et comme pour ajouter davantage à la confusion, l’USFP a multiplié les messages pour réaffirmer « qu’il ne s’est pas « administrativé » et qu’il reste un parti des « forces populaires ». Le parti dirigé par Abdelwahed Radi cherche à regagner la sympathie des classes laborieuses avec l’aide de son bras syndicale, la FDT. Ce syndicat gagne actuellement quelques points avec des ralliements qui lui permettent de revoir à la hausse ses ambitions pour les prochaines élections professionnelles.



    Morale de l’histoire



    La question qui se pose : pourquoi l’USFP a choisi d’exprimer en public sa divergence avec l’Istiqlal au sujet des sanctions contre les grévistes sur la scène partisane (communiqué du BP) alors qu’il pouvait faire part de sa position au sein de la coalition gouvernementale et éviter ainsi de se voir taxé d’avoir un double langage ? La sorti de l’USFP a été mal vu par le chef de la majorité, Abbas Fassi. Ce dernier a affirmé qu’il y a des critiques qui ne sont pas objectives. El Fassi rappelle que l’USFP a présidé le gouvernement pendant 5 ans et qu’elle est dans la majorité depuis 11 ans. Conclusion du Premier ministre : « Le bilan du gouvernement c’est aussi le bilan de l’USFP ». Ce à quoi la direction de l’USFP répond en faisant part de « l’absence de débat et de concertation au sujet des prélèvements sur les salaires des grévistes » et en dénonçant « la consécration de la pensée unique ». Mais là où les propos du secrétaire général de l’Istiqlal ont effectivement sorti l’USFP de ses gons, c’est lorsqu’il a déclaré : « ce n’est pas de l’héroïsme que de demander la révision constitutionnelle. Cela a été vrai par le passé, dans les années de plomb. N’empêche, une réforme est nécessaire (…) Mais cela doit se faire en symbiose avec SM le Roi. Nous tirons la leçon de 1962…». Et pour Abbas El Fassi d’ajouter, comme pour enfoncer le clou : « le timing est également important. C’est inadéquat de demander la réforme constitutionnelle à la veille des élections communales. Cela risque de peser sur le taux de participation. Pour les élections communales, les électeurs s’intéressent aux programmes, aux routes et à l’eau par exemple dans le monde rural ». « Nous devons aborder la question constitutionnelle sans confrontation », conclut A. Fassi qui semble avoir bien choisi, lui aussi, et le timing de sa sortie médiatique frontale et les mots utilisés. C’est de bonne guerre.



    Y aura-t-il des rebondissements ?



    On rapporte que l’USFP a dû adoucir un petit peu les propos de son dernier communiqué, suite à l’intervention du « modérateur » Radi. Ce dernier était en voyage quand le bureau politique a formulé sa riposte sous la direction de Fathallah Oualalou. Et on rapporte aussi que certains USFPistes qui adorent les confrontations frontales n’ont pas apprécié que le communiqué-réplique soit modifié pour faire plus doux. Dans ce document on pouvait lire : « le chef de la majorité n’était pas obligé de considérer la position de l’Ittihad comme émanant de courants internes ». Ou encore : « le bureau politique regrette les déclarations du premier ministre concernant les reformes politiques, le timing choisi et l’usage du terme ‘héroïsme’. Aussi, l’USFP rappelle le devoir de réserve que doit observer le premier ministre en tant que chef de la majorité ». Le parti de la rose a évidemment réitéré son appel pour que le gouvernent révise sa décision de toucher aux salaires des grévistes. D’autant plus, estime-t-il que cette décision affaiblit la position de parties sociales au profit des autres. Rappelons à ce propos que la grève en question a été menée par la centrale syndicale proche de l’USFP, la FDT alors que l’UGTM proche de l’Istiqlal n’y avait pas participé.



    Le PAM s’en mêle



    Dans l’attente d’autres rebondissements, les récentes déclarations du secrétaire général fraîchement élu à la tête du parti authenticité et modernité Mohamed Biadillah, ont fait sensation. Ce responsable a rappelé les prélèvements sur les salaires qu’avait ordonnés le membre de la direction de l’USFP, Habib Malki, lorsqu’il était ministre de l’Enseignement, indiquant que des ponctions sur les salaires des grévistes avaient également eu lieu lorsque Biadillah était lui-même ministre de la Santé. Pour le responsable du PAM, « les choses doivent être claires. Il y a le droit à la grève comme il y a le droit au travail ». Pas de quoi faire toute une polémique, semble dire le tout nouveau chef du PAM qui tient à préciser que le sujet des réformes constitutionnelles doit être tenu loin de toute surenchère. Bonjour la polémique !




    L’USFP totalement à gauche à Casablanca

    L’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP), le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), le Parti Socialiste Unifié (PSU), le Parti de l'Avant-garde Démocratique et Socialiste (PADS), le Congrès National Ittihadi (CNI) et le Parti Socialiste (PS) sont partants pour faire front commun dans toute la métropole lors des élections communales de juin. Les responsables locaux de ces six formations envisagent même de franchir le pas en présentant des candidatures communes. Ça sera la grande nouveauté des prochaines échéances, pourvu que les directions nationales de ces partis n’y voient aucun inconvénient. Mus par l’originalité de cette démarche, les meneurs de cette idée unioniste affirme que « les conditions et le contexte sont on ne peut plus propices pour marquer un saut qualitatif dans un processus de négociation entamé depuis fin 2007 avec l’aval des directions des différents partenaires de cette action. Laquelle a l’originalité d’être l’expression des aspirations des bases des formations concernées, au niveau local ». Les candidatures communes s’étendent pour le PSU, le PADS et le CNI au niveau national. Pour le moment les promoteurs de cette nouvelle expérience politique qui donne à réfléchir sur l’efficacité du « concept région » dans la rationalisation de l’action politique, ont la conviction que « le prochain mandat de la gestion des affaires de Casablanca reviendra à la gauche ». Si bien entendu tout va bien, sait-on jamais, la gauche est plurielle et tellement nerveuse.


    Source : lereporter.ma
     

Partager cette page